Lin (pape)

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Lin
Image illustrative de l'article Lin (pape)
Saint Lin
Biographie
Naissance vers 13
Volterra
Décès vers 78
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat vers 67
Fin du pontificat vers 76
Précédent Pierre Anaclet Suivant

Blason

Selon la tradition catholique, Lin (en latin Linus) est le 2e évêque de Rome[1], successeur de Pierre. Il est né vers l'an 13 apr. J.-C. à Volterra, en Étrurie, dans l'actuelle Toscane, et son père s'appelait dit-on Herculanus.

On fixe les dates de son pontificat de 67 à 76, mais aucune donnée précise ne peut corroborer celles-ci. Si l'on en croit Irénée de Lyon, il aurait reçu des apôtres eux-mêmes la charge d'évêque, après avoir secondé Pierre. Il aurait subi le martyre le 23 septembre 78 mais seuls des documents postérieurs à 354 l'affirment, précisant même qu'il aurait été enseveli aux côtés de Pierre.

Considéré comme saint par l'Église catholique romaine et par l'Église orthodoxe, il est fêté le 23 septembre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sur sa vie, on sait peu de choses certaines. Le Liber Pontificalis assure qu'il était originaire de la Tuscia, et que le nom de son père était Herculanus, mais il n'est pas possible de vérifier d'où il tire cette affirmation ; selon Johann Heinrich Zedler, il était originaire de Volterra. Dans cette ville de Toscane, en 1480, une église fut édifiée sur le lieu où l'on croyait que s'était élevée jadis sa maison. Venu à Rome pour ses études, il se convertit rapidement au christianisme ; après trois ans, il est ordonné prêtre par l'apôtre Pierre en l'an 44 apr. J.-C. Dans la ville il fit la connaissance de saint Paul, qui semble faire allusion à lui dans sa deuxième épître à Timothée : « Eubule, Pudens, Linus, Claudia et tous les frères te saluent. » À Rome il aurait remplacé saint Pierre quand ce dernier était absent de la ville.

Selon le Liber Pontificalis, il semble que, « en conformité avec les dispositions de saint Pierre », Lin ait exigé des femmes qu'elles vinssent à l'église la tête couverte. Une telle prescription est sans aucun doute apocryphe, l'auteur du Liber Pontificalis l'a copiée de la première Lettre de Paul aux Corinthiens (11,5) en l'attribuant arbitrairement au premier successeur de l'Apôtre à Rome. Lin a introduit dans le canon de la messe la partie dite Communicantes et, comme symbole de l'autorité papale, il a ajouté aux vêtements liturgiques le pallium, une bande de laine blanche à croix noires.

Au cours de son pontificat, il vit se succéder cinq empereurs : Néron, Galba, Othon, Vitellius et Vespasien. L'hérésiarque Ménandre perpétua l'hérésie de Simon le Magicien et celle des Ébionites, judéo-chrétiens qui pratiquaient l'observance de la loi de Moïse. L'événement le plus important fut certainement la fin de la guerre de Judée avec la destruction par les Romains du temple de Jérusalem.

Le Liber Pontificalis soutient qu'il aurait été martyrisé par décapitation le 23 septembre 78, sur décret du consul Saturninus ; le fait, cependant, semble dénué de fondement, car nous n'avons aucune information faisant état de persécutions contre les chrétiens à ce moment-là. En outre, Irénée ne donne que Télésphore comme martyr parmi les premiers évêques romains à avoir été martyrisé. Quoi qu'il en soit, la fête liturgique de saint Lin est célébrée le 23 septembre.

Le tombeau du Pape[modifier | modifier le code]

Le Liber Pontificalis rapporte aussi que Lin, après sa mort, a été enterré sur la colline du Vatican, à côté de l'Apôtre Pierre. Nous ne savons pas si l'auteur avait des preuves décisives à l'appui d'une telle affirmation ; néanmoins, comme Pierre a certainement été enterré au pied de la colline du Vatican, on a le droit de supposer que les premiers évêques de l'Église romaine ont été enterrés eux aussi à cet endroit. Selon Torrigio, quand dans la basilique Saint-Pierre la Confession a été construite (1615), on a trouvé des sarcophages, et parmi eux il y en avait un qui portait écrit le mot Linus. L'explication de cette découverte donnée par Severano était que probablement les sarcophages contenaient les restes des premiers évêques de Rome, et que celui avec l'inscription avait été le lieu de sépulture du pape Lin. Par la suite cette explication a été acceptée par plusieurs auteurs. Mais d'un manuscrit de Torrigio il ressort que sur le sarcophage en question il y avait d'autres lettres à côté du mot Linus, si bien que le nom pouvait être un autre (comme Aquilinus, Anullinus, etc)...

Deuxième pape?[modifier | modifier le code]

Toutes les anciennes listes des évêques de Rome qui nous sont parvenues grâce à Irénée de Lyon, Jules l'Africain, Hippolyte, Eusèbe de Césarée et le Catalogue libérien de 354, placent le nom de Lin immédiatement après celui de Pierre. Ces listes ont été faites a posteriori en se fondant sur une liste des évêques romains qui existait à l'époque du pape Éleuthère (approximativement entre 174 et 189). Selon Irénée, le pape est le Lin mentionné par Paul de Tarse, dans sa deuxième épître à Timothée (4:21). Un passage d'Irénée (Adversus haereses, III, III, 3) nous dit : « Après que les apôtres Pierre et Paul eurent fondé et organisé l'Église (à Rome), ils conférèrent à Lin l'exercice de la charge épiscopale. »

Bien sûr, nous ne pouvons pas savoir si cette identification du pape avec le Lin de Paul, remonte à une source ancienne et digne de foi, ou si elle a été provoquée par la suite en raison de la similitude du nom.

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Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le titre de Pape apparaît au cours du IIIe siècle et n'est pas attesté pour l'évêque de Rome avant le début du IVe siècle. Philippe Levillain, Dictionnaire historique de la papauté, Fayard, 2003, s. v. « Pape ».

Liens externes[modifier | modifier le code]