Martin Ier (pape)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Martin Ier.
Martin Ier
Image illustrative de l'article Martin Ier (pape)
Le 74e pape Martin Ier
Biographie
Naissance Todi Italie
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat juillet 649
Fin du pontificat 16 septembre 655
Précédent Théodore Ier Eugène Ier Suivant

Blason

Martin Ier né v. 600 à Todi (Ombrie), fils d'un patricien nommé Fabrice ; mort à Cherson (Chersonèse Taurique) le 15 septembre 655 ou, selon les sources orientales, le 13 avril 656. Il est considéré comme Saint par les catholiques et les orthodoxes. Il est fêté le 14 avril en Orient.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant son élévation au pontificat, Martin est apocrisiaire, c'est-à-dire représentant du pape à Constantinople. Élu pape en juillet 649, cinquante-deux jours après la mort de son prédécesseur Théodore Ier, il est consacré dès le 5 août, sans avoir sollicité la confirmation de son élection par l'empereur, ou son représentant en Italie, l'exarque de Ravenne, ce qui est la règle à l'époque ; il n'est donc pas reconnu pape par les autorités byzantines.

Martin Ier réunit du 5 au 31 octobre 649, avec la collaboration du moine oriental Maxime le Confesseur, un concile d'une centaine d'Évêques dans l'Archibasilique Saint-Jean de Latran. Ce concile condamne le monothélisme, doctrine officielle de l'Empire depuis l'Ecthèse de 638 et surtout le Typos (648), édit par lequel l'empereur Constant II (641-668) interdit toute discussion à ce sujet[1]. Toutefois, des doutes sont émis de nos jours sur la réalité ou au moins la dimension et la nature de cette assemblée. En tout cas, le pape Martin fait connaître en Italie, en Gaule et en Orient, la condamnation du monothélisme et du Typos par le Saint-Siège.

L'empereur Constant II charge l'exarque Olympius de rétablir l'autorité impériale, d'imposer le Typos et peut-être d'arrêter le pape illégitime. Mais, confronté à une forte résistance de la population du Latium et des milices locales, Olympius se range du côté de Martin et se proclame empereur (650). Il chasse du Palatin, les fonctionnaires fidèles à Constant II. Mais l'année suivante, en route vers la Sicile pour repousser une attaque musulmane, il meurt de la peste.

Ce n'est que le 17 juin 653 qu'un nouvel exarque, Théodore Calliopas, fait arrêter le pape en pleine basilique du Latran. Accusé de haute trahison, Martin est traité sans aucun ménagement par les soldats byzantins, qui le conduisent à Ostie et l'embarquent le 19 juin pour Constantinople, où il arrive le 17 septembre. Il est fort mal traité pendant la traversée : atteint de goutte, il se voit refuser tout soin, est très peu nourri et ne peut se laver. A l'arrivée, il est débarqué sur une civière. Une foule, certainement payée, l'attend dans le port et l'abreuve d'insultes. Enfermé dans la prison Prandaria, au milieu de détenus de droit commun, il y attend son procès.

Le procès a lieu le 20 décembre 653 devant le sénat, où Martin est encore conduit sur un brancard. L'interrogatoire est mené avec la plus grande brutalité par le patrice Boucoléon, qui exige que le pape se tîenne debout, soutenu par deux soldats. Toute question de religion est écartée des débats : Martin se voit signifier qu'il n'ést accusé que de trahison politique, notamment d'avoir inspiré l'usurpation d'Olympius. Le pape est frappé par le sacellaire ("trésorier", agissant dans ce procès comme procureur du fisc) Troïlos ; ses vêtements sacerdotaux sont déchirés et il est quasiment dénudé par les soldats. Constant II assiste à cette audience depuis une tribune d'où il peut voir sans être vu.

Condamné à mort par écartèlement (peine des traîtres) et chargé de lourdes chaînes, il est conduit à la prison Diomède. Là, deux femmes compatissantes ayant accès à la prison, atténuent quelque peu la rigueur de sa détention. Transi de froid, il perd l'usage de la parole, mais peut faire passer un texte à ses partisans, dans lequel il fait état des avanies subies.

Le patriarche Paul II de Constantinople étant mort, son prédécesseur Pyrrhus, démis de ses fonctions au moment du renversement de l'impératrice Martine et de son fils Héraclonas, le (29 septembre 641), est rétabli le 9 janvier 654. Il meurt le 1er juin de la même année. Il est partisan du monothélisme, mais varie sur ce point. Proche de sa fin, il obtient de Constant II, la grâce du pape Martin, dont la peine est commuée en exil perpétuel en Chersonèse Taurique (actuelle Crimée).

Le pape déchu est transporté en avril 654 à Cherson, capitale de la Chersonèse Taurique. Il subit, en ce lieu, une détention rigoureuse qui hâte sa fin (le 15 septembre 655 ou le 13 avril 656 selon les sources). Entretemps, les autorités byzantines organisent l'élection d'un nouveau pape. Eugène Ier est élu le 8 septembre 654.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Maraval, Le Christianisme de Constantin à la conquête arabe, Presses universitaires de Frances, 1997,p. 430

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]