Égypte antique
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Bien que l’Égypte antique se définisse au sens strict comme la période de l'histoire égyptienne allant de l'invention de l'écriture hiéroglyphique à la fin de l'Antiquité, cette notion se rapporte plus particulièrement à la civilisation exceptionnelle qui fleurit sur les bords du Nil durant plus de trois mille ans. Du rassemblement des tribus primitives qui créèrent le premier royaume pharaonique jusqu'à sa disparition peu avant l'ère chrétienne, l'Égypte antique a été le théâtre d'événements majeurs qui ont assurément influencé la culture et l'imaginaire des peuples lui ayant succédé.
Sommaire |
[modifier] Histoire
[modifier] Présentation
Au premier abord, les trois mille ans d'histoire de l'Égypte antique semblent receler autant de changements que de constantes. Les périodes fastes alternent régulièrement avec des périodes d'instabilité plus ou moins prononcées. Au fil du temps, la vie de l'État pharaonique paraît toutefois devenir plus chaotique. Aux cinq siècles de prospérité du Nouvel Empire succèdent sept siècles de troubles. Changements de maîtres et changements de frontières s'enchaînent jusqu'à l'avènement de la Pax Romana.
Pourtant le caractère le plus remarquable de l'Égypte ancienne est sa prodigieuse continuité. Car au-delà des mutations territoriales et des bouleversements politiques, cette civilisation a perduré pendant plus de trois millénaires, fait unique dans l'Histoire. Depuis leur mise en place aux débuts de l’histoire écrite jusqu'à leur bannissement au triomphe du Christianisme, les grands principes de la culture égyptienne se sont maintenus et préservés. Durant cette période, le mode de vie au bord du fleuve Nil a très peu évolué, toujours rythmé par la crue, les impôts et les dieux.
L'historien grec Hérodote disait que « l'Égypte est un don du Nil ». Il avait observé à juste titre que le fleuve est indissociable de l'identité égyptienne antique, car sans lui l’Égypte n’existerait pas. Il était donc tout naturel que les habitants de la Terre noire en fassent un dieu important de leur panthéon. D’autant plus important que ce dieu pouvait se montrer capricieux : une mauvaise crue et les récoltes étaient perdues, entraînant la famine. Avant la construction du barrage d'Assouan, les paysans ont toujours vécu dans cette crainte.
Afin de pallier cette éventualité, une administration compétente s’est mise en place dès les origines. Les surplus de grains étaient prélevés par l’impôt et stockés en prévision d’années moins favorables où le besoin se ferait sentir. Une armée de scribes et d’intendants s’occupaient scrupuleusement du recouvrement. Ce corps de fonctionnaires a constitué de tous temps le principal pilier du pouvoir royal, le socle de la richesse et de la puissance du pays jusqu’aux débuts de l’industrialisation.
Au sommet de la hiérarchie, dirigeant l’ensemble, coordonnant les services, une seule autorité : Pharaon. Le roi tire directement son pouvoir des dieux. Il est à la fois leur descendant et premier serviteur, donc ne saurait être mis en doute. L’institution pharaonique est surtout le symbole de l’unité nationale et une condition essentielle de la stabilité du pays (donc de son exploitation). Les envahisseurs successifs ne s’y sont pas trompés et ont constamment pris soin de sacrifier à la coutume. En se faisant couronner pharaons ils garantissaient la continuité de l’État tout en gagnant une certaine légitimité auprès du peuple.
Car le destin de celui qui occupe la fonction royale est intimement lié à celui de l’Égypte elle-même. Chaque affaiblissement du pouvoir central est potentiellement porteur de crise, alors que chaque fois qu’un homme fort occupe le trône, la paix du royaume est assurée. Ceci pourrait expliquer la facilité avec laquelle les Égyptiens ont accepté des rois étrangers, pourvu qu’ils respectent les traditions ancestrales.
Le système a prouvé sa force plus de temps que nécessaire. Les siècles ont finalement révélé ses limites et ses faiblesses. Sa trop lente évolution et son incapacité à s’adapter à un environnement en mutation l’ont conduit à se faire supplanter et dominer par ses voisins. Il lui fallut attendre de nombreux siècles pour briller à nouveau d’un éclat réel mais différent, celui du monde arabe.
[modifier] Période prédynastique
Dans la période prédynastique, le climat égyptien est beaucoup moins aride qu'il ne l'est aujourd'hui. De vastes régions de l'Égypte sont recouvertes de savane arborée et traversée par des troupeaux d'ongulés. Les feuillages et la faune y sont alors beaucoup plus prolifiques et la région du Nil abrite d'importantes populations de gibiers d'eau. La chasse est une activité commune pour les Égyptiens et c'est aussi à cette période que de nombreux animaux sont domestiqués pour la première fois[1].
Vers 5500 av. J.-C., de petites tribus vivant dans la vallée du Nil développent leur propre culture identifiable par leurs poteries et des objets personnels, tels que des peignes, des bracelets et des perles et démontrant d'importantes connaissances en agriculture et en élevage. En Haute Égypte, la plus importante de ces cultures primales est la culture badari, connue pour ses céramiques de haute qualité, ses outils en pierre et son utilisation du cuivre[2]. Dans le nord de l'Égypte, les cultures amratienne et gerzienne succèdent à la culture badari[3] . Celles-ci développent un certain nombre d'améliorations technologiques et des contacts avec les peuples de la Palestine et de la cité portuaire de Byblos[4].
Dans le sud de l'Égypte, la culture Nagada, semblable à celle des Badari, commence à s'étendre le long du Nil à partir du quatrième millénaire avant J.-C. environ. Dès la période de Nagada I, les Égyptiens prédynastiques importent de l'obsidienne d'Éthiopie pour façonner leurs lames et d'autres objets à partir d'éclats[5],[6]. Sur une période d'environ 1000 ans, la culture Naqada se développe à partir de quelques petites communautés agricoles jusqu'à devenir une puissante civilisation où les dirigeants ont un contrôle total sur la population et les ressources de la vallée du Nil[7]. Le centre du pouvoir s'établit en premier lieu à Hiérakonpolis, puis plus tard à Abydos, élargissant ainsi leur contrôle de l'Égypte vers le nord[8]. Ils établissent de nombreux échanges commerciaux avec la Nubie au sud, les oasis du désert occidental à l'ouest et les cultures de Méditerranée orientale à l'est[8].
La culture Nagada fabrique une gamme très diversifiée de biens matériels, tels que de la céramique peinte, des vases en pierre de grande qualité, des palettes de maquillage, ainsi que des bijoux en or, en lapis-lazuli et en ivoire, reflétant la montée en puissance et la richesse de l'élite[9]. Ils mettent également au point un émail céramique connue sous le nom de faïence qui est utilisé jusque dans l'époque romaine pour décorer des tasses, des amulettes et des figurines. À la fin de la période prédynastique, la culture Nagada commence à utiliser des symboles écrits qui vont évoluer jusqu'à devenir par la suite le système hiéroglyphique complet utilisé pour l'écriture pendant l'Égypte antique[10].
[modifier] Période thinite
D'après les écrits du prêtre égyptien Manéthon, datant du IIIe siècle avant J.-C., la lignée des pharaons de l'Égypte antique se divise suivant trente dynasties successives à partir du pharaon Ménès[12]. Le roi "Meni" (ou Ménès en grec) qui est supposé avoir procédé à l'unification des deux royaumes de Haute et Basse-Égypte vers 3200 avant J.-C.[13]. En réalité, la transition vers un État unifié se déroule certainement de manière plus progressive que ce que les anciens écrivains égyptiens voudraient nous faire croire, même s'il ne subsiste aucune trace datant de l'époque de Ménès. Néanmoins, certains chercheurs croient maintenant que le mythique Ménès pourrait en réalité être le pharaon Narmer. Celui-ci est représenté en costume de cérémonie royale sur la palette de Narmer dans un acte symbolique d'unification[14].
Au début de la période thinite, vers 3150 avant J.-C., les premiers pharaons dynastiques consolident leur contrôle sur la Basse-Égypte en établissant leur capitale à Memphis, à partir de laquelle ils peuvent contrôler la main d'œuvre et l'agriculture de la région fertile du delta, ainsi que les routes commerciales vers le Levant qui sont tout autant stratégiques que lucratives. La richesse et le pouvoir grandissant des pharaons au cours de la période thinite se reflètent dans leur mastaba ouvragé et la présence de structures de culte funéraire à Abydos qui servent à célébrer le pharaon divinisé après sa mort[15]. L'institution forte de la royauté développée par les pharaons servent à légitimer le contrôle de l'État sur la terre, le travail et les ressources qui sont indispensables à la survie et à la croissance de la civilisation égyptienne antique[16].
[modifier] Ancien Empire
D'importantes avancées sont faites en architecture, en art et en technologie au cours de l'Ancien Empire grâce aux gains de productivité agricole gérée par une administration centrale bien développée[17]. Sous la direction du vizir, des fonctionnaires collectent les impôts, coordonnent des projets d'irrigation pour améliorer le rendement des cultures, détachent des paysans sur des projets de construction et établissent un système de justice pour maintenir la paix et l'ordre[18]. Avec l'excédent de ressources mises à disposition par une économie productive et stable, l'État est en mesure de financer la construction de monuments colossaux et de commander des œuvres d'art exceptionnelles aux ateliers royaux. Les pyramides construites par Djéser, Khéops et leurs descendants sont les symboles les plus mémorables de la civilisation égyptienne antique et du pouvoir que détiennent les pharaons.
Avec la montée en puissance de l'administration centrale émerge une nouvelle classe composée de scribes instruits et de fonctionnaires à qui le pharaon accorde des propriétés en guise de paiement pour leurs services. Les pharaons accordent également des terres pour leur culte mortuaire et les temples afin de s'assurer que ces institutions disposent de suffisamment de ressources pour assurer le culte du pharaon après sa mort. À la fin de l'Ancien Empire, cinq siècles de ces pratiques féodales ont lentement érodé le pouvoir économique du pharaon qui ne peut plus se permettre de soutenir une vaste administration centralisée[19]. Au fur et à mesure que le pouvoir du pharaon décroit, les gouverneurs régionaux, appelés nomarques, commencent à défier la suprématie du pharaon. Cette situation, combinée avec des sécheresses sévères entre 2200 et 2150 avant J.-C.[20], cause finalement l'entrée du pays dans une période de 140 ans dominée par la famine et des troubles, connue comme la première Période Intermédiaire[21].
[modifier] Première Période Intermédiaire
Après l'effondrement de l'administration centrale égyptienne à la fin de l'Ancien Empire, l'administration ne peut plus soutenir ou stabiliser l'économie du pays. En tant de crise, les gouverneurs des régions ne peuvent pas compter sur l'aide du roi et les pénuries alimentaires qui en découlent se transforment alors en famines et les différends politiques dégénèrent en petites guerres civiles. Pourtant, en dépit des difficultés, les dirigeants locaux qui ne doivent aucun tribut au pharaon usent de leur indépendance nouvellement acquise pour établir une culture florissante dans les provinces. Comme celles-ci contrôlent leur propres ressources, les provinces s'enrichissent, comme en témoignent les sépultures plus vastes et de meilleure qualité dans toutes les classes sociales[22]. Dans un élan de créativité, les artisans provinciaux adoptent et adaptent les motifs culturels autrefois réservés à la royauté de l'Ancien Empire. Dans le même temps, les scribes développent des styles littéraires exprimant l'optimisme et l'originalité de l'époque[23].
Libérés de leur loyauté envers le pharaon, les dirigeants locaux commencent à rivaliser pour le contrôle du territoire et du pouvoir. En 2160 avant J.-C., les dirigeants d'Hérakléopolis contrôlent la Basse-Égypte, tandis qu'un clan rival basé à Thèbes, la famille Antef, prend le contrôle de la Haute-Égypte. À mesure que la puissance des Intefs grandit, leur contrôle s'étend de plus en plus vers le nord, jusqu'à ce qu'un affrontement entre les deux dynasties rivales devienne inévitable. Autour de 2055 avant J.-C., les forces thébaines sous le règne de Nebhepetre Montouhotep II défont finalement les dirigeants hérakléopolitains, réunissant à nouveau les deux royaumes et inaugurant ainsi une période de renaissance économique et culturelle appelée le Moyen Empire[24].
[modifier] Résumé
C'est vers le debut du néolithique que des tribus commencent à se rassembler dans la fertile vallée du Nil, pour aboutir à la constitution de deux royaumes politiquement distincts mais étroitement liés par une culture commune : la Haute-Égypte au sud, et la Basse-Égypte au nord (le Nil coule du sud vers le nord, d'où ces appellations). La tradition attribue au royaume du sud mené par Narmer l'unification du pays et l'établissement des premières institutions pharaoniques.
Le découpage de l'histoire de l'Égypte en grandes périodes et en trente et une dynasties est hérité du prêtre-historien Manéthon qui vivait dans l'Égypte du IIIe siècle avant notre ère, alors sous domination macédonienne. Les anciens Égyptiens ne faisaient pas cette distinction : pour eux la monarchie était continuelle.
- Jusqu'au -XXXIe siècle : peuplement le long du Nil et période prédynastique. Progressivement se constituent deux royaumes rivaux : le Nord (Basse-Égypte) et le Sud (Haute-Égypte).
- En -3100: L'écriture hiéroglyphique naît en Égypte.
- D'environ -3100 à -2650 : période thinite. Les rois du sud envahissent le delta du Nil et unifient le pays. Ils fondent la Ire dynastie et s'établissent à Thinis, près d'Abydos.
- De -2650 à -2150 : l'Ancien Empire, « âge d'or » de l'Égypte. Période très longue (env. 500 ans) où sont posées les bases de la civilisation égyptienne : arts, philosophie, religions, institutions politiques… C'est l'époque où l'on met en œuvre des chantiers gigantesques pour bâtir les premières pyramides.
- De -2150 à -2060 : première période intermédiaire ; contestation de l'autorité royale et soulèvement des gouverneurs de province (nomarques). La crise politique aboutit à une guerre civile entre le nord et le sud. Montouhotep II finit par imposer la dynastie thébaine du sud.
- De -2060 à -1785 : durant le Moyen Empire le pays retrouve une certaine sérénité propice à de nouveaux engagements militaires et à la floraison d'un art sobre et élégant. Règne des Senouseret (Sésostris) dont s'inspirera le célèbre « conte de Sinouhé ».
- De -1785 à -1580 : deuxième période intermédiaire ; peu à peu, un peuple d'envahisseurs venus de l'Est s'installe dans le delta du Nil pour finalement fonder son propre État. Bénéficiant d'une certaine avance technologique (ils introduisent les chevaux et le char de guerre), les Hyksôs occupent le nord, fondent leur propre dynastie et soumettent les provinces du sud.
D'après la Bible, les Israélites seraient arrivés en Égypte vers -1700 et l'auraient fui 450 ans plus tard (voir l'Exode). Seule une stèle du pharaon Mérenptah vers -1208 atteste de leur présence en Palestine.
- De -1580 à -1085 : Nouvel Empire. Les efforts conjugués de trois rois thébains (Séqénenrê Taâ II, Kamosé et Ahmôsis Ier) sont nécessaires pour chasser les Hyksôs hors d'Égypte. Le renouveau qui s'ensuit donne lieu à l'apogée de la puissance égyptienne. Son influence s'étend et sa culture rayonne jusqu'aux frontières de la Mésopotamie. Les arts deviennent extrêmement raffinés, les temples de Karnak et Louxor sont agrandis ; naissent ainsi les somptueuses tombes de la vallée des rois, les temples d'Abou Simbel… XVIIIe et XIXe dynasties : les Amenhotep (Aménophis en grec), Thotmès (Thoutmôsis), Ramsès (de I à IX), ainsi qu'Hatchepsout, Akhénaton et Toutânkhamon…
- De -1080 à -332 : troisième période intermédiaire et basse époque. L'Égypte des pharaons amorce son déclin. Affaibli par des menaces extérieures, le pouvoir est accaparé par quelques princes et prêtres qui se proclament rois. Des Libyens puis des Éthiopiens réussissent temporairement à restaurer un semblant d'ordre qui ne dure pas. Des guerres intestines constantes font plonger le pays dans une semi-anarchie. Dynasties libyennes, koushites, de Saïs… Les Assyriens pillent Thèbes et ses grands temples. L'art, sous influence étrangère, se fait grossier et dégénère. Les Perses occupent le pays. Après une révolte difficile, Nectanébo II est le dernier pharaon autochtone.
- De -332 à -30 : la période hellénistique (ou ptolémaïque) commence avec la libération du pays par Alexandre le Grand. Celui-ci refoule les Perses, fonde une nouvelle capitale - Alexandrie - en -331 et lance une série de chantiers. À sa mort, le général Ptolémée avec lequel il était très lié prend possession de l'Égypte et crée la dynastie des Lagides. Les Macédoniens comprennent qu'ils gouvernent un peuple aux traditions millénaires et en tirent parti : ils favorisent le culte d'Isis et de Sarapis dont la renommée atteindra Rome. En -48, pour s'attirer les bonnes grâces de César dont la gloire ne cesse de croître, le roi Ptolémée XIII fait assassiner son rival, le consul Pompée. Ce meurtre déshonorant produit l'effet inverse : César occupe la capitale et devient l'amant de la sœur-épouse du roi, Cléopâtre VII Philopator, qu'il installe sur le trône. À la mort du dictateur, la reine d'Égypte prend le parti de Marc Antoine contre Octave pour le pouvoir à Rome. Elle est finalement vaincue à Actium en -30 et rentre à Alexandrie où elle se donne la mort le 15 août.
- -30 : Octave, neveu de César, est proclamé Empereur à Rome sous le nom d'Auguste. Il fait disparaître le fils de Cléopâtre, Ptolémée XV Césarion, dernier héritier légitime du trône. Désormais l'Égypte ne sera plus qu'une province du nouvel Empire romain.
La fin de l'histoire égyptienne antique varie en fonction du point de vue adopté. Elle s'achève :
- d'un point de vue ethnologique, à la mort du dernier pharaon autochtone, Nectanébo II en -343 ;
- d'un point de vue politique, à la mort du dernier souverain autonome, Ptolémée XV Césarion en -30 ;
- d'un point de vue culturel, lors de la conversion du dernier temple égyptien en église copte, le temple d'Isis à Philae en 535 (fermeture en 551).
[modifier] Géographie
La géographie de l’Égypte antique, d’un point de vue environnemental, est assez proche de celle de l’Égypte contemporaine. L’Égypte est un pays au climat semi-désertique dont seuls les bandes fertiles de part et d’autre du Nil, le delta et quelques oasis, sont propres à l’implantation humaine. Le reste est recouvert par le désert Libyque à l’ouest, le désert égyptien à l’est et le Sinaï au nord-est.
Les frontières traditionnelles de l’Égypte antique sont assez semblables aux frontières de l’Égypte moderne. Ainsi, dans l’Ancien Empire, le pays est délimité au nord par la mer Méditerranée, au sud par la première cataracte du Nil, à l’ouest par le désert Libyque et à l’est par la mer Rouge, le Sinaï et la région de Gaza.
[modifier] Peuple
L'origine des premiers Égyptiens fait débat, de nombreuses théories ont été avancées à ce sujet (orientale, sub-saharienne, etc.). La langue égyptienne fait partie des langues afro-asiatiques, dont font partie également les langues berbères, sémitiques et couchitiques, ce qui permet donc de faire un rapprochement linguistique (de près ou de loin) entre ces différentes populations.
[modifier] Gouvernement et économie
[modifier] Organisation politique
L'Égypte antique est une monarchie théocratique. Bien plus qu'un roi, le pharaon est à la fois l'administrateur principal, le chef des armées, le premier magistrat et le prêtre suprême de l'Égypte. En effet, Pharaon avait une mission à remplir : mettre en œuvre la règle de Maât sur Terre, c'est-à-dire assurer l'harmonie entre les hommes et le ciel, être garant de la morale de son peuple, contribuant ainsi à assurer son éternité.
Le territoire égyptien était découpé en régions administratives, les nomes, qui étaient gouvernés au nom de pharaon par des nomarques.
[modifier] Agriculture
Il existe un étonnant paradoxe entre l'image que les Égyptiens de l'Antiquité avaient de leur agriculture et l'image qu'en avaient les visiteurs étrangers. Ainsi, alors que les scribes dépeignent le métier d'agriculteur comme le plus harassant et ingrat des travaux manuels, les voyageurs grecs comme Hérodote et Diodore de Sicile s'extasiaient devant cette terre où les plantes semblaient pousser sans grand effort.
[modifier] Culture
[modifier] Vie quotidienne
La vie quotidienne des Égyptiens de l'Antiquité est relativement bien connue par rapport à celle des autres civilisations antiques. La société égyptienne était très hiérarchisée et il existait de grandes disparités entre la vie des paysans, représentant la grande majorité des Égyptiens et vivant dans un état proche du servage, et celle de la noblesse et de la haute bourgeoisie. La vie des plus privilégiés est la mieux connue car c'est elle qui a laissé le plus de témoignages.
[modifier] Art égyptien
L'Art de l'Égypte antique est caractérisé par une idée d'ordre : des lignes claires et simples, associées à des formes pures et des aplats de couleur. Les artistes utilisaient des lignes perpendiculaires, verticales et horizontales pour former un quadrillage et donner des proportions correctes à leurs travaux. L'art reflétait l'importance sociale, religieuse et politique. La hauteur des personnages dépendait, par exemple, de leur rôle dans la société ; les plus importants étaient les plus grands. Les Égyptiens ignoraient par ailleurs la perspective. Le pharaon est ainsi toujours représenté comme le plus grand des hommes. De même les dieux sont plus ou moins imposants selon qu'ils sont considérés comme plus ou moins puissants.
Voir aussi :
[modifier] Mythologie et religion égyptienne
Les Égyptiens de l'Antiquité ont cherché à interpréter tous les phénomènes qu'ils pouvaient observer par le prisme de leur croyance séculaire. La notion la plus importante pour eux est celle de cycle :
- le cycle du jour avec le soleil renaissant chaque matin,
- le cycle des années avec l'inondation annuelle qui pouvait être source de joie comme de malheurs (en cas de trop faible ou trop forte crue du Nil),
- le cycle de la vie avec les naissances qui succèdent aux morts.
Voir aussi :
[modifier] Sciences et technologies
La science de l'Égypte antique jouissait d'un grand prestige dans les temps anciens. Elle tendait à montrer le haut degré de développement de cette civilisation et l'ampleur de ses connaissances.
[modifier] L'Égypte antique dans les arts
[modifier] Architecture
- Maison égyptienne, place du Caire à Paris, construite en 1805 et dont la façade reprend une frise et des têtes égyptiennes.
- Egyptian Hall à Londres en 1812[25].
[modifier] Peinture
- David Roberts (1796-1864) fait de nombreuses peintures dont le décor rappelle l'Égypte antique.
[modifier] Musique
- Aïda, opéra de Giuseppe Verdi.
- Danse égyptienne, de Samson et Dalila, par Camille Saint-Saëns
- Giulio Cesare in Egitto, de Georg Friedrich Haendel
[modifier] Littérature
[modifier] Récits de grands voyageurs
- Saguez de Breuvery et Cadalvène, L'Égypte et la Nubie, Éditions Arthus Bertrand, 1841[26];
- Saguez de Breuvery, L'Égypte et la Turquie, Éditions Arthus Bertrand, 1836 + cartes[27]
[modifier] Romans
On ne compte plus le nombre impressionnant de romans dont le thème est l'Égypte antique ; citons simplement deux classiques :
- Le Roman de la momie de Théophile Gautier,
- La Mort de Philæ de Pierre Loti.
[modifier] Bandes dessinées
En bande dessinée on peut citer :
- la série Papyrus [28],
- Le Mystère de la Grande Pyramide d'Edgar P. Jacobs[29],
- La Foire aux immortels, d'Enki Bilal[30],
- Sur les terres d'Horus, d'Isabelle Dethan[31],
- Astérix et Cléopâtre [32].
[modifier] Cinéma/Musique
- La Terre des pharaons, film américain de Howard Hawks, de 1955 ; participation au scénario de William Faulkner ;
- Cléopâtre, film de Joseph L. Mankiewicz, de 1963 ;
- Le Pharaon, film polonais de Jerzy Kawalerowicz, de 1966 ;
- Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, une adaptation par Alain Chabat de la bande dessinée, de 2001.
- La reine soleil, film français de 2007
- Cléopâtre, comédie musicale présenté par Kamel Ouali, mettant en scène Sofia Essaïdi
[modifier] Jeux de rôle
- GURPS Egypt ; Thomas M. Kane, Éditeur : Steve Jackson Games, 1998, langue : anglais (version originale), (ISBN 1-55634-342-6) ;
- Égyptis, jeu en ligne gratuit dans lequel vous incarnez un Égyptien de l'Antiquité vivant au rythme du Nil.
[modifier] Jeux vidéo
- Égypte : 1156 av. J.-C. L'énigme de la tombe royale - 1997, Réunion des Musées Nationaux, Canal+ Multimédia, Cryo Interactive[33];
- Pharaon - 1999, City builder en temps réel[34], développé par les studios Sierra/Impressions © (Caesar III, Empereur : l'Empire du Milieu, Zeus : le Maître de l'Olympe, ..);
- Égypte II. La prophétie d'Héliopolis - 2000, Réunion des Musées Nationaux, Cryo Interactive[35].
- Cléopâtre - 2001, Extension officielle du jeu Pharaon[36];
- Immortal Cities : Les enfants du nil - 2004, City builder 3D, développé par les studios Tilted Mill ©[37] (Caesar IV, Simcity Societies, ..);
- Titan Quest- 2005, THQ Inc. Développé par Iron Lore Entertainment.
[modifier] Bibliographie
- Peter A. Clayton, Chronicle of the Pharaohs, Thames and Hudson, Londres, 1994 (ISBN 0-500-05074-0)
- T.G.H. James, The British Museum Concise Introduction to Ancient Egypt, University of Michigan Press, Ann Arbor, Michigan, 2005 (ISBN 0-472-03137-6)
- Gay Robins, The Art of Ancient Egypt, Harvard University Press, Cambridge, Massachusetts, 2000 (ISBN 0-674-00376-4)
- Ian Shaw, The Oxford History of Ancient Egypt, Oxford University Press, Oxford, 2003 (ISBN 0-500-05074-0)
[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens internes
[modifier] Liens externes
Catégorie Égypte antique de l’annuaire dmoz
[modifier] Notes et références
- ↑ Salima Ikram, Choice Cuts: Meat Production in Ancient Egypt, Université de Cambridge, 1992 (ISBN 9789068317459) (OCLC 60255819)
- ↑ W.C. Hayes, « Most Ancient Egypt: Chapter III. The Neolithic and Chalcolithic Communities of Northern Egypt », dans Journal of Near Eastern Studies, vol. 23, no 4, octobre 1964, p. 217–272
- ↑ Gordon V. Childe, New light on the most ancient Near East, Praeger Publications, 1953
- ↑ Raphael Patai, Children of Noah: Jewish Seafaring in Ancient Times, Princeton University Press, 1998
- ↑ Barbara G. Aston, James A. Harrell, Ian Shaw, Ancient Egyptian Materials and Technology, Paul T. Nicholson and Ian Shaw, Cambridge, 2000, « Stone », p. 46-47
- ↑ Barbara G. Aston, Ancient Egyptian Stone Vessels, vol. 5 : Studien zur Archäologie und Geschichte Altägyptens, Heidelberg, 1994, p. 23-26
- ↑ Chronology of the Naqada Period, Digital Egypt for Universities, University College London. Consulté le 21 novembre 2009
- Ian Shaw 2003, p. 61
- ↑ Faience in different Periods, Digital Egypt for Universities, University College London. Consulté le 21 novembre 2009
- ↑ James P. Allen, Middle Egyptian: An Introduction to the Language and Culture of Hieroglyphs, Cambridge University Press, 2000 (ISBN 0-521-77483-7), p. 1
- ↑ Gay Robins 2000, p. 32
- ↑ Peter A. Clayton 1994, p. 6
- ↑ Ian Shaw 2003, p. 78–80
- ↑ Peter A. Clayton 1994, p. 12–13
- ↑ Ian Shaw 2003, p. 70
- ↑ Early Dynastic Egypt, Digital Egypt for Universities, University College London. Consulté le 21 novembre 2009
- ↑ T.G.H. James 2005, p. 40
- ↑ Ian Shaw 2003, p. 102
- ↑ Ian Shaw 2003, p. 116–117
- ↑ Fekri Hassan, « The Fall of the Old Kingdom », British Broadcasting Corporation. Consulté le 21 novembre 2009
- ↑ Peter A. Clayton 1994, p. 69
- ↑ Ian Shaw 2003, p. 120
- ↑ Ian Shaw 2003, p. 146
- ↑ Peter A. Clayton 1994, p. 29
- ↑ (en)Site sur l'Egyptian Hall
- ↑ [1]
- ↑ [2]
- ↑ Site sur Papyrus par Lucien de Gieter et Jean-Pol Schrauwen
- ↑ Synopsis de la BD, blakeetmortimer.com. URL accédée le 19 décembre 2008
- ↑ Synopsis de la BD
- ↑ Synopsis de la BD sur le site de l'éditeur
- ↑ Résumé coinbdcom. URL accédée le 19 décembre 2008
- ↑ Test du jeu "Egypte 1156 av. J.-C." jeuxvideopc.com. URL accédée le 19 décembre 2008.
- ↑ Test du jeu "Pharaon" jeuxvideo.com. URL accédée le 19 décembre 2008.
- ↑ Test du jeu "Egypte II" jeuxvideo.com. URL accédée le 19 décembre 2008.
- ↑ Test du jeu "Cléopâtre" jeuxvideo.com. URL accédée le 19 décembre 2008.
- ↑ Test du jeu "Immortal Cities : Les enfants du nil" jeuxvideo.com. URL accédée le 19 décembre 2008.
| Histoire • Géographie • Mythologie • Dieux • Art / Pyramides • Sciences • Vie quotidienne / Organisation politique / Pharaons | Égyptologie • Bibliographie • Lexique • Index | ||
| Egyptopedia | Un article égyptologique au hasard : | Modifications du jour | |