Exégèse biblique

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L’exégèse biblique est une exégèse (exégesis en grec : « mener hors de »), étude approfondie d'un texte et en particulier d'un texte sacré, appliquée à la Bible. On appelle exégète une personne qualifiée pour ce type de travail.

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Exégèse traditionnelle ou canonique[modifier | modifier le code]

Des formes juives traditionnelles d’exégèse se trouvent dans la littérature du Midrash.

Judaïsme rabbanite[modifier | modifier le code]

Des commentateurs rabbiniques, sont connus comme mefarshim (« commentateurs » en hébreu). Il existe plusieurs domaines d’exégèse juive orthodoxe :

  • Le Targoum est une traduction de la paracha en araméen, justifiée par divers commentaires. Il était d’usage courant dans les synagogues de Galilée au premier siècle. Rien de semblable dans le judaïsme alexandrin, car le commentaire était intégré dans le texte[1].
  • Le Midrash est un terme générique désignant tous les débats, commentaires, explications, et occasionnellement recherches sur les textes de la Bible hébraïque. Dans le sens générique, c’est un genre littéraire, celui du récit homélitique. Il explique et commente plus qu’il ne recherche des sources. Les paragraphes liés à la loi, font objet d’exposé comme de cas d’application.
  • La Halakha est un exposé de la loi écrite.
  • La Haggadah commente les récits non liés à la loi, et produit elle-même de nouveaux apologues.
  • Le Mikra est l’étude rationnelle des prophètes et de l’hagiographie.
  • La Massora se rapproche de la critique textuelle en s’intéressant exclusivement à la syntaxe, à la qualité de la copie et aux sources.
  • La Guemara, la seconde des deux grande parties du Talmud, contient le commentaire de la première grande partie, la Michna, ou recueil de l’ensemble des lois divines telle que recensée par le judaïsme rabbinique.

Le Talmud, qui regroupe la Michna (les lois) et la Guemara (commentaires exégétiques) fait lui-même l’objet d’études et d’analyses, c’est-à-dire d’exégèse. L’exégèse juive ne s’arrête donc pas avec la rédaction du Talmud, mais continue pendant le Moyen Âge et la Renaissance.

Secte karaïte[modifier | modifier le code]

Le karaïsme est une secte d'inspiration juive (non reconnue dans le judaïsme[2]) refusant l’exégèse talmudique du judaïsme rabbinique, et ayant développé sa propre démarche. Le karaïsme s’appuie sur trois piliers exégétiques afin de déterminer la halakha (lois et prescriptions religieuses) :

La Miqra elle-même, c’est-à-dire l’ensemble des mitzvot, positives et négatives, que Moïse reçut sur le Sinaï, et consigna dans la Torah écrite, est la source de prédilection. Elle a valeur d’étalon absolu et aucune loi ne peut être édictée qui contredirait son sens apparent, l’interprétation duquel est laissé à la libre appréciation de chacun.

Le Heqesh (déduction), c’est-à-dire l’herméneutique karaïte, analogue au midrash halakha rabbanite, est utilisé par les Posqim (décisionnaires) karaïtes pour fixer la Halakha (loi religieuse) dans les cas non décrits clairement dans la Torah. Ces déductions peuvent être linguistiques ou logiques. Anan ben David utilisait les treize principes de Rabbi Ishmaël, auxquelles il reconnaissait une valeur logique mais non révélée.

Le Sevel HaYerousha (Fardeau de l’Héritage) est un ensemble de règles et de coutumes pour lesquelles il n’existe pas de description précise dans la Bible hébraïque, comme la brit mila ou la shehita. Transmises oralement de génération en génération, parfois même supposée dater d’avant le don de la Torah à Moïse (la circoncision remonte selon la Bible à Abraham, et donc préexiste à Moïse), ces règles sont observées, à condition de ne pas contredire la Torah écrite et d’être le prolongement de celle-ci (par exemple, la shehita s’appuie sur l’interdiction de consommer du sang). Souvent assez semblables aux rites décrits dans le Talmud, les karaïtes ne confèrent cependant pas à ces traditions le statut de mitzvot d’origine divine, contrairement aux rabbanites.

Les quatre sens[modifier | modifier le code]

Au côté des domaines de l’exégèse biblique existent des méthodes d’herméneutique biblique. On distingue traditionnellement quatre méthodes d’interprétation : Peshat (sens obvie, c’est-à-dire le plus évident), Remez (allusion), Drash (sens indirect) et Sod (sens ésotérique).

Exégèse scientifique[modifier | modifier le code]

La pratique continue de l’exégèse traditionnelle ou exégèse canonique comme exposée ci-dessus ne doit pas donner à penser que le judaïsme méconnaît l’exégèse scientifique. Dès le début du XXe siècle, les savants et chercheurs juifs investissent les Sociétés bibliques. Ainsi en témoigne un discours d’ouverture d’une assemblée générale de la « Society for Biblical Litterature »

Les chercheurs juifs ont rendu leur présence réelle dans les avis et les affaires de la société de littérature biblique. Rabbi Marcus Jastrow de Philadelphie devint membre en 1886 en même temps que Rabbi Gustav Gottheil et son fils Richard J. H. Gottheil. Le jeune G Gottheil fut élu président en 1902. Morris Jastrow, Jr. nous rejoignit en 1891. Il serait impossible de concevoir la Société sans les figures éminentes de Max L. Margolis, Julian Morgenstern, Nelson Glueck, Ralph Marcus, Louis Finkelstein, Solomon Zeitlin, Harry M. Orlinsky, Jacob Neusner, ou de H. Louis Ginsberg.

Christianisme[modifier | modifier le code]

Exégèse patristique et médiévale[modifier | modifier le code]

Elle trouve sa source chez les Pères de l'Église, dont la plupart ont laissé de nombreux commentaires de l'Écriture, voire des traités d'exégèse, comme le Traité des Principes d'Origène (185 - 254). Ce dernier laisse à la postérité sa théorie des quatre sens de l'Écriture, promise à un immense succès. Ces quatre sens sont: le sens littéral ou obvie; le sens allégorique (du grec allos, autre, et agoreuein, dire: l'allégorie en énonçant une chose en dit aussi une autre); le sens tropologique ou moral; enfin, le sens anagogique qui indique ce vers quoi on doit tendre.

Le théologien Henri de Lubac s.j. s'exprime de la façon suivante à propos des fondements de l’exégèse traditionnelle en reprenant les quatre sens de l'écriture définis par Origène au IIIe siècle[3] :

« On savait depuis longtemps, vers les commencements du XIIe siècle, qu'il y avait des règles traditionnelles qui s'imposaient à tous dans l'interprétation de l'Écriture. On connaissait les sept Règles mystiques formulées jadis par Tyconius, autorisées par saint Augustin, vulgarisées par saint Isidore. On n'ignorait pas que l'Apôtre lui-même avait donné par son exemple une regulam intellegendi allegoricas actiones. Cette règle de l'allegoria n'était d'ailleurs pas la même que celle de l'historia, l'ordo[Lequel ?] de l'une et de l'autre différait. On reconnaissait donc des leges historiae, une allegoriae consequentia, des rationes anagogicae : toutes expressions qui dataient du temps des Pères. Sans doute, les autres sens admettaient une allure plus libre que l'histoire. Tout en protestant contre les libertés excessives que, selon lui, prenait Eusèbe de Césarée, saint Jérôme, à la suite d'Origène, l'avait dit de l'allégorie et de la tropologie plus encore. Beaucoup le redisaient après lui, d'après lui : la tropologie à devant elle un libre espace.... Historia stricta, tropologia libera »[4].

L'exégèse au Moyen Âge est fortement inspirée de cette exégèse patristique: Bernard de Clairvaux, Thomas d'Aquin s'appuient abondamment sur les Pères de l'Église.

Les humanistes et la Réforme[modifier | modifier le code]

Aux alentours du XVIe siècle, certains humanistes puis les Réformateurs développent l'idée l'exégèse biblique dans le sens d'une recherche tournée vers les sources (textes hébreux, textes grecs).

La Renaissance et les Lumières[modifier | modifier le code]

Avec la Renaissance et la naissance de l'esprit scientifique, la lecture de la Bible change considérablement. On se recentre sur le sens littéral, jugé être le vrai sens des Écritures[5]. Baruch Spinoza, juif néerlandais, philosophe, physicien, en partie inspiré par René Descartes, publie en 1670 son Traité théologico-politique qui introduit une idée d'importance: La règle universelle à poser dans l’interprétation de l’Écriture est de ne lui attribuer d’autres enseignements que ceux que l’enquête historique nous aura très clairement montré qu’elle a donnés. À sa suite, d'autres chercheurs comme Richard Simon, Jean Astruc et d'autres soulèvent les problèmes que pose la Bible en matière de science et d'histoire notamment.

Voltaire écrit « La Bible enfin expliquée par plusieurs aumôniers de S.M.L.R.D.P. »[6], démontrant de nombreuses incohérences (notamment chronologiques et en rapport avec les connaissances scientifiques de son époque), l'inspiration de textes religieux plus anciens ainsi que la cruauté de ses héros et du Dieu des religions abrahamiques. Il étudie pendant 40 ans la Bible et s'inspire de philosophes plus anciens.

Le XIXe siècle et le modernisme[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, des personnalités comme Ernest Renan et des exégètes dont la figure de proue est Alfred Loisy remettent en question l'exégèse traditionnelle catholique, qui à cette époque pense encore pouvoir tirer de la Bible un enseignement scientifique, par exemple sur l'origine du monde. Ces novateurs sont qualifiés de "modernistes" par l'Église catholique. Léon XIII promulgue une première encyclique sur l’étude des textes bibliques, Providentissimus Deus (1893). Le pape y précise que l’enseignement de la Bible concerne essentiellement les vérités et les moyens nécessaires au salut, ce qui est déjà une façon de dire que la Bible ne prétend rien affirmer sur le plan scientifique[7].

Cependant, comme le montre l’ouvrage de François Laplanche, La Crise de l’origine[8], les catholiques ont du mal à quitter l’apologétique pour aborder les sciences religieuses. Au début du XXe siècle, sur les plans de l'histoire et de l'exégèse biblique le décret Lamentabili et l'encyclique Pascendi de Pie X combattent la revendication d'indépendance des sciences religieuses à l'égard du magistère ecclésiastique[9].

Le XXe siècle : l'encouragement de l'exégèse critique[modifier | modifier le code]

Mais les catholiques ne renoncent pas pour autant à l'exégèse. Parmi les centres catholiques de l’exégèse biblique, le plus connu est l’École biblique et archéologique française de Jérusalem fondée en 1890 avec Marie-Joseph Lagrange o.p. avec pour principale motivation « qu’on ne pouvait laisser l’exégèse aux protestants »[10] . L’EBJ jouit maintenant d’un statut de centre de recherche et est en partie financée par l’État[11].

En 1943, l'encyclique Divino Afflante Spiritu de Pie XII marque un tournant : le pape encourage explicitement les méthodes critiques d'exégèse et le recours aux sciences profanes utiles à l'interprétation de l'Écriture[12].

La création de l’ACFEB, en 1967, aide au travail exégétique des chercheurs catholiques. Ils reprennent le travail, n’ayant pu maintenir d’expertise dans la période qui va de l’instauration du serment anti-moderniste jusqu’au milieu du concile Vatican II que dans le domaine des langues anciennes, dont les Bollandistes sont devenus et demeurent des experts.

Pendant le concile Vatican II, la Commission biblique pontificale fait paraître une Instruction sur la vérité historique des évangiles (21 avril 1964) qui est saluée comme un guide de travail pour les exégètes catholiques.

Dans son ouvrage Jésus de Nazareth (Flammarion, 2007), Joseph Ratzinger Benoît XVI déclare préférer à l’exégèse historico-critique l’exégèse canonique, ou dogmatique[13].

Exégèse historico-critique[modifier | modifier le code]

Elle est d’origine allemande et s’enracine dans le milieu du XIXe siècle. Depuis plus de 100 ans, l’exégèse se développe dans les universités protestantes allemandes telles que Tübingen et aux États-Unis, dans les Divinity School (Chicago, Harvard et Yale sont devenues célèbres). De même les universités de Genève et Lausanne ont acquis une notoriété certaine.

Elle s’attache à l’étude critique des textes bibliques, en revenant à la source (texte en hébreu ou en grec ancien).

Article détaillé : exégèse.

Les méthodes de traduction, la syntaxe et la grammaire jouent donc un rôle important. L’étude du contexte historique de la rédaction des textes est également capitale. On peut noter à ce sujet que certaines traductions de la Bible en français dans l’Histoire ont pu entraîner des altérations de langage (voir logique de Port-Royal).

La laïcisation du savoir[modifier | modifier le code]

La condamnation de Loisy[14] a notamment permis, en France, à l’exégèse biblique d'entrer dans les universités laïques. Ainsi, l’EPHE (École pratique des hautes études, France) mène des recherches en exégèse biblique et sur l’histoire de la constitution de la Septante ou de la Bible hébraïque.[style à revoir]

Les différentes formes d’exégèse[modifier | modifier le code]

Critique textuelle[modifier | modifier le code]

La critique textuelle est une branche de la philologie qui examine les copies existantes des manuscrits d'une œuvre littéraire antique ou médiévale pour produire un texte qui est aussi étroitement que possible proche de l'original. L'original s’appelle l’autographe. Elle nécessite des compétences affirmées en langues anciennes, en paléographie et en épigraphie.

Avant l'invention de l'imprimerie, les œuvres littéraires étaient copiées à la main. À chaque copie d'un manuscrit, des erreurs pouvaient être introduites par le copiste humain. La difficulté dans la critique textuelle vient de la difficulté à distinguer pour chaque leçon (lecture différente) la variante de l'originale voire de la fautive.

La tâche du critique textuel consiste donc à répertorier les variantes et à établir un texte critique tel qu'il représente l'original en expliquant au mieux l'état de tous les témoins existants.

Critique textuelle du Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Article détaillé : critique textuelle.

Le Nouveau Testament s'est transmis à partir de nombreux manuscrits (environ 5 000 grecs et 10 000 latins), plus que n'importe quelle autre œuvre antique. Le nombre énorme de témoins présente des difficultés uniques, principalement en rendant la stemmatique impraticable quoique l'informatique commence d'offrir des solutions. En conséquence, les critiques textuels du Nouveau Testament ont adopté l'éclectisme après avoir recollé des témoins dans trois groupes principaux, les texte-types.

  • Le texte-type alexandrin constitue un groupe primitif dont les textes sont bien considérés ; parmi ces textes, le Codex Vaticanus et le Codex Sinaiticus.
  • Le texte-type occidental est également très ancien, mais ses témoins sont plus enclins à la paraphrase et à d'autres corruptions.
  • Le texte-type byzantin forme la grande majorité des manuscrits, particulièrement après le Ve siècle.

Après Westcott et Hort, les critiques textuels du Nouveau Testament ont conclu que le texte-type byzantin est tardif, basé sur l'alexandrin et les textes-types occidentaux. Parmi les autres types, l'alexandrin est considéré plus pur que l'occidental. Ainsi la pratique de la critique textuelle du Nouveau Testament doit suivre la lecture des textes alexandrins à moins que ceux de l'occidental soient nettement supérieures.

Le plus ancien papyrus, fragment de codex retrouvé à Oxyrhynque en Égypte, qui comporte une partie du texte de l'Évangile selon Jean, est le papyrus Ryland 457, daté de l'an 125.

Article connexe : Johann Jakob Griesbach.

Critique de sources[modifier | modifier le code]

En fonction des motifs du récit, la critique de sources détermine les emprunts divers à des littératures voisines. Elle détermine le milieu de production du texte qui est souvent celui du ou des auteurs. Un bon exemple de ce genre d'étude est l'hypothèse d'une source Q dans les évangiles synoptiques.

Critique de forme (Formgeschichte)[modifier | modifier le code]

La critique de forme est un Untermethode des critiques méthode de l’exégèse de Bible. La critique de forme examine le texte biblique en regard de sa catégorie de texte.

Par exemple, pour un texte à contenu historique mettant en jeu deux peuples, elle regarde ce que disent les chroniques des autres peuples concernant le même événement. Par exemple, le massacre des Innocents est rapporté par l’évangile attribué à Matthieu en faisant référence à un autre massacre d’enfants, celui des nouveau-nés mâles des fils d’Israël par Pharaon rapporté dans l’Ancien Testament (Exode 1,16). Le récit de Matthieu est parallèle à celui de la naissance de Moïse dans l' Ancien Testament dans un effort allégorique pour montrer que Jésus est le nouveau Moïse[15]. « Le parallélisme est trop massif pour n'avoir pas été forgé sinon de toutes pièces, du moins dans une large mesure[15]. »

Une partie de la critique considère donc que cet événement n'a aucune assise historique[16]. Toutefois, le procédé littéraire utilisé ici est courant à l'époque[15] et est utilisé dans de nombreux autres passages des évangiles.

Article détaillé : Rudolf Bultmann.

Pour Paul Veyne, le témoignage du païen Macrobe atteste l'historicité d'un massacre d'enfants même si « son souvenir a servi à motiver la naissance légendaire, à Bethléem, de Jésus de Nazareth »[17].

Exégèse narrative ou rhétorique[modifier | modifier le code]

Elle considère le texte dans sa structure rhétorique tel qu’il nous est parvenu et en dégage les lignes de force. Dans le meilleur des cas, on aboutit à des lectures décapantes où l’on prend conscience que le moment important du texte n’est pas celui qu’on l’imagine. Ce travail nécessite une bonne connaissance des littératures anciennes.

Article détaillé : narratologie.

Dans les autres cas, elle prend le texte tel qu’il est canonisé et tâche d’en dégager l’herméneutique par la méthode « la Bible s’explique par la Bible »[18]. La plupart du temps, elle mène par là à l’exégèse canonique.

Raymond E. Brown (décédé en 1997) dans un ouvrage posthume Croire en la Bible à l’heure de l’exégèse développe un point de vue plus original. Il ferraille contre l’objection traditionnelle que la théologie, l’exégèse, ça sert rien qu’à perdre la foi. Les biblistes mettraient-ils la foi en péril ? Sont-ils quelque part des ennemis de l’Église catholique romaine ou de toute Église établie ? L’auteur entend répondre à un certain nombre de soupçons émis par les fondamentalistes chrétiens de tous bords.

En lien avec la constitution Dei Verbum, R. E. Brown développe sa réflexion en insistant sur le travail des auteurs des Écritures, et sur le sens que pouvaient prendre pour eux ces textes, sens parfois différent de celui que lui attribue un lecteur contemporain. Selon lui, « il n’est pas mauvais que s’établisse une relation de tension entre ce que voulait dire l’Écriture pour ses auteurs et ce qu’elle en est venue à vouloir dire aujourd’hui dans l’Église » (entendre catholique romaine).

De façon plus indépendante, l’évêque épiscopalien John Shelby Spong tente de poursuivre une forme d’exégèse issue de l’histoire des formes en mettant l’accent sur le rôle du Midrash dans l’écriture de la Bible.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le Monde de la Bible, Folio Histoire, Gallimard, collectif sous la direction d'André Lemaire
  2. L’une des deux grandes communautés restantes, le karaïsme est-européen, semble en voie d’assimilation rapide. L’autre grande communauté, celle d’Égypte, a émigrée vers Israël lors de la nationalisation du canal de Suez par Nasser. Une partie s’est cependant installée dans la région de Los Angeles, et tend à s’y intégrer au judaïsme libéral américain. Le poids global du karaïsme semble donc destiné à encore décroître.
  3. Exégèse médiévale. Les quatre sens de l’écriture, Aubier-Montaigne, 1959, 1961, 1964, Cerf, 1993
  4. Henri de Lubac, op.cit.
  5. Cf. P. Gibert, Petite histoire de l'exégèse biblique, Cerf, notamment le ch. 13: "Vérité et critique au XVIIe s.".
  6. La Bible enfin expliquée par plusieurs aumôniers de S.M.L.R.D.P. sur wikisources
  7. ...Considérons d'abord que les écrivains sacrés, ou plus exactement " l'esprit de Dieu, qui parlait par leur bouche, n'a pas voulu enseigner aux hommes ces vérités concernant la constitution intime des objets visibles, parce qu'elles ne devaient leur servir de rien pour leur salut " (citation d'Augustin, De Genesi ad litteram). Léon XIII, Providentissimus Deus, 18 novembre 1893.
  8. La Science catholique des Évangiles et l’histoire au XXe siècle, Paris, Albin Michel, coll. « L’évolution de l’humanité », 2006, 707 p.
  9. Pierre Colin, Modernisme et crise moderniste, in Esprit et Vie, n° 70, novembre 2002, p. 3-5, extrait en ligne
  10. Correspondance de MJ Lagrange avec le pape citée dans Marie-Joseph Lagrange, une biographie critique de Bernard Montagnes o.p.
  11. Émile Poulat, Histoire, dogme et critique dans la crise moderniste, 1962, Albin Michel;
  12. Pie XII, Divino Afflante Spiritu, 30 septembre 1943, §15.
  13. eyes that see not, Gerd Ludemann, cité par April de Conninck
  14. et grâce à celle-ci. Cf : Claude Langlois directeur de l’Institut européen en sciences des religions, Aux origines des sciences religieuses en France : la laïcisation du savoir (1810-1886)
  15. a, b et c André Gounelle, L'historicité de Jésus.
  16. (en) « Herod and the Infants of Bethlehem », in Chronos, Kairos, Christos II, Mercer University Press (1998), p. 170
  17. Paul Veyne Païens et chrétiens devant la gladiature Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité, 1999, 111-2 p. 895 [1]- qui renvoie aussi à Perowne Stewart Hérode le Grand et son époque, Hachette, 1958.
  18. Chère à Jean Calvin, cette méthode fut abandonnée par les protestants au XIXe siècle.[réf. nécessaire]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Pentateuque, Débats et recherches, sous la direction de Jean Louis Ska s.j., XIVe Congrès de l'ACFEB, Angers (1991)
  • Hans Conzelmann et Andreas Lindemann, Guide pour l’étude du Nouveau Testament, Labor et Fides
  • Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard, 2000 (édition originale américaine en 1997)
  • François Laplanche, La Crise de l'origine. La science catholique des Évangiles et l'histoire au XXe siècle, Albin Michel, 718 p. 2006.
  • Gilbert Dahan, L’Exégèse chrétienne de la Bible en Occident médiéval, XIIe-XIVe siècle, Paris, Cerf, 1999.
  • François Rachline, La loi intérieure, Éditions Hermann, 2010 ; illustration de couverture et conception graphique par Gérard Garouste.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Christianisme[modifier | modifier le code]