Benoît XIV

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Benoît XIV
Image illustrative de l'article Benoît XIV
Biographie
Nom de naissance Prospero Lambertini
Naissance
Bologne, Flag of the Papal States.gif États pontificaux
Décès (à 83 ans)
Rome, Flag of the Papal States.gif États pontificaux
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat (65 ans)
Intronisation
Fin du pontificat
(&&&&&&&&&&&0646817 ans, 8 mois et 16 jours)
Précédent Clément XII Clément XIII Suivant

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Prospero Lambertini, né à Bologne le , est le fils de Marcello Lambertini et de Lucrezia Bulgarini. Il est élu pape en 1740 sous le nom de Benoît XIV (en latin Benedictus XIV, en italien Benedetto XIV). Il meurt le 3 mai 1758.

Jeunesse et carrière[modifier | modifier le code]

Tout jeune il se passionne pour la littérature : Dante, le Tasse et l'Arioste sont ses auteurs de chevet. Après des études de droit et de théologie, il est promoteur de la Foi de la Congrégation des rites de 1712 à 1728, année où il est nommé évêque d'Ancône, créé cardinal-prêtre au titre de Sainte-Croix-de-Jérusalem. Puis il est nommé archevêque de Bologne, sa ville natale, en 1730. À la mort de Clément XII, il est élu pape à l'unanimité le , après un des plus longs conclaves des derniers siècles : celui-ci ne dure pas moins de six mois et nécessite 254 scrutins.

Le pape des Lumières[modifier | modifier le code]

Législateur de l'Église moderne, il a marqué le XVIIIe siècle par son long pontificat de dix-huit ans et par son ouverture d'esprit au siècle des Lumières. C'est un pape moderne qui tente de calmer les querelles religieuses, de ramener l'Église grecque et l'Église arménienne dans le giron de Rome, et, tout en confirmant la bulle Unigenitus, adoucit les rigueurs que l'on exerçait sur les jansénistes. Féru de sciences — en particulier de physique, de chimie, de mathématiques —, il autorise les œuvres sur les nouvelles représentations du monde (héliocentrisme à cette époque), et cela en deux temps :

Il crée à Rome une faculté de chirurgie et un musée d'anatomie, encourageant la dissection[1].

D'esprit ouvert, il témoigne un intérêt pour les relations interreligieuses en adressant une lettre au septième dalaï-lama, Kelzang Gyatso, qu'il remet au père capucin italien Francesco della Penna[2].

Il publie le 20 décembre 1741 la lettre apostolique Immensa pastorum, dans laquelle il déplore les mauvais traitements infligés aux Amérindiens.

Pontife, il écrit de nombreux ouvrages de droit canonique, introduisant plusieurs réformes liturgiques, notamment dans les sacrements de pénitence et de mariage. Il admet notamment la validité du mariage entre catholiques et protestants.

L’encyclique Vix pervenit[3], à l'adresse des évêques d’Italie, est la dernière prise de position doctrinale du magistère catholique au sujet du prêt à intérêt : une condamnation sans appel, qui n'a jamais été révoquée, même si, en 1830, le pape Pie VIII en assouplira la discipline, permettant aux confesseurs d'absoudre les usuriers prêtant de l'argent à intérêt. Ces mesures, bien que réaffirmées en 1917 par le pape Benoît XV, ne seront pas reprises dans le nouveau Code de droit canonique, en vigueur depuis 1983. L'interdiction du prêt à usure comme mesure juridique, ainsi que la condamnation de pratiques usuraires ont été reprises dans le nouveau Catéchisme de l'Église catholique promulgué en 1992 par Jean-Paul II.

À partir de 1746, année où il canonise Camille de Lellis, Benoît XIV poursuit la réforme des comptes pontificaux lancée par son prédécesseur.

Au début de son règne, il se montre favorable aux Lumières et entretient des relations avec Frédéric II de Prusse par l'intermédiaire du savant Maupertuis. Voltaire lui dédie en 1745 sa tragédie Le Fanatisme ou Mahomet le prophète. La lettre de remerciement du pape au philosophe témoigne l'excellence de leurs rapports. Voltaire admirait sincèrement ce pontife cultivé et ouvert aux idées de son temps.

Buste en marbre de Benoît XIV par Pietro Bracci, Musée de Grenoble.

Benoît XIV proclame 1750 année sainte et charge — en vain — l'évêque de Mirepoix de faire cesser l'adultère du roi Louis XV.

Il tenait en très haute estime le jésuite Francisco Suarez qui prônait le retour à la pensée théologique de saint Thomas d'Aquin.

Dans la seconde moitié de son pontificat, il se montra plus « conservateur » : soupçonneux à l'égard des initiatives missionnaires des Jésuites, il condamna les Réductions du Paraguay et mit fin à la querelle des rites en interdisant définitivement les rites chinois et malabars qu'il juge imprécis, par les lettres apostoliques Ex quo singulari (1742) et Omnium sollicitudinum (1744).

En outre, il renouvela les réserves pontificales à l'égard de la franc-maçonnerie, condamnée en 1751 dans la bulle Providas romanorum.

Par ailleurs, il soutint la prédication de saint Léonard de Port-Maurice.

Le 22 février 1755, il béatifia l'enfant Anderl von Rinn, qu'on prétendait avoir été assassiné par des juifs, et en 1758 il innocenta les juifs de Yanopol accusés d'un crime rituel, suivant ainsi le rapport que lui avait présenté Lorenzo Ganganelli, conseiller du Saint-Office et futur pape Clément XIV.

Le Pape Benoît XIV, par Pierre-Hubert Subleyras.

Le mécénat[modifier | modifier le code]

Ce pape érudit protégea les sciences et l'industrie, ainsi que les lettres, qu'il cultivait lui-même. Il s'attacha à embellir Rome qui lui doit la superbe façade de la basilique Sainte-Marie-Majeure et déclara le Colisée sanctuaire des martyrs (bien qu'il ne soit pas prouvé que les chrétiens aient été suppliciés en ce lieu), car il voulait mettre un terme à son démantèlement. Il fit également reconstruire l'église Saint-Apollinaire.

Il a laissé un grand nombre d'ouvrages, publiés à Bassano en 1788, quinze volumes in-folio. Les principaux sont les traités de la Béatification, du Sacrifice de la Messe, des Synodes.

Il mourut le à l'âge de 83 ans et Clément XIII lui succéda. Les Romains regrettèrent « il papa Lambertini » qui parcourait à pied les rues de Rome se mêlant à la foule comme le plus humble des pasteurs.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Cette liste des œuvres de Lambertini a été prise de : Tarcisio Bertone, Il governo della Chiesa nel pensiero di Benedetto XIV, éd. L.A.S., Rome, 1978, et de Lazzaro Maria De Bernardis, Le opere giuridiche di Prospero Lambertini, dans Benedetto XIV (Prospero Lambertini): Convegno internazionale di studi storici, Cento, 6-9 dicembre 1979, organisé par Marco Cecchelli :

  • Raccolta di alcune notificazioni, editti e istruzioni, pubblicate per il buon governo della sua Diocesi dall’Em.no e Rev.mo Sig. Cardinale Prospero Lambertini …, Bologne, 1733, 1735, 1740 ; Rome, 1742; Venise, 1749, 1760, 1762, 1771, 1790 ; Turin, 1852 ; traduction en latin sous le titre Institutiones ecclesiasticae, Rome, 1747 ; Ingolstadt, 1751 ; Bassano, 1760 ; Lovanio, 1762.
  • De servorum Dei beatificatione et de beatorum canonizatione, 1734-1738.
  • Thesaurus resolutionum S. Congregationis Concilii, 1740 (en seraient dérivées les Quaestiones canonicae et morales, 1767).
  • Annotazioni sopra le feste di Nostro Signore e della Beatissima Vergine secondo l'ordine del calendario romano, 1740-1749 (à partir desquelles émergerait comme travail séparé le De sacrosancto Missae Sacrificio, 1745, également publié séparément dans la version originale italienne en 1772).
  • Bullarium Benedicti XIV, 1746-1754.
  • Opuscula miscellanea nunc primum edita atque in unum corpus collecta, Bassano, 1767.
  • Casus conscientiae, 1747.
  • De synodo dioecesana, Rome, 1748, complété et enrichi dans l'édition de 1755 ; 1767 ; Ferrare, 1753, 1756, 1760 ; Padoue, 1756 ; Parme, 1764 ; Venise, 1765, 1775, 1792 ; Rome, 1806 ; Magonza, 1842. On le trouve dans toutes les éditions des Opera omnia.
  • Opera omnia, en trois éditions :
    • S.S.D.N. Benedicti XIV opera in duodecim tomos distribuita, Rome, 1747-1751 ;
    • Benedicti XIV Papae olim Prosperi Card. De Lambertinis opera omnia in quindecim tomos distribuita, Venise, 1767, 1788, 1892 ;
    • Benedicti XIV Pont. Max opera omnia in tomos XVII distribuita, Prati, 1830-1946.
  • Dans ces collections, il faut ajouter les volumes suivants :
    • S.S.D.N. Benedicti Papae XIVopera omnia in synopsim redacta, Rome, 1766 ;
    • Benedicti XIV acta sive mondum pubblicata sive sparsim edita, nunc primum collecta cura Rafaelis de Martinis, 2 vol., Naples, 1894 ;
    • Benedicti XIV Papae opera omnia inedita, quae primum publicavit Fr. Heiner, Fribourg, 1904 ;
    • Caeremoniale Episcoporum Santissimi D.N. Benedicti Papae XIV iussu editum et auctum, Rome, 1752.


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Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. Du 30 avril au 2 mai 2012 s'est tenue à l'université Washington de Saint-Louis une conférence internationale dont le thème était : « The Enlightenment Pope: Benedict XIV (1675-1758) ». L'annonce rappelait que Benoît XIV avait demandé aux curés d'expliquer aux paroissiens que faire don de son corps à la science était une pratique approuvée par l'Église ; c'est lui qui créa à Bologne le premier musée anatomique d'Italie, abritant huit répliques de cire en grandeur nature, créées grâce à des dissections. Il encouragea les femmes à étudier la médecine et fut le protecteur d'Anna Morandi Manzolini qui effectua des milliers de dissections dans son laboratoire dans le but de créer des répliques précises.
  2. The Story of Father Orazio della Penna.
  3. Vix pervenit.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]