Optimisme

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L’optimisme désigne chez l’être humain un état d’esprit qui perçoit le monde et l'univers de manière positive. Le fondement de l'optimisme remonte à Socrate ; Platon l'a professé, puis Aristote[1].

Une personne optimiste a tendance à voir « le bon côté des choses », à penser du bien des gens, à considérer que des événements, même fâcheux, prendront quoi qu’il arrive une tournure positive en fin de compte dans la mesure où l'on trouve toujours une solution aux problèmes. L’optimisme est le contraire du pessimisme. L'optimisme est un sentiment positif en tant que moteur de l'initiative. Toutefois le suroptimisme (ou surconfiance) est un biais cognitif (et émotionnel) pouvant conduire à des prévisions hasardeuses, un excès de confiance et des comportements dangereux.

Concept philosophique[modifier | modifier le code]

Le philosophe allemand Leibniz expose en 1710 sa Théodicée : il y décrit un système philosophique célèbre fondé sur « une harmonie préétablie » pour expliquer l’existence du mal sur Terre. Leibniz, pour sa théorie, part du principe de la perfection et de la bonté divine. D'après lui, rien ne peut être aussi parfait que Dieu donc le monde n'est pas parfait, or, comme Dieu est bon, le monde qu'il a créé est forcément le meilleur possible. Cette théorie a ensuite été simplifiée et critiquée par Voltaire dans Candide[2] :

Voltaire y invente un personnage nommé Pangloss, censé représenter la pensée leibnizienne, et qui tout au long du conte philosophique parle de « meilleur des mondes possibles ». Le mot « possible » souligne bien le fait que les optimistes ne croient pas en la perfection du monde.

La critique de la conception leibnizienne par Voltaire est néanmoins sujette à des remises en cause.

En histoire[modifier | modifier le code]

Lors du siècle des lumières, le paradigme de la modernité devient celui de l'optimisme ; les philosophes de ce temps plaçaient une grande confiance dans les aptitudes de l'être humain à faire son bonheur. Cette confiance est en rapport avec la notion théologique de la grâce (voir jésuitisme et jansénisme).

En politique, le sens du mot progrès est forgé par ceux qui croient qu'une évolution sociale est vraiment possible. Au XIXe siècle, des idéologies comme le fouriérisme et le positivisme affirment que la nature humaine est améliorable en soi.

Au XXe siècle, les années 1930, 1940 et 1950 sont marquées par l'antimodernisme, tandis que les années 1960 et 1970 voient revenir un nouveau vent d'optimisme, qui se rapproche de celui du début du siècle.

Sur le plan religieux, l'excès d'optimisme a été combattu par Pie IX lorsque celui-ci proclame le dogme de l'Immaculée-Conception, qui donnait un sens bien particulier à la grâce et obligeait aux théologiens de se rallier au magistère.

Expressions courantes liées à l’optimisme[modifier | modifier le code]

  • Prendre la vie du bon côté : garder un moral positif, malgré les difficultés éventuellement rencontrées.
  • Ne voir que le verre à moitié plein : ne tenir compte que des évènements heureux et pas des évènements déplaisants.

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Traité de la marche des animaux : II, § 2 et VII, § l
  2. dont le titre complet est d’ailleurs Candide ou l’Optimisme

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tali Sharot, Tous programmés pour l'optimisme préface de Florence Servan-Schreiber, Éditions Marabout 2012.
  • E. Comte, O. de Brivezac, Changer de regard [1], coll. éthique au quotidien, L'Harmattan.
  • Philippe Gabilliet, Eloge de l'Optimisme [2], Quand les enthousiastes font bouger le monde, Les Éditions Saint Simon.
  • Alain Braconnier, Optimiste, Odile Jacob, 2014
  • Claudine Badey-Rodriguez et Bernadette Costa-Prades, Développez votre optimisme et votre joie de vivre, Albin Michel, 2014

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]