Calixte II

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Calixte II
Image illustrative de l'article Calixte II
Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs de Rome
Biographie
Nom de naissance Gui de Bourgogne
Naissance 1050
Château de Quingey (Doubs)
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat 1er février 1119
Intronisation 9 février 1119
Fin du pontificat 12 décembre 1124
Précédent Gélase II Honorius II Suivant
Autre(s) antipape(s) Grégoire VIII

Blason
Blason proche des blasons de l'archidiocèse de Besançon, comté de Bourgogne, armoiries de la Franche-Comté, armoiries de Besançon, Saint-Empire romain germanique...

Calixte II ou Callistus II en latin (kallistos, le plus beau en grec ancien) né Gui de Bourgogne (10501124) fut 162e Pape catholique (11191124). Pape clunisien et cistercien issu de la famille des comtes palatins de Bourgogne, de la maison d'Ivrée, il résout la querelle des Investitures (45 ans de guerre de pouvoir hiérarchique opposant la papauté aux empereurs germaniques) et instigue entre autre le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, contribue aux croisades et à la fondation de l'ordre cistercien et ordre du Temple ...

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

En 1050 Gui de Bourgogne naît au château de Quingey, bourgade de villégiature des comtes palatins de Bourgogne, situé entre leur château de Poligny (Jura), château de Dole (capitale du comté de Bourgogne, voisin du duché de Bourgogne), château de Gray, et l’archevêché de Besançon, à l'époque à la frontière du saint empire romain et du royaume de France.

Il est fils du comte palatin Guillaume Ier de Bourgogne (comté de Bourgogne, dit Guillaume le Grand, de la maison d'Ivrée) et d'Étiennette de Bourgogne, petit fils du duc Richard II de Normandie, et parent dont nombreux seigneurs d'Europe par mariages historiques des membres de sa famille ... Ils sont vassaux contre leur gré, du Saint-empire romain voisin, suite à la succession du Royaume de Bourgogne par le testament du roi Rodolphe III de Bourgogne disparu en 1032 sans héritier, et à la guerre de succession de Bourgogne (1032-1034). (Guillaume Ier de Bourgogne hérite en 1078 du comté de Mâcon et de l'abbaye de Cluny (ordre de Cluny, duché de Bourgogne) de son cousin Guy II de Mâcon qui se retire dans les ordres sans héritier).

1085 Guillaume Ier de Bourgogne impose ses fils Hugues III de Bourgogne au titre d'archevêque de Besançon, et Guy, comme administrateur du diocèse de son frère, pour succéder aux puissants prince-évêque du Saint-Empire romain Hugues Ier de Salins, puis Hugues II de Montfaucon. Son frère Renaud II de Bourgogne devient comte palatin de Bourgogne, de Mâcon et de Vienne et Guy devient alors en 1088 archevêque de Vienne (Isère) à 38 ans. Il est promu par le pape Pascal II légat du pape en France et probablement cardinal.

Ses deux frères comtes palatins de Bourgogne successifs, Renaud II de Bourgogne, puis Étienne Ier de Bourgogne, meurs lors de la première croisade en Terre sainte. Son neveu Renaud III de Bourgogne leur succède.

Contexte historique d'alors[modifier | modifier le code]

En 1075 suite à la lutte du sacerdoce et de l'Empire (lutte historique hiérarchique pour la détention de « l'Imperium », pouvoir suprême de Rome antique / États pontificaux sur l'empire), entre pouvoir temporel et spirituel des souverains / empereurs et celui des papes sur l'Europe occidentale d'alors, en grande partie issue de la division de l'Empire romain de 286, puis du partage de l'Empire carolingien en 843 par le traité de Verdun), le pape Grégoire VII promulgue le décret Dictatus papæ, pour contrecarrer le Césaropapisme (ingérence du pouvoir politique sur le gouvernement de l'Église catholique depuis le début du christianisme officiel par l'édit de Milan de l'Empire romain en 313). Il se fait appuyer par l'influent ordre de Cluny qui dépend directement des papes, répandu dans toute l'Europe catholique de l'Occident chrétien d'alors. Un grave conflit / schisme européen éclate alors en 1076, sous le nom de querelle des Investitures, entre le jeune empereur du Saint-empire romain Henri IV du Saint-Empire (alors sous régence de sa mère l'impératrice Agnès d'Aquitaine) qui impose son pouvoir au pouvoir absolu du pape Grégoire VII au Vatican. L'empereur fait officiellement déchoir le pape par la Diète de Worms 1076, et le souverain pontife lui répond en le faisant également déchoir de ses titres de roi / empereur, l'excommunie et le maudit, en causant un important trouble / peur dans toute l'Europe très croyante d'alors.

Henry IV envahit l'Italie en 1084, assiège le pape Grégoire VII au château Saint-Ange des États pontificaux, et nomme l'antipape Clément III par qui il se fait sacrer empereur du Saint-Empire romain à la Basilique Saint-Pierre du Vatican. Grégoire VII est secouru et délivré par l'armée de musulmans et de vikings / normands du conquérant Robert Guiscard, qui pille, ravage, traumatise et incendie Rome. Le pape suivant Urbain II chasse l'antipape Clément III et l'empereur de Rome, et instaure la première croisade pour parer au schisme de 1054 (séparation entre l'Église catholique romaine et l'Église orthodoxe de l'Empire byzantin) et aux guerres turco-byzantines / expansion de l'islam, par le concile de Clermont (1095) et l'appel de Clermont. Il encourage la Reconquista (reconquête du sud de l'Espagne occupée par les Maures depuis la conquête musulmane de la péninsule Ibérique de 711), et poursuit la réforme grégorienne.

En 1118 Gélase II est élu pape et excommunie Clément III (antipape) et l'empereur Henri V (empereur des Romains). Menacé par ce dernier qui envahie à son tour l'Italie, et nomme l’antipape Grégoire VIII, il fuit les états pontificaux pour chercher refuge en France. Il meurt de maladie à l'abbaye de Cluny, lors de son voyage vers l'abbaye de Vézelay du duché de Bourgogne, ou il va à la rencontre de son protecteur, le roi de France Louis VI le Gros.

Pontificat[modifier | modifier le code]

Le 1er février 1119 le cardinal légat du pape Kuno von Urach, qui accompagnait le précédent pape dans son voyage, organise à l'abbaye de Cluny l'élection pontificale de 1119, qui nomme pape Gui de Bourgogne (alors âgé de 69 ans) sous le nom de Calixte II (élection de Calixte II à l'abbaye de Cluny). Le 9 suivant, il est couronné pape à Vienne (Isère).

Cette même année, Calixte II encourage la réforme grégorienne de l'ordre de Cluny (qui dépend directement des papes), et qui implique entre autre le contrôle des prêtres par les ordres monastiques de l'ordre de Saint-Benoît, pour luter contre la dégénérescence morale de l'église catholique durant la renaissance du XIIe siècle. Il approuve la Carta Caritatis (charte de charité et d’unanimité) du nouvel ordre cistercien de l'abbaye de Cîteaux fondé en 1098 par le moine Robert de Molesme, avec un retour au respect plus rigoureux de la règle de saint Benoît, que celle appliquée par l'ordre de Cluny de l'abbaye de Cluny voisine. Ce nouvel ordre monastique connait un essor considérable dans toute l'Europe grâce au moine bourguignon Bernard de Clairvaux (1090-1153).

Calixte II réintègre les États pontificaux en 1121, après 45 ans de querelle des Investitures (1075 à 1122) et de rivalité entre papes, antipapes et empereurs germaniques. Il fait prisonnier par les troupes papales l'antipape Grégoire VIII à Sutri (50 km au nord-ouest de Rome) qu'il soumet et fait enfermer dans un monastère jusqu'à sa mort en 1122. Il résout et met fin en 1122, à la querelle des Investitures (guerre de pouvoir hiérarchique opposant la papauté aux empereurs germaniques), par le concordat de Worms (Pactum Calixtinum en latin), signé par l'empereur Henri V du Saint-Empire. Ce concordat prévoit un partage des pouvoirs temporel et spirituel, avec le pouvoir d'investiture laïque pour l'empereur dans le domaine temporel, et le pouvoir d'investiture religieuse au pape pour le domaine spirituel.

En 1123 Calixte II convoque le premier concile du Latran à la Basilique Saint-Jean-de-Latran de Rome, avec près de trois cents évêques et six cents abbés de toute l'Europe, pour entre autre ratifier le concordat de Worms précédent, pour imposer le premier célibat sacerdotal complet dans toute l'Église catholique[1](à l'image du Christ, les prêtres catholiques vivent modestement de la charité chrétienne), et pour octroyer entre autre l'indulgence catholique / immunité spirituelle aux chevaliers croisés, et encourager la deuxième croisade... Suite à la prise de Jérusalem en 1099, à la fondation de l'États latins d'Orient, et de l'Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem par les chevaliers croisés de Godefroy de Bouillon, l'ordre militaire de l'ordre du Temple est créé en 1120 lors du concile de Naplouse.

Calixte II instigue le Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle en relation avec son frère Raymond de Bourgogne, devenu roi de León, de Galice et de Castille, par mariage en 1090 avec la reine Urraque Ire de León, fille héritière du roi Alphonse VI de León. Par la bulle Bula Onmipotentis dispositione du 27 février 1120, il élève Saint-Jacques-de-Compostelle au rang d'Archidiocèse de Saint-Jacques-de-Compostelle, et fait rassembler de textes épars pour la rédaction du manuscrit Codex Calixtinus (Livre de Saint Jacques, Liber Sancti Jacobi), pour assurer la dévotion à l'apôtre du Christ Saint-Jaques le Majeur, et assurer la promotion de ce pèlerinage par les chemins de Compostelle. Selon la légende, Calixte II accorde en 1122 à Compostelle le rang de ville sainte au même titre que Jérusalem et Rome, en lui accordant le premier jubilé plein de l'année sainte (année Sainte Compostellane).

Il meurt à Rome (siège des états pontificaux), le 12 décembre 1124 à l'âge de 74 ans, après cinq ans de pontificat. Il est inhumé à l'abbaye de Cîteaux. Le pape Honorius II lui succède.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.lepost.fr/article/2010/09/21/2230343_celibat-des-pretres-remis-en-question.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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