Montouhotep II

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Statue de Montouhotep II, Metropolitan Museum of Art.

Montouhotep II ou Mentouhotep II est un souverain de la XIe dynastie, fils et successeur du roi Antef III.

C'est lui qui achève la réunification du pays en menant plusieurs campagnes militaires durant les trente premières années de son règne.

La Xe dynastie hérakléopolitaine est vaincue et disparaît rapidement, mais Montouhotep II doit poursuivre durant de longues années de nombreux opposants qui n'acceptent pas la mainmise des Thébains sur l'Égypte. Pour assurer les frontières, il lance plusieurs opérations contre les populations libyennes et asiatiques qui infiltrent depuis longtemps déjà les limites septentrionales de l'Égypte.

La réunification et la sécurité du pays sont établies vers -2030, et en -2021, Montouhotep II prend un nouveau nom d'Horus, « Celui qui a réuni les deux pays », pour marquer son triomphe.

Le retour à la prospérité lui permet d'engager la restauration de nombreux temples abandonnés, en reprenant à son service les artistes d'Hérakléopolis, qui ont su conserver les canons classiques de l'art de l'Ancien Empire durant la décadence de la Première période intermédiaire.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Statue de Montouhotep II trouvée dans son temple funéraire de Deir el-Bahari - Musée égyptien du Caire
Montouhotep II
Naissance Date inconnue Décès Date inconnue
Père Antef III Grands-parents paternels
Antef II
Néferoukaouit
Mère Iah Grands-parents maternels
Grand-père maternel inconnu
Grand-mère maternelle inconnue
Fratrie Néférou II
1re épouse Néférou II (ou Nofrou) Enfant(s) pas d'enfant connu
2e épouse Tem Enfant(s) Montouhotep III
3e épouse Kaouit Enfant(s) pas d'enfant connu
4e épouse Kemsit Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse Sadeh Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse Ashayet (ou Aschait) Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse Henhenet Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Montouhotep II a eu sept épouses, mais le statut de ces femmes est très controversé. Toutes étaient « prêtresse d'Hathor ».

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature dans l'Égypte antique.
Linteau d'une porte du temple de Montou à Tôd (le texte mentionne le dieu Montou et la déesse Satet) - Louvre

Le roi Montouhotep II changea trois fois de nom durant son long règne, sa titulature reflétant les diverses étapes successives de son œuvre, jusqu'à la réunification des Deux Terres. Les modifications affectent essentiellement son nom d'Horus. La première modification de son protocole a lieu, au plus tôt, en l'an 14 de son règne, et au plus tôt en l'an 30 de son règne pour la seconde modification.

C'est sous le premier nom d'Horus Séânkhibtaoui qu'il montre sur le trône, prenant la succession de son père.

Proclamé définitivement roi de Haute et de Basse-Égypte sous le nom de Nebhépetrê lors de la chute de la dynastie hérakléopolitaine, il adopte Netjerihedjet comme nouveau nom d'Horus, affirmant ses origines du Sud. Son autorité n'est cependant pas encore assurée sur l'ensemble des Deux Terres.

Enfin, la réunification étant parachevée après l'an 30 du règne, il prend, en l'an 39 un nouveau nom d'Horus, celui d'unificateur Sémataoui.

Règne[modifier | modifier le code]

Sceau-cylindre trouvé dans le coffret à sceaux du roi Nebhepet-Rê Montouhotep II, musée du Louvre
Montouhotep II
Période Moyen Empire
Dynastie XIe dynastie
Fonction Pharaon
Prédécesseur Antef III (Ire période intermédiaire)
Prise du pouvoir Mort naturelle du précédent
Dates de règne
Durée du règne Inconnue
Successeur Montouhotep III
Passation du pouvoir Mort naturelle
Sépulture Non trouvé
Date de découverte Inconnue
Découvreur Inconnu
Fouillée par ?

Le règne de Montouhotep II, en tant qu'unificateur, marque le véritable début de la période du Moyen Empire, bien que les puissances provinciales des nomarques perdurent encore jusqu'à la XIIe dynastie. La capitale est définitivement basée à Thèbes.

Il réorganise l'administration en nommant des hommes de confiance dans le nord (par exemple Mererteti au treizième nome) et en confirmant à leur poste les nomarques de Moyenne-Égypte ralliés à lui, notamment les princes des provinces du Lièvre et de l'Oryx. Les postes de chanceliers sont rétablis, ainsi que celui de vizir qu'occuperont, durant son règne, les dignitaires Âhanakht, Antef, Henenou et Khety, Bébi, Dagi et Ipi.

Sur le plan économique, Montouhotep II relance les expéditions royales vers les mines et comptoirs étrangers, interrompues depuis la fin de la VIe dynastie, et entreprend la remise en culture de terres abandonnées pendant les troubles. Bien que la Nubie demeure en grande partie indépendante, les expéditions lancées jusqu'à la deuxième cataracte (au moins deux, en l'an 29 et en 31) et la fortification de la presqu'île de Konosso sur la Ire cataracte permettent un meilleur contrôle des échanges et sécurisent les voies de communication et de transport caravanier. Des missions militaires sont également menées en Syrie du fait de certaines incursions étrangères jusque dans le Sinaï (les Setjetyou et Mentyou) ainsi qu'en Libye (contre les Tjehenou ou Tjemehou).

Continuateur des traditions de la royauté, c'est un souverain bâtisseur qui poursuit les travaux de restauration commencés par son père à Éléphantine. Il élève des temples en plusieurs endroits de la Haute-Égypte, de même qu'en Moyenne-Égypte, (à Denderah notamment, avec la construction d'une chapelle), fait des rajouts au temple d'Osiris à Abydos, et embellit plusieurs sanctuaires de la région thébaine, dédié au dieu Montou, à Tôd et Erment. On lui connaît aussi la célébration d'une fête-sed.

Montouhotep II meurt après plus d'un demi-siècle de règne, laissant le trône à son second fils, Montouhotep III.

Sépulture[modifier | modifier le code]

Montouhotep II se fait construire à Deir el-Bahari un grandiose temple funéraire, dont on est maintenant certain qu'il était surmonté d'un mastaba et non d'une petite pyramide comme les égyptologues le pensaient jusqu'à présent. Un canal amenait l'eau du Nil jusqu'à un bassin des barques ; d'un temple bas sur le débarcadère débutait une rampe d'accès à un temple haut à l'entrée d'une cour au milieu de laquelle tronait une salle hypostyle, suivie d'une deuxième cour, plus petite et enfin le naos. C'est dans cette deuxième cour que les fouilles ont permis de révéler une descenderie, avec un long couloir menant à son tombeau.

Ce temple funéraire dans un style original mais dérivé des temples solaires de l'Ancien Empire, servira de modèle pour le temple funéraire de la reine Hatchepsout, élevé tout à côté de lui plusieurs siècles plus tard.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]