Optimisme

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L’optimisme désigne chez l’être humain un état d’esprit qui perçoit le monde et l'univers de manière positive. Le fondement de l'optimisme remonte à Socrate ; Platon l'a professé, puis Aristote[1].

Une personne optimiste a tendance à voir « le bon côté des choses », à penser du bien des gens, à considérer que des événements, même fâcheux, prendront quoi qu’il arrive une tournure positive en fin de compte dans la mesure où l'on trouve toujours une solution aux problèmes. L’optimisme est le contraire du pessimisme. L'optimisme est un sentiment positif en tant que moteur de l'initiative. Toutefois le suroptimisme (ou surconfiance) est un biais cognitif (et émotionnel) pouvant conduire à des prévisions hasardeuses, un excès de confiance et des comportements dangereux.

En psychologie et dans le domaine de la santé[modifier | modifier le code]

La psyché humaine inclut une appréciation plus ou moins optimiste de soi-même, d'autrui et de l'évolution du monde.

On parle dans ce domaine

  • d'optimisme dispositionnel[2] ;
  • d'optimisme irréaliste[3], qui est un biais sociopsychologique parfois présenté comme un « non-pessimisme dispositionnel »[4] ;
  • d' optimisme comparatif[5],[6] qui semble très ancré dans la plupart des pays d’Amérique du Nord et d’Europe ; il s'agit d'une croyance individuelle très répandue faisant que la plupart des gens se considèrent moins exposés à la plupart des risques qu'autrui[7],[8].
    Cette croyance peut être mesurée en demandant à des personnes d’évaluer leur propre risque de rencontrer un événement négatif en comparaison à celui d’autrui[8].
    Cette croyance peut avoir des effets négatifs, par exemple en termes de risques d'accident automobile où certains conducteurs s'estiment à tort meilleure que les autres pour éviter les accidents, même quand il ne respectent pas le code de la route en raison d'une évaluation fausse et irréaliste de leurs capacités (dans le sens d'une surestimation), est un facteur souvent en jeu dans les accidents routiers ou sportifs[9],[10],[11],[12].

En philosophie[modifier | modifier le code]

Le philosophe allemand Leibniz expose en 1710 sa Théodicée : il y décrit un système philosophique célèbre fondé sur « une harmonie préétablie » pour expliquer l’existence du mal sur Terre. Leibniz, pour sa théorie, part du principe de la perfection et de la bonté divine. D'après lui, rien ne peut être aussi parfait que Dieu donc le monde n'est pas parfait, or, comme Dieu est bon, le monde qu'il a créé est forcément le meilleur possible. Cette théorie a ensuite été simplifiée et critiquée par Voltaire dans Candide[13] :

Voltaire y invente un personnage nommé Pangloss, censé représenter la pensée leibnizienne, et qui tout au long du conte philosophique parle de « meilleur des mondes possibles ». Le mot « possible » souligne bien le fait que les optimistes ne croient pas en la perfection du monde.

La critique de la conception leibnizienne par Voltaire est néanmoins sujette à des remises en cause.

En histoire[modifier | modifier le code]

Lors du siècle des lumières, le paradigme de la modernité devient celui de l'optimisme ou d'une croyance en un progrès constamment possible pour l'Homme dans son environnement ou dans la société ; les philosophes de ce temps plaçaient une grande confiance dans les aptitudes de l'être humain à faire son bonheur[14]. Cette confiance est en rapport avec la notion théologique de la grâce (voir jésuitisme et jansénisme).

En politique aussi le sens du mot progrès est forgé par ceux qui croient qu'une évolution sociale est vraiment possible[15]. Au XIXe siècle, des idéologies comme le fouriérisme et le positivisme affirment que la nature humaine est améliorable en soi, et que l'on peut s'opposer à la décadence[16].

Au XXe siècle, les années 1930, 1940 et 1950 sont marquées par l'antimodernisme, tandis que les années 1960 et 1970 voient revenir un nouveau vent d'optimisme, qui se rapproche de celui du début du siècle, avant qu'une critique du progrès (scientifique et technologique notamment) ne réapparaisse [17]

Sur le plan religieux, l'excès d'optimisme a été combattu par Pie IX lorsque celui-ci proclame le dogme de l'Immaculée-Conception, qui donnait un sens bien particulier à la grâce et obligeait les théologiens de se rallier au magistère.

Expressions courantes liées à l’optimisme[modifier | modifier le code]

  • Prendre la vie du bon côté : garder un moral positif, malgré les difficultés éventuellement rencontrées.
  • Ne voir que le verre à moitié plein : ne tenir compte que des évènements heureux et pas des évènements déplaisants.

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Traité de la marche des animaux : II, § 2 et VII, § l
  2. Scheier MF & Carver CS (1985) Optimism, coping, and health: assessment and implications of generalized outcome expectancies. Health psychology, 4(3), 219.
  3. Weinstein, N. D. (1980). Unrealistic optimism about future life events. Journal of Personality and Social Psychology, 39, 806-820
  4. Sultan S & Bureau B (1999) Quel optimisme en psychologie de la santé ?. European review of applied psychology, 49(1), 43-51.
  5. Harris P & Middleton W (1994) The illusion of control and optimism about health : On being less at risk but no more in control than others. British Journal of Social Psychology, 33, 369-386.
  6. Dejoy DM (1989) The optimism bias and traffic accident risk perception ; Accident Analysis and Prevention, 21, 333-340 (http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/0001457589900249 résumé])
  7. Delhomm, P & Meyer T (1999) Un instrument d’analyse : l'optimisme comparatif. Risques, 39, 1-6.
  8. a et b Weinstein ND (1980) Unrealistic optimism about future life events. Journal of Personality and Social Psychology, 39, 806-820.
  9. Delhomme, P. (1991). Comparing one’s driving with others’ : Assessment of abilities and frequency of offences. Evidence for a superior conformity of self-bias ? Accident Analysis and Prevention, 23, 493-508.
  10. Delhomme, P. (1994). Liens entre surestimation de ses propres capacités, expérience de la conduite et activité de conduite (Rapport no 187). Arcueil : Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité
  11. Delhomme P (2000) Optimisme comparatif chez les usagers de la route : Une protection contre le risque ? Pratiques psychologiques, 1, 99-109.
  12. McCormick IA, Walkey FH & Green DE (1986). Comparative perceptions of driver ability : A confirmation and expansion. Accident Analysis and Prevention, 18, 205-208.
  13. dont le titre complet est d’ailleurs Candide ou l’Optimisme
  14. Taguieff PA (2011) Le sens du progrès: une approche historique et philosophique. Éditions Flammarion.
  15. Culig B (1995) Progress and political concepts. Socijalna ekologija, 4, 35-55.
  16. Taguieff PA (1996) Critiques du progrès et pensées de la décadence. Essai de clarification des visions de l'histoire. Mil neuf cent, 14(1), 15-39.
  17. Rasmussen A (1996) Critique du progrès,«crise de la science»: débats et représentations du tournant du siècle. Mil neuf cent, 14(1), 89-113.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Badey-Rodriguez C & Costa-Prades B (2014), Développez votre optimisme et votre joie de vivre, Albin Michel
  • Braconnier A (2014), Optimiste, Odile Jacob
  • Comte E & de Brivezac O () Changer de regard [1], coll. éthique au quotidien, L'Harmattan.
  • Delhomme, P. (2001). Évaluation d'actions possibles face à un risque: Une approche expérimentale de l'effet du contrôle subjectif sur l'optimisme absolu et comparatif. Revue internationale de psychologie sociale.
  • Gabilliet P () Eloge de l'Optimisme [2], Quand les enthousiastes font bouger le monde, Les Éditions Saint Simon.
  • Kiefer B (2010) L'optimisme (forcé) de la pensée globale. Médecine du sport, 258(28), 1520-1520.
  • Lorenzi JH & Villemeur A (2004) La religion du progrès au coeur de la croissance (No. 123456789/219). Paris Dauphine University.
  • Nten-Nlate S (1998) Le stoïcisme ou l'optimisme de la liberté (Doctoral dissertation, Lyon 3).
  • Rasmussen A (1996) Le progrès en procès. Mil neuf cent, 14(1), 5-14.
  • de Romilly (1965) L'optimisme de Thucydide et le jugement de l'historien sur Périclès (Thuc. II 65). Revue des Études Grecques, 78(371-373), 557-575 (résumé)
  • Seligman ME & Lecomte J (2008) La force de l'optimisme. InterEditions
  • Sharot T (2012) Tous programmés pour l'optimisme préface de Florence Servan-Schreiber, Éditions Marabout.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]