Fabien (pape)

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Fabien
Image illustrative de l'article Fabien (pape)
Saint Fabien, détail de l'œuvre de Giovanni di Paolo
Biographie
Décès 20 janvier 250
Rome
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat 10 janvier 236
Fin du pontificat 20 janvier 250
Précédent Antère Corneille Suivant

Blason

Fabien est évêque de Rome du 10 janvier 236 au 20 janvier 250. Il est le vingtième dans la liste des papes. Il est considéré comme saint par l'Église catholique romaine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon la tradition de l'Église, Fabien, simple laïc, se trouvait à Rome et parmi les fidèles au moment d'élire un successeur au pape Antère. Quand une colombe vint se poser sur la tête de Fabien, l'assemblée hésitante s'écria : « Il est digne ! »[1] Il fut ordonné le 10 janvier 236[2].

Cette élection spontanée inaugure un pontificat de 14 ans qui va laisser de profondes marques dans l'Église du IIIe siècle[3]. Les querelles politiques entre les éphémères successeurs de l'empereur Maximin Ier éloignent pour un certain temps les persécutions des chrétiens. Ce répit permet à Fabien de remettre de l'ordre dans l'Église romaine perturbée par de nombreuses années de conflits doctrinaux et par le schisme d'Hippolyte de Rome.

Profitant d'une paix relative, il révèle de grandes qualités d'administrateur[4]. Il nomme sept diacres à la tête de districts ecclésiastiques créés à Rome, chacun regroupant deux des anciennes régions de l'administration romaine[2] — au XVIe siècle, on verra là la naissance du titre de cardinal-diacre[5].

Fabien veille également avec attention au bon entretien des catacombes où il fait enterrer l'un de ses prédécesseur, Pontien, et l'adversaire de celui-ci, Saint Hippolyte. Il protège le futur schismatique Novatien, qu'il baptise et ordonne prêtre contre l'avis de son clergé. Il poursuit avec énergie les clercs coupables de diverses fautes, en particulier Privat, un évêque africain. La rédaction des actes des martyrs, entamée sous Antère, se poursuit sous son pontificat. Fabien est considéré comme l'apôtre des Gaules, où il envoie sept évêques missionnaires.

Dans la chrétienté son prestige déborde largement la ville de Rome. C'est vers lui que se tourne par exemple Origène, alors en conflit avec Démétrios, l'évêque d'Alexandrie, pour se justifier[6].

À la fin de 249 le nouvel empereur Dèce déclenche une des plus violentes persécutions contre les chrétiens. Au début de l'année 250, le 20 janvier, Fabien est torturé puis décapité sur la Via Appia Antica[7]. Il est inhumé dans la crypte des Papes de la catacombe de Saint-Calixte où son sarcophage est retrouvé en 1915.

Les Fausses décrétales lui attribuent plusieurs textes, notamment une seconde lettre à tous les évêques orientaux (Epistola II ad omnes orientales episcopos) portant sur la consécration annuelle du saint chrême le Jeudi saint.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, VI, 29. Rapporté également par Cyprien de Carthage, lettre 55.
  2. a et b Catalogue libérien, MGH, AA, 9/1, 75.
  3. Michel Christol, article « Fabien », Philippe Levillain (dir.), Dictionnaire historique de la papauté, Paris, Fayard,‎ 2003 (ISBN 2-213-618577), p. 665.
  4. Christol, p. 666.
  5. Par exemple Onofrio Panvinio, De praecipuis urbis Bomae sanctioribusque basilicis quas Septem ecclesias vulgo vocant, Rome, 1570, p. 27-28.
  6. Eusèbe, Histoire ecclésiastique, VI, 36.
  7. http://nominis.cef.fr/contenus/saint/469/Saint-Fabien.html

Liens externes[modifier | modifier le code]