Unitatis Redintegratio

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La barque de St Pierre, symbole de l'Œcuménisme

Unitatis Redintegratio est le décret du concile Vatican II sur l'œcuménisme. Il a été voté à 2 137 voix contre 11 lorsque tous les évêques furent rassemblés. Ce décret fut promulgué par Paul VI le 21 novembre 1964. Son titre latin signifie Restauration de l'unité.

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Introduction (section 1)

Le concile Vatican II a notamment pour but de promouvoir l'unité des chrétiens. Les divisions des chrétiens sont l'objet de scandale pour le monde et cette division s'oppose à la volonté du Christ et à la prédication de l'Évangile. Le mouvement œcuménique est une aspiration légitime pour une Église unie de tous les chrétiens.

1- Principes catholiques de l'œcuménisme (sections 2-4)

« In Unum Sint » : le Nouveau Testament exige l'unité pour répandre la bonne nouvelle. Comme il n'y a qu'un seul corps et un seul esprit, tous deviennent un dans le Christ par le baptême dans une seule Église.

Les schismes et les scissions sont condamnés par saint Paul dans les épîtres aux Corinthiens. Les différences doctrinales et hiérarchiques n'empêchent pas la fraternité baptismale et eucharistique des catholiques, orthodoxes et protestants en Orient et en Occident.

Étant donné que, sous le souffle de la grâce de l’Esprit saint, beaucoup d’efforts s’accomplissent par la prière, la parole et l’action pour arriver à la plénitude de l’unité voulue par Jésus Christ, le saint Concile exhorte tous les catholiques à reconnaître les signes des temps et à prendre une part active à l’effort œcuménique. La charité et la sollicitude sont aussi encouragées. Le dialogue permet la compréhension et l'estime entre communautés. Il faut aussi reconnaître la catholicité du patrimoine commun entre catholiques, orthodoxes et anglicans.

2- La pratique de l'œcuménisme (sections 5-12)

Le besoin de parvenir à l'unité implique une rénovation de l'Église, ce qui a une grande valeur œcuménique. L'œcuménisme amène nécessairement une conversion du cœur et requiert la prière en commun. Ne pas accomplir l'unité veut aussi dire de ne pas reconnaitre ses péchés (cf. 1 Jn l, 16).

Une autre exigence de l'œcuménisme est la reconnaissance de l'histoire, de la culture et de l'état des frères séparés. La théologie et la formation du clergé doivent aller dans ce sens. L'explication de la foi catholique doit être profonde et ordonnée, et surtout accessible au langage des frères séparés.

Par la collaboration œcuménique, l'union des chrétiens est déjà exprimée et peut servir comme remède aux maux contemporains comme la pauvreté, la misère et l'absence de logements.

3- Églises et communautés ecclésiales séparées du siège apostolique romain (sections 13-24)

Il y a eu des divisions en Orient à la suite du concile de Chalcédoine et du concile d'Éphèse, puis vint le grand schisme en 1054.

En Occident, la Réforme protestante a créé des communions nationales et confessionnelles sur des questions doctrinales plus sérieuses. La Communion anglicane est la plus catholique des Églises réformées.

3 a Les Églises et communautés ecclésiales séparées en Orient (sections 14-18)

L'Orient a des Églises particulières qui conservent leurs rites liturgiques honorables. Le message oriental mérite la considération universelle.

L'Orient a une grande richesse spirituelle qui s'exprime notamment par les hymnes, la tradition sainte et le monachisme. Une longue succession apostolique est respectée et les orientaux communient dans la concélébration de l'Eucharistie dans un vrai sacerdoce.

Les règles particulières des Églises d'orient ne sont pas en conflit avec l'Église de Rome. Leur diversité culturelle est héritière des Pères de l'Église. Le concile recommande aux catholiques romains d'établir des relations avec les orientaux établis en Occident.

3 b Les Églises et communautés ecclésiales séparées en Occident (sections 19-24)

Les nombreux courants de la Réforme ne sont pas tous définis par le concile. L'antitrinitarisme des mouvances calvinistes est un obstacle important à la commune interprétation de l'Évangile. Cependant, il y a de nombreux points en commun qui favorisent le dialogue.

La Réforme reconnaît Jésus-Christ comme Seigneur et unique médiateur entre Dieu, tout comme l'Église catholique. Paul VI reconnaît les divergences sur les questions ministérielles et mariales. L'intérêt des protestants pour la Bible est partagée par les catholiques, même s'il y a un désaccord sur les rapports entre les Écritures saintes et le magistère ecclésiastique.

Le pape se réjouit du fait que les communautés protestantes célèbrent le baptême et la Cène, en oubliant cependant les sacrements de l'Eucharistie et de l'Ordre. Néanmoins, la foi en la résurrection du Christ permet d'établir un dialogue sur les sacrements et les ministères.

En dépit des interprétations divergentes sur les questions morales et les solutions aux problèmes de société, catholiques et protestants s'attachent à la parole du Christ comme source de force apostolique, ce qui peut marquer un commencement de dialogue œcuménique.

Conclusion

Le zèle imprudent peut nuire à l'unité. L'œcuménisme doit être d'une sincère apostolicité. La progression de l'unité peut réconcilier tous les frères dans une même Église. Cependant, ce grand projet est au-delà des possibilités humaines et doit être remis envers les espoirs de la providence.

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