Pie III

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Pie III
Image illustrative de l'article Pie III
Biographie
Nom de naissance Francesco Todeschini Piccolomini
Naissance 29 mai 1439
Sienne
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat 22 septembre 1503
Intronisation 8 octobre 1503
Fin du pontificat 18 octobre 1503
Précédent Alexandre VI Jules II Suivant

Blason

Francesco Todeschini Piccolomini (Sienne, 29 mai 1439Rome, 18 octobre 1503), élu pape le 22 septembre 1503 sous le nom de Pie III (en latin Pius III, en italien Pio III). Il ne restera chef de l’Église que vingt-six jours avant de mourir de la goutte.

Il est le descendant d'une très ancienne famille de Sienne, qui apparaît dès le XIe siècle: les Piccolomini.

Jeunesse et éducation[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Nanno Todeschini et de Laudomia Piccolomini, elle-même sœur d’Aenas Silvius Piccolomini, futur pape Pie II. Son éducation est prise en main par son oncle maternel qui lui donne son nom et les armes de la famille des Piccolomini. L’un des points importants de son éducation fut l’apprentissage et la maitrise des langues notamment de l’allemand. Son oncle le nomme premier archevêque au Siège de Sienne en 1460, alors qu’il est seulement âgé de 21, puis fait de lui cardinal le 5 mars de la même année.

Francesco Piccolomini favorisait et défendait les arts. Il fait d’ailleurs peindre par Pinturicchio les fresques magistrales de la bibliothèque de la cathédrale de Sienne, représentant la vie de Pie II[1].

Vie de cardinal[modifier | modifier le code]

Le cardinal Piccolimini a su faire ses preuves, se montrant studieux et efficace dans l’entreprise de ses travaux. Sous le pontificat de Pie II, il fut envoyé pour gouverner la marche de Picenum. Il participa à de nombreux conclaves : celui qui élit Paul II en 1464, fut absent pour l’élection de Sixte IV en 1471, présent lors des conclaves qui élisent Innocent VIII en 1484 et Alexandre VI en 1492. Sous le pontificat de Paul II, celui-ci l’envoya comme légat en Allemagne pour tenter de restaurer l’unité religieuse au sein du Saint-Empire romain germanique alors divisé suite aux Réformes protestantes. Le pape Sixte IV le chargea de rétablir l’autorité ecclésiastique en Ombrie.

Contexte de son élection[modifier | modifier le code]

« On entend partout un fourmillement d’armes, et j’ai bien peur que l’élection du prochain Pape ne soit le résultat d’un coup de force, un grand scandale et au grand détriment de l’Église » disait le cardinal Oliviero Carafa en août 1503 à un ambassadeur de Venise[2], au moment où l’on s’inquiétait encore de la maladie d’Alexandre VI. Le 18 août 1503, le pape Alexandre VI mourait.

Situation tendue[modifier | modifier le code]

L’Église est dans une situation tendue, son Pape est sur son lit de mort, et des cardinaux déferlent d’Espagne et de France pensant déjà à sa succession. César Borgia, bien que malade, tente de jouer un rôle dans cette future élection si bien qu’il est mis à l’écart pour ne pas influencer les cardinaux et quitte Rome[3]. Il y a une réelle tentative des États de mettre fin au règne des Borgia.

Le vote[modifier | modifier le code]

Le 16 septembre, on assiste à l’ouverture du conclave avec trente-sept cardinaux présents ce qui représente un grand nombre face aux chiffres de présence lors des autres conclaves. Deux candidats s'opposaient : le cardinal Georges d'Amboise (1460-1510), ministre de Louis XII, soutenu par César Borgia, et le cardinal Julien della Rovere, le futur Jules II. Avant de procéder au vote, les cardinaux rédigent une capitulation électorale stipulant que le prochain Pape sera dans l’obligation de convoquer un Concile dans les deux ans suivants son élection et que par la suite il devra en convoquer un tous les trois ans. Pour éviter de longues discussions, les électeurs se mirent d'accord, le 22 septembre, sur le nom du cardinal François Todeschini-Piccolomini. Celui-ci prend alors le nom de Pie III en mémoire de son défunt oncle. Déjà faible et très malade, on le transporta en litière dans la Basilique Saint-Pierre et c'est allongé qu'il reçut l'hommage des cardinaux.

Son pontificat[modifier | modifier le code]

Dès que son élection est rendue publique, de nombreux espoirs se tournent vers ce nouveau Pape qui semble être le portrait contraire de son prédécesseur. On lui prête de nombreuses qualités.

Un programme ambitieux[modifier | modifier le code]

Dès le 25 septembre, Pie III annonce son programme qui se caractérise en deux points [4] : - Une réforme immédiate de l’Église avec la réunion hâtive d’un Concile pour convenir des mesures à prendre, chaque cardinal devant s’y présenter avec des points à améliorer/changer. Il envisage également une stricte économie des dépenses de l’Église. - Restauration de la paix. Ainsi, il ne fit rien à l’encontre de César Borgia, s’en remettant au jugement de Dieu.

Déclin[modifier | modifier le code]

Le 8 octobre, se déroule son couronnement officiel, mais il est déjà très affaibli par la goutte. Cinq jours plus tard, le 13, il est sur son lit de mort. Il meurt le 18 octobre 1503 après n’avoir été que vingt-six jours pape. Et pourtant, sa mort est déplorée car il était le symbole d’un nouveau départ et de nombreux changements. Il fut inhumé à la basilique Saint-Pierre, puis ses restes furent transférés à l'église San Andrea della Valle, aux côtés de ceux de Pie II. Avant d'être élu pape, il avait émis l'intention d'être enterré devant l'autel Piccolomini dans le duomo de Sienne. Dans cette intention, il avait commissionné le jeune Michel-Ange, rencontré à Rome, pour décorer les quatre niches par des statues de saints dont celle de son oncle[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. H. Kuhner Dictionnaire des Papes de Saint Pierre à Jean XXIII, Éditions Buchet-Chastel, Paris, 1958, p. 134.
  2. Dr Louis Pastor, Histoire des Papes depuis la fin du Moyen Âge, Livre IX, tome Six, Paris, 1898, p. 171.
  3. Dr Louis Pastor, "Histoire des Papes depuis la fin du Moyen Âge", Livre IX, tome Six, Paris, 1898, p. 172.
  4. Dr Louis Pastor, Histoire des Papes depuis la fin du Moyen Âge, Livre IX, tome Six, Paris, 1898, p. 174.
  5. (en) A. Lawrence Jenkens, Michelangelo, the Piccolomini and Cardinal Francesco's chapel in Siena Cathedral, Burlington magazine, 2002

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fred Bérence Les Papes de la Renaissance Éditions du Sud & Albin Michel, Paris, 1966.
  • Dr Louis Pastor, Histoire des Papes depuis la fin du Moyen Âge, Livre IX, tome Six, Paris, 1898.
  • H. Kuhner Dictionnaire des Papes de Saint Pierre à Jean XXIII, Éditions Buchet-Chastel, Paris, 1958.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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