Peritus

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Peritus (terme latin signifiant « sage », « expert », « érudit ») est le titre donné dans l'Église catholique romaine aux théologiens qui font office de consultants lors d'un concile œcuménique. Au concile Vatican II, des periti accompagnaient certains évêques individuellement ou certains groupes d'évêques de différents pays.

D'autres furent nommés officiellement conseillers pour la totalité du concile. Ce fut le cas pour Joseph Ratzinger (le futur pape Benoît XVI), à partir du deuxième periode du Concil. D'abord il était conseilleur pour le cardinal Joseph Frings[1].

Lors du concile Vatican I, John Henry Newman avait décliné l'offre de devenir peritus.

Jusqu'à la Révolution française de 1789 et la suppression des chapitres canoniaux, c'est ainsi que les registres capitulaires qualifiaient les chantres (appelés aussi choristes) professionnels au service de l'Église (et d'une église en particulier, en général une cathédrale ou une collégiale). Ceux-ci, à qui on demandait d'assurer l'essentiel de ce que la liturgie impose de chanter au cours d'un office religieux, étaient qualifiés d'« artis musicæ periti » (expression traduite par « musiciens habiles »[2] : « habiles dans l'art de la musique »). Le maître de musique (qu'on appellerait aujourd'hui le maître de chapelle) était qualifié de « peritissimus » (« très habile »).

Les periti[modifier | modifier le code]

Dans les discussions entre catholiques on appelle souvent periti (même s'ils ne l'étaient pas officiellement) des théologiens qui ont eu une influence importante dans la décision de donner un caractère pastoral au concile Vatican II. On leur doit un nouveau point de vue fondé sur la théologie et la rédaction des 16 textes conciliaires, alors que les plus de 70 projets venant de la curie romaine suivaient de la façon la plus étroite le style des enseignements inauguré en 1740 par Benoît XIV, auteur de la première encyclique moderne (et présentaient les mêmes défauts du point de vue linguistique).

Stricto sensu on range cependant comme periti avec les théologiens du concile, les conseillers en théologie des principaux participants du concile. Comme représentant de la théologie scientifique de langue allemande on trouvait en particulier le jésuite et dogmaticien Karl Rahner qui était au service de l'archevêque de Vienne, le cardinal Franz König, ainsi que Joseph Ratzinger peritus de l'archevêque de Cologne, le cardinal Joseph Frings.

Particulièrement influente était aussi la théologie française de l'époque, représentée en particulier par les jésuites et futurs cardinaux Henri de Lubac (Catholicisme, 1938 ; Surnaturel, 1946) et Jean Daniélou, ainsi que par le dominicain Yves Congar qui peu de temps avant sa mort fut lui aussi nommé cardinal. Ils avaient tous en commun une volonté d'enrichir la théologie par une façon de voir qui s'appuyait sur l'histoire et non sur des spéculations philosophiques.

Les autres théologiens qui travaillaient en étroite collaboration avec les évêques de l'époque constituaient la catégorie des théologiens conciliaires.

Hans Küng, auteur de livres de théologie à grands tirages, critique à l'égard du pape, a droit aussi au titre de théologien conciliaire, puisqu'il était en 1962-1963 peritus pour l'évêque de Rottenburg. Au contraire, en dehors de l'accueil qui fit grand bruit que recueillit son livre de 1960 Konzil und Wiedervereinigung (Concile et réunification), ses conceptions qui relativisaient le Mystère de l'Église (cf. Lumen Gentium, chapitre 1) n'eurent pas d'écho au concile, comme il le rapporte lui-même dans ses souvenirs (Erkämpfte Freiheit, en particulier à la page 484).

Les conciles Vatican I et Vatican II[modifier | modifier le code]

Le cardinal Newman, pour sa part, refusa de venir en tant que peritus au concile Vatican I (1869-1870).

Lors du concile Vatican II (1962-1965), plusieurs periti accompagnaient des évêques ou des groupes d'évêques venus de différents pays. D'autres periti servaient de conseillers pour le concile.

Joseph Ratzinger, futur pape Benoît XVI, était le peritus du cardinal allemand Joseph Frings, archevêque de Cologne, pendant que Hans Küng était peritus auprès du concile. Le théologien jésuite Karl Rahner était quant à lui le peritus du cardinal Franz Konig, archevêque de Vienne.

Parmi les periti du concile Vatican II se trouvaient également Henri de Lubac, Jean Daniélou, Marie-Dominique Chenu, Yves Congar ou Edward Schillebeeckx.

Les periti de Vatican II, parfois considérés comme réformateurs, ont eu quelques débats avec des membres plus conservateurs du Coetus Internationalis Patrum.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cf. Klaus Schatz: Allgemeine Konzilien - Brennpunkte der Kirchengeschichte, Paderborn ²2008, 290f.
  2. « Habile », au sens de « compétent », qui est d'ailleurs le sens premier de ce mot.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]