Giulio Cesare in Egitto

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Jules César en Égypte

Giulio Cesare est un opéra en trois actes composé en 1723 par Georg Friedrich Haendel pour sa propre compagnie, la Royal Academy of Music. Le livret est une adaptation par Nicola Francesco Haym, du Giulio Cesare in Egitto représenté à Venise en 1675 (texte de Giacomo Francesco Bussani, musique d'Antonio Sartorio).

L'opéra de Haendel est créé au King's théâtre Haymarket de Londres le 20 février 1724. C'est, dès l'origine, un succès et Haendel le reprend en 1725, 1730 et 1732. Avant le XXe siècle, la dernière représentation a lieu à Hambourg en 1737.

Certains airs comme V'adoro, pupille, Se pietà ou Piangerò (Cleopatra), Va tacito ou Dall' ondoso periglio (Cesare), Svegliatevi nel core de Sesto ou encore le poignant duo de Cornelia et Sesto qui termine le premier acte, sont devenus des pièces de concert.

Les principaux interprètes de la création, en 1724, étaient :

Les personnages[modifier | modifier le code]

Romains[modifier | modifier le code]

Égyptiens[modifier | modifier le code]

Argument[modifier | modifier le code]

L'action se déroule autour d'Alexandrie en 48 avant J.C..

Jules César a poursuivi jusqu'en Égypte son rival Pompée. Ptolémée, le roi des Égyptiens, croyant bien faire, tue Pompée dont il offre la tête à César. Celui-ci, qui allait conclure la paix avec son rival, en est profondément choqué, et jure, au nom de Cornélie et de Sextus, veuve et fils de Pompée, de venger ce dernier. D'un autre côté, Ptolémée tente d'éloigner du trône sa sœur Cléopâtre. Celle-ci va incognito chercher de l'aide auprès de César, qu'elle séduit par intérêt, mais finit par tomber amoureuse, sentiment bientôt réciproque.

L'action décrit la course au pouvoir entre Cléopâtre et Ptolémée, le deuil de Cornélie et le désir de vengeance de Sextus, enfin la rivalité entre Ptolémée et Achilla, soupirants de Cornélie. L'opéra se termine par le triomphe de César et de Cléopâtre à Alexandrie, Achilla étant mort au combat et Ptolémée tué par Sextus.

Les versions modernes de Giulio Cesare[modifier | modifier le code]

Giulio Cesare est l'opéra italien de Haendel le plus représenté sur les scènes modernes. Oublié pendant près de deux siècles, l'œuvre reparaît pour la première fois à Göttingen en Allemagne en 1922. On prend dès lors, et pour longtemps, l'habitude de tronquer la partition, traduire le livret, couper les da capo (reprise de la première partie d'un air, forme universelle de l'aria dans l'opéra italien durant la majeure partie du XVIIIe siècle), transposer la plupart des rôles masculins pour mieux satisfaire le goût contemporain (baryton pour César et Ptolémée, à l'origine castrats altos...). Une version française voit brièvement le jour en 1935 (L. Mancini).

Ce n'est qu'avec le renouveau de la musique baroque vers 1970 que des versions fidèles à la partition de Haendel apparaissent. Parmi celles-ci, le concert donné au festival de Beaune et l'album enregistré en 1991 par René Jacobs avec la mezzo-soprano américaine Jennifer Larmore dans le rôle titre, fait encore autorité. Au sein d'une discographie plus abondante que pour tout autre opera seria, elle fut la première à proposer un texte intégral, non arrangé, non transposé, un orchestre virtuose d'instruments originaux et un climat théâtral fidèle aux intentions supposées des auteurs.

Les principales productions du chef-d'œuvre ont eu lieu à Vienne en 1954 (partition mutilée sous la baguette de Karl Böhm), à Londres en 1963 (première tentative d'un César contralto, et avec la jeune Joan Sutherland en Cléopâtre), à la radio bavaroise en 1965 (version publiée par la suite), à l'ENO de Londres en 1979 avec le César un peu arrangé mais marquant de Janet Baker, aux États-Unis en 1985 puis en Europe (Bruxelles 1988, Nanterre 1990) dans une production moderne et décapante de Peter Sellars qui transportait l'action dans un Moyen-Orient très actuel visité par un Président américain.

En 2005, la diva Cecilia Bartoli chante pour la première fois Cléopâtre à Zurich, aux côtés de Franco Fagioli (Giulio Cesare), sous la direction de Marc Minkowski. En 2012, nommée directrice artistique du festival de Pentecôte de Salzbourg, elle tient de nouveau le rôle de Cléopâtre aux côtés d'Andreas Scholl (Jules César), d'Anne Sofie von Otter (Cornelia) et de Philippe Jaroussky (Sextus), ainsi que de Christophe Dumaux (Ptolémée),sous la direction musicale de Giovanni Antonini et dans une mise en scène de Moshe Leiser et Patrice Caurier qui, une fois de plus, transpose l'action dans les conflits contemporains du Moyen-Orient.

Toujours en 2005, Giulio Cesare fait son entrée au festival de Glyndebourne dans un spectacle de David McVicar dirigé par William Christie (avec Sarah Connolly, Daniele de Niese et Angelika Kirchschlager).

En France, l'ouvrage entreprend une carrière plus tardive. Il ne fait son entrée à l'Opéra de Paris qu'en 1987 dans un spectacle facétieux et soigné de Nicholas Hytner sous la direction de Jean-Claude Malgoire (repris par Ivor Bolton en 1997 puis, usant pour la première fois d'instruments originaux, Marc Minkowski en 2002). La première version intégrale de l'opéra entendue en France est celle de Peter Sellars en 1990, avec Jeffrey Gall dans le rôle-tire et Lorraine Hunt-Lieberson dans celui de Sextus. On le voit aussi, la même année 1999, à Bordeaux (avec Nathalie Stutzmann et Mireille Delunsch) et à Montpellier (avec Sara Mingardo et Laura Claycomb dans une production allemande de Willy Decker reprise par Christophe Rousset) ; puis en 2007 l'opéra est joué à Nancy (changé en cabaret colonial par Yannis Kokkos, avec Marie-Nicole Lemieux et Ingrid Perruche) et à Lille (accueil du spectacle échevelé de David McVicar créé à Glyndebourne, sous la direction d'Emmanuelle Haïm). En juin 2013, l'œuvre est reprise à l'opéra de Paris sous la direction d'Emmanuelle Haïm avec Lawrence Zazzo dans le rôle titre et Sandrine Piau dans celui de Cléopâtre.

De Chicago à Cologne, de Sydney à New York et de Gènes à Vienne, Giulio Cesare reste, au début du XXIe siècle, l'opera seria le plus joué dans le monde.

Discographie[modifier | modifier le code]

Parmi une vingtaine de références, la plupart enregistrées sur le vif sans motif de publication, deux albums à écouter en priorité :

  • J. Larmore, B. Schlick, B. Fink, M. Rörholm, D. Ragin, F. Zanasi, Concerto Köln, dir. René Jacobs (Harmonia Mundi 1991)
  • M. Mijanovic, M. Kozena, C. Hellekant, A. S. von Otter, B. Mehta, A. Ewing, Les Musiciens du Louvre, dir. Marc Minkowski (Archiv-Deutsche Grammophon 2003)

Archives importantes pour la qualité de leur chant :

  • J. Baker, V. Masterson, S. Walker, D. Jones, J. Bowman, J. Tomlinson, dir. Charles Mackerras (traduit en anglais, Chandos 1979)
  • W. Berry, L. Popp, C. Ludwig, F. Wunderlich, dir. Ferdinand Leitner (coupé, transposé, traduit en allemand, Orfeo d'or 1963)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]