Amenhotep III

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Portrait d'Amenhotep III - Musée du Louvre

Amenhotep III (ou Aménophis III en grec ; Amāna-Ḥātpa en égyptien ancien, qui signifie Amon est satisfait), est le neuvième pharaon de la XVIIIe dynastie (période du Nouvel Empire). Manéthon l’appelle Aménophis. Il règne trente-huit ans et sept mois, mais certains égyptologues pensent à une corégence avec son fils Amenhotep IV à la fin de sa vie.

On situe son règne aux alentours de -1391 / -1390 à -1353 / -1352[1].

Amenhotep III est le fils de Thoutmôsis IV et de Moutemouia, une concubine de son père[2] et serait né autour de l’an -1388[3].

Son règne est une période de prospérité et de splendeur artistique sans précédent, alors que l’Égypte atteint l’apogée de son pouvoir artistique et international. Lorsqu’il meurt, son fils prend le pouvoir en tant que Amenhotep IV, mais change ultérieurement son propre nom royal pour Akhénaton.

Il compte parmi les plus grands bâtisseurs de l’Égypte ancienne.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Statue d'Amenhotep III
Amenhotep III
Naissance vers -1403 Décès -1353/-1352
Père Thoutmôsis IV Grands-parents paternels
Amenhotep II
Tiâa
Mère Moutemouia Grands-parents maternels
Grand-père maternel inconnu
Grand-mère maternelle inconnue
Fratrie Fratrie inconnue
1re épouse Tiyi Enfant(s) Thoutmôsis
Amenhotep IV (Akhénaton)
Satamon
Iset
Henouttaneb
Nebetâh
Baketaton (incertain)
2e épouse Giloukhepa Enfant(s) pas d'enfant connu
3e épouse Une princesse babylonienne Enfant(s) pas d'enfant connu
4e épouse Une princesse babylonienne Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse Tarhoundaradou Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse Tadukhipa Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse Satamon Enfant(s) Smenkhkarê (incertain)
8e épouse Iset Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Amenhotep III est le fils de Thoutmôsis IV et de la reine Moutemouia, laquelle assume la régence lorsqu'il monte sur le trône à l'âge de dix / douze ans.

Sa grande épouse royale est Tiyi, fille de Youya (Prophète de Min) et Touya (ou Tyouyou). Il l’associe étroitement au pouvoir et à la fin de sa vie, alors qu'il est très malade, la reine va l'aider énormément dans la gestion de l'État. Il épouse aussi Giloukhepa (ou Gilu-Hepa), en l’an X de son règne, qui est la fille de l’empereur du Mitanni Shuttarna II[4]. Il épouse ensuite la sœur du roi de Babylone[5], Tarhoundaradou, la fille du roi d’Arzawa[5], Tadukhipa (ou Taduhepa), la fille de Tushratta, nouveau roi du Mitanni autour de l’an 36 de son règne[6],[5], une fille de Kadashman-Enlil Ier, roi de Babylone[5], une fille du dirigeant d’Ammia (en Syrie moderne)[5] et enfin ses deux filles Iset et Satamon.

Tiyi lui donne sept enfants : le futur Amenhotep IV, Satamon, Iset, Henouttaneb, Nebetâh, Baketaton et Thoutmôsis dont l’existence est incertaine[7]. Certains égyptologues pensent que Smenkhkarê (futur pharaon) pourrait être un fils qu'Amenhotep III aurait eu avec Satamon[8]. Ses filles apparaissent souvent sur des statues et reliefs durant le règne de leur père et sont aussi représentées sur des objets plus petits – à l’exception de Nebetâh[9]. Nebetâh est attestée une seule fois dans les sources historiques, sur un groupe de statues colossales faites de calcaire de Medinet Habou[10]. Cette immense sculpture, qui mesure sept mètres de haut, montre Amenhotep III et Tiyi assis l’un à côté de l’autre « avec trois de leurs filles se tenant debout en face du trône – Henouttaneb, la plus large et la mieux préservée, au centre ; Nebetâh à droite ; et une autre, dont le nom a été détruit, à gauche. »[7].

Amenhotep III élève deux de ses filles – Satamon et Iset – au titre de grande épouse royale durant la dernière décennie de son règne. Il était courant qu’un pharaon épouse des femmes royales de différentes générations afin de solidifier les chances de succession[11]. La déesse Hathor elle-même était liée à en premier en tant que mère, puis comme femme et fille du Dieu[7]. Ainsi, les mariages d’Amenhotep III à deux de ses filles ne sont pas invraisemblables. Des preuves que Satamon avait déjà été promue à ce titre en l’an 30 de son règne, sont fournies par une inscription sur un vase découvert au palais royal de Malqata[7].

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature des pharaons.

Règne[modifier | modifier le code]

Amenhotep III
Amenhotep III
Période Nouvel Empire
Dynastie XVIIIe dynastie
Fonction 9e pharaon de la dynastie
Prédécesseur Thoutmôsis IV
Prise du pouvoir Mort naturelle du précédent
Dates de règne -1410 à -1372 (selon D. B. Redford)
-1403 à -1366 (selon R. A. Parker)
-1402 à -1364 (selon E. Hornung)
-1398 à -1348 (selon A. D. Dodson)
-1392 à -1354 (selon J. von Beckerath)
-1391 / -1390 à -1353 / -1352 (selon J. Málek, D. Arnold, I. Shaw, N. Grimal, R. Krauss, W. J. Murnane)
-1386 à -1350 (selon E. F. Wente)
-1386 à -1349 (selon K. A. Kitchen)
-1384 à -1346 (selon C. Aldred)
-1379 à -1340 (selon H. W. Helck)
Durée du règne 38 ans et 7 mois
Successeur Amenhotep IV
Passation du pouvoir Mort naturelle
Sépulture Non trouvé
Date de découverte Inconnue
Découvreur Inconnu
Fouillée par ?

Amenhotep III mène l’Égypte à l’apogée de sa puissance. Ce n’est pas un guerrier. Durant son long règne, une seule expédition militaire est attestée en Nubie en l’an 5 de son règne, pour réprimer une révolte.

Amenhotep III va préférer maintenir la supériorité de l'Égypte par la diplomatie et il va chercher à renforcer les relations avec le puissant Mitanni. Des accords commerciaux sont pris avec Chypre et un important quota qui pouvaient entrer en Égypte de bois et de cuivre est fixé, ce qui apportait à l'île une exemption de droits de douane.

Quand en l'an 2 de son règne (-1406), il prend pour épouse Tiyi qui devient la grande épouse royale, il commande une série de grands scarabées dont le verso relate l'évènement et que l'on retrouvera disséminés dans tout l'empire.

Le scribe du roi, Amenhotep fils de Hapou, favori, directeur de tous les travaux du roi (architecte royal) est un « Premier ministre » de fait. Mérymosé devient vice-roi de Koush après Amenhotep.

Durant son règne Bakenkhonsou est grand prêtre d'Amon.

La fin de son règne est marqué par une dégradation de la politique internationale. Les princes mitanniens de Syrie, pourtant alliés de l'Égypte sont attaqués par une nouvelle puissance venue du Hatti, en la personne de l'empereur des Hittites, Soupilouliouma (-1382 / -1342).

Amenhotep n'intervient pas pour venir à leur secours, malgré les appels des princes. L’Égypte, au contraire, signe un traité avec le Hatti. Le prince de Kadesh et le roi d'Amourrou (Liban) intriguent pour former une coalition de petits États, là encore Amenhotep laisse faire. Ces négligences vont laisser à son fils un empire ou le désordre s'est installé.

Économie et société[modifier | modifier le code]

Oushebti d'Amenhotep III - Musée du Louvre

L’Égypte, grâce à l’or nubien, est la première puissance financière du monde. On assiste à un développement des grandes villes en Égypte, surtout celles qui sont résidences royales (Thèbes, Memphis).

Les Shardanes, peut-être originaires de Sardes, en Asie Mineure, sont employés comme mercenaires d’élite par Amenhotep III.

Arts, cultures et religions[modifier | modifier le code]

Il entreprend de nombreux chantiers de Nubie au Nord du pays. Il fait agrandir considérablement le complexe de Karnak en y faisant construire le temple de Louxor par son architecte Amenhotep fils de Hapou (qui, à l'instar d'Imhotep, l'architecte de Djéser, sera divinisé à titre posthume). L'élégance des formes architecturales et des proportions culmine alors (colonnes florales fasciculées à Louxor notamment).

Il fait également construire un immense château de millions d'années en face de Thèbes dont il ne reste aujourd'hui que les colosses dit « de Memnon ».

On note sous son règne un raffinement des formes de l'art officiel (statuaire, relief, peinture).

L'ouverture du pays se poursuit sous le règne d'Amenhotep III et on assiste à un syncrétisme religieux entre les dieux d'Égypte et d'Asie. Le roi du Mitanni envoie à Amenhotep la statue miraculeuse de la déesse Ishtar de Ninive.

On considère parfois qu'Amenhotep III est l'un des initiateurs de l'art amarnien. Il est l’introducteur de la religion d’Aton qui va être suivie par son fils.

Sépulture[modifier | modifier le code]

Sa tombe est située dans la vallée des singes, un ouadi secondaire de la vallée des rois. Découverte en 1898, dès les premières explorations de la vallée, le tombeau vidé de ses trésors dès l'Antiquité, a beaucoup souffert depuis des nombreuses visites et du temps. Des parties de fresques ont été également prélevées défigurant les parois du tombeau. Peu d'objets ont réchappé au pillage en dehors de quelques oushebti qui sont exposés dans différents musée égyptologiques du monde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Malek, Arnold, Shaw, Grimal, Krauss, Murnane.
    Autres avis de spécialistes : -1410 à -1372 (Redford), -1403 à -1366 (Parker), -1402 à -1364 (Hornung), -1392 à -1354 (von Beckerath), -1398 à -1348 (Dodson), -1386 à -1350 (Wente), -1386 à -1349 (Kitchen), -1384 à -1346 (Aldred), -1379 à -1340 (Helck).
  2. (en) David O'Connor, Eric Cline, Amenhotep III : Perspectives on His Reign, University of Michigan Press, 1998, p. 3
  3. (en) Joann Fletcher, Chronicle of a Pharaoh - The Intimate Life of Amenhotep III, Oxford University Press. 2000, p.10
  4. (en) Aidan Mark Dodson et Dyan Hilton, The Complete Royal Families of Ancient Egypt [détail des éditions], p. 155
  5. a, b, c, d et e (en) Grajetzki, Ancient Egyptian Queens : A Hieroglyphic Dictionary, Londres, Golden House Publications,‎ 2005 (ISBN 978-0-9547218-9-3)
  6. Fletcher op. cit., p. 156
  7. a, b, c et d Davis O'Connor & Eric Cline, p. 7
  8. The Amarna Succession by James P. Allen, p. 16-17
  9. Arielle Kozloff & Betsy Bryan, Royal and Divine Statuary in Egypt’s Dazzling Sun: Amenhotep III and his World, Cleveland,‎ 1992, p. 24, 57, 103 & 104
  10. Kozloff & Bryan, fig. II, 5
  11. (en) Lana Troy, « Patterns of Queenship in Ancient Egyptian Myth and History », Uppsala Studies in Ancient Mediterranean and Near Eastern Civilizations, University of Uppsala, no 14,‎ 1986, p. 103, 107, 111

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]