Josias

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Josias
Josias sur une peinture du XVIIe siècle du chœur de l'église Sainte-Marie d'Åhus, en Suède (artiste inconnu)
Josias sur une peinture du XVIIe siècle du chœur de l'église Sainte-Marie d'Åhus, en Suède (artiste inconnu)
Titre
Roi de Juda
-640-609[1]
Prédécesseur Amon, son père
Successeur Joachaz, son fils cadet
Biographie
Dynastie Maison de David
Date de naissance vers -648
Lieu de naissance probablement Jérusalem
Date de décès -609
Lieu de décès Megiddo
Nature du décès Mortellement blessé au combat
Sépulture Jérusalem
Père Amon
Enfant(s) Joaqim
Joachaz
Sédécias
Entourage Prophètes Jérémie et Sophonie
Religion Judaïsme
Résidence Palais royal de Jérusalem

Josias (hébreu : יֹאשִׁיָּהוּ) fils et successeur d'Amon, est selon la Bible le 16e roi de Juda de -639 à -609, année où il est vaincu et mortellement blessé à la bataille de Megiddo par le pharaon Nékao II. Il est le père de trois rois qui lui succédèrent sur le trône de Juda : Joachaz, Joaqim et Sédécias. Contemporain des prophètes Jérémie et Sophonie, « nouveau » David, c'est en fait un révolutionnaire, aussi violent, frénétique, sanglant que puritain[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Récit biblique[modifier | modifier le code]

D'après le Deuxième Livre des Rois, pendant la dix-huitième année de son règne, Josias ordonne que l'on répare les dégradations du Temple de Salomon. À cette occasion, le grand prêtre Hilqiyyahu déclare avoir trouvé un exemplaire du « livre de la Loi » dans le Temple (voir 2 Rois 22-8). Après en avoir entendu la lecture, Josias pleure et envoie consulter son Dieu, car il estime que, depuis longtemps, son royaume ne vit pas selon la Loi divine.

Ses serviteurs s'adressent alors à la prophétesse Houlda. Elle répond que Dieu a effectivement condamné le royaume de Juda, mais Josias, qui a bien réagi au rappel de la Loi, n'assistera pas à ce malheur. Josias organise alors une lecture publique du livre au Temple de Salomon, puis ordonne d'éradiquer tout culte qui n'est pas le sien (à l'époque, on vénérait principalement Baal, Ashera et les astres), dans les royaumes de Juda et d'Israël. Pour cela, il s'attaque aux idoles, aux lieux de culte et aux prêtres ; cet acte constitue ce que l'on appelle la réforme de Josias. En particulier, il démolit le veau d'or érigé trois siècles plus tôt à Béthel par Jéroboam Ier, roi d'Israël. Puis il ordonne à son peuple de célébrer la fête annuelle de Pessa'h, qui est signalée comme la plus belle depuis le temps des Juges.

La Bible distingue ce roi comme le plus sensible à la loi de Moïse qui ait jamais gouverné. Toutefois ce n'est pas suffisant pour compenser, aux yeux du Dieu d'Israël, les offenses de l’ancien roi de Juda, son grand-père Manassé.

Armageddon (catastrophe) : tué à Megiddo par le pharaon égyptien Nékao II, Josias est transporté mort à Jérusalem pour y être enseveli.

Analyse[modifier | modifier le code]

Diverses interprétations de ce « livre de la Loi » (Voir 2 Rois 22-8) ont été faites :

  • Certains théologiens juifs considèrent que ce « livre de la Loi » est la Torah (c'est-à-dire les 5 livres du Pentateuque)
  • Saadia Gaon, un rabbin du Xe siècle, considère que la Torah écrite retrouvée à l'époque de Josias est incomplète et que nous ne possédons que ce qui a été transmis par la tradition orale. (Sa'adia Gaon, Heqdem, premier chapitre.)
  • Son identification avec le seul Deutéronome (le dernier livre du Pentateuque) est attesté dès Jean Chrysostome Père de l'Eglise grecque au IVe siècle, reprise par Jérôme Père de l'Eglise latine au Ve siècle.
  • Wilhelm Martin Leberecht de Wette (1805) a imposé à l'exégèse historico-critique l'équivalence entre le « livre de la loi » et le Deutéronome.

Josias fait de ce Livre la base de la réforme de la religion juive et de l'éradication du culte des idoles, des « haut lieux » (semble-t-il des sanctuaires installés sur des hauteurs) et de divinités entourant YHWH

Le polythéisme israélite est en effet bien attesté avant Josias. « Les inscriptions datant du VIIIe siècle, trouvée sur le site de Kuntillet Ajrud, dans le nord-est du Sinaï [...] font apparemment référence à la déesse Asherah comme étant l'épouse de Yahvé[3] ». On trouve aussi la mention « YHWH et son Ashera[3] » sur une inscription datant de la monarchie tardive (vers -600) dans la région de la Shefelah (royaume de Juda).

La Bible présente Josias comme luttant contre ces cultes : il « ordonna […] de retirer du sanctuaire de YHWH tous les objets de culte qui avaient été faits pour Baal, pour Ashera et pour toute l'armée du ciel […]. Il supprima les faux prêtres que les rois de Juda avaient installés et qui sacrifiaient […] à Baal, au soleil, à la lune, aux constellations et à toute l'armée du ciel. […] Il démolit la demeure des prostituées sacrées, qui était dans le temple de YHWH […][4] »

Cette réforme religieuse est présentée par la Bible comme un retour au monothéisme originel partiellement oublié par les israélites. À l'inverse, bon nombre d'historiens considèrent Josias comme le véritable créateur du monothéisme hébraïque moderne, ayant imposé une vision de YHWH comme dieu unique, et non plus seulement comme dieu suprême des israélites. Dans cette hypothèse, Josias n'est pas le créateur de cette vision (qui se dessine dans les sources plus anciennes dites du Yahviste et dans l'Élohiste de l'hypothèse documentaire), mais son porte-parole dans le combat théologique l'opposant à la tendance élohiste.

Postérité littéraire[modifier | modifier le code]

  • Josias. Vrai miroir des choses adueues de notre temps, 1566, Messer Phillone (peut-être le pseudonyme de Louis des Masures). Tragédie traduite de l’italien, Genève, François Perrin ; et 1583, Genève, Gabriel Cartier pour Claude d’Augi.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Thiele. Comme de nombreuses dates concernant les personnages bibliques de cette époque, celles-ci sont approximatives, et peuvent faire l'objet de débats entre exégètes. Cf. Rois de Juda
  2. Simon Sebag Montefiore, Jerusalem, THE BIOGRAPHY 2011, p. 49-50.
  3. a et b Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée, p. 276.
  4. Deuxième livre des rois, 23:4 et suivants.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :