Khâsekhemoui

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Statue de Khâsekhemoui

Khâsekhemoui serait le dernier souverain de la IIe dynastie thinite. Il aurait succédé à Péribsen et précéda son fils Djéser de la IIIe dynastie. Manéthon le nomme Kheneres. Le papyrus de Turin lui compte vingt-sept ans, deux mois, et un jour de règne.

On situe son règne[1] de -2674 à -2647.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Khâsekhemoui
Naissance Date inconnue Décès Date inconnue
Père Père inconnu Grands-parents paternels
Grand-père paternel inconnu
Grand-mère paternelle inconnue
Mère Mère inconnue Grands-parents maternels
Grand-père maternel inconnu
Grand-mère maternelle inconnue
Fratrie Fratrie inconnue
1re épouse Nimaâthâpy Enfant(s) Djéser
Hétephernebty
Initkaes ?
2e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
3e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
4e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Il épouse Nimaâthâpy, ou Nimaâtapis, une princesse du nord et a deux ou trois enfants : Djéser qui sera le fondateur de la IIIe dynastie et qui épouse sa sœur Hétephernebty (ou Hotepphirnebty) et peut-être Initkaes.

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature des pharaons.

Règne[modifier | modifier le code]

Statue de Khâsekhemoui trouvée à Hiérakonpolis - Ashmolean Museum, Oxford
Khâsekhemoui
Période Période thinite
Dynastie IIe dynastie
Fonction roi
Prédécesseur Péribsen
Prise du pouvoir
Dates de règne -2740 (selon R. Krauss)
-2714 à -2687 (selon D. B. Redford)
-2709 à -2682 (selon J. von Beckerath)
-2690 à -2663 (selon A. D. Dodson)
-2674 à -2647 (selon J. Málek)
Durée du règne Vingt-sept ans, deux mois, et un jour (papyrus de Turin)
Successeur Djéser
Passation du pouvoir
Sépulture Non trouvé
Date de découverte Inconnue
Découvreur Inconnu
Fouillée par ?

Sous le règne de Péribsen, la rivalité latente entre le nord et le sud du pays aurait éclaté une nouvelle fois, inaugurant une période d'agitation. Le conflit, d'une nature politico-religieuse, était apparemment légitimé par la lutte mythologique entre les dieux Horus et Seth pour le contrôle de l'Égypte. Il semblerait, d'après la modification de titulature de la part de Peribsen, que les partisans de Seth l'aient d'abord emporté sur leurs adversaires. Une inscription figurant sur un vase rapporte les batailles: « l'année du combat contre les ennemis du nord dans la cité de Nekheb ». Celle-ci (aujourd'hui El-Kab) se trouve sur la rive est du Nil, du côté opposé à Hiérakonpolis, l'ancienne capitale des rois du sud placée sous la protection de la déesse Nekhbet.

Manéthon classe trois rois entre Péribsen et Khâsekhemoui : Sethénès (Senedj), Chérès (Néferkarê) et Néferchérès (Néferkasokar), lesquels ont régné respectivement quarante et un, dix-sept et vingt-cinq ans, dans un climat d'instabilité politique et en laissant de faibles traces et aucun vestige archéologique.

Vient ensuite Khâsekhemoui, le dernier de la dynastie. Sur la base de deux statues de Khâsekhemoui assis, l'une en calcaire, l'autre en schiste, vêtu du manteau du heb-sed et coiffé de la couronne blanche de la Haute-Égypte, des corps contorsionnés évoquent les ennemis tués, au nombre de 47 209, ce qui suggère que les habitants de Nekheb ont probablement mené une lutte très dure pour arracher la victoire. Par la suite, des rapports diplomatiques furent engagés et les dissensions neutralisées, puis le roi de Hiérakonpolis aurait incorporé lors de la réunification définitive de l'État, selon certains spécialistes, à son nom (Khâsekhem) celui des deux dieux avant d'épouser la princesse du nord, Nimaâtapis. Son règne s'acheva dans la paix et laissa place à la IIIe dynastie, dont son épouse sera considéreé comme la figure ancestrale, à l'instar de la reine Iâhhotep pour le Nouvel Empire.

Sépulture[modifier | modifier le code]

Sa sépulture a été retrouvée à Abydos en Haute-Égypte. Cette tombe (référencée par la lettre V), unique en son genre, est la plus vaste et la plus complexe de la nécropole d'Umm el-Qa'ab. De forme trapézoïdale, d'une longueur de 70 mètres et d'une largeur variant de 17 mètres à 10 mètres d'une extrémité à l'autre, elle possède une chambre funéraire édifié en pierre à peu près en son centre.

Elle est fouillée par William Matthew Flinders Petrie, en 1901, puis par Émile Amélineau. Elle contenait de la vaisselle en bronze et cuivre, un sceptre en sardoine bagué d'or, des vases de pierre et des vases en céramique remplis de grains et de fruits. Il y avait aussi de petits objets laqués, des perles de cornaline, des outils en silex et en cuivre, de la vannerie et une grande quantité de sceaux à son nom. Elle a livré également un certain nombre d'artefact provenant du viatique funéraire du roi.

À un kilomètre environ de la tombe, dans le désert d'Abydos, se trouve le Chounet el-Zébib, vaste structure de briques qui dessine un rectangle de 123 mètres sur 64. Ses murs, avec leur articulation en façade de palais, mesurent jusqu'à 5 mètres d'épaisseur et 20 mètres de hauteur. On ignore la fonction exacte de cet édifice semblable à une forteresse. Les fouilles ont révélé l'existence de constructions internes compliquées. Le monument était peut-être associé aux réserves faite pour le ka du roi dans la tombe située à proximité.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon J. Málek. Autres avis de spécialistes : -2740 (R. Krauss), -2714 à -2687 (D. B. Redford), -2709 à -2682 (J. von Beckerath), -2690 à -2663 (A. D. Dodson).

Liens externes[modifier | modifier le code]