Jean VIII (pape)

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Jean VIII
Image illustrative de l'article Jean VIII (pape)
Biographie
Naissance v. 820, à Rome
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat
Fin du pontificat
Précédent Adrien II Marin Ier Suivant

Jean VIII, né à Rome vers 820, pape du 13 décembre 872 au 16 décembre 882.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est archidiacre de Rome avant d'être élu pape le 14 décembre 872. Son élection fait l'objet d'une vive opposition de la part de Formose, futur pape. Bien qu'assez âgé au moment de sa montée sur le trône de Pierre, il est un pape énergique, à l'image de Nicolas Ier.

Il écrit en 873 la lettre Unum est aux princes de Sardaigne, leur enjoignant d'affranchir les esclaves vendus par des Grecs : « C'est pourquoi nous vous exhortons et nous vous commandons avec un amour paternel, si vous leur avez acheté des captifs, de les laisser aller libres pour le salut de votre âme. » Baluze rapporte, dans ses « Mélanges », que Jean VIII aurait demandé à l’évêque Annon de Freising de lui procurer un orgue et un organiste pour sa cour de Rome[1].

Surnommé le « recteur de l'Europe », il sait éviter un schisme avec l'Orient : lors du concile de Constantinople en 869, il reconnaît la légitimité du Patriarcat de Photius[2]. Il accepte également de ne pas faire réciter le Credo avec le Filioque. Il réitère l'autorisation donnée par Adrien II de la liturgie en langue slavonne et accorde au missionnaire Méthode, en Moravie, un certificat d'orthodoxie.

La mort de l'empereur Louis II lui fournit une occasion d'affirmer la supériorité de la papauté sur l'Empire et de montrer que celui-ci dépendait d'elle et non pas le contraire. Louis n'ayant pas eu d'enfant, son plus proche parent mâle était Carloman, fils de Louis le Germanique, et il l'avait désigné comme son héritier. Jean VIII en décida autrement, appela Charles le Chauve à Rome et le couronna le 25 décembre 875[3]. Cependant, à la suite de la mort de Louis le Germanique, Charles se trouve en position difficile. Rappelé par Jean VIII menacé en Italie, Charles meurt dans les Alpes en 877.

Au printemps 878, le pape Jean VIII, en grand danger à Rome, doit fuir l'Italie ; il est accueilli à Arles par Boson et l'archevêque de la cité Rostang, avant d'assister au Concile de Troyes, où il propose la couronne italienne au roi Louis le Bègue, qui refuse, puis à Boson, qui échouera dans sa tentative.

Quelques années plus tard, en 881, suivant la même tactique, Jean VIII fait couronner empereur Charles le Gros. Cependant, cette politique connaît encore une fois l'échec : Charles doit abdiquer en 888.

Le pape Jean VIII meurt en 882 dans des circonstances malheureuses. Les Annales de Fulda disent qu’il est empoisonné puis, comme il ne mourait pas assez vite, frappé à coups de marteau. Il serait donc le premier pape[4] historiquement assassiné[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Baluze, Miscellanea, vol. V, p. 480 ; cité dans H. Bewerunge, Catholic Encyclopædia, New York, Robert Appleton Co.,‎ 1911 (lire en ligne), « organ »
  2. http://www.orthodoxworld.ru/fr/texte/3/index.htm
  3. Henri Pirenne, Histoire de l'Europe des invasions au XVIe siècle, Paris-Bruxelles, 1939, 15e éd. , p. 78
  4. Le terme de "pape" n'apparaît qu'au IVe siècle, et ne désigne spécifiquement l'évêque de Rome qu'au VIIIe siècle.
  5. Jean-Pierre Delumeau et Isabelle Heullant-Donat, L'Italie au Moyen Âge Ve siècle et VIe siècle, Hachette 2000, p.34
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