Portraits du Fayoum

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Portrait de jeune femme habillée d'un vêtement pourpre. Fin du IIIe siècle.

Les portraits du Fayoum sont une série de plus de 1 000 portraits trouvés à partir de 1888 par Flinders Petrie, puis par d'autres archéologues, principalement dans le gouvernorat du Fayoum en Égypte. Ils datent des premiers siècles de notre ère (Ier au IVe siècle), et constituent des représentations visuelles des populations passant par cette région à cette époque.

Généralités[modifier | modifier le code]

Les portraits du Fayoum sont les seuls spécimens de peinture de chevalet que l'Antiquité nous a légués. Ce sont les portraits les plus anciens jamais découverts. Ils éclairent les mutations profondes qui s'opèrent au IIe siècle dans l'empire romain. Les arts locaux, appartenant à une veine populaire, acquièrent une importance croissante, d'une part par l'épuisement des traditions artistiques dans les ateliers métropolitains, d'autre part par le relâchement de l'autorité de l'Urbs sur les possessions lointaines. C'est ainsi que l'orientalisme, longtemps étouffé par la plastique occidentale, prend son essor : il apparaît en effet plus apte à exprimer les inquiétudes d'un monde où bascule, avec l'Empire romain, tout un système économique et social. Le culte, dès le début de la Rome impériale, de dieux orientaux (Isis, Mithra …), illustre la fascination des Romains des premiers siècles de notre ère pour des religions dans lesquelles la mort n'apparaît plus comme l'achèvement du parcours de l'âme. L'irruption des techniques picturales et des rites romains dans le cérémonial funéraire égyptien illustre autant l'influence romaine en Égypte que l'engouement du monde romain pour les croyances orientales.

Ces portraits représentent l'ultime évolution des sarcophages et masques funéraires, avec une influence évidente de l'art romain, et permettent ainsi de retracer l'évolution des techniques picturales d'époques ptolémaïques et romaines et renseignent sur les modes vestimentaires et sur les usages de cette période. La grande expressivité de ces portraits annonce sans doute l'art copte et n'est pas sans parenté avec ce que sera l'icône byzantine. L'arrivée du christianisme en Égypte, puis dans toute l'Afrique du Nord, marque la fin de cet art héritier des traditions séculaires de l'Égypte ancienne et du culte des morts.

Technique[modifier | modifier le code]

Les portraits du Fayoum étaient peints du vivant du modèle. Placés en correspondance avec la tête du mort, ils étaient glissés dans l'appareil de bandelettes ou plus rarement posés à côté de la momie. Ils étaient réalisés généralement à l'encaustique, mais moins souvent à tempera sur une planchette de bois (tilleul importé, figuier, cèdre, ou sycomore). Le peintre en plus de l'or, n'utilisait que quatre couleurs ; le noir, le rouge et deux ocres[1], la peinture naturelle mélangée à chaud à de la cire d'abeille, avec de l'huile de lin ou de l'œuf. Le mélange ainsi obtenu était appliqué à de la toile de lin ou du bois. Les larges surfaces (fond et vêtements) étaient traitées à la brosse, et le visage était achevé à la spatule.

Localisation[modifier | modifier le code]

Les principales collections publiques de portraits du Fayoum sont exposées dans divers musées de Londres, Berlin, Moscou, New York ainsi qu'en France :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En langue française
  • Portraits de l'Égypte romaine, catalogue de l'exposition de 1998-1999 au musée du Louvre, RMN.
  • Jean-Christophe Bailly, L'apostrophe muette : essai sur les portraits du Fayoum, Hazan, 1997.
  • Euphrosyne Doxiadis, Portraits du Fayoum, NRF/Gallimard, 1995.
  • Claude Esteban, « Fayoum (suite de poèmes inspirés par les portraits du Fayoum) », dans Morceaux de ciel, presque rien, Gallimard, 2001.
Autres langues
  • W. M. Flinders Petrie, Roman Portraits and Memphis IV, London, 1911 (die Ausgrabungspublikation von Petrie, online:[1])
  • Henning Wrede, Mumienporträts. In: Lexikon der Ägyptologie. Bd. IV, Wiesbaden, 1982, Spalte 218-222
  • Barbara Borg, Mumienporträts. Chronologie und kultureller Kontext, Mainz, 1996, (ISBN 3-8053-1742-5)
  • Klaus Parlasca, Ritratti di mummie, 4 vol., L'Erma di Bretschneider, 1969-2002
  • Susan Walker et Morris Bierbrier, Ancient faces, British Museum, 1997
  • Klaus Parlasca et Hellmut Seemann (eds.), Augenblicke: Mumienporträts und ägyptische Grabkunst aus römischer Zeit, catalogue d'une exposition à Francfort en 1999

Notes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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