Gazelle

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Les gazelles (genre Gazella) sont des mammifères, de la famille des bovidés, de la sous-famille des antilopinés, vivant dans les steppes d'Afrique et d'Asie. Le nom féminin gazelle est issu du mot Persan ghazâl, qui signifie « élégante et rapide ».

Les gazelles sont des petites antilopes élancées, agiles et très rapides à la course. Certaines gazelles peuvent atteindre une vitesse de 100 km/h[1] sur une distance de plusieurs centaines de mètres ou courir à une vitesse de 50 km/h[1] sur des plus longues distances et aussi la faculté d'entrecouper leurs courses de remarquables bonds. On trouve la plupart des gazelles dans les savanes africaines, sud-asiatiques et au Sahara.

Les gazelles sont des herbivores ruminants ; elles se nourrissent d'herbes, de graminées, de feuilles de buissons… Certaines gazelles peuvent se passer d'eau pendant un temps considérable.

Habitat - résistance à la sécheresse[modifier | modifier le code]

La gazelle habite les régions chaudes et sèches de l'Afrique et une partie du moyen-orient : savane, steppe ou désert. Elle ne transpire pas et son pelage (fauve, blanc, brun) réfléchit les rayons du soleil. Son urine est très concentrée, ses excréments très secs.

Elle est munie d'un système de refroidissement impressionnant, des centaines de petits vaisseaux se trouvent près des parois respiratoires, l'air inspiré par la gazelle refroidit sa paroi nasale et, partant, son sang qui, acheminé par les petits vaisseaux qui fusionnent en un seul vaisseau sanguin qui irrigue directement le cerveau.

Morphologie[modifier | modifier le code]

La taille et le poids des gazelles varient selon les espèces. Elles mesurent de 50 à 110 cm au garrot. Leurs corps est long de 80 à 150 cm avec un poids de 12 à 60 kg. Élancées et gracieuses, elles ont de longues pattes fines et légères et une musculature sèche, concentrée près du corps. Ses os fins sont légers avec une colonne vertébrale très flexible.

Sa tête est petite et porte une paire de cornes annelées, en lyre, en spirale ou droite, toujours plus courtes et plus fines chez les femelles. La gazelle a des sabots serrés, frêles et très pointus, idéaux pour la course. Ses poumons sont très développés et favorisent les échanges gazeux.

Elle est dotée d'une VO2 (volume d'oxygène inspiré à l'effort) de près de 380 ml/(kg·min). La tête claire de la gazelle paraît maquillée : une barre marron (ou noire pour certaines espèces), part de la base des cornes, traverse l'œil pour se terminer entre les naseaux et la bouche.

Comportement[modifier | modifier le code]

Vives, les gazelles ont une très bonne vision (jusqu'à 360 degrés), elles peuvent apercevoir un prédateur à 300 mètres de distance. Excitées, inquiétées ou pour décourager d'éventuels prédateurs, les gazelles s'amusent à bondir : on appelle cela le stotting (en) (une sorte de rebond), des sauts spectaculaires de 2 mètres à la verticale, qui sont encore plus hauts chez les Springboks, pouvant atteindre des records de 3 à 4 mètres[2].

Aux heures les plus chaudes de la journée, elles se reposent à l'ombre des arbres. Elles sont plus actives le matin et au crépuscule, quand il fait moins chaud. Selon les espèces, elles vivent en petits groupes ou en hardes.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Les mâles rejoignent les femelles au moment de la reproduction. En dehors de cette période ils forment des clubs de célibataires. Les mâles adultes se combattent et le vainqueur règne sur un groupe de femelles. Il marque alors son territoire en lisière, en urinant et déféquant sur le sol nu. Il frotte les herbes ou les buissons avec les sécrétions odorantes de sa glande préorbitale (au coin de l'œil). Malgré leur apparence fragile les gazelles sont assez querelleuses et les combats entre mâles peuvent être violents.

La gestation des femelles dure cinq à six mois, les femelles reviennent en chaleur deux ou trois semaines après la mise bas, il est possible que certaines femelles aient deux portées par an. Au terme de la gestation naît un faon, parfois deux. Fragile et tremblant sur ses longues pattes, le faon reste couché près d'un buisson ou dans les hautes herbes pendant quelques jours. Il n'a aucune odeur ce qui le protège des prédateurs ; sa mère vient le nourrir plusieurs fois par jour.

Prédation - défense[modifier | modifier le code]

Saut de springbok, en cas de danger, cette gazelle fait des bonds spectaculaires

Les gazelles adultes en bonnes santé sont très rapides à la course et distancent tous les prédateurs à l'exception des guépards, leurs rivaux. Les nouveau-nés (faons) peuvent être la proie de nombreux prédateurs comme les aigles, les babouins, les caracals… car ils ne courent pas encore très vite et sont assez maladroits sur leurs longues pattes fines. Les gazelles infirmes (malades, blessées ou âgées), peuvent être la proie des lions, des léopards, des hyènes tachetées, des lycaons, des pythons, des crocodiles et même des chacals.

Longévité[modifier | modifier le code]

Peut vivre jusqu'à douze ans dans la nature, jusqu'à vingt ans en captivité.

Captivité[modifier | modifier le code]

Les gazelles ne sont pas très répandues dans les zoos européens, elles le sont plus dans les zoos arabes et américains, à titre d'exemple le Zoo de San Diego présente la plus grande collection de gazelles vivant en captivité au monde avec pas moins de 13 espèces.

En Europe, il y a surtout des groupes reproducteurs de springboks et d'impalas, ces dernières appartenant à des genres différents et uniques, Antidorcas Marsupialis et Aepyceros Melampus, l'avantage étant qu'elles ne peuvent pas s'hybrider avec les autres espèces de gazelles et d'antilopes.

Les espèces de gazelles vivant dans les milieux désertiques d'Afrique du Nord sont extrêmement menacées et peu représentées dans les zoos européens.

Selon les quelques zoos européens qui hébergent des gazelles de Thomson et des gazelles Dorcas, notamment les zoos allemands de Hanovre et Leipzig entre autres, les plus petites espèces du genre « gazelle » (qui comprend les Thomson, Dorcas, etc.) sont plus craintives et plus agressives en captivité, leur acclimatation est donc plus délicate. Les gazelles de Mhorr, les gazelles girafes et les impalas sont moins agressifs, voire pas du tout chez les femelles de ces espèces car elles sont dépourvues de cornes.

Principales espèces[modifier | modifier le code]

Sous le nom générique de gazelle existent de nombreuses espèces assez différentes.

Au sens strict on se limite au genre Gazella :

Mais on trouve également le nom vernaculaire gazelle pour des espèces d'autres genres, de la sous famille des « Antilopinae », et même d'autres sous-familles :

Statut[modifier | modifier le code]

Certaines espèces de gazelles ont disparu, d'autres sont en voie de disparition à cause de la chasse intensive des hommes. Aujourd'hui, les plus menacées sont protégées et leur chasse est interdite. Mais certaines espèces comme les springboks, gazelles de Grant, gazelles de Thomson, impalas... sont toujours chassées pour la qualité de leur viande, leur peau et leurs cornes.

Recensement des populations (21 espèces), Liste rouge de l'UICN :

Espèces Statut Populations Localisations
Ammodorcas clarkei (Dibatag, Gazelle de Clarke) Vulnérable (2007) Diminution 2,500[3] Afrique de l'Est: Éthiopie, Somalie
Eudorcas albonotata (Gazelle Mongalla) Préoccupation mineure (2007) 278,000[4] Soudan, Éthiopie
Eudorcas rufifrons (Gazelle à front roux) Vulnérable (1996) Diminution 25,000[5] Afrique de l'Ouest, Afrique centrale, Afrique de l'Est
Eudorcas rufina (Gazelle Rouge) Éteinte (1996)[6] Afrique du Nord : Algérie
Eudorcas thomsonii (Gazelle de Thomson) Risque d'être menacé, Conservation dépendante (1996) Diminution 550,000[7] Afrique de l'Est : Kenya, Tanzanie et Sud de l'Éthiopie
Gazella arabica (Gazella Arabica) Éteinte (2003)[8] Arabie saoudite
Gazella bennettii (Chinkara, gazelle indienne) Préoccupation mineure (2003) Stable 100,000[9] Inde, Iran, Pakistan, Afghanistan
Gazella bilkis (Gazelle de la reine de Saba) Éteinte (2003)[10] Yémen
Gazella cuvieri (Gazelle de Cuvier) En danger (2007), Annexe 3 CITES 2,500[11] Algérie, Maroc, Tunisie, Sahara occidental
Gazella dorcas (Gazelle Dorcas) Vulnérable (2007) Diminution 40,000[12] toute l'Afrique du Nord
Gazella gazella (Gazelle de montagne d’Arabie) Vulnérable (2003) Diminution 15,000[13] Israël, Oman, Arabie saoudite, Yémen, Émirats arabes unis (Introduite: Iran, République islamique
Gazella leptoceros (Gazelle de Rhim) En danger (2007), annexe 2 CITES Diminution - de 2,500[14] Algérie, Tchad, Égypte, Libye, Mali, Niger, Soudan, Tunisie.
Gazella saudiya (Gazelle Saoudite) Éteinte dans la nature (2003) Population captive en réserve (2007)[15] Irak, Koweït, Arabie saoudite, Yémen
Gazella spekei (Gazelle de Speke) Vulnérable (1996), en danger (2007)[16] Diminution Somalie, possible qu’elle soit éteinte en Éthiopie
Gazella subgutturosa (Gazelle à goitre) Risque d'être menacé (2003), Vulnérable (2006) Diminution 130,000[17] pays arabes, pays asiatiques
Nanger dama (Gazelle Dama) En Danger critique (2006), Annexe 1 CITES Diminution 2,000 dont 300 en captivité[18] Tchad, Mali, Niger, Sénégal, Soudan, Algérie, Sahara occidental
Nanger granti (Gazelle de Grant) Faible risque/Conservation dépendante (1996) Diminution 350,000[19] Éthiopie, Kenya, Somalie, Soudan, Tanzanie, Ouganda
Nanger soemmerringii (Gazelle de Soemmerring Vulnérable (2007) Diminution 14,000[20] Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Somalie
Procapra gutturosa (Gazelle de la Mongolie) Préoccupation mineure (2003) 1,500,000[21] Chine, Mongolie, Russie
Procapra picticaudata (Gazelle du Tibet) Risque d'être menacé (2007) Diminution 100,000[22] Chine, Tibet, Inde
Procapra przewalskii (Gazelle de Przewalski) En danger critique (2003) Diminution - de 2,500[23] Chine

Les espèces d'autres genres:

Espèces Statut Populations Localisations
Aepyceros melampus (gazelle à pieds noirs, impala) Faible risque/Conservation dépendante (1996), Préoccupation mineure (aujourd'hui) Stable 2,000,000[24] Angola, Botswana, Kenya, Malawi, Mozambique, Namibie, Rwanda, Afrique du Sud, Swaziland, Tanzanie, Ouganda, Zambie; Zimbabwe, Gabon, Congo-Kinshasa
Aepyceros melampus petersi (gazelle à pieds noirs, Impala à face noir) Stable 2,200[25] Angola, Namibie
Antidorcas marsupialis (gazelle à poche dorsale, springbok) Faible risque/Conservation dépendante (1996), Préoccupation mineure (aujourd'hui) Augmentation 2,500,000[26] Angola, Botswana, Namibie, Afrique du Sud
Litocranius walleri (gazelle de Waller, Gérénuk) Faible risque/Conservation dépendante (1996), risque d'être menacé (aujourd'hui) Diminution 95,000[27] Djibouti, Éthiopie, Kenya, Somalie, Tanzanie

Photographie[modifier | modifier le code]

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Liste des noms scientifiques[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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