Basilique Saint-Pierre

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Basilique
Saint-Pierre du Vatican
Image illustrative de l'article Basilique Saint-Pierre
Présentation
Nom local Basilica di San Pietro in Vaticano (it)
Basilica Vaticana (la)
Culte Catholique romain
Type Basilique
Rattachement Saint-Siège
Début de la construction 1506
Fin des travaux 1626
Style dominant Renaissance
Baroque
Site web www.salzburger-dom.at/salzburger-dom/default.asp
Géographie
Pays Vatican Vatican
Commune Cité du Vatican
Coordonnées 41° 54′ 08″ N 12° 27′ 12″ E / 41.90222, 12.45333 ()41° 54′ 08″ Nord 12° 27′ 12″ Est / 41.90222, 12.45333 ()  

Géolocalisation sur la carte : Vatican

(Voir situation sur carte : Vatican)
BasiliqueSaint-Pierre du Vatican

La basilique Saint-Pierre (en latin Sancti Petri) ou plus exactement Saint-Pierre du Vatican (San Pietro in Vaticano) est le plus important édifice religieux du catholicisme, de dimensions extérieures de 219 m de long pour 136 m de haut, et des dimensions intérieures de 188 m de long, pour 154,60 m de large pour 119 m de haut[1]. Elle est située au Vatican, sur la rive droite du Tibre, et sa façade s'ouvre sur la place Saint-Pierre.

Vue panoramique,
photographie de Altobelli, 1874.

Inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité établie par l'UNESCO, la basilique Saint-Pierre est considérée comme la plus grande conception architecturale de son temps et demeure l'un des monuments les plus visités au monde. Sa construction, à l'emplacement de l'ancienne basilique construite sous l'empereur Constantin, commença le et fut achevée en 1626. Ses architectes les plus importants furent Bramante, Michel-Ange et Le Bernin.

La basilique Saint-Pierre est un important lieu de pèlerinage qui rassemble sur sa place au minimum 150 000 catholiques chaque dimanche lors de l'angélus pontifical. Ce n'est pas la cathédrale du diocèse de Rome, puisque l'évêque de la ville siège à Saint-Jean de Latran, mais c'est l'église du pape et de l'État pontifical. Elle est également l'une des deux églises paroissiales de la cité du Vatican (l'autre étant l'église Sant'Anna dei Palafrenieri). Bien que le Nouveau Testament ne mentionne pas la présence de l'apôtre Pierre, premier chef de l'Église chrétienne à Rome ou son martyre dans cette ville, la tradition catholique indique que son tombeau est situé sous le maître-autel, au centre de l'église, sous le baldaquin baroque.

La basilique Saint-Pierre est la deuxième des quatre basiliques majeures de Rome, après Saint-Jean de Latran, et avant Sainte-Marie-Majeure et Saint-Paul-hors-les-Murs.

Avec une superficie de 2,3 ha et une capacité de plus de 60 000 personnes, elle est la plus grande église de la chrétienté. Elle est aussi un des lieux les plus saints du christianisme, puisqu'elle abrite la sépulture de saint Pierre qui, selon la tradition catholique, fut le premier évêque d'Antioche et de Rome, donc le premier pape.

Historique de la construction[modifier | modifier le code]

Le site sous l'Empire romain[modifier | modifier le code]

Situation du Circus Vaticanus, par rapport à la basilique constantinienne et la basilique actuelle.

Au début de l'Empire romain, peu avant la naissance du Christ, le site était occupé par quelques villas, bâties autour de jardins impériaux qui furent la propriété d'Agrippine l'Aînée. Son fils, Caligula (37-41 apr. J.-C.), y fit construire un cirque privé, le Circus Vaticanus ou cirque de Caligula et de Néron, dont l'actuel obélisque du Vatican constitue l'un des seuls vestiges.

C'est dans ce cirque, ainsi que dans les jardins adjacents, qu'eut lieu le martyre de beaucoup de chrétiens de Rome à l’époque de Néron (54-68). Une tradition immémoriale place le martyre de l'apôtre Pierre dans l'enceinte même du cirque - inter duas metas (« entre les deux bornes ») de la spina, dont le centre était occupé par l'Obélisque du Vatican. Selon la tradition transmise par des ouvrages apocryphes (tels les Actes de Pierre[2]), Pierre fut crucifié vers 65, la tête en bas par humilité, car il ne se jugeait pas digne de mourir comme le Christ. Selon une autre version, il peut s'agir d'une cruauté supplémentaire volontairement infligée par les Romains[3].

Sépulture de saint Pierre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tombe de saint Pierre.

La tradition localise l’emplacement de la tombe de l'apôtre, indiquée par une pierre rouge, au sein d'une nécropole située au nord du Circus Vaticanus, dont elle est séparée par une route secondaire, la via Cornelia.

Déjà, du vivant de Pierre, après la crucifixion du Christ, les Actes des Apôtres relatent le fait que celui-ci tient une place importante dans l’Église chrétienne naissante. En effet le Christ lui avait dit : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église. » (évangile selon Matthieu).

Dans la basilique constantinienne, un édicule, situé à l'emplacement habituel de l'autel à la butée des nefs, signifiait l'emplacement de l'inhumation de saint Pierre. Placé sur une petite estrade en marbre, il prenait la forme d'un baldaquin supporté par des colonnes torses en bronze et prolongé par un portique à colonnes. Au centre, sous le baldaquin, se trouvait un petit édicule de marbre aux portes de marbre doré donnant accès, en jour de fête, à la sépulture de saint Pierre. Ce dispositif est l'une des premières manifestations du culte des reliques des saints.

Le 23 décembre 1950, le pape Pie XII annonce la découverte d’une sépulture sous la crypte de la basilique, inaccessible depuis le IXe siècle. Cette découverte couronne dix ans de recherches archéologiques menées par le Saint-Siège, mais il n’est pas absolument certain que les ossements découverts soient ceux du saint martyr.

L'étude par les archéologues des restes découverts dans la sépulture révèle trois détails permettant de formuler une hypothèse d'identification[4], sans cependant imposer une conclusion incontestable :

— les ossements ont été conservés dans un tissu précieux de couleur pourpre et brodé de fil d'or : un tel tissu ne peut avoir servi qu'à envelopper les restes d'un personnage illustre ;

— aucun os des pieds n'a été retrouvé : cela pourrait indiquer qu'on a coupé ceux du défunt (ce qui était commun aux suppliciés qui mouraient la tête en bas) ;

— les rotules étaient abîmées comme peuvent l'être celles de pêcheurs qui poussent leur bateau à la mer.

Ainsi, le pape Paul VI annonce, en 1968, après avoir pris connaissance des études scientifiques menées sur le tombeau, qu'il doit s'agir selon toute probabilité des restes du corps de Saint Pierre[5].

L'ancienne basilique constantinienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Antique basilique vaticane.
Vue d’ensemble de l’ancienne basilique par H. W. Brewer, 1891

L'ancienne basilique est due conjointement à l'empereur Constantin et au Pape Sylvestre Ier. Commencée entre 320 et 329, elle nécessita la démolition du Circus Vaticanus ou cirque de Caligula qui s'étendait sur la partie sud du chantier. Constantin décida de raser les sépultures de la nécropole païenne alignées le long d'un sentier, car la tradition y fixait la tombe de saint Pierre[6]. L'empereur pensait ainsi construire l'autel de sa basilique paléochrétienne au-dessus de cette tombe, faisant de l'édifice une basilique cémétériale avec un pavement souvent ouvert pour pouvoir y descendre des sarcophages. La basilique fut consacrée le 18 novembre 326 par le pape Sylvestre Ier[7].

C'était une basilique classique de 8 052 m2 (soit 122 × 66 m), comportant une nef à 5 vaisseaux séparées par des colonnes de marbre coloré, un transept saillant, une abside semi-circulaire occidentée (construite autour de la tombe de saint Pierre), et deux doubles bas-côtés. L'édifice était précédé d'un grand péristyle (ou atrium, dit parfois quadriportique), une cour à portique au centre de laquelle se trouvait une fontaine à ablutions décorée d'une pomme de pin et de paons en bronze. Il se situait sur la partie ouest de l'actuelle place Saint-Pierre. De grandes dimensions, la longueur de l'édifice était d'environ 103 mètres. Elle occupait la majeure partie de la superficie de l'édifice actuel. L'édifice était relativement sombre et tout un apparat de luminaires venaient compléter l'éclairage.

La basilique était un des principaux lieux de pèlerinage au Moyen-Âge. Le cœur de la basilique était l'autel de la « Confession de Saint-Pierre[8] » dont une ouverture, la fenestella confessionis, permettait aux pèlerins de voir les reliques de l'apôtre[9].

En août 846, lors du pillage de Rome, la basilique est profanée par les Sarrasins.

Au début du XIVe siècle, lors du départ des papes pour Avignon, la basilique menaçait de tomber en ruine.

La reconstruction[modifier | modifier le code]

Après le retour des papes avignonnais à Rome en 1378, le premier pape qui, au milieu du XVe siècle, semble avoir pensé sérieusement à une reconstruction de la basilique fut Nicolas V qui se fit exposer par Bernardo Rossellino le projet d'un nouvel édifice ou d'une rénovation complète de l'ancienne basilique. Mais il ne put venir à bout de ces projets, à cause des problèmes politiques du moment.

En 1505, le Pape Jules II décida de démolir l'ancien édifice pour construire à la place un bâtiment plus vaste et plus moderne, plus à même de remplir les fonctions d'une basilique pontificale. Ce projet donna lieu à un concours d'architectes, auquel prirent part un grand nombre d'artistes qui se succédèrent pendant environ 120 ans.

Les travaux se poursuivirent sous les papes Léon X (1513 - 1521), Adrien VI (1522 - 1523), Clément VII (1523 - 1534), Paul III (1534 - 1549), Jules III (1550 - 1555), Marcel II (1555), Paul IV (1555 - 1559), Pie IV (1559 - 1565), Pie V (le saint) (1565 - 1572), Grégoire XIII (1572 - 1585), Sixte V (1585 - 1590), Urbain VII (1590), Grégoire XIV (1590 - 1591), Innocent IX (1591), Clément VIII (1592 - 1605), Léon XI (1605), Paul V (1605 - 1621), Grégoire XV (1621 - 1623), Urbain VIII (1623 - 1644) et Innocent X (1644 - 1655).

Le pape Léon X a eu recours aux indulgences pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre, ce qui a provoqué la réaction de Martin Luther. Le moine allemand condamna le commerce des indulgences dans ses 95 thèses (1517) comme une pratique abusive de l'Église catholique romaine qu'il assimilait à une manipulation de la volonté de Dieu. Ce fut la naissance du protestantisme[10].

Feuille avec plusieurs phases du projet de Bramante
L'un des plans de Bramante
Plan de Raphaël

Projet de Bramante[modifier | modifier le code]

Le projet du Pape Jules II suscita un grand nombre de propositions émanant de nombreux architectes. Ce fut finalement le plan de Bramante qui fut choisi pour la future basilique ; la première pierre fut posée en 1506. Contrairement à ce qu'on a longtemps pensé, les premières idées de Bramante étaient basées sur le plan de l'ancienne basilique et ne visaient donc pas à un plan en croix grecque. Néanmoins, le plan le plus célèbre (dit « de parchemin »), qui ne montre qu’une partie du projet, doit probablement être complété en forme de croix grecque.

Le dôme est inspiré du plan du Panthéon (Rome)[11], à la différence que le dôme du Panthéon est soutenu par un mur cylindrique continu, alors que celui du projet de Bramante n'était soutenu que par quatre piliers, suivi en cela par l'actuelle coupole construite par Michel-Ange. Ce dôme devait être surmonté d'une lanterne sur le modèle de celle de la cathédrale de Florence conçue par Michelozzo pour Filippo Brunelleschi[12].

Bramante avait envisagé un dôme central entouré de quatre dômes plus petits, dans les axes diagonaux. Le chœur, la nef et les transepts étaient conçus comme deux baies finissant en une abside. À chaque coin du bâtiment serait érigée une tour, afin d'obtenir un plan carré, avec des absides en projection, chacune pourvue de deux grands contreforts radiaux, qui devaient équarrir sa forme demi-circulaire[13].

Sangallo et Raphaël[modifier | modifier le code]

Après la mort du pape Jules en 1513, Bramante (mort en 1514) fut remplacé par Giuliano da Sangallo, Fra Giocondo, qui moururent tous deux en 1515, et Raphaël. Le changement principal dans le plan de Raphaël fut la nef à cinq baies, avec une série de chapelles absidiales dans les allées latérales. Le plan de Raphaël pour le chœur et les transepts renforçait encore davantage l'aspect carré des murs extérieurs en réduisant les tours, et soulignait les absides semi-circulaires en les entourant chacune d'un déambulatoire[14].

Peruzzi[modifier | modifier le code]

En 1520, Raphaël mourut à son tour, à l'âge de 37 ans. Son successeur, Baldassarre Peruzzi, maintint les changements que Raphaël avait proposés pour l'arrangement intérieur des trois absides principales, mais apporta d'autres modifications, se rapprochant du plan en croix grecque et d'autres détails du plan de Bramante[15]. En 1527, Rome fut pillée par l'empereur Charles Quint. Peruzzi mourut en 1536 sans voir l'achèvement de son plan[11].

Sangallo le Jeune[modifier | modifier le code]

Projet de Sangallo : façade très ornée, avec deux hautes tours et un nouveau dôme de structure complexe

Prenant la suite, Antonio da Sangallo le Jeune soumit un plan combinant dans son apparence les caractéristiques de ceux de Peruzzi, Raphaël et Bramante, en dynamisant la perspective de l'édifice et en le prolongeant par une nef courte pourvue d'une large façade et d'un portique. Par rapport à celui de Bramante, son nouveau dôme était beaucoup plus compliqué, tant au niveau de la structure qu'à celui de la décoration, et il était pourvu de côtes extérieures. Comme Bramante, Sangallo proposa une lanterne surmontant le dôme, conçue sous une forme plus grande et beaucoup plus compliquée. L'essentiel du travail de Sangallo fut finalement de renforcer considérablement les piliers centraux, qui commençaient à donner des signes de faiblesse[16].

L'œuvre déterminante de Michel-Ange[modifier | modifier le code]

Le 1er janvier 1547, sous le règne du pape Paul III, Michel-Ange, déjà septuagénaire, succéda à Antonio da Sangallo le Jeune comme Capomaestro, surintendant de la construction de la basilique[17]. On peut le considérer comme le principal auteur des bâtiments tels qu'ils se présentent aujourd'hui et comme l'architecte grâce à qui le projet fut achevé. Ce n'est pas de gaîté de cœur qu'il s'engagea dans cette entreprise, presque contraint par le pape Paul III, contrarié à la fois par la mort du candidat qu'il avait choisi, Giulio Romano, et par le refus de Jacopo Sansovino de quitter Venise. Michel-Ange a écrit : Je n'entreprends cette tâche que pour l'amour de Dieu et en l'honneur de l'Apôtre. Et il exigea carte blanche pour achever le projet par tous moyens qu'il jugerait utiles[16].

Michel-Ange reprit le chantier de construction au moment où les quatre énormes piliers, surpassant par leur taille tous ceux bâtis depuis la Rome antique, s'élevaient en arrière de la nef restante de l'ancienne basilique. Il hérita également des nombreux projets conçus par quelques-uns des plus brillants architectes et ingénieurs du XVIe siècle. Certains éléments étaient communs à tous ces projets : le dôme devait rivaliser en grâce avec celui conçu par Filippo Brunelleschi un siècle plus tôt pour la cathédrale Santa Maria del Fiore, qui dominait la Florence de la Renaissance, et le plan devait adopter une forme fortement symétrique, celle de la croix grecque, à l'exemple de la Basilique Saint-Marc à Venise, ou bien de la croix latine, avec des transepts et un chœur de forme identique, à l'exemple de la cathédrale de Florence.

Même si le travail avait peu progressé depuis quarante ans, Michel-Ange ne rejeta pas les idées des architectes précédents, mais s'attacha plutôt à les inclure dans le développement d'une vision globale du projet. Avant tout, Michel-Ange reconnut la qualité essentielle du dessin original de Bramante. Il abandonna cependant le plan en croix grecque[18].

La basilique telle qu'on peut la voir aujourd'hui a été prolongée par une nef conçue plus tard par Carlo Maderno. C'est le chœur, dominé par l'immense dôme, qui est proprement l'œuvre de Michel-Ange. À cause de son emplacement à l'intérieur de la cité du Vatican et parce que la perspective de la nef et de la façade cache le dôme depuis la place Saint-Pierre, le travail de Michel-Ange est mieux apprécié à une certaine distance. Il est toutefois évident que l'architecte a beaucoup réduit les formes géométriques du plan de Bramante, clairement inscrites dans un plan carré, et aussi celles dessinées par Raphaël, sur plan carré à projections semi-circulaires[19].

Michel-Ange a estompé la disposition géométrique d'origine en établissant une maçonnerie externe massive et en comblant les angles par des sacristies ou des cages d'escaliers. L'effet créé donne l'impression d'une surface de mur continue, seulement fractionnée de saillies et de décrochements, mais les angles droits qui définissent habituellement le changement de direction aux coins d'un bâtiment ont bel et bien disparu. Cet agencement extérieur est ponctué de pilastres corinthiens. Au-dessus d'eux, l'énorme corniche se déroule en une bande continue qui comprime l'ensemble du bâtiment[20].

Le dôme et ses plans successifs[modifier | modifier le code]

Les énormes piliers qui soutiennent le dôme, vus de la coupole
Vatican St. Peter cupola bgiu.JPG

La coupole s'élève à une hauteur totale de 136,57 m, depuis le sol de la basilique jusqu'au sommet de la croix qui la surmonte. C'est le plus haut dôme du monde. Son diamètre intérieur est de 41,47 mètres, donc légèrement inférieur à celui du Panthéon de Rome ou de la cathédrale Santa Maria del Fiore de Florence. Ce diamètre est cependant supérieur à celui de la coupole de la basilique byzantine de Sainte-Sophie à Constantinople, édifiée en 537. Les architectes successifs de la basilique se sont largement inspirés des coupoles préexistantes de la cathédrale de Florence et du Panthéon pour définir les plans du dôme ; ce dernier était déjà annoncé pour être le plus grand de la Chrétienté et du monde.

La coupole du Panthéon, avec ses 43,3 mètres de diamètre (la plus grande coupole du monde jusqu'au XIXe siècle), est soutenue par un mur circulaire sans autre ouverture qu'une simple porte. Le diamètre est égal à la hauteur. Au sommet, un oculus répand la lumière vers l'intérieur.

Bramante et Sangallo[modifier | modifier le code]

Projet du dôme de Bramante, profil et coupe.

Le plan de Bramante pour le dôme de Saint-Pierre suit de près celui du Panthéon. Il était conçu pour être construit, comme lui, en béton de tuf, dont Bramante avait retrouvé une formule. À l'exception de la lanterne, le dôme de Saint-Pierre était en coupe assez semblable à son modèle, à ceci près qu'à Saint-Pierre, le mur de soutien devait céder la place à un tambour reposant sur quatre piliers massifs.

Concernant la cathédrale de Florence, de nombreux architectes avaient déjà pensé à un dôme surélevé avant que Brunelleschi ne rende sa construction réalisable[21]. La coupole de Florence, à double coque, fut élevée sans l'aide de cintres, grâce à la technique des briques montées en spirale, inspirée de l'architecture byzantine. Alors que son aspect, à l'exception des détails de la lanterne, est entièrement gothique, son ingénierie était extrêmement innovante, produit d'un esprit qui avait étudié en détail les voûtes et coupoles subsistantes de la Rome antique[12].

La coupole de Sangallo s'inspirait à son tour tout autant de celle du Panthéon que de celle de Florence, mais à Rome, la forme assez délicate de la lanterne, imitant celle de Florence, devait toutefois se commuer en une structure beaucoup plus massive[22].

Michel-Ange et Giacomo della Porta[modifier | modifier le code]

La basilique Saint-Pierre et son immense dôme vus du Château Saint-Ange.
Le dôme vu d'une galerie des musées du Vatican

Michel-Ange reprend la conception du dôme, en tenant compte de tout ce qui avait été fait auparavant. Son dôme, comme celui de Florence, est constitué de deux coques, l'extérieure en pierre comportant 16 côtes, deux fois plus qu'à Florence, mais moins que dans le projet de Sangallo. Comme dans les plans de Bramante et Sangallo, le dôme est élevé sur un tambour supporté par des piliers. Le péristyle de Bramante et l'arcade de Sangallo sont ramenés à 16  paires de colonnes corinthiennes, chacune de 15 mètres de haut. Visuellement, elles semblent supporter chacune des côtes du dôme, mais structurellement elles sont probablement tout à fait surabondantes. La raison en est que le dôme est de forme ovoïde, montant abruptement, à l'imitation de la coupole florentine, et exerçant donc moins de poussée vers le sol que ne le fait un dôme hémisphérique, comme celui du Panthéon, qui doit être soutenu par un solide mur de soutènement[11],[16].

Le profil ovoïdal du dôme a été le sujet de beaucoup de spéculations et de débats universitaires durant les siècles passés. Michel-Ange mourut en 1564, ayant achevé le tambour du dôme et considérablement renforcé les piliers de Bramante. Après sa mort, le travail fut poursuivi par son assistant Vignola, assisté de Giorgio Vasari, chargé par le pape Pie V de veiller au strict respect des plans de Michel-Ange. En 1585, l'énergique pape Sixte Quint désigna Giacomo della Porta, aidé de Domenico Fontana. Son pontificat de cinq ans devait voir l'avancement rapide de la construction[16].

Michel-Ange a laissé des plans, dont une des premières esquisses du dôme et quelques dessins de détail. On a aussi les gravures très détaillées publiées en 1569 par Étienne Dupérac, qui les présentait comme le dernier jet voulu par le maître. Michel-Ange, comme Sangallo, a laissé un grand modèle en bois. Giacomo della Porta a modifié ce modèle par la suite, conformément aux changements qu'il a effectués dans l'architecture de la basilique. Ces changements ne dénaturaient pas, pour la plupart, l'œuvre originale et consistaient en de petites améliorations, comme l'ajout d'impostes de lions sur le tambour en l'honneur du pape Sixte Quint et celui d'un bandeau de pinacles autour de la flèche au sommet de la lanterne, ainsi que le proposait Sangallo. Le seul changement important apporté au modèle par della Porta — à moins qu'il ne l'ait été par Michel-Ange lui-même juste avant sa mort — fut la décision d'élever la coque extérieure du dôme extérieur plus en hauteur[16].

Achèvement du dôme[modifier | modifier le code]

Le dôme achevé par Fontana et della Porta

Giacomo della Porta et Domenico Fontana achevèrent la construction du dôme en 1590, dernière année du pontificat de Sixte V.

Avant de placer le cintre, où il n'entra pas moins de onze cents poutres, dont cent avaient cinq pieds de diamètre, les deux artistes tracèrent le dessin complet de la coupole, avec toutes ses proportions, dans la vaste basilique de Saint-Paul; puis ils se mirent à l'œuvre. Commencé le , et poussé jour et nuit par six cents ouvriers, en vingt-deux mois le dôme fut fini. « Le 14 mai 1590, on en plaça la dernière pierre bénie par le pontife, au bruit de l'artillerie du château Saint-Ange. On avait employé cinq cent mille livres pesant de cordages pour élever les matériaux, trente milliers de fer pour lier la coupole qui est double et serrer l'intérieur par deux cercles, un million de livres de plomb pour le revêtement extérieur et dépensé pour les seules voûtes deux cent mille écus d'or »[23].

Le pontificat de son successeur, Grégoire XIV, vit la réalisation de la lanterne par Fontana et la gravure de l'inscription en l'honneur de Sixte Quint. Le pape suivant, Clément VIII, fit mettre en place la croix, événement qui prit toute une journée durant laquelle sonnèrent les cloches de toutes les églises de la ville. Les bras de la croix renferment deux coffrets de plomb, l'un contenant un fragment de la Vraie Croix et une relique de saint André, l'autre contenant des médaillons de l'Agneau Saint.

Au milieu du XVIIIe siècle, quatre chaînes de fer furent installées entre les deux coques, pour maintenir la cohésion du dôme dans lequel des fissures étaient apparues.

Sur le pourtour interne du dôme est écrit, en lettres de 2 mètres de haut :

TV ES PETRVS ET SVPER HANC PETRAM AEDIFICABO ECCLESIAM MEAM. TIBI DABO CLAVES REGNI CAELORVM
(Tu es Pierre et sur cette pierre je construirai mon Église. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux.) (Mt 16,18-19)

Sous la lanterne est l'inscription :

S. PETRI GLORIAE SIXTVS PP. V. A. M. D. XC. PONTIF. V.
(À la gloire de saint Pierre, Sixte V, pape en 1590, cinquième année de son pontificat.)

La basilique a célébré son 500e anniversaire en avril 2006.

Changement de plan et achèvement de la basilique par Maderno[modifier | modifier le code]

Plan de Carlo Maderno

Sous le pape Paul V, le , premier jour du Carême, fut achevée la démolition de la partie restante de la basilique constantinienne. Les croix de marbre fixées à la partie supérieure du fronton par le pape Sylvestre et l'empereur Constantin furent abattues. Les poutres furent récupérées pour la construction du toit du Palais Borghese, et deux colonnes de marbre noir, les plus grandes connues de cette nature, furent soigneusement mises de côté pour être plus tard réutilisées dans le narthex. Les tombeaux de plusieurs papes furent ouverts, et les trésors qu'ils contenaient retirés avant leur réinhumation dans la nouvelle basilique[16].

Le pape nomma Carlo Maderno en 1602. Maderno était un neveu de Domenico Fontana, qui s'était montré lui-même comme un architecte dynamique. L'idée de Maderno était d'entourer de chapelles le bâtiment de Michel-Ange, mais le pape hésitait à s'écarter du plan du maître, même si celui-ci était mort depuis quarante ans. Pour la Fabbrica ou Comité de la construction, qui regroupait des experts de diverses nationalités, généralement méprisés par la Curie, qui voyait la basilique comme appartenant à Rome plutôt qu'à la chrétienté, c'était un dilemme de décider de la façon dont on devait continuer la construction. L'un des facteurs qui influençait leur pensée était le courant de la Contre-Réforme, qui de plus en plus associait le plan en croix grecque avec le paganisme et voyait dans la croix latine le véritable symbole du christianisme[16].

Ce qui influait aussi sur la pensée à la fois de la Fabbrica et de la Curie, c'était un sentiment de culpabilité à la suite de la démolition de l'ancien bâtiment. Le terrain sur lequel lui-même et ses différentes chapelles, vestries et sacristies avait résisté si longtemps était sanctifié. La seule solution était de construire une nef qui engloberait tout l'ancien espace. En 1607, un comité de dix architectes fut convié, et il fut décidé de prolonger le bâtiment de Michel-Ange par une nef. Les plans de Maderno, à la fois pour la nef et la façade, furent acceptés. La construction commença le , avec une armée de 700 travailleurs. La construction de la façade commença l'année suivante et, en décembre 1614, la touche finale fut ajoutée par la décoration en stuc de la voûte, puis, au début de 1615, le mur de séparation entre les deux tranches de travaux fut mis à bas. Les gravats furent évacués juste à temps pour le dimanche des Rameaux[16].

La basilique fut consacrée par le pape Urbain VIII, le .

Architecture de la basilique[modifier | modifier le code]

Le plan de Saint-Pierre est une croix latine à trois nefs. Lors de la rénovation, les plans furent sans cesse remis en question pendant près de 200 ans. C'est dans la nef centrale que s'est tenu le concile Vatican II de 1962 à 1965. Dans les piliers de la nef centrale, du transept et de l'abside sont creusées 39 niches, chacune contenant une statue de saint. La voûte est décorée des paroles (en grec ancien et en latin) que le Christ aurait adressé à saint Pierre et qui, selon les catholiques, fondent le pouvoir pontifical : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux » (Mt 16:18).

Façade[modifier | modifier le code]

Façade de la basilique, masquant le dôme

L'immense façade conçue par Carlo Maderno s'étend sur une longueur de 144 m sur 45 m de hauteur. Elle a été réalisée en travertin, avec des colonnes corinthiennes géantes et un fronton central qui émerge d'un attique surmonté de statues du Christ, de Jean-Baptiste et de onze des apôtres.

L'inscription dit :

IN HONOREM PRINCIPIS APOST PAVLVS V BVRGHESIVS ROMANVS PONT MAX AN MDCXII PONT VII

Transcription :

IN HONOREM PRINCIPIS APOSTOLORVM PAVLVS V BURGHESIVS ROMANVS PONTIFEX MAXIMVS ANNO MDCXII PONTIFICATVS VII

En l'honneur du Prince des Apôtres, Paul V Borghese, grand pontife romain, l'an 1612, 7e année de son pontificat.

Cette façade est souvent citée comme la partie architecturale la moins satisfaisante de toute la basilique, construite en toute hâte, entre la contrainte de ne pas revenir sur l'œuvre de Michel-Ange et la volonté d'ajouter de hautes tours aux deux extrémités. Ces tours ne furent jamais exécutées, mais il en est résulté un alourdissement considérable des ailes et une augmentation de la hauteur de l'ensemble au niveau de l'attique, qui masque la vue du dôme depuis la place Saint-Pierre[16].

Les cloches[modifier | modifier le code]

L'horloge monumentale et la fenêtre des cloches

La basilique ne possède pas de clocher indépendant, les cloches sont placées dans une fenêtre ouverte au-dessous de l'horloge située à l'extrémité sud de la façade. La basilique Saint-Pierre possède 6 cloches de volée, 3 seulement sont visibles depuis la place Saint-Pierre. Ces cloches servent également de sonnerie pour l'horloge. Le bourdon a été fondu en 1785, pèse près de 9 tonnes et a un diamètre de 2,30 mètres.

Liste des cloches de la basilique par ordre décroissant du poids[24] :

  • Il Campanone (bourdon) : Mi2, fondu en 1785, masse : 8 950 kg, diamètre : 231,6 cm
  • Il Campanoncino : Sib2, fondue en 1725, masse : 3 640 kg, diamètre : 177,2 cm
  • Campana della Rota : Ré3, fondue au XIIIe siècle, masse : 1 815 kg, diamètre : 136,1 cm
  • Campana della Predica : Fa3, fondue en 1909, masse : 830 kg, diamètre : 108,5 cm
  • Campane Ave Maria : Si3, fondue en 1932, masse : 250 kg, diamètre : 75 cm
  • Campanella (benjamine) : Do4, fondue en 1825, masse : 235 kg, diamètre : 73 cm

Le plénum des 6 cloches n'est sonné que quelques fois dans l'année à l'occasion des grandes fêtes religieuses (Noël, Pâques, Ascension, Pentecôte, Assomption et Toussaint) ainsi que pour la fête de Saint Pierre, le 29 juin.

Depuis le conclave de 2005, les cloches de Saint-Pierre ont un rôle essentiel : leur son est le signe de l'issue positive du conclave. Cette mesure a été mise en œuvre pour éliminer tout doute quant à la couleur de la fumée précédant l’annonce Habemus Papam. Cette nécessité a encore été prouvée lors du conclave de 2013 : à 19 h 06, une fumée assez foncée sort abondamment de la cheminée, puis sa teinte oscille entre blanc et foncé, mais, après une quinzaine de secondes, les six cloches se mettent à sonner à toute volée, confirmant ainsi la fumée blanche, qui continuera à jaillir sept minutes durant.

Narthex et portails[modifier | modifier le code]

Le narthex et les portails
Statue équestre de Charlemagne, par Agostino Cornacchini (1725).

Derrière la façade de Saint-Pierre s'étend un long portique ou "narthex" qui rappelle ceux des grandes églises romanes ou byzantines et dont Maderno fut le plus satisfait. La longue voûte décorée de stucs et de dorures reçoit la lumière de petites fenêtres situées entre les pendentifs, tandis que le sol de marbre reflète la lumière de la place. Elle est fermée à chaque extrémité par des espaces théâtraux encadrés de colonnes ioniques montrant les statues équestres de Constantin par Le Bernin (1670) au nord et de Charlemagne par Cornacchini (en) (XVIIIe siècle) au sud.

Cinq portails, dont trois sont encadrés de colonnes antiques, donnent accès à la basilique (le sixième appelé Porte Sainte se trouve à l'extrémité nord, mais reste muré entre les Jubilées). Le portail central, daté de 1455, récupéré de l'ancienne basilique constantinienne, a des vantaux de bronze créés par Antonio di Pietro Averlino dit « Le Filarète » par l'élargissement des panneaux de la porte principale de l'ancienne basilique constantinienne.

Nef[modifier | modifier le code]

Nef de la basilique : le plan apparaît légèrement désaxé.

Maderno ajouta au plan en croix grecque de ses prédécesseurs une nef à trois baies, de dimensions différentes de celles déjà réalisées par Michel-Ange. Il désaxa légèrement cette nef de l'ensemble du chœur, non par accident ou erreur de calcul, comme l'ont suggéré ses détracteurs, mais semble-t-il afin d'aligner rigoureusement l'ensemble avec l'obélisque de Caligula réérigé devant la basilique par Domenico Fontana, quelques années plus tôt, en 1586[16].

La nef repose sur d'énormes pilastres jumelés, conformément au projet de Michel-Ange. Le visiteur est tellement stupéfait des dimensions intérieures qu'elles l'empêchent de se faire une idée juste des proportions du bâtiment[16]. Les quatre anges qui survolent les premiers piliers de la nef, portant l'eau bénite, semblent de taille tout à fait normale, jusqu'à ce qu'on s'en approche. Il devient alors évident que chacun mesure plus de deux mètres de haut. Les déambulatoires comportent chacun deux petites chapelles et une plus grande rectangulaire, la chapelle du Sacrement, et la chapelle du chœur. Elles sont richement décorées de marbres, de stucs, de dorures, de sculptures et de mosaïques. Étonnamment, il y a très peu de peintures, mais certains tableaux, comme la Madonne peinte par Raphaël pour la Chapelle Sixtine, ont été reproduits ici en mosaïque. La peinture la plus précieuse est une petite icône de la Vierge, provenant de l'ancienne basilique[16].

Ajouts du Bernin[modifier | modifier le code]

Baldaquin[modifier | modifier le code]

Le baldaquin du Bernin.

Le premier travail de Bernini à Saint-Pierre fut la réalisation de l'immense baldaquin qui surmonte le maître-autel, pièce de bronze doré de 60 t et de 29 m de haut[25], donné pour la plus grande structure de bronze au monde. Pour sa réalisation, mais aussi pour couler l'artillerie du château Saint-Ange, Urbain VIII déroba le bronze du portique du Panthéon (Ier siècle av. J.-C.). « C'est au XVIe siècle, au moment où florissaient les arts et l'érudition, sous les yeux des archéologues romains, que ce crime de lèse-antiquité fut commis»[26], d'où la célèbre maxime, Urbain VIII étant de la famille Barberini : "Ce que les barbares n'ont pas fait, les Barberini l'ont fait".

Le baldaquin est inspiré des ciboriums présents dans de nombreuses églises de Rome, visant à créer un espace sacré au-dessus et autour de l'autel, lieu où s'opère le mystère de l'Eucharistie. Ces ciboriums sont généralement faits de marbre blanc incrusté de pierres de différentes couleurs. Le Bernin a conçu quelque chose de complètement différent, qui s'inspire à la fois du baldaquin ou canopée des processions papales et des colonnes qui formaient une sorte d'écran dans l'ancienne basilique. La torsion donnée aux immenses colonnes de bronze est réputée rappeler la forme même de la colonne où Jésus fut lié avant d'être crucifié. Les quatre colonnes sont décorées de feuillages d'oliviers et d'abeilles, emblème de la famille Barberini, dont est issu le pape Urbain VIII.

Le baldaquin est surmonté non pas d'un fronton architectural, comme dans la plupart de ces structures, mais de pièces courbes soutenant un dais retombant à la manière des brocarts qui surmontent souvent les canopées des dais portant les icônes et images saintes lors des processions. Dans le cas présent, le drapé de la Canopée est en bronze, et tous les détails, y compris les rameaux d'olivier, les abeilles, et les portraits de la nièce du pape Urbain et de son fils nouveau-né, sont relevés à la feuille d'or.

Le baldaquin est un vaste objet sculptural qui se dresse au centre de la basilique, encadré par le plus grand espace de tout le bâtiment. Il est si important qu'il parvient à créer l'effet visuel d'un lien entre l'immense coupole qui semble flotter au-dessus de lui, et l'assemblée des fidèles au niveau du sol. Le regard peut le traverser de toutes les directions, et il est visuellement lié à la Cathedra Petri de l'abside, autant qu'aux quatre piliers et aux statues gigantesques qu'ils abritent à chaque diagonale[16], [13].

Niches des piliers centraux[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l'aménagement de l'espace central de l'église, le Bernin creusa, dans les énormes piliers commencés par Bramante et achevés par Michel-Ange, d'immenses niches, comprenant des escaliers et des balcons. Il y eut beaucoup d'inquiétude de la part de ceux qui pensaient que le dôme pourrait s'écrouler, mais cela ne s'est pas produit. Au-dessus des balcons, le Bernin créa des espaces encadrés des huit colonnes torsadées de l'ancienne basilique, pour l'exposition des quatre plus précieuses reliques de la basilique : la lance de Longinus, qui aurait percé le flanc du Christ, le voile de Véronique, à l'image miraculeuse du visage du Christ, un fragment de la Vraie Croix à Jérusalem, découverte par Hélène, mère de Constantin, et une relique de saint André, frère de saint Pierre. Chacune des niches contient une énorme statue associée de la sainte relique placée au-dessus d'elle : Sainte Véronique par Francesco Mochi, Sant'Andrea par François Duquesnoy, Santa Elena par Andrea Bolgi (en) et San Longino par Le Bernin[27],[16].

Trône de saint Pierre et chapelle du Saint-Sacrement[modifier | modifier le code]

Place Saint-Pierre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Place Saint-Pierre.

L'arrangement actuel de la place, dû à l'inspiration baroque du Bernin, a vu sa réalisation entre 1656 et 1667, à l'est de la basilique, dans l'axe qu'elle forme avec l'obélisque de Caligula réérigé en 1586 par Domenico Fontana[16]. Préexistait aussi la fontaine monumentale aménagée par Carlo Maderno en 1613, qui déterminait avec l'obélisque un second axe, parallèle à la façade de la basilique. Le Bernin a donc dessiné autour de ces deux axes une place aussi grande que possible, destinée à accueillir et rassembler les fidèles vers le centre de la chrétienté. Un plan rectangulaire eût entraîné la démolition d'un trop grand nombre de bâtiments du Vatican, et un plan en trapèze aurait eu l'inconvénient de souligner encore la largeur de la façade de la basilique, déjà perçue à cette époque comme une faute de conception.

Cela conduisit l'architecte à concevoir une place composée de deux sections : l'une, en trapèze inversé s'élargissant vers la basilique et visant à en rétrécir visuellement la largeur jugée excessive ; l'autre, en forme de cirque elliptique, organisée autour de l'obélisque, l'unité de l'ensemble étant assurée par la continuité des portiques à colonnes toscanes disposés en deux branches ouvertes à l'orient. Pour achever cet ensemble, le Bernin ajouta en 1675 une seconde fontaine, symétrique à celle de Carlo Maderno. La place est entourée de cinquante statues conçues par le Bernin.

Place et basilique Saint-Pierre, 1909

Trésors artistiques[modifier | modifier le code]

La basilique abrite également un grand nombre de trésors artistiques, parmi lesquels la Pietà de Michel-Ange, le baldaquin du maître-autel (commandé en 1624 par Urbain VIII au Bernin il a été coulé avec le bronze ornant initialement le fronton du Panthéon, sa hauteur est de 29 mètres) et le tombeau d'Alexandre VII par Gian Lorenzo Bernini, le tombeau d'Innocent VIII d'Antonio del Pollaiolo ou encore la statue de saint Pierre d'Arnolfo di Cambio.

Tombeaux et reliques[modifier | modifier le code]

Œuvres d'art[modifier | modifier le code]

La porte Sainte n'est ouverte que lors des grandes célébrations. Ses seize panneaux décrivent des scènes de la vie de Jésus.

Façade, portails[modifier | modifier le code]

Les tours, de chaque côté de la façade, abritent deux horloges. Celle de gauche a été électrifiée en 1931. La cloche la plus ancienne remonte à 1288. Parmi les plus précieux trésors de la basilique figure l'ensemble de mosaïques situé au-dessus de la porte extérieure centrale. Appelé la Navicella, cet ensemble, réalisé d'après un dessin de Giotto (début du XIIIe siècle), représente un navire qui symbolise l'Église chrétienne. À chaque extrémité du narthex s'élève une statue équestre : au nord, l'empereur Constantin par le Bernin (1670), et au sud, Charlemagne par Cornacchini (XVIIIe siècle). Trois des cinq portails sont remarquables : le portail central de bronze, œuvre Renaissance d'Antonio Averulino (1455), provenant de l'ancienne basilique, a été élargi pour s'adapter à son nouveau cadre. La porte sud, dite porte des Morts, est due au sculpteur Giacomo Manzù (XXe siècle) : on peut y voir un portrait du pape Jean XXIII à genoux devant saint Pierre crucifié.

La porte nord est la porte Sainte qui traditionnellement n'est ouverte que lors des années saintes, comme l'année du Jubilé. La porte actuelle, de bronze, a été conçue par Vico Consorti en 1950.

Nef[modifier | modifier le code]

Aile Nord[modifier | modifier le code]

Aile Sud[modifier | modifier le code]

Archéologie et découvertes récentes[modifier | modifier le code]

Tombeau de saint Pierre[modifier | modifier le code]

Coffret contenant les pallia destinés aux archevêques, au-dessus du tombeau de Pierre dans la basilique Saint-Pierre de Rome
Article détaillé : Tombe de saint Pierre.

Les fouilles archéologiques dans les Grottes du Vatican situées sous la basilique Saint-Pierre, entreprises à l'initiative du pape Pie XII, ont consolidé la tradition de la présence de la tombe de l'apôtre Pierre à cet endroit : sous les autels superposés de Clément VIII, Calixte II et Grégoire le Grand, un modeste monument du IIe siècle, inséré dans les vestiges de la première basilique édifiée par l'empereur Constantin au IVe siècle, a été retrouvé sur l'emplacement d'une tombe datée du Ier siècle. Sur l'un des murs, on a pu lire le nom de Pierre griffonné en caractères grecs (ce qui prouve l'ancienneté de l'inscription) et, dans une cavité creusée dans un autre mur, on a recueilli des reliques, peut-être celles du prince des apôtres.

Découverte d'une esquisse de Michel-Ange[modifier | modifier le code]

Un fragment d'un dessin à la craie rouge d'une section de la coupole de Saint-Pierre, de la main de Michel-Ange presque certainement, a été découvert le dans les archives du Vatican[28]. Le dessin montre une petite section, esquissée avec précision, du plan de l'entablement qui surmonte deux colonnes radiales du tambour de la coupole. On sait que Michel-Ange a détruit des milliers de ses dessins, avant sa mort[29]. La survie de cette esquisse est probablement due à son état fragmentaire et au fait que des calculs mathématiques détaillés ont été effectués dans la partie supérieure du dessin[28].

Archiprêtres[modifier | modifier le code]

Comme pour les trois autres basiliques majeures, la fonction d'archiprêtre de Saint-Pierre est assurée par un cardinal.

Liste depuis 1896 :

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Dans le film 2012, un tremblement de terre détruit totalement la basilique, dont le dôme s'effondre sur les nombreux catholiques présents. La basilique apparaît également largement dans le film Anges et Démons en 2009.

Images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La basilique Saint-Pierre », sur Vaticanstate.va
  2. Ac Pierre 38
  3. Pierre Debergé, Saint Pierre, Éditions de l'Atelier,‎ 2003 (lire en ligne), p. 125-127
  4. Voir Margherita Carducci, "Le reliquie di Pietro sotto la Confessione della Basilica Vaticana : una messa a punto" dans "Rivista di Archeologia classica" 19, 1967, p. 1-97.
  5. « Documents », sur Vatican.va
  6. Pierre Maraval, L'Empereur Constantin dans La Marche de l'histoire,‎ 29 novembre 2011
  7. José Ruysschaert, « Les fouilles de la Basilique Vaticane et la memoria apostolique préconstantinienne », L'antiquité classique, vol. 21, no 2,‎ 1952, p. 385
  8. Autel-confession recueillant la dépouille du saint.
  9. Edina Bozóky, La politique des reliques de Constantin à Saint Louis : protection collective et légitimation du pouvoir, Editions Beauchesne,‎ 2007, p. 233
  10. Luther brave Charles Quint à la diète de Worms, p. 73
  11. a, b et c (en) Banister Fletcher, The History of Architecture on the Comparative Method
  12. a et b (en) Frederick Hartt, A History of Italian Renaissance Art
  13. a et b Bramante's plan, Gardner, Kleiner et Mamiya 2005, p. 458
  14. (en) Fletcher, Raphael's plan,‎ 1996, 722 p.
  15. (en) Fletcher, Peruzzi's plan,‎ 1996, 722 p.
  16. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Lees-Milne 1967
  17. Goldscheider 1996
  18. (en) Helen Gardner, Art through the Ages
  19. (en) Helen Gardner, Michelangelo's plan, 478 p.
  20. (en) Eneide Mignacca, Michelangelo and the architecture of St. Peter's Basilica, Sydney University,‎ 1982
  21. On peut voir une représentation d'un dôme pointu dans les fresques de Santa Maria Novella, cent ans avant la construction de celui de Florence
  22. (en) Banister Fletcher, Sangallo's plan, 722 p.
  23. Jean-Bernard Mary-Lafon, Rome ancienne et moderne depuis sa fondation jusqu'a non jours, Furne,‎ 1852 (Books google lire en ligne)
  24. Détails des cloches de la basilique
  25. Stéphane Ghez, documentaire « Au cœur du Vatican » sur France 3, 5 mars 2014, 11 min 30 sec
  26. Jacques Paul Migne, Encyclopédie théologique: ou, Serie de dictionnaires sur toutes les parties de la science religieuse,‎ 1851 (books.google lire en ligne)
  27. (it) « Santa Veronica », sur Books.google.fr , (it) Marcella Favero, Francesco Mochi : Una carriera di scultore, Trente, éditions UNI Service,‎ 2008 (ISBN 978-88-6178-240-2), p. 79-85
  28. a et b (en) « Michelangelo last sketch found », sur BBC (consulté en 7/12/2007)
  29. (en)« Rare Michelangelo sketch for sale », sur BBC (consulté en 14/10/2005)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Banister Fletcher, Sir Banister Fletcher's a History of Architecture, Londres, Architectural Press,‎ 1996, 20e éd. (1re éd. 1896) (ISBN 0-7506-2267-9)
  • (en) Helen Gardner, Fred S. Kleiner et Christin J. Mamiya, Gardner's Art through the Ages: The Western Perspective, vol. 2, Belmont, Wadsworth,‎ 2005, 12e éd., 499–500, 571–575 p. (ISBN 0-495-00479-0)
  • (en) Ludwig Goldscheider, Michelangelo, Oxford, Oxfordshire, Phaidon,‎ 1996, 6e éd. (ISBN 0-7148-3296-0)
  • (en) James Lees-Milne, Saint Peter's — the story of Saint Peter's Basilica in Rome, Londres, Hamish Hamilton,‎ 1967 (OCLC 1393052, lire en ligne)
  • Guide des musées et de la Cité du Vatican, publications du Vatican,‎ 1986
  • (it) Andrea Bacchi et Stefano Tumidei, Bernin, La Sculpture à Saint-Pierre, Actes Sud / Motta,‎ 1998 (ISBN 2-7427-1913-X)
  • Les fouilles in Vaticano dans Alexandre Faivre, Chrétiens et Églises : des identités en construction. Acteurs, structures, frontières du champ religieux chrétien, Paris, Cerf-Histoire,‎ 2011, p. 551-572.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]