Jean-François Champollion

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Jean-François Champollion
Égyptologue
Image illustrative de l'article Jean-François Champollion
Portrait par Léon Cogniet (1831)
Surnom Champollion le Jeune ou l'Égyptien
Pays de naissance Drapeau de la France France
Naissance 23 décembre 1790
Figeac (Lot)
Décès 4 mars 1832 (à 41 ans)
Paris
Nationalité Française
Famille Jacques-Joseph Champollion (frère aîné).
Découvertes principales Déchiffreur des hiéroglyphes
Autres activités Professeur-adjoint d'histoire à l'université de Grenoble
Conservateur du musée égyptien du Louvre

Jean-François Champollion dit Champollion le Jeune (né le 23 décembre 1790 à Figeac, dans le Lot et mort le 4 mars 1832 à Paris), est un égyptologue français. Il fut le premier à déchiffrer les hiéroglyphes, il est considéré comme le père de l'égyptologie.

Il disait de lui-même : « Je suis tout à l'Égypte, elle est tout pour moi ».

Naissance et enfance[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Du côté paternel, Jean-François, dit le Jeune[Note 1], appartenait à une famille du Valbonnais[1] originaire de Valjouffrey (Isère)[2],[3], village habité par des paysans qui parcouraient la région comme colporteurs durant l’hiver[3]. Ses grands-parents, Barthélemy Champollion, né en 1694 à Valjouffrey[2], qui ne savait pas signer[3], et Marie Géréoud ou Géroux, née en 1709 à Valbonnais[2], se marièrent à Valbonnais en 1727[2],[4]. Ils eurent cinq enfants[3] dont Jacques, né le 10 février 1744 à La-Roche-des-Engelas (aujourd'hui hameau de Valbonnais)[2],[5],[3], qui fut expulsé de son hameau natal pour des causes peut-être politiques[Note 2],[3] et dut sillonner la France comme colporteur avant de s’installer à Figeac[6] sans doute invité par un cousin chanoine de la basilique Saint-Sauveur[7]. Il y épousa le 23 janvier 1773 Jeanne-Françoise Gualieu[Note 3], d’une famille de bourgeois de cette ville ; il put acheter en 1772 une maison[8] et en 1779 une boutique de libraire sur la place Basse ainsi qu’une nouvelle maison qui deviendra le musée Champollion[9]. Il eut huit enfants[10] de sa femme : Guillaume, mort à la naissance (octobre 1773), Thérèse née un an après, Pétronille en 1776, Jacques-Joseph le 8 octobre 1778, Jean-Baptiste mort à trois ans et Marie-Jeanne en 1782[10].

Naissance et petite enfance[modifier | modifier le code]

Une étrange histoire[Note 4] qui court sur la naissance de Champollion nous raconte que sa mère, affectée de rhumatisme au point de l’empêcher de se mouvoir, fut guérie par un paysan qui lui promit, alors qu’elle avait 48 ans, la naissance d’un fils. En effet, Champollion naît un an après ces faits, le 23 décembre 1790[Note 5] à Figeac et est baptisé le soir même[Note 6],[11]. La Révolution fait alors rage à Figeac et le père de Champollion est plutôt dans la mouvance jacobine même s’il est douteux qu’il soit secrétaire de police[12].

Il apprit tout seul à lire dans un missel dès l’âge de 5 ans [13]. Il est élevé principalement par son frère, mais celui-ci part à Grenoble en juillet 1798[Note 7],[14]. Il entre à l’école en novembre de la même année[14]. Il a de très grandes difficultés en mathématiques et en orthographe[15] (elle ne se corrigera que bien plus tard[16]…) ; son très mauvais caractère lui donne beaucoup de difficultés. Il a un précepteur, l’abbé Jean-Joseph Calmels[Note 8],[14], qui l’ouvre à la culture et lui enseigne des rudiments de latin, de grec ancien et d’histoire naturelle[17] et son grand frère s’occupe encore de lui malgré les distances par une abondante correspondance[18].

Une éducation dirigée par son frère[modifier | modifier le code]

Fin mars 1801, il part de Figeac pour arriver à Grenoble le 27 mars 1801, quittant sa famille pour rejoindre son frère Jacques-Joseph[Note 9] qui dirige son éducation[19]. En effet, son grand frère commence par lui donner lui-même des cours[20].

La tâche étant beaucoup trop lourde[Note 10], il décide de confier son élève à l'abbé Dussert, pédagogue réputé de Grenoble[Note 11],[21]. Champollion est son élève de novembre 1802 aux vacances d’été de 1804. Ses cours se passent alors pour les lettres auprès de l’abbé et pour le reste à l’école centrale de Grenoble[21] où son professeur de dessin est Louis-Joseph Jay. L’abbé lui enseigne le latin et le grec, et il peut aborder l’étude de l'hébreu et acquérir des rudiments d'arabe, de syriaque et de chaldéen, encouragé en cela par l’abbé et son frère, grand admirateur de l'Orient et qui lui transmet son goût pour l'archéologie[Note 12]. Il est en effet très motivé pour ces études.

En mars 1804, il est admis avec une bourse dans la nouvelle institution créée par Napoléon, le lycée impérial de Grenoble (actuel lycée Stendhal), après en avoir brillamment passé le concours devant les commissaires Villars et Lefèvre-Gineau[22]. Il le fréquente jusqu'en août 1807, année où sa mère décède[23]. Il a pour maître l’abbé Claude-Marie Gattel, qui l’aide dans son apprentissage linguistique, et le botaniste Dominique Villars[16]. Il y est très malheureux, car il se plie mal à la discipline presque militaire du lycée, même s’il exerce souvent la fonction de « caporal », qui consiste à surveiller les autres élèves, et il est gêné par le peu de richesse que possède son frère[Note 13],[16], à qui il devait tout demander[24].

Les contacts étroits et fréquents avec son frère Jacques-Joseph, nouveau secrétaire de l'Académie Delphinale, mettent l'Égypte au centre des préoccupations des deux frères, puisque en juin 1804, Jacques-Joseph fait à cette académie une communication sur les inscriptions de la pierre de Rosette et publie deux ans plus tard sa Lettre sur une inscription grecque du temple de Denderah. Son horreur du lycée culmine vers 1807 lors de « l’affaire Wangelis », du nom de son seul ami de lycée, de qui on le sépare de force[25],[16]. Il y étudie, à côté des mathématiques et du latin, les deux grandes disciplines du Lycée, les langues anciennes, pour lesquelles il se passionne, grâce à de nombreuses lectures fournies par son frère, comme le relate sa correspondance[Note 14],[16]. Il crée aussi une « Académie des Muses » avec d’autres élèves, pour débattre de littérature[16], et est conduit à commenter un passage de la Genèse en hébreu devant le préfet Joseph Fourier[Note 15],[26]. Il rencontre alors en juin 1805, Dom Raphaël de Monachis, moine grec proche de Bonaparte ayant participé à l’expédition d’Égypte, par l’intermédiaire de Fourier, et il est probable que celui-ci lui démontre que le copte vient de l’égyptien ancien[27]. Il veut alors s’engager dans l’étude de cette langue, mais il ne peut le faire, Grenoble offrant trop peu de ressources[27]. C’est à cette époque que naît sa passion pour les hiéroglyphes égyptiens. Il écrit en janvier 1806 une lettre à ses parents[Note 16] :

« Je veux faire de cette antique nation une étude approfondie et continuelle. L’enthousiasme où la description de leurs monuments énormes m’a porté, l’admiration dont m’ont rempli leur puissance et leurs connaissances, vont s’accroître par les nouvelles notions que j’acquerrai. De tous les peuples que j’aime le mieux, je vous avouerai qu’aucun ne balance les Égyptiens dans mon cœur. »

Le 27 mai 1806, le général de La Salette lit devant le lycée des sciences et des arts de Grenoble ses Remarques sur la fable des Géants d'après les étymologies hébraïques. Il travaille beaucoup, rédige quelques opuscules comme un « Dictionnaire géographique de l’Orient », un « Commentaire sur Isaïe »[28]… Pour continuer ses études, il veut partir pour Paris, Grenoble limitant les possibilités de recevoir un enseignement très spécialisé. Son frère part d’août à septembre 1806 à Paris pour chercher à obtenir l’admission de son frère dans un établissement spécialisé[29]. Alors qu'il vient de quitter le lycée et qu'il possède les meilleures armes pour entreprendre une carrière d'orientaliste, Jean-François Champollion présente le 1er septembre 1807 à l’Académie des sciences et des Arts de Grenoble un Essai de description géographique de l’Égypte avant la conquête de Cambyse. La prestation surprit et intéresse tant que six mois plus tard, il sera élu membre correspondant de cette académie. Le maire de Grenoble, Charles Renauldon va lui annoncer la nouvelle en ces termes :

« En vous nommant un de ses membres malgré votre jeunesse, l'Académie a compté sur ce que vous avez fait, elle compte encore plus sur ce que vous pouvez faire. Elle aime à croire que vous justifierez ses espérances et si un jour vos travaux vous font un nom, vous vous souviendrez que vous avez reçu d'elle les premiers encouragements[30]. »

Les études[modifier | modifier le code]

Statue de Champollion par Bartholdi, cour du Collège de France, Paris.

Le 13 septembre 1807, après soixante-dix heures de voyage en diligence, il arrive enfin dans la capitale pour étudier, entre autres, le copte et l’amharique. Il obtient une bourse, mais vit chichement. En effet, la bourse n’est pas suffisante pour subvenir à ses besoins, et son frère doit lui payer sa chambre et sa nourriture[Note 17],[31]. Il suit les cours de langues orientales au Collège de France, et plus particulièrement ceux d’arabe par Antoine-Isaac Silvestre de Sacy, de persan par Louis Langlès et d’hébreu par Prosper Audran[32]. Il assiste aussi à ceux de l’École des langues orientales dans les mêmes matières[32] et fréquente la Bibliothèque impériale[32]. Il se lie avec Aubin-Louis Millin, conservateur du cabinet des antiques qui lui enseigne la numismatique[32], avec Prosper Audran qui ira même jusqu’à lui confier son cours au Collège de France lors de ses absences[33], et avec Dom Raphaël de Monachis qui lui fait connaître un prêtre égyptien, Geha Cheftitchi, qui lui apprend le copte[33]. Il est si doué qu’en décembre, un homme nommé Id Saouda le prend pour un Arabe[33]. Voici son emploi du temps tel qu’il l’explique à son frère le 27 décembre 1807[34],[35] :

« Le lundi, à huit heures et quart, je pars pour le Collège de France, où j’arrive à neuf heures : tu sais qu’il y a beaucoup de chemin : c’est place Cambrai près le Panthéon. À neuf heures, je suis le cours de persan de M. de Sacy, jusqu’à dix. En sortant du cours de persan, comme celui d’hébreu, de syriaque et de chaldéen se fait à midi, je vais de suite chez M. Audran, qui m’a proposé de me garder chez lui les lundis, mercredis et vendredis, depuis dix heures jusqu’à midi. Il reste dans l’intérieur du Collège de France. Nous passons ces deux heures à causer langues orientales, à traduire de l’hébreu, du syriaque, du chaldéen ou de l’arabe. Nous consacrons toujours une demi-heure à travailler à sa « Grammaire chaldéenne et syriaque ». À midi, nous descendons et il fait son cours d’hébreu. Il m’appelle le « patriarche de la classe », parce que je suis le plus fort. En sortant de ce cours, à une heure, je traverse tout Paris, et je vais à l’École spéciale suivre à deux heures le cours de M. Langlès, qui me donne des soins particuliers. Le mardi je vais au cours de M. de Sacy à une heure à l’École spéciale. Le mercredi je vais au Collège de France à neuf heures. À dix heures je monte chez M. Audran. À midi, je vais à son cours. À une heure, je vais à l’École spéciale pour (deux heures) le cours de M. Langlès ; et le soir, à cinq heures je suis celui de Dom Raphaël, qui nous fait traduire les fables de La Fontaine en arabe. Le jeudi à une heure, le cours de M. de Sacy. Le vendredi je vais comme le lundi au Collège de France, et chez M. Audran. Le samedi, chez M. Langlès à deux heures. Je voulais aussi suivre le cours de turc chez M. Jaubert qui est excellent ; mais comme cela me fatiguait trop de courir tant, j’ai remis cette fatigue à l’année prochaine. »

Un jour de 1808, sur le chemin du collège de France, un de ses camarades lui annonce que l'archéologue Alexandre Lenoir vient de publier un déchiffrement complet des hiéroglyphes égyptiens. Bien que cette publication soit fantasque, cela décide Champollion à porter une partie de ses études sur le déchiffrement des hiéroglyphes[36].

Il arrive, grâce à l’abbé de Tersan, un collectionneur, à obtenir une copie de la pierre de Rosette[37], mais préfère étudier d’abord des papyrus en écritures cursives. Il découvre en 1808 le principe de ligatures (regroupement) des signes. Il postule alors, sur des analogies avec l'un des dialectes coptes, l'absence de voyelles dans l'écriture égyptienne et obtient le 15 août 1808, comme il l’explique dans une lettre à son frère, ses premières conclusions[37] :

« J’ai fait un assez grand pas dans cette étude : 1° j’ai prouvé par des rapprochements que tous les papyrus appartiennent à un même système d’écriture – 2° que j’ai la valeur de toutes les lettres par l’inscription de Rosette qu’elles sont absolument les mêmes – 3° que j’ai déchiffré le commencement du papyrus gravé dans Denon, planche 138 […] qui en copte veut dire mot pour mot : « Dis : repose en paix, ô Égyptien, remplis ta dernière destination, échappe aux Ténèbres du tombeau et de la mort. » »

Mais il s’attarde sur l’histoire étrusque. Il écrit en effet : « Les Étrusques m’occupent en ce moment, langue, médailles, pierres gravées, monuments, sarcophages, tout se grave dans ma tête ; et pourquoi ? Parce que les Étrusques viennent de l'Égypte. »[38], Mais son frère le rappelle à l’ordre : « Étudie donc une chose au lieu de divaguer sur tous les coins du monde et d’effleurer la matière »[39]. Il se remet à ses études craignant qu’Étienne Quatremère déchiffre les hiéroglyphes avant lui dans ses Recherches critiques et historiques sur la langue égyptienne, publiées en juin 1809[40]. Au printemps 1809, il se met à rédiger une grammaire copte et étudie le texte démotique de la pierre de Rosette[40]. Il fait « table rase » des précédentes tentatives de déchiffrement des hiéroglyphes[40] : il dit en effet des membres de la Commission d’Égypte que « leurs explications ne sont justement que de l’eau de boudin… »[40], et se lance dans de grandes diatribes contre les autres chercheurs : « Tout ce qu’ont dit sur les obélisques les Kircher, Jablonsky, Warburton, etc., ne sert qu’à y prouver qu’on n’y entend rien et qu’on n’y entendra jamais rien »[40]. Lors de l’été 1809, il commence une grammaire du « langage thébain-sahidique », celui de la communauté copte de la région de Saïd[41]. Il écrit en effet à son frère en mars ou avril 1809[41],[34] :

« Je me livre entièrement au kopte[Note 18]. […] Je veux savoir l'égyptien comme mon français parce que sur cette langue sera basé mon grand travail sur les papyrus égyptiens. […] Je ne fais que du kopte, égyptien. […] J’ai fait 1) une grammaire thébaine saïdique (la seule qui existe). 2) une memphitique. 3) la concordance des deux dialectes. 4) J’ai transcrit la grammaire saïdique en arabe, d’un manuscrit copte. 5) J’ai copié les textes. 6) J’ai fait la lettre "A" d’un dictionnaire saïdique. 7) J’ai parachevé sept lettres d’un dictionnaire memphitique par racines. »

Après avoir longuement étudié la Bible, il critique « les juifs ignorants et superstitieux qui veulent soutenir que le bon père Abraham et les prêtres hébreux ont appris les quatre règles de l’arithmétique et tous les arts aux Égyptiens[42] ». Il continue de travailler à essayer de déchiffrer le texte démotique de la pierre de Rosette. Mais la tâche n’est pas de tout repos et il bute sur de nombreux obstacles[43]. Sa lettre à son frère du 17 juin 1809 en est un bon exemple[43] :

« La tentative sur le texte égyptien n’a produit aucun résultat… Les noms propres que j’ai lus comme Äkerblad (quoique différent sur la manière de dégrouper les lettres simples) ne sont point en exacte concordance avec le texte grec… Ainsi la marche que tu m'as indiquée n’est point praticable, puisqu’elle est basée sur l’entière conformité des textes grec et égyptien… »

Il aime deux personnes durant cette période. D’abord Pauline Berriat, la sœur de la femme de son frère, d’octobre 1807 à l’automne 1808[44] puis Louise Deschamps, femme d’un fonctionnaire beaucoup plus âgé qu’elle, de l’automne 1808 jusqu’à son départ pour Grenoble en 1809[44].

Professeur[modifier | modifier le code]

Entrée de la bibliothèque de Grenoble avant 1872.

En juillet 1809, il est nommé, à 18 ans, professeur-adjoint d'histoire à l'université de Grenoble, grâce à l’influence de Jean-Pierre Louis de Fontanes, Grand Maître de l’Université impériale, et son frère professeur de grec et bibliothécaire-adjoint de la ville[45]. Il rentre à Grenoble le 15 octobre 1809 pour prendre possession de son poste[46]. L’année suivante, ils sont tous deux nommés docteurs ès lettres par décret impérial, ce diplôme correspondant à la charge de professeur[47]. Le 30 mai 1810, il prononce la leçon inaugurale de son cours où il dénonce la complaisance des historiens face à l’autorité[48] :

« la tendance naturelle qui vient à l’esprit de l’homme est de juger les événements d’après leurs résultats [menant] à faire l’éloge d’une coupable entreprise […] couronnée par le succès. […] Cette manière d’apprécier les faits est une suite naturelle de cette lâche et criminelle complaisance née de l’oubli des principes, qui trouvent la justice là où elle voit le triomphe. Cette servilité est de tous les temps et de tous les lieux… »

Les frères Champollion se consacrent aussi à la bibliothèque dont Jacques-Joseph est bibliothécaire[Note 19],[49] et aux Annales du département de l’Isère, où Jean-François publie des articles sur l’Antiquité[50]. Ils sont familiers de Joseph Fourier et ils animent les soirées de l’hôtel de Lesdiguières au côté des grands grenoblois[Note 20],[51].

Il continue ses travaux égyptologiques, aidé par l’abbé Claude-Marie Gattel qui fut le premier à soutenir, en 1801, que les hiéroglyphes possèdent un « alphabet »[52]. Le 7 août 1810, dans une communication à l’Académie Delphinale intitulée l’« Écriture des Égyptiens », il décrète que le démotique est une simplification des hiéroglyphes, et à partir de cela prouve que le démotique est une écriture alphabétique de vingt-cinq lettres et les hiéroglyphes une écriture pouvant soit exprimer des sons ou syllabes (phonogrammes) soit des « symboles » ou idées (idéogrammes)[53]. Il précise ensuite que « toutes les monosyllabes avaient une valeur déterminée », c’est-à-dire qu’à un signe correspondait un son déterminé[54]. Partant de ce postulat, et de l’antériorité du démotique sur les autres écritures, il propose cette hypothèse, qui s’avèrera erronée[54] :

« Il en résulte de ce que nous avons dit que des quatre écritures des Égyptiens, l’une servait aux usages vulgaires et était employée dans le commerce, la seconde, hiérogrammatique, servait à écrire les liturgies […] et était entendue par la classe instruite du peuple ainsi que la hiéroglyphique qui n’était à proprement parler que l’écriture des monuments. La véritable écriture sacerdotale qui n’était comprise que par les prêtres, était la symbolique dont ils ne communiquaient la pratique qu’aux initiés et aux premières classes de l’État. »

Il est en concurrence avec Étienne Quatremère qui allait publier un Mémoire historique et géographique sur l’Égypte s’opposant à l’Égypte sous les pharaons que préparait Champollion[55]. Pour contrer Quatremère, il publie la préface de son ouvrage le 1er mars 1811, mais malgré tout après son concurrent, il remporte néanmoins un grand succès auprès notamment d'Edme François Jomard, directeur de la Description de l'Égypte[55]. Il continue le déchiffrement et écrit à son ami Antoine-Jean Saint-Martin, le 15 octobre 1812[56] :

« Ma grammaire égyptienne n’est point encore rédigée mais le plan est complet. […] J’ai tellement analysé la langue copte ou égyptienne que je me fais fort d’enseigner la grammaire à quelqu’un dans un seul jour. […] Je commencerai par prouver que les mots de deux syllabes sont des mots composés de deux autres. Cette analyse complète de la langue égyptienne me donne incontestablement le fond du système hiéroglyphique et je le prouverai. »

Cinq mois plus tard, après avoir compté le nombre de signes sur la pierre de Rosette (486 mots grecs pour 1519 hiéroglyphes), il émet l'idée que les signes peuvent être des idéogrammes (exprimant une idée) et des phonogrammes (exprimant un son, comme pour la transcription de noms étrangers). Il explicite sa théorie[56] :

« … dans les hiéroglyphes il y a deux sortes de signes : 1) Six signes alphabétiques 2) Un nombre […] déterminé d’imitations d’objets naturels »

En 1812, il établit une chronologie des écritures, les cursives (hiératique et démotique) étant une version simplifiée et postérieure aux hiéroglyphes. Il découvre aussi que les vases canopes servent à conserver les viscères en découvrant un morceau momifié dans un des vases canopes de la bibliothèque de Grenoble[56]. Il en déduit aussi que si les vases ont des têtes d’animaux, ils sont donc liés au jugement des âmes[56].

À partir de 1812 et jusqu'en 1815, puis de 1818 à 1821, il est professeur d'histoire à l'Université de Grenoble[57].

Les troubles politiques[modifier | modifier le code]

Buste conservé au Musée du Louvre

Les Champollion vivent bien la première Restauration et Jacques-Joseph reçoit l’ordre du Lys[58]. Jean-François publie son Égypte sous les pharaons en août 1814 qu’il dédicace à Louis XVIII[59]. Il tombe aussi amoureux de Rose dite Rosine Blanc, fille d’une riche famille de gantiers[59]. Lors des Cent-Jours, Napoléon, de passage à Grenoble prend Jacques-Joseph comme secrétaire, ce qui permet à Jean-François d’obtenir la possibilité de faire imprimer son futur Dictionnaire de la langue copte aux frais du gouvernement[60]. Jacques-Joseph suit Napoléon à Paris où il reçoit la Légion d'honneur[61] tandis que Jean-François, à la direction des Annales de l’Isère, soutient le régime dans ses orientations libérales[62], qui culminent dans son article du 18 juin 1815, où il proclame : « Napoléon est notre seul prince légitime ». À la chute de Napoléon, son dictionnaire est refusé par l’Académie le 17 juillet 1815[63]. Il est destitué de sa charge de directeur des Annales de l’Isère[64], placé « sous surveillance immédiate » le 28 juillet 1815[65], la Faculté de lettres est supprimée le 18 janvier 1816[65]. Enfin, en raison de ses opinions bonapartistes, il doit partir avec son frère en exil à Figeac, le 18 mars 1816[66].

À Figeac[modifier | modifier le code]

Arrivés le 2 avril 1816 à Figeac, les deux frères Champollion s’établissent dans la maison de leur père[67]. Mais celui-ci était devenu alcoolique pendant leur absence, et ses affaires périclitaient[68]. N’ayant rien pu emporter de Grenoble, les deux frères s’y ennuient[68] et Jacques-Joseph tente vainement d’obtenir leur amnistie[69]. Il s’amuse dans les salons de Figeac, écrit des poèmes et des satyres politiques[Note 21],[70]. Il soutient son frère, accusé de malversation dans sa charge de bibliothécaire, ce qui lui vaudra d’être destitué[71]. À partir de juin 1816, ils recherchent le site de l’oppidum d’Uxellodunum, qu’ils identifient comme étant l’actuelle Capdenac[72]. Ils implantent à Figeac l'École mutuelle de Joseph Lancaster, un système d'enseignement primaire basé sur le monitorat, les plus grands enseignant aux plus petits[72] et, après leur départ, continuent à soutenir cette initiative. Le 29 novembre 1816, Jacques-Joseph est autorisé à retourner à Grenoble grâce à ses amis parisiens, mais Jean-François doit attendre le 14 janvier 1817[73]. L’aîné part à Paris en avril[74] et le cadet reste à Figeac pour régler les dettes de son père[75]. Il travaille son dictionnaire copte[76] et fait venir en juillet son matériel de déchiffrement[77] et continue sa tâche.

Retour à Grenoble[modifier | modifier le code]

Il rentre enfin à Grenoble le 21 octobre 1817. Il est accueilli chaleureusement par ses amis libéraux, le climat de répression ayant cessé avec le temps[78]. Il devient « homme de confiance » du préfet François Chopin d’Arnouville[79], élève le fils aîné de Jacques-Joseph, Ali, âgé de neuf ans, et implante une école d’enseignement mutuel à Grenoble, malgré l’opposition du clergé local[80]. Pendant ce temps, son frère se lie d’amitié avec Bon-Joseph Dacier, secrétaire perpétuel de l’Institut de France[81], mais ne réussit pas à se faire élire membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres[Note 22], dont il était déjà membre correspondant[82]. Jean-François continue aussi son travail de déchiffreur et fait un bilan de son travail dans cette lettre à son frère du 7 avril 1818[83] :

« Il n’y a dans mon affaire ni charlatanisme ni mysticité ; tout est le résultat d’une comparaison et non d’un système fait par avance. J’ai déjà retrouvé des articles, la formation des pluriels et quelques conjonctions, mais cela ne suffit point pour déterminer de sitôt le système de cette écriture. »

Le 18 juin 1818, il réintègre sa fonction de bibliothécaire et communique le 24 juillet son mémoire sur Quelques hiéroglyphes de la Pierre de Rosette présentant les résultats de ses travaux sur la stèle à l’Académie delphinale, sans grand succès[84]. Il arrive enfin à épouser le 30 décembre 1818 à Grenoble Rose Blanc qu’il aimait depuis longtemps malgré l’opposition de son frère[85]. Le renvoi du Gouvernement Decazes voit un retour des ultras à Grenoble[86]. En septembre, il écrit une brochure intitulée Attention ! contre ces derniers[87]. En 1819, il est persuadé, après l'observation des papyri du livre des morts, que le hiératique est une simplification des hiéroglyphes. Le 20 mars 1821, il prend part à une insurrection à Grenoble où il aurait peut-être même remplacé le drapeau blanc du fort Rabot par un drapeau tricolore[88],[89]. Grâce à ses amis, il évite la cour martiale et est jugé par le tribunal local qui l’acquitte en juin[90]. Mais, chassé de la bibliothèque par le préfet[91], il préfère quitter Grenoble le 11 juillet 1821.

Déchiffrement des hiéroglyphes[modifier | modifier le code]

Champollion en tenue égyptienne, peinture au pastel de G. Angelelli, 1828
Ramsès
N5
Z1
F31 s s
'
Thoutmôsis
G26 ms s
'

À partir de 1821, il déchiffre les premiers cartouches royaux, dont celui de Ptolémée V sur la pierre de Rosette, puis celui de Cléopâtre sur la base d'un obélisque et sur un papyrus bilingue. Un ami, l’architecte Jean-Nicolas Huyot, lui ayant envoyé des reproductions de détails issus des temples d'Abou Simbel qui venaient d'être découverts, Champollion y repère dans un cartouche le signe solaire de Râ (Rê), un autre signe qu'il savait être M et deux S : RâMSS, donc Ramsès, ce qui en même temps signifie « Rê l’a mis au monde ». Idem pour ThôtMS, Thoutmôsis : le 14 septembre 1822, il peut donc aussi lire les noms égyptiens, s'exclamer « je tiens mon affaire » puis selon la légende familiale (hagiographie du fils de Jacques-Joseph Champollion, Aimé-Louis (1812–1894)[92]) tomber dans un coma quelques jours. Ce déchiffrement signe l'acte de naissance d'une nouvelle science, l'égyptologie. Le 27 septembre 1822, il écrit la lettre à M. Dacier relative à l'alphabet des hiéroglyphes phonétiques dans laquelle il fait part de sa découverte d'un système de déchiffrement des hiéroglyphes :

« C'est un système complexe, une écriture tout à la fois figurative, symbolique et phonétique, dans un même texte, une même phrase, je dirais presque dans un même mot[93]. »

Il faudra encore deux ans à Champollion pour publier aux frais de l'État son Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens et ouvrir les portes de l'égyptologie scientifique. Ses découvertes suscitent cependant controverses et critiques de la part de ses contemporains, notamment de son ancien maître Silvestre de Sacy, pour qui les Hieroglyphica d'Horapollon étaient la bible en la matière et qui le décourage en communiquant des informations à son collègue concurrent Thomas Young. Il obtient aussi de nombreux soutiens, comme Wilhelm von Humboldt ou des proches du roi (duc de Blacas, vicomte de La Rochefoucauld).

En 1822, il écrit et publie dans sa Lettre à M. le rédacteur de la Revue encyclopédique, relative au zodiaque de Dendérah[Note 23], où sans s’avancer à donner une date, il contredit celle de Jean-Baptiste Biot, à savoir l'an -716. Mais Biot n'est pas le seul à avancer de telles dates. D'autres savants plus téméraires n'hésitent pas à remonter à plusieurs milliers d'années. Mais celles-ci pose un souci au Vatican qui lui fixe la création du Monde à l'an -3259 selon la bible. Champollion sur base du travail de Ennius Quirinus Visconti confirme la date que cet archéologue d'origine italienne, avait trouvé, c'est-à-dire le IIe siècle de notre ère[94]. De fait, Champollion est félicité par le pape à qui il rend visite et qui lui propose le chapeau de cardinal, mais Champollion refuse pour ne pas être exclu du milieu égyptologique[réf. nécessaire]. Le pape sollicite alors le roi de France pour qu'il ait la légion d'honneur.

En 1824, recommandé, sur l'intervention de son frère Jacques-Joseph, par le prince d'Orléans, il passe plusieurs mois à Turin, où le roi vient d'acquérir la collection égyptienne de l'aventurier Bernardino Drovetti, ex-consul de France en Alexandrie ; il est chargé d'en établir le catalogue)[95].

Le 1er mars 1824, sa fille Zoraïde naît à Grenoble de son union avec Rose Blanc[96].

Il est nommé en 1826 conservateur chargé des collections égyptiennes au musée du Louvre. Il convainc le roi Charles X d'acheter la collection d'Henry Salt, consul britannique en Égypte, puis fait d'autres acquisitions majeures, dont la plus célèbre est celle de l'obélisque de Louxor, qui est couché en août 1834 sur le quai au début du Cours-la-Reine et dressé à Paris, place de la Concorde, le 25 octobre 1836.

De 1828 à 1830, il réalise enfin son rêve : il part pour une mission scientifique en Égypte, avec son collaborateur et ami Ippolito Rosellini, et y recueille de nombreux données et objets pour vérifier que son système hiéroglyphique fonctionne bien. De retour en France en décembre 1829, il doit subir une quarantaine à Toulon dans un lazaret humide et glacé, ce qui aggrave sa goutte, sa tuberculose et probablement une bilharziose contractée en Égypte[97]. Il est élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres après la chute de Charles X, et obtient la chaire d'Antiquité égyptienne au Collège de France. Il y donne sa leçon inaugurale en 1831. Cependant, il meurt à Paris le 4 mars 1832, à l'âge de 41 ans. La cause exacte de sa mort n'est pas connue (diabète, parasitose contractée en Égypte ?), son frère ayant refusé l'autopsie. Il est enterré selon sa volonté auprès de son ami Joseph Fourier au cimetière du Père-Lachaise, à Paris[98].

Hommages[modifier | modifier le code]

Son nom a été donné, entre autres, aux lycées de Grenoble, de Dijon, de Figeac, de Lattes, ainsi qu'à l'université d'Albi.

En 1905, la veuve du sculpteur Bartholdi fait don à la ville de Grenoble de la statue en plâtre d'une hauteur de 2 mètres de Champollion qui a servi de modèle à la sculpture en marbre du Collège de France à Paris[99]. Conservée à l'abri dans une cave, puis à partir des années 1930 au lycée Champollion à l'occasion de sa nouvelle dénomination, cette statue en plâtre préside depuis 1994 la salle 17 du Musée de Grenoble.

En 1970, l'Union astronomique internationale a donné le nom de Champollion à un cratère lunaire en son honneur.

Musées Champollion[modifier | modifier le code]

Musée de Figeac[modifier | modifier le code]

Place des Écritures, à Figeac : reproduction monumentale de la pierre de Rosette
Article détaillé : Musée Champollion de Figeac.

Un musée consacré à Jean-François Champollion a été créé dans la maison natale du père de l'égyptologie à Figeac dans le Lot. Il est inauguré le 19 décembre 1986 en présence du président de la République française François Mitterrand et de Jean Leclant, secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Après deux ans de travaux et d'extension, le musée a rouvert en 2007. Outre la vie et l'œuvre du découvreur, le musée retrace l'histoire de l'écriture. L'artiste Pierre di Sciullo crée un moucharabieh typographique polyglotte, une installation typographique sur l'une des façades qui est entièrement percée de pictogrammes, d'idéogrammes originaires du monde entier.

Musée de Vif[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musée Champollion de Vif.
  • La Maison Champollion à Vif dans l'Isère est l'ancienne propriété du frère de l'égyptologue. Cette demeure familiale permet de découvrir des meubles, des décors, des portraits et des objets en rapport avec les frères Champollion. Elle est, depuis 2001, propriété du Conseil général de l’Isère[100].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il ajouta ce qualificatif à sa signature pour se distinguer de son frère.
  2. Il se pourrait qu’il ai vendu des livres prohibés par le gouvernement.
  3. L'acte de mariage fut signé par onze témoins, mais pas par la mariée qui ne signa pas non plus son testament en 1807. Voir Philippe Calmon, Bulletin de la Société des études du Lot, 1982.
  4. Parue dans le Journal de la Société phrénologique de Paris sous le titre de « Notice phrénologique sur Champollion le jeune » et cité dans Hartleben.
  5. D’après Lacouture 1988, p. 45. La Biographie universelle de Michaud et le Dictionnaire encyclopédique de France donnent la date de 1791.
  6. Paroisse Notre-Dame-du-Puy.
  7. Il avait trouvé un petit emploi.
  8. Curé de la paroisse du Puy élu en 1791 selon la Nomenclature des prêtres jureurs et non jureurs du Lot, H. Hartleben fait de dom Calmet un moine bénédictin réfractaire.
  9. Il est alors commis dans la maison d’import-export Chatel, Champollion et Rif et habite un deux pièces sur la rue Neuve (Lacouture 1988, p. 72).
  10. Il se plaint à plusieurs reprises dans sa correspondance à dom Calmels.
  11. Son enseignement devait représenter un investissement financier non négligeable pour le modeste commis qu'est alors Jacques-Joseph Champollion, car il indique dans une lettre que le prix de la pension est de 12 (sans doute francs).
  12. « Lettre de l’abbé Dussert à Jacques-Joseph Champollion du 6 août 1803 » (Lacouture 1988, p. 74).
  13. Il n’était en effet que commis.
  14. Celle-ci est maintenant conservée aux archives de l’Isère et a été partiellement publiée dans (Vaillant, p. 74).
  15. Correspondance d’août 1806. Jacques-Joseph servait de secrétaire au préfet pour sa contribution à la Description de l'Égypte.
  16. On ne connaît pas l’original de cette lettre, même si elle est citée par de nombreux auteurs (la Brière 1897, Hartleben 1990, Lacouture 1988, p. 91…).
  17. Jacques-Joseph reprochera souvent à son frère ses dépenses dans leur correspondance (voir entre autres la Brière 1897, ch. 2).
  18. C’est l’orthographe utilisée par Champollion.
  19. Ils l’enrichissent de près de 3 000 ouvrages dont les manuscrits de la Grande-Chartreuse.
  20. Il écrit pour ce salon Bajazet, un pastiche d’une pièce de Jean Racine et publié dans la Brière 1897.
  21. Dont La constitution, dialogue entre le roi Très-Chrétien et le Grand-Turc et Oreste aux enfers.
  22. Il essayera trois fois sans succès, en 1818, 1820 et 1824.
  23. Jean-François Champollion, « Lettre à M. le rédacteur de la Revue encyclopédique, relative au zodiaque de Dendérah », Revue encyclopédique, Paris, Baudouin frères, vol. XV,‎ 1819, p. 232-239 (lire en ligne)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Faure, Champollion : le savant déchiffré, Fayard, 2004
  2. a, b, c, d et e Marcel Vieux, Les Champollion. Généalogie d'une famille du Valjouffrey, dact., 1994, Bibliothèque municipale de Grenoble, cote : R.12590
  3. a, b, c, d, e et f Lacouture 1988, p. 40
  4. Voir aussi le relevé de leur acte de mariage par le Centre Généalogique du Dauphiné :
    • Code Insee : 38518
    • Commune: Angelas (Les) (Cne de Valbonnais)
    • Canton: Valbonnais
    • Jour : 22 Mois : 07 Année : 1727
    • Nom-époux : Champollion, prénom-époux: Barthélemy, décès père époux : †, Prénom père époux : Claude, Nom mère époux : Pélissier, décès mère époux : †, Prénom mère époux : Benoite, lieu (origine, habitation…) : Valjouffrey
    • Nom-épouse : Géréou, prénom-épouse : Marie, Prénom père épouse : Louis, Nom mère épouse : Rousset, Prénom mère épouse : Marianne, lieu (origine, habitation…) : La Roche
  5. Alain Faure, Champollion: le savant déchiffré, Fayard, 2004, p. 24
  6. D’après une lettre de Mme de la Brière à la société des « Amis du vieux Figeac » cité dans Lacouture 1988, p. 41.
  7. Archives du Lot cité par l’abbé Bouillat.
  8. Lacouture 1988, p. 41
  9. D’après les archives de P. Calmon.
  10. a et b Lacouture 1988, p. 44
  11. Lacouture 1988, p. 45
  12. Hartleben 1990
  13. Jean François Champollion
  14. a, b et c Lacouture 1988, p. 48
  15. Lettre de Jean-François Champollion à son frère, 2 janvier 1801, et réponse de Jacques-Joseph le 29 février 1801.
  16. a, b, c, d, e et f la Brière 1897
  17. Lettre de don Calmels à Jacques-Joseph Champollion du 29 décembre 1800.
  18. Lacouture 1988, p. 51
  19. Lacouture 1988, p. 72
  20. « Lettre de Jacques-Joseph Champollion à dom Calmels du 25 janvier 1802 » (Lacouture 1988, p. 72).
  21. a et b Lacouture 1988, p. 74
  22. Hartleben 1990, p. 70
  23. Lacouture 1988, p. 47
  24. La vie de Champollion au lycée est décrite précisément dans la Brière 1897.
  25. Correspondance de Champollion.
  26. Lacouture 1988, p. 87
  27. a et b Lacouture 1988, p. 91
  28. Lacouture 1988, p. 93
  29. Lacouture 1988, p. 94
  30. Michel Dewatcher, Champollion, un scribe pour l'Égypte, page 25.
  31. Lacouture 1988, p. 105
  32. a, b, c et d Lacouture 1988, p. 108
  33. a, b et c Lacouture 1988, p. 110
  34. a et b la Brière 1897, ch. 2
  35. Lacouture 1988, p. 114
  36. Chantal Grell, L’Égypte imaginaire de la Renaissance à Champollion, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, 2001, p. 132
  37. a et b Lacouture 1988, p. 121
  38. Lacouture 1988, p. 123
  39. Lacouture 1988, p. 124
  40. a, b, c, d et e Lacouture 1988, p. 126
  41. a et b Lacouture 1988, p. 127
  42. Lacouture 1988, p. 128
  43. a et b Lacouture 1988, p. 129
  44. a et b Lacouture 1988, p. 131
  45. Lacouture 1988, p. 134
  46. Lacouture 1988, p. 508
  47. Lacouture 1988, p. 142
  48. Lacouture 1988, p. 143
  49. Lacouture 1988, p. 145
  50. Lacouture 1988, p. 146
  51. Lacouture 1988, p. 151
  52. Lacouture 1988, p. 155
  53. Lacouture 1988, p. 156
  54. a et b Lacouture 1988, p. 157
  55. a et b Lacouture 1988, p. 158
  56. a, b, c et d Lacouture 1988, p. 160
  57. "Jean-François Champollion, dit Champollion le Jeune", in Je m'appelle Byblos, Jean-Pierre Thiollet, H & D, 2005, p. 251
  58. Lacouture 1988, p. 164
  59. a et b Lacouture 1988, p. 166
  60. Lacouture 1988, p. 172
  61. Lacouture 1988, p. 174
  62. Lacouture 1988, p. 176
  63. Lacouture 1988, p. 184
  64. Lacouture 1988, p. 186
  65. a et b Lacouture 1988, p. 187
  66. Lacouture 1988, p. 193
  67. Lacouture 1988, p. 196
  68. a et b Lacouture 1988, p. 202
  69. Lacouture 1988, p. 199
  70. Lacouture 1988, p. 208
  71. Lacouture 1988, p. 209
  72. a et b Lacouture 1988, p. 210
  73. Lacouture 1988, p. 213
  74. Lacouture 1988, p. 214
  75. Lacouture 1988, p. 215
  76. Lacouture 1988, p. 216
  77. Lacouture 1988, p. 206
  78. Lacouture 1988, p. 221
  79. Lacouture 1988, p. 223
  80. Lacouture 1988, p. 228
  81. Lacouture 1988, p. 225
  82. Lacouture 1988, p. 226
  83. Lacouture 1988, p. 230
  84. Lacouture 1988, p. 231
  85. Lacouture 1988, p. 233
  86. Lacouture 1988, p. 237
  87. Lacouture 1988, p. 238
  88. Hartleben 1990, p. 188
  89. Lacouture 1988, p. 242
  90. Lacouture 1988, p. 244
  91. Lacouture 1988, p. 239
  92. Aimé-Louis Champollion-Figeac, Les deux Champollion : leur vie et leurs œuvres, leur correspondence archeologique relative au Dauphiné, Adamant Media Corporation,‎ 2002, 251 p.
  93. Champollion, 1824.
  94. Annales de philosophie chrétienne, Bloud & cie, 1831
  95. Champolion et la pierre de Rosette Émission de France Inter du 2 août 2010
  96. John Marshall, « Zoraïde Champollion (1824 - 1889) », sur http://www.geni.com, Geni, Inc. Los Angeles, California,‎ 2010 (consulté en 31 décembre 2011)
  97. « Champollion, l'homme qui fit parler l'Égypte », dans Histoires extraordinaires d'Alain Decaux, éd. Succès Du Livre, 2007 (ISBN 2738219411)
  98. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 189-190
  99. Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné N°3591 du 2 juillet 1993.
  100. Eolas, « Musée Champollion - Vif », Conseil Général de l’Isère (consulté en 31 décembre 2011)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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