Obélisque

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir obélisque (homonymie).

Un obélisque (nom masculin, du grec ancien : ὀϐελίσκος (obeliskos), « brochette à rôtir »[1]) est un monument monolithe élevé, utilisé notamment dans l'architecture sacrée de l'Égypte antique.

Il est composé de trois parties :

  • un piédestal qui assure l'équilibre de l'ensemble,
  • un fût quadrangulaire s'amincissant vers le sommet,
  • une cassure de la pente au sommet pour obtenir la forme d'une pyramide, c'est le pyramidion.

Égypte[modifier | modifier le code]

Benben est le nom égyptien désignant l'obélisque. D'après les Héliopolitains, Atoum- se serait manifesté sous cette forme pour la première fois et l'obélisque serait un rayon de soleil figé. C'est certainement selon cette symbolique que le pyramidion était recouvert de feuilles d'or.

On a retrouvé la trace d'une cinquantaine d'obélisques au moins, dont la plupart se sont conservés ou ont été restaurés ; ces monolithes ont souvent été déplacés et ce depuis l'Antiquité, d'abord par les pharaons eux-mêmes (voir l'exemple de Tanis) puis par les souverains lagides pour orner leurs monuments alexandrins et enfin, emportés hors d'Égypte comme trophées par les empereurs romains. Au XIXe siècle le gouvernement égyptien offrit aux grandes capitales du monde certains de ces colosses de pierre qui ornent désormais de célèbres places ou des parcs.

L'obélisque inachevé d'Assouan se trouve encore dans sa carrière, non détaché du sol rocheux.

Liste d'obélisques égyptiens par ordre chronologique[modifier | modifier le code]

L'aiguille de Cléopâtre (obélisque de Thoutmosis III), au bord de la Tamise, à Londres.
Obélisque de Thoutmôsis III, Istanbul, Turquie
  • obélisque de Pépi Ier à Héliopolis ; premier obélisque monolithe connu, actuellement fragmentaire, ses restes sont visibles sur le site ;
  • deux obélisques de Ramsès II au Caire, un dans l’île d’El Jézirah, l’autre près de l’aéroport, autrefois à Tanis ;
  • obélisque de Ramsès II, achevé par Mérenptah puis Séthi II dit « obélisque de Berlin », où il était conservé (Berlin, Ägyptisches Museum und Papyrussammlung) ; provenance : Athribis ; aujourd'hui au musée archéologique de Poznań en Pologne ;
  • obélisque de Séthi II à Karnak, allée des sphinx du temple d'Amon ;

Liste d'obélisques égyptiens classés par lieux actuels[modifier | modifier le code]

Égypte[modifier | modifier le code]

Karnak[modifier | modifier le code]
Louxor[modifier | modifier le code]
Héliopolis[modifier | modifier le code]
Alexandrie[modifier | modifier le code]
Le Caire[modifier | modifier le code]
Tanis[modifier | modifier le code]

Italie[modifier | modifier le code]

C'est en Italie que l'on trouve le plus grand nombre d'obélisques en provenance d'Égypte, avec plus d'une quinzaine importés à Rome. À la fin du XVIe siècle, le pape Sixte V les fit réériger pour baliser un pèlerinage dans Rome, en les surmontant d'une croix chrétienne et d'autres ornements.

À Rome[modifier | modifier le code]
Dans le reste de l'Italie[modifier | modifier le code]
Obélisque de la fontaine de l'Éléphant, piazza del Duomo à Catane.

Autres lieux[modifier | modifier le code]

Obélisque de Nectanébo II au British Museum

Éthiopie[modifier | modifier le code]

Obélisque à Aksoum

La ville d'Aksoum, ancienne capitale de l'empire axoumite, possède de nombreux obélisques antiques en forme de stèles, dont l'un, emporté par l'Italie lors de l'occupation de l'Éthiopie, a été restitué en 2005 et redressé en 2008. Des fouilles archéologiques menées à sa base ont permis de comprendre ses modes d'érection, et par voie de conséquence de restituer la hauteur originelle de ces stèles géantes intégrées jadis dans des podiums. L'une d'elle constitua même avant son abattage le plus grand et plus haut monolithe jamais dressé dans l'histoire de l'homme, avec 32,60 m hors sol[4].

Obélisques modernes[modifier | modifier le code]

La plupart des obélisques modernes (fort nombreux) sont des édifices de maçonnerie ou de béton, souvent démesurés :

L'obélisque d'Aldégonde, à Reggio Emilia.

Quelques-uns, cependant, continuent la tradition antique de l'obélisque monolithe :

Via della Conciliazione, à Rome.

À Rome, la Via della Conciliazione — dégagée en 1936-50 pour relier la Basilique Saint-Pierre au centre de la capitale — est bordée d'obélisques servant de lampadaires.

De taille plus modeste, l'obélisque est en France une forme très souvent donnée aux monuments aux morts.

Calcul de la masse d'un obélisque[modifier | modifier le code]

Un obélisque (hors socle et pyramidion) est en forme de tronc de pyramide.

Le volume d'un tronc de pyramide[5] ayant une hauteur h et des bases carrées d'arêtes a et b est

h \, \frac{(a^2 + a \, b + b^2)}{3}

On peut arriver à ce résultat en procédant au calcul

\int_0^h \Bigl[ a+(b-a) \, \frac{z}{h} \Bigr]^2 \! \mathrm{d}z

La masse volumique du granite est de 2,6 à 2,7 kg/dm³.

Pour évaluer la masse, multiplier le volume par la masse volumique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « obélisque » du TLFi, sur le site du CNRTL.
  2. Robert Solé, Le Grand Voyage de l'obélisque, Seuil
  3. (en) en:Kingston Lacy
  4. Bertrand Poissonnier, 2012: Les stèles géantes d’Aksum à la lumière des fouilles de 1999
  5. Géométrie dans l'espace

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux
  • Nestor L'Hôte, Notice historique sur les obélisques égyptiens et en particulier sur l'obélisque de Louxor, Paris, Éd. Leleux,‎ 1836 ;
  • E. A. Wallis Budge, Cleopatra's Needles and Other Egyptian Obelisks, Londres, The Religious Tract Society,‎ 1926 (réimpr. 1990) ;
  • Labib Habachi, The Obelisks of Egypt, Charles Scribner's Sons,‎ 1977 (ISBN 046012045X) ;
  • Labib Habachi, The Obelisks of Egypt, skyscrapers of the past, American University in Cairo Press,‎ 1985 (ISBN 9774240227) ;
  • (de) Labib Habachi et Carola Vogel, Die unsterblichen Obelisken Aegyptens, Mainz, von Zabern,‎ 2000 (ISBN 3-8053-2658-0) ;
  • Armin Wirsching, Obelisken transportieren und aufrichten in Aegypten und in Rom, Norderstedt, Books on Demand,‎ 2007, 2e éd. 2010 (ISBN 978-3-8334-8513-8).
Obélisques de Rome, ouvrages en ligne
  • Samuel Ball Platner, A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Londres, Oxford University Press,‎ 1929 (lire en ligne) ;
  • L. Richardson Jr, A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Baltimore, Johns Hopkins University Press,‎ 1992 (lire en ligne).
Obélisques d'Éthiopie, articles en ligne
  • Bertrand Poissonnier, Les stèles géantes d’Aksum à la lumière des fouilles de 1999, vol. 4, in Fauvelle-Aymar Fr.-X. (dir.), Palethnologie de l’Afrique, P@lethnologie,‎ 2012 (lire en ligne), p. 49-86.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :