Miltiade (pape)

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Miltiade
Image illustrative de l'article Miltiade (pape)
Le pape Miltiade
Biographie
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat 2 juillet 311
Fin du pontificat janvier 314
Précédent Eusèbe Sylvestre Ier Suivant

Blason

Saint Miltiade ou Melchiade, (en grec : (Μελχιάδης ὁ Ἀφρικανός) : Melchiade l'Africain) pourrait être né en Afrique. Il est le 32e pape de l'Église catholique et est considéré comme un pape africain. Il est évêque de Rome du 2 juillet 311 jusqu'à sa mort le 10 janvier 314 (ou le 11 janvier)[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Selon le Liber Pontificalis, Miltiade est africain (d'origine berbère), mais selon l'écrivain McBrien il est probablement romain[2].

Accession au Pontificat[modifier | modifier le code]

L'élection de Miltiade marque la fin du Sede vacante qui dure depuis le décès du pape Eusèbe, le 17 août 310. Certains situent cette période de vacance à l'an 309, date à laquelle l'empereur Maxence éxile Eusèbe en Sicile[3]. La date de début de pontificat est imprécise : selon le Catalogus Liberianus[4] son règne aurait duré 3 ans, 6 mois, 8 jours, du 6e jour avant les nones de juillet, sous le consulat de Maximen ce qui situerait l'élection de Miltiade en 310, au lieu de 311, alors qu'Eusèbe était encore en vie[5].

Historiquement, Miltiade est le premier pape à bénéficier des faveurs d'un empereur romain : Maxence lève les mesures répressives contre les chrétiens et autorise son élection en 311.

Miltiade fait déplacer les restes de son prédécesseur, Eusèbe, de la Sicile à Rome pour l'enterrer dans une crypte de la Catacombe de Saint-Calixte.

Pontificat[modifier | modifier le code]

Après l'élimination de Maxence par Constantin Ier, en octobre 312, la mère de ce dernier, Hélène, lui offre le palais du Latran qui faisait partie des possessions impériales. Ce palais devient la résidence pontificale et le siège de la gouvernance chrétienne. Miltiade y organise le concile régional du Latran, en l'an 313, pour trancher sur l'élection de l'évêque de Carthage, contestée par les donatistes.

Au début de l'an 313, Constantin et l'empereur romain Licinius promulguent l'Édit de Milan[6] au titre duquel ils accordent la liberté de culte aux chrétiens mais aussi aux autres religions et restaurent les biens de l'Église.

Décès[modifier | modifier le code]

Plus tard, en 313, Miltiade préside le Synode du Latran à Rome ; Caecilianus de Carthage est acquitté tandis que Donatus Magnus est condamné en tant que schismatique (voir Donatisme). Il est, par la suite, invité au concile d'Arles mais meurt avant sa tenue.

Il est enterré à un emplacement demeuré indéterminé, dans la catacombe de Saint-Calixte sur la voie Appienne à Rome. Ses reliques sont transférées dans la Basilique San Silvestro in Capite à Rome.

Héritage[modifier | modifier le code]

La notion de Légat apostolique (représentant extraordinaire du pape chargé d'une mission spécifique) remonte au concile d'Arles.

Le Liber Pontificalis détaille, à partir du Ve siècle, l'introduction par Miltiade, de plusieurs coutumes dont le jeûne le jeudi ou le dimanche, bien que certaines études ultérieures la situent avant Miltiade.

Au XIIIe siècle, la fête de Saint Melchiade est introduite, avec la qualification erronée de «martyr», dans le calendrier romain pour être célébrée le 10 décembre. En 1969, il est retiré de ce calendrier de célébrations liturgiques obligatoires[7] et sa fête est déplacée au jour de sa mort le 10 janvier, avec son nom donné sous la forme de Miltiade et sans l'indication «martyr»[8].

Selon le Martyrologe romain, le pape Miltiade est reconnu comme un saint :

« 10 Janvier : A Rome, dans le cimetière de Calliste sur la voie Appienne, Saint Miltiade, pape de l'Afrique, a connu la paix faite par l'empereur Constantin et l'Église, bien que fortement contesté par les donatistes, sagement il s'efforçait à la réconciliation. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Annuario Pontificio 2012 (Libreria Editrice Vaticana ISBN 978-88-209-8722-0), p. 8*
  2. (en) Richard P. McBrien, Lives of the Popes, (HarperCollins, 2000), 56.
  3. (en)encyclopédie catholique
  4. (en)la chronographie de 354
  5. (la)« Miltiades ann. III m. VI d. VIII, ex die VI nonas Iulias a consulatu Maximiano VIII solo, quod fuit mense Sep. Volusiano et Rufino, usque in III idus Ianuarias Volusiano et Anniano coss. »
  6. (en) Galerius and Constantine: Edicts of Toleration 311/313
  7. Calendarium Romanum (Libreria Editrice Vaticana 1969), p. 148
  8. Martyrologium Romanum (Libreria Editrice Vaticana 2001 ISBN 88-209-7210-7)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vincent Serralda et André Huard, Le Berbère...Lumière de l'Occident, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1990 (ISBN 978-2723302395), pp. 68-70

Liens externes[modifier | modifier le code]