Formose (pape)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Formose
Image illustrative de l'article Formose (pape)
Le pape Formose et Étienne VII
Biographie
Naissance ? , Rome?
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat 19 septembre 891
Intronisation 6 octobre 891
Fin du pontificat 4 avril 896
Précédent Étienne V Boniface VI Suivant

Blason

On ne sait pas grand-chose sur les origines du pape Formose. L'Encyclopædia Britannica[1] nous dit qu'il apparaît pour la première fois dans l'histoire en tant qu'évêque de Porto, la Catholic Encyclopedia[2] pense qu'il est probablement né à Rome. Certaines personnes émettent l'hypothèse qu'il soit né en Corse et précisent que ce serait « à Vivario en 816 » et « dans le hameau de Perello », mais sans indiquer de source fiable. L'Accademia corsa[3] suggère qu'il pourrait appartenir à une famille corse réfugiée à Ostie pour fuir les raids des Sarrasins sur l'île. Devenu évêque de Porto en 864, il entreprit des missions diplomatiques en Bulgarie (866) et en France (869 et 872) et il persuada le roi de France Charles II le Chauve de se faire couronner par le pape.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sous le pontificat de Jean VIII[modifier | modifier le code]

Dès 872 il avait été candidat au siège pontifical. Mais cette année-là, Rome et la cour du pape Jean VIII lui créèrent des complications politiques. Jean VIII convoqua un synode et l'ordre fut donné à Formose de revenir sous peine d'être excommunié sous l'accusation d'avoir aspiré à l'archevêché de Bulgarie et la Chaire de saint Pierre, de s'être opposé à l'empereur, d'avoir quitté son diocèse sans autorisation du pape, d'avoir dépouillé les monastères de Rome, d'avoir célébré le service divin malgré une interdiction et d'avoir conspiré avec certains hommes et certaines femmes pour détruire le siège pontifical. La sentence d'excommunication contre Formose et d'autres fut proclamée en juillet 872. En 878 elle fut levée, après qu'il eut promis de ne jamais retourner à Rome ni d'exercer des fonctions sacerdotales.

Élection au pontificat[modifier | modifier le code]

Le pape Marin Ier qui succéda à Jean VIII en 883 lui rendit son diocèse de Porto. Après les règnes de Marin, d'Adrien III (884-885) et d'Étienne V (885-891), Formose fut consacré le 6 octobre 891.

Il fut forcé de couronner empereur le duc Guy de Spolète en avril 892 et se trouva plongé dans un grand nombre de querelles bien difficiles : à Constantinople, le patriarche Photius avait été démis tandis qu'Étienne, le fils de l'Empereur Basile Ier, avait pris le pouvoir. Les Archevêques de Cologne et Hambourg se disputaient l'évêché de Brême. Eudes, comte de Paris et Charles le Simple s'opposaient en France pour la couronne et le pape se prononça pour Charles.

Formose convainquit Arnulf de Carinthie de venir à Rome et de libérer l'Italie. En 894, Arnulf conquit tout le pays au nord du Pô. Guy mourut en décembre laissant son fils Lambert de Spolète aux soins de sa mère Agiltrude, une adversaire des Carolingiens. En automne de 895, Arnulf entreprit sa deuxième campagne en Italie et en 896 il était couronné par le pape à Rome. Le nouvel empereur marcha sur Spolète mais, frappé de paralysie en cours de route, il fut hors d'état de continuer la campagne.

Décès et concile cadavérique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Concile cadavérique.

Le 4 avril 896, Formose mourut. Lui succédèrent les papes Boniface VI et Étienne VI ; ce dernier, sous l'influence de Lambert et d'Agiltrude mit en jugement Formose en 897, ce qu'on a appelé le Concile cadavérique. Le cadavre fut exhumé, revêtu des vêtements d'apparat pontificaux et assis sur un trône pour faire face à toutes les accusations portées autrefois par Jean VIII. Le verdict fut que le défunt n'était pas digne du pontificat. Toutes ses mesures et ses actes furent annulés et les ordres conférés par lui furent déclarés invalides. Les vêtements de cérémonie pontificaux furent arrachés de son corps, les trois doigts de sa main droite que le pape avait employés dans des consécrations furent coupés et le cadavre jeté dans le Tibre. On le retrouva pris dans des filets de pêcheurs et, après la mort d'Étienne, le corps fut réenterré à Saint-Pierre tandis qu'on interdisait d'intenter à l'avenir des procès contre des défunts.

Le pape Serge III (904-911) confirma néanmoins plus tard les condamnations portées contre Formose et exigea une nouvelle consécration des évêques par lui nommés. Cela créa une grande confusion, car ceux-ci étaient nombreux. Plus tard la validité des consécrations de Formose fut à nouveau reconnue et la décision de Serge condamnée par l'Église, Serge ayant par ailleurs été considéré comme grand pécheur et coupable de plusieurs assassinats.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]