Pentateuque

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Le Pentateuque désigne chez les chrétiens les cinq premiers livres de la Bible. Les Juifs le désignent sous le nom de Torah. La tradition juive en attribue la rédaction à Moïse, mais la recherche moderne démontre qu'ils ont été rédigés autour de l'exil à Babylone, et par de nombreux rédacteurs. Ces cinq livres présentent une version théologique de l'histoire du peuple d'Israël depuis la création du monde jusqu'à la mort de Moïse.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le Pentateuque est le terme chrétien utilisé pour désigner les cinq premiers livres de la Bible. Ce nom apparaît pour la première fois dans un texte de Ptolémée au IIe siècle. Penta vient du πέντε/pénte, cinq, et -teuque de τεῦχος/teûkhos, étui qui contient les livres sous la forme de rouleaux). La forme latine apparaît chez Tertullien à la fin du IIe siècle - début IIIe siècle.

Alors que les juifs nomment les cinq livres à partir des premiers mots de chacun d'entre eux, la tradition chrétienne, à partir de la traduction des Septante, préfère un terme qui résume le contenu de chaque livre : Genèse (les origines du monde), Exode (la sortie d'Égypte du peuple juif), Lévitique (les lois religieuses[1]), Nombres (le livre comporte de nombreux recensements, Deutéronome (la seconde loi)[L 1].

Dans la religion juive[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Torah.

Ils constituent dans la religion juive la Torah (la Loi) car, outre les récits « historiques », on y trouve tout un ensemble de prescriptions (religieuses, rituelles, culturelles, juridiques, etc.) qui constituent les bases du judaïsme. Les lois alimentaires, ou cacherout, qui figurent dans le chapitre 11 du Lévitique, en sont un exemple parmi d'autres.

Composition[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Datation de la Bible.

Problème de l'auteur[modifier | modifier le code]

tableau représentant Moïse et les dix commandements
Moïse, qui a longtemps été considéré comme l'auteur du Pentateuque

Le Pentateuque a longtemps été considéré, tant par les juifs que par les chrétiens, comme écrit par Moïse. À cette Torah écrite s'ajoute chez les juifs la Torah orale, appelée Mishna, qui aurait aussi été composée par Moïse. Cette opinion a été la plus répandue jusqu'au XVIIIe siècle[P 1]. Cependant, tenir cette position est difficile surtout si l'on regarde la fin du Deutéronome qui raconte la disparition de Moïse.Cela n'a pas gêné des auteurs comme Philon d'Alexandrie ou Flavius Josèphe qui considèrent que Moïse a pu raconter sa propre mort[L 2]. Le Talmud propose une solution à ce problème en supposant que la fin de ce livre a été écrit par Josué. À partir du XVe siècle cette tradition est remise en cause par des exégètes chrétiens suivant en cela des auteurs juifs qui avaient déjà exprimé des doutes dès le XIIe siècle. Le rabbin andalou Abraham ibn Ezra dans son Commentaire de l'Exode laisse ainsi entendre que la Torah est constituée de plusieurs textes d'origines différentes[2],[L 2]. Des théologiens chrétiens comme Alonso Tostado au XVe siècle se demandent si ce ne seraient pas des auteurs tardifs, et plus particulièrement Esdras, qui auraient rédigé ce texte[L 3]. Cependant le premier à rejeter l'idée que Moïse a écrit les cinq livres est Andreas Bodenstein Karlstadt. Ce théologien protestant du XVIe siècle examine aussi dans son ouvrage la possibilité qu'Esdras soit le véritable auteur du Pentateuque pour finalement la repousser. A contrario, Andreas Masius juge plausible qu'Esdras et d'autres aient écrit le Pentateuque et les livres historiques et que l'histoire décrite dans ces livres ne serait pas plausible[P 2]. D'autres auteurs comme Richard Simon, dans son ouvrage L'Histoire critique du Vieux Testament publié en 1678, ou Baruch Spinoza ont aussi pensé qu'Esdras était le véritable auteur du Pentateuque, même si le rôle de celui-ci varie d'auteur complet à celui de compilateur de textes traditionnels. D'autres solutions ont pu aussi être apportées bien qu'elles nient toujours l'autorité de Moïse. Ainsi, Jean Le Clerc juge que l'auteur a recueilli les récits traditionnels après la chute d'Osée. Néanmoins, ces diverses propositions ne recueillent pas l'unanimité et jusqu'au XIXe siècle des auteurs considèrent que Moïse est l'auteur du Pentateuque[P 3].

Sources[modifier | modifier le code]

À partir du moment où Moïse n'est plus considéré comme l'auteur des cinq livres, se pose la question des sources qui ont été fondues pour écrire ces premiers textes de la Bible. En effet des différences apparaissent dans le texte qui supposent plusieurs traditions. Une des plus évidentes est la dénomination de Dieu qui est parfois Elohim et le plus souvent YHWH. Pour résoudre ces difficultés des auteurs comme Richard Simon ont supposé des traditions remontant aux temps mosaïques et qui auraient été bien plus tard compilées dans les cinq livres du Pentateuque. Selon ce dernier, des scribes, à l'époque de Moïse, auraient commencé à écrire l'histoire du peuple juif et à recueillir les diverses lois et ces différents textes auraient été réunis dans ces cinq livres[P 4]. Supposer ainsi une transmission de textes a entraîner la création de trois théories principales cherchant à modéliser ce passage de textes anciens à l'écriture tardive du Pentateuque. Ces théories sont l'hypothèse documentaire, l'hypothèse des fragments, l'hypothèse des compléments. Dans le premier cas, les exégètes, comme Karl-David Ilgen, supposent la coexistence ancienne de plusieurs sources (sources élohistes et sources yahvistes[3] qui auraient ensuite été reliées. Dans le deuxième cas, défendu par des auteurs comme Alexander Geddes (en) et Johann Severin Vater, il n'existe plus un nombre limité de sources mais une multitude de textes sans liens entre eux regroupés plus tard par différentes écoles (une élohiste et une seconde yavhiste) et fusionnés par la suite[P 5]. Enfin, la dernière option suppose un texte originel, élohiste, auquel se seraient ajoutés différents récits dont un yavhiste[P 6]. La force et l'importance de ces trois hypothèses n'a cependant pas empêché des auteurs d'élaborerser des théories plus personnelles comme Erich Zenger qui tente de marier ces trois hypothèses de base[L 4].

L'hypothèse documentaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hypothèse documentaire.
Première version[modifier | modifier le code]

L'hypothèse documentaire tire son origine des travaux de Henning Bernhard Witter et de Jean Astruc. Le premier, un pasteur protestant, émet, en 1711, l'idée que Moïse pour écrire le Pentateuque a utilisé plusieurs sources. Cette théorie s'appuie sur l'utilisation de deux termes différents, YHWH et Elohim pour désigner Dieu. Le second dans son livre Conjectures sur les mémoires originaux dont il paraît que Moyse s’est servi pour composer le livre de la Genèse publié anonymement en 1753 défend l'idée que Moïse a utilisé trois sources différentes. Deux se distinguent par l'utilisation de YHWH ou Elohim, la troisième regroupent des textes indépendants[4].

La nouvelle hypothèse documentaire[modifier | modifier le code]

En 1853 Hermann Hupfeld reprend les prémices de l'hypothèse documentaire mais en analysant le texte de la Genèse conclut qu'il ne peut exister une seule source élohiste. Des différences linguistiques montrent que les passages dans lesquels Dieu est nommé Elohim sont d'auteurs différents. Dès lors, il faut supposer trois sources au Pentateuque : une source Elohiste 1, une Elohiste 2, indépendante et plus récente et une yavhiste[L 5]. L'hypothèse est ensuite reprise par Charles-Henri Graf, dans son ouvrage de 1883 intitulé Les livres historiques de l'Ancien Testament, qui cependant propose une autre chronologie et fait du doacument yavhiste le plus ancien et l'élohiste 1, qu'il appelle sacerdotal (abrégé en P pour Priestercodex), le plus récent[L 6]. La théorie de Graf est reprise et développée par Julius Wellhausen qui propose une composition du Pentateuque qui fera référence pour les décennies suivantes. Dans cette approche un document yavhiste (abrégé en J) et un élohiste (E) ont été fondu en un document jéhoviste (JE) au VIIIe siècle auquel s'est adjoint au VIIe siècle un document deutérocanonique (D)  ; le document sacerdotal (abrégé en P ou Q selon ses ouvrages) a été ajouté après l'exil. La rédaction finale est datée de la période d'Esdras[L 7]. Cette hypothèse a longtemps été la plus acceptée et malgré quelques critiques elle est restée dominante jusque dans les années 1960[L 8].

L'hypothèse des fragments[modifier | modifier le code]

Deux auteurs ont défendu cette théorie qui veut que le Pentateuque soit constitué de nombreux fragments n'ayant pas de liens entre eux et compilés plus tard. Le premier, Alexander Geddes (en), pense que deux groupes distincts, un élohiste et un yavhiste, auraient organisé ces regroupements ; le second, Johann Severin Vater, estime que la base du Pentateuque se trouve dans la loi du Deutéronome[L 9].

L'hypothèse des compléments[modifier | modifier le code]

Cette dernière hypothèse proposée par Karl Gottfried Kelle et développée principalement par Heinrich Ewald suppose une œuvre originelle complète à laquelle divers fragments auraient été ajoutés[L 9]. Elle a été reprise par Hans Heinrich Schmid qui dans son ouvrage de 1976, Der sogenannte Jahwist[n 1], défend l'idée d'un courant yavhiste qui après l'exil aurait écrit une histoire des Hébreux à partir de traditions anciennes. Martin Rose part de cette théorie pour proposer un auteur yavhiste tardif qui aurait composé les quatre premiers livres de la Bible le Tétrateuque pour donner un prologue au Deutéronome[L 10]. Enfin John Van Seters en 1992 dans son livre Prologue to History: The Yahwist as Historian in Genesis défend lui aussi un Yavhiste historien dont le texte aurait été complété plus tard avec la source P ; dans ce système, la source E n'existerait pas[L 11].

Contenu[modifier | modifier le code]

Le Pentateuque est constitué de deux types de textes : les récits historiques et les ordonnances religieuses. À part le livre de la Genèse qui contient uniquement des textes narratifs, les quatre autres alternent ces deux types de textes[L 12]. Les récits historiques qui constituent le Pentateuque vont de la création du monde jusqu'à la disparition de Moïse et ils se poursuivent dans les livres suivants (livre de Josué, livre des Juges, premier et Deuxième livre de Samuel et premier et Deuxième livre des Rois) qui vont de l'installation dans la Terre Promise jusqu'à la chute de Jérusalem et l'exil à Babylone[L 13]. Les textes de loi sont au nombre de trois et sont dispersés dans le texte. Il s'agit du Code de l'Alliance du chapitre 20, verset 22 au chapitre 23, verset 19 de l'Exode, du Code de Sainteté des chapitres 17 à 26 du Lévitique et du Code deutéronomique des chapitres 12 à 26 du Deutéronome. Ces groupes de loi ont été, selon la tradition, transmis par Moïse qui est l'agent de Dieu et sont donc clairement différent d'un autre texte de loi, le Décalogue qui est transmis directement par Dieu. Ces dix lois divines sont exposées deux fois dans le Pentateuque. Elles se trouvent d'abord dans le livre de l'Exode (chapitre 20 versets 2 à 17) puis dans celui du Deutéronome (chapitre 5 versets 6 à 21)[L 14].

Genèse[modifier | modifier le code]

Le livre de la Genèse est souvent divisé en deux parties : la création (des chapitres 1 à 11) et les récits patriarcaux (chapitres 12 à 50). Après la création de l'univers et de l'homme (chapitres 1-2), l'histoire du péché originel et celle du meurtre de Abel par son frère Caïn (chapitre 4), arrive l'histoire de Noé qui échappe au déluge grâce à son arche (chapitres 6 à 8). L'histoire de la Tour de Babel occupe le chapitre 11. Des généalogies entrecoupent ce récit et la dernière d'entre elles permet de faire le lien avec la seconde partie de la Genèse. En effet, la généalogie du chapitre 11 donne les ancêtre d'Abraham dont l'histoire vient ensuite[5].

La seconde partie de la Genèse raconte l'histoire des patriarches. D'abord Abram, qui change son nom en Abraham après sa rencontre avec Dieu, est choisi pour être le père d'une grande nation et ce bien qu'il soit âgé et que sa femme Sarah soit stérile (chapitres 12 à 25 verset8). Un fils leur naît, Isaac lui-même père de Jacob qui change son nom en Israël après avoir lutté contre un être mystérieux et à qui est fait la même promesse (du chapitres 25 verset 19 au chapitre 37). Enfin, l'histoire de Joseph achève le livre de la Genèse. Joseph, fils de Jacob est vendu par ses frères, est esclave en Égypte mais parvient à devenir le conseiller de Pharaon. Il fait venir en Égypte toute sa famille pour qu'elle échappe à la famine et se réconcilie avec ses frères(chapitres 37 à 50)[5].

Exode[modifier | modifier le code]

Le livre de l'Exode raconte la sortie d'Égypte du peuple hébreu. Alors que le nouveau Pharaon tente d'écraser les Hébreux jusqu'à faire tuer les premiers-nés, un enfant, Moïse, est sauvé et, une fois adulte, est appelé par Dieu pour conduire les Hébreux. Malgré de nombreux miracles, Pharaon refuse le départ de ce peuple esclave et c'est seulement lorsque tous les premiers-nés, humains et animaux, meurent en une nuit, qu'il accepte de voir partir les Hébreux. Il revient ensuite sur sa décision mais son armée est noyée dans la Mer Rouge (chapitres 1 à 14). Libéré de cette menace le peuple hébreux entame une longue marche jalonnée de miracles divins comme le don de la manne. Pendant ce voyage, Moïse reçoit les tables de la loi sur lesquelles sont écrits les dix commandements. Enfin, le tabernacle est construit et consacré.

Lévitique[modifier | modifier le code]

Alors que les deux livres précédents font une large part au récit, le Lévitique rompt l'histoire pour exposer une série de rites à accomplir. Après la description de l'onction d'Aaron et de ses fils de la tribu de Lévi sont présentés les différents types de sacrifice pour chaque occasion. Des indications médicales expliquent la conduite à tenir en cas de suspicion de lèpre. Les lois sur le mariage et celles sur la nourriture sont aussi inscrites ainsi que celles concernant les fêtes, la libération des hébreux en situation de servitude pour dettes et celle sur le repos de la terre tous les sept ans.

Nombres[modifier | modifier le code]

Le livre des Nombres commence par le dénombrement des tribus hébreux puis raconte le départ pour le Sinaï afin de conquérir la Terre promise. Cependant, après le retour d'éclaireurs partis reconnaître le pays, les Hébreux prennent peur et refusent d'entrer sur cette terre. N'ayant pas confiance en la parole divine, le peuple est maudit de sorte que tous (sauf Caleb et Josué) sont condamnés à errer dans le désert durant quarante ans et de ne pas entrer sur la terre promise qui n'appartiendra qu'à leurs enfants. Le peuple continue cependant à se révolter ce qui provoque la colère divine. Même Moïse et Aaron subissent le châtiment de ne pouvoir pénétrer sur la Terre promise. Aaron meurt en chemin. Cependant, les Hébreux commencent à combattre des rois de la région et selon qu'ils respectent ou oublient la parole divine, parviennent à vaincre ou sont défaits.

Ce récit est entrecoupé de règles à observer : celles sur le sacrifice, celles les villes refuges pour ceux coupables d'un homicide involontaire, celles sur l'héritage, etc.

Deutéronome[modifier | modifier le code]

Le Deutéronome se présente comme un long discours tenu par Moïse aux Hébreux avant sa mort. Dans ce texte sont rappelées les règles auxquelles doivent se soumettre les Hébreux pour garder la bienveillance de Dieu à leur égard. Quelques rappels d'évènements racontés dans les livres précédents servent à montrer la puissance de Dieu, son soutien à son peuple élu et sa colère lorsqu'ils oublient ses commandements. Le texte se termine par un cantique, des bénédictions de Moïse et le bref récit de la mort de ce dernier.

Liens avec les autres livres de la Bible[modifier | modifier le code]

Pentateuque, Hexateuque et Ennéateuque[modifier | modifier le code]

Portrait de Spinoza
Portrait de Spinoza en 1665

Les cinq premiers livres de la Bible forment une unité bâtie autour de Moïse et de la montée hors d'Égypte. La Genèse permet de raconter comment les Hébreux, peuple élu, est arrivé dans ce pays qui au début de l'Exode apparaît comme un cauchemar. Cependant, le récit s'interrompt avant la conquête, lorsque Josué hérite de Moïse le pouvoir de commander le peuple pour s'emparer de la Terre Promise. Le récit de cette conquête se fait dans le livre suivant ce qui a amené certains chercheurs à voir dans le Pentateuque et le Livre de Josué un ensemble dénommé Hexateuque. En allant plus loin, il est possible de voir un ensemble bien plus vaste allant de la Genèse à la fin du deuxième livre des Rois qui raconte l'histoire des Hébreux de la création du monde jusqu'à l'exil à Babylone. Cette longue histoire constituerait alors un ennéateuque[n 2],[R 1].

Baruch Spinoza dans son Traité théologico-politique de 1670, rejette l'idée que Moïse soit l'auteur du Pentateuque et pour appuyer sa démonstration, explique, entre autres arguments, que les cinq livres sont étroitement liés au Livre de Josué, au Juges, au Livre de Ruth, à Samuel et aux livres des rois. Cette évidente parenté peut s'expliquer en supposant un auteur unique tardif, Esdras, qui aurait écrit une histoire complète des Hébreux des origines du monde jusqu'à la chute de Jérusalem. Esdras ne serait toutefois pas l'auteur de tout le Pentateuque car le Deutéronome proviendrait d'une source différente[R 2]. Cette proposition originale n'est généralement pas reprise par les exégèses bien que Wilhelm Martin Leberecht de Wette, théologien allemand du XIXe siècle imagine un récit unique qui conduit des origines à l'exil[R 3]. Cette théorie est difficilement acceptable car elle va à l'encontre de la tradition juive qui a toujours séparé les livres de la Torah (le Pentateuque) et les livres des prophètes auxquels appartiennent Josué, Juges, Samuel et Rois. Par ailleurs, le canon établi par les églises catholiques et orthodoxe n'arrête pas l'histoire du peuple juif au livre des Rois mais le poursuit jusqu'aux Maccabées[R 4].

Si l'idée d'un ennéateuque est difficile à soutenir, celle de l'hexéateuque est un peu plus acceptable car la fin du Deutéronome Josué prend la place de Moïse dans la conduite des Hébreux et cette mission se réalise dans le livre suivant[R 4]. Cette théorie est défendue par Alexander Geddes (en), Abraham Kuenen et Julius Wellhausen[R 3].

Ces deux théories supposent une unité du Pentateuque même qui aurait à l'origine été uni à un ou quatre livres. Toutefois, le Pentateuque même peut être séparé en deux parties. La première irait de la Genèse au livre des Nombres, formant un Tétrateuque, la seconde serait constituée du Deutéronome seul[L 15]. C'est parce que ce livre est singulier au regard des quatre autres, qu'un auteur deutéronomiste a été supposé qui aurait composé un récit qui irait du Deutéronome au second livre des rois. C'est l'unification des deux textes le Tétrateuque et l'histoire deutéronomiste qui aurait constitué l'énnéateuque.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. le titre signifie Le soi-disant Yavhiste
  2. soit neuf livres

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. p. 14
  2. a et b p. 3
  3. p. 36
  4. p. 51
  5. p. 39
  6. p. 40
  7. p. 41
  8. p. 45
  9. a et b p. 38
  10. p. 49
  11. p. 50
  12. p. 15
  13. p. 16
  14. p. 19
  15. p. 30
  1. p. 12
  2. p. 13
  3. p. 14
  4. p. 17
  5. p. 18
  6. p. 19
  1. p. 9-11
  2. p. 11
  3. a et b p. 12
  4. a et b p. 10

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. Les lévites sont les prêtres du peuple juif antique
  2. Benoît Patar, Dictionnaire des philosophes médiévaux, Fides,‎ 2006, 863 p. (ISBN 9782762127416, lire en ligne), p. 628
  3. Ceci fait référence aux deux noms principaux donnés à Dieu : Elohim ou YHWH
  4. (en) Jean-Louis Ska, Introduction to Reading the Pentateuch, Eisenbrauns,‎ 2006, 285 p. (ISBN 9781575061221, lire en ligne), p. 102
  5. a et b (en) Roger Norman Whybray, Introduction to the Pentateuch, Wm. B. Eerdmans Publishing,‎ 1995, 146 p. (ISBN 9780802808370, lire en ligne), p. 3-5

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Félix García López, Comment lire le Pentateuque, Labor et Fides,‎ 2005, 377 p. (ISBN 978-2-8309-1163-3)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Albert de Pury et Thomas Römer, Le Pentateuque en question : les origines et la composition des cinq premiers livres de la Bible à la lumière des recherches récentes, Labor et Fides,‎ 2002, 429 p. (ISBN 9782830910469, lire en ligne)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Thomas Römer, « La construction du Pentateuque, de l'Hexateuque et de l'Ennéateuque : Investigations préliminaires sur la formation des grands ensembles littéraires de la Bible hébraïque », dans Thomas Römer et Konrad Schmid, Les dernières rédactions du Pentateuque, de l'Hexateuque et de l'Ennéateuque, Louvain, Presses universitaires de Louvain,‎ 2007 (lire en ligne)Document utilisé pour la rédaction de l’article

Lien externe[modifier | modifier le code]