Thoutmôsis Ier

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Tête colossale de Thoutmôsis Ier conservée au British Museum

Thoutmôsis Ier ou Djéhoutymosé Ier est le troisième pharaon de la XVIIIe dynastie durant le Nouvel Empire. Il prend le pouvoir à la mort d’Amenhotep Ier, avec qui il ne semble pas avoir de liens familiaux directs.

D’après Manéthon, Thoutmôsis Ier règne douze ans et neuf mois. On situe son règne aux alentours de -1504 à -1492[Note 1]. Sans doute d'un âge au moins égal à celui de son prédécesseur[Note 2], Thoutmôsis Ier est déjà père lorsqu'il monte sur le trône. Durant son règne, il fait de grandes campagnes au Levant (jusqu'à l'Euphrate) et en Nubie, repoussant les frontières de l’Égypte plus loin que jamais auparavant. Il construit de nombreux temples en Égypte et fait vraisemblablement creuser, pour lui-même, le premier tombeau de pharaon attesté dans la vallée des rois et établit son temple funéraire à Deir el-Bahari à l'emplacement où sa fille, Hatchepsout construira le sien. Cette dernière est mariée à son fils et successeur Thoutmôsis II.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Gravure de Lepsius le représentant avec Ahmès et Néféroubity
Thoutmôsis Ier
Naissance Date inconnue Décès vers -1493
Père Ahmosé-Sipair ou Amenhotep Ier Grands-parents paternels
Grand-père paternel inconnu
Grand-mère paternelle inconnue
Mère Séniséneb Grands-parents maternels
Grand-père maternel inconnu
Grand-mère maternelle inconnue
Fratrie Fratrie inconnue
1re épouse Ahmès,
Grande épouse royale
Enfant(s) Hatchepsout
Néféroubity
Amenmès ?
Ouadjmès
2e épouse Moutnofret Ire Enfant(s) Thoutmôsis II
Amenmès ?
Ramosé
Moutnofret II
3e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
4e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Sa mère, la dame Séniséneb ou Senseneb, n'était ni fille ni épouse de roi, et on ignore le nom de son père[1]. Il n’est toutefois pas impossible que Thoutmôsis fût de sang royal, bien qu’aucun document ne vienne le confirmer. Certains égyptologues estiment qu'il est le fils du prince Ahmosé-Sipair[2], fils du pharaon Séqénenrê Taâ, et frère d'Ahmosis le fondateur de la dynastie. Il serait alors le cousin, et le plus proche parent, de son prédécesseur[3].

Avant son avènement, il avait épousé Ahmès, peut-être la sœur d'Amenhotep Ier[Note 3], à moins qu'elle ne fût sa propre sœur biologique. Selon toute vraisemblance, Ahmès-Néfertary, veuve d'Ahmôsis Ier et mère du roi défunt, joua un rôle déterminant lors de la transmission du pouvoir. Cette hypothèse se fonde sur la présence de la vieille reine, à côté de la grande épouse royale Ahmès, sur la stèle que le vice-roi de Koush Toure fit ériger dans le Ouadi Halfa, près de Bouhen[4].

Ahmès lui donne deux filles, l'aînée Hatchepsout et la cadette Néféroubity. De son union avec Moutnofret, il a le futur Thoutmôsis II et peut-être trois autres fils qui meurent toutefois avant leur père[5] : Amenmès, qui commandait l'armée, Ouadjmosé (Ouadjmès) et Ramosé.

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature des pharaons.

Règne[modifier | modifier le code]

Thoutmôsis Ier à Deir el-Bahari
Thoutmôsis Ier
Période Nouvel Empire
Dynastie XVIIIe dynastie
Fonction Pharaon
Prédécesseur Amenhotep Ier
Prise du pouvoir  ?
Dates de règne -1593 à -1582 (selon R. Krauss & Murnane)
-1525 à -1516 (selon D. B. Redford)
-1524 à -1518 (selon E. F. Wente)
-1509 à -1497 (selon R. A. Parker)
-1506 à -1494 (selon E. Hornung)
-1506 à -1493 (selon N. Grimal)
-1504 à -1492 (selon J. Málek, D. Arnold, J. von Beckerath, I. Shaw & K. A. Kitchen)
-1503 à -1491 (selon A. D. Dodson)
-1494 à -1482 (selon C. Aldred)
-1483 à -1470 (selon H. W. Helck)
Durée du règne 12 ans, 9 mois (d'après Manéthon)
Successeur Thoutmôsis II
Passation du pouvoir Mort naturelle
Sépulture Non trouvé
Date de découverte Inconnue
Découvreur Inconnu
Fouillée par ?

Exploits militaires[modifier | modifier le code]

L'étendue territoriale maximale de l'Égypte (XVe siècle), règne de Thoutmôsis III

Lors du couronnement de Thoutmôsis, la Nubie se rebelle contre le régime égyptien. Selon les inscriptions du tombeau d’Ahmès fils d'Abana, Thoutmôsis voyagea le long du Nil et combattit les Nubiens, tuant lui-même leur roi[6] : « Sa Majesté (…) décocha sa première flèche qui se ficha dans la poitrine de ce vil ennemi. (…) On fit là un grand carnage et on emmena les habitants en captivité[Note 4]. » Après sa victoire, il revient triomphalement à Thèbes, « pendant que ce vil Nubien [le roi de Kerma ?], était pendu, tête en bas, à la proue du navire royal[7] ».

La deuxième année du règne, le pharaon place une stèle à Tombos, sur laquelle il proclame avoir construit une forteresse près de la troisième cataracte, étendant ainsi en permanence la présence militaire égyptienne, préalablement arrêtée à Bouhen sur la deuxième cataracte[8].

La stèle mentionne également la campagne en Syrie du roi, qui peut donc être datée du début de l'an 2 du règne[9]. Cette campagne conduit les forces égyptiennes plus loin au nord que celles de tous les pharaons précédents. Pour marquer son exploit, le roi fait dresser une stèle à l'endroit où il franchit l’Euphrate. Même si celle-ci n’a pas été retrouvée[10], elle est mentionnée par son petit-fils Thoutmôsis III, lors de ses propres conquêtes au Levant. Au cours de cette campagne, des princes syriens font allégeance à Thoutmôsis. Cependant, après son départ, ils rompent leurs hommages et renforcent leurs défenses contre les campagnes à venir[11]. Thoutmôsis fête ses victoires avec une chasse aux éléphants dans la région du royaume de Niya, près d'Apamée en Syrie[12]. Il rentre en Égypte où il relate sa découverte de l'Euphrate, indiquant « que l'eau coule vers l’amont alors qu’elle devrait couler vers l'aval[11] ». L'Euphrate a été le premier grand fleuve rencontré par les Égyptiens coulant du nord, qui est l’aval du Nil, au sud, qui est l’amont du Nil. Le fleuve est ainsi connu en Égypte comme « L'eau renversée »[11].

Au cours de sa troisième année de règne, Thoutmôsis Ier mène une seconde expédition contre la Nubie, durant laquelle il ordonne de draguer le canal, contournant la première cataracte. Le canal avait été initialement construit sous Sésostris III (XIIe dynastie) afin de faciliter les voyages de l'Égypte à la Nubie, améliorant l’intégration de la Nubie dans l'empire égyptien[11]. Cette expédition est mentionnée dans deux inscriptions séparées par le fils du roi Toure :

« Le 22e jour du premier mois de la troisième saison de 3e année de sa majesté du roi de Haute et Basse Égypte, Âakhéperkarê à qui est donné la vie, sa Majesté ordonna de draguer ce canal après avoir découvert qu’il était bouché par des pierres [de sorte qu']aucun [navire ne naviguait dessus]. Le 22e jour du premier mois de la troisième saison de 3e année, sa Majesté a navigué sur ce canal dans la victoire et dans la puissance de son retour après avoir renversé le malheureux royaume de Koush[13]. »

Thoutmôsis doit alors faire face à une nouvelle révolte en Nubie dans sa quatrième année de règne[9]. Écrasée par les troupes égyptiennes, celle-ci a pour conséquence d'avancer encore davantage la frontière sud de l'Égypte, jusqu’au niveau de Kénissa, en amont de la quatrième cataracte[10]. Cette campagne porte sans doute le coup décisif au royaume de Kerma. Deux stèles relatent ces exploits, l’une à Tombos, au niveau de la troisième cataracte, et l’autre à Kénissa, gravée dans le rocher à Hager-el-Meroua. Cette dernière témoigne d'une frontière méridionale étendue jusqu'à la quatrième cataracte, limite encore jamais atteinte.

Durant son règne, Thoutmôsis Ier lance plusieurs projets qui mettent fin à l'indépendance de la Nubie pour le reste du Nouvel Empire. Il agrandit le temple de Sésostris III et Khnoum à Semna ouest[14]. Il maintient dans sa charge de « vice-roi de Koush, chef des pays du Sud », aussi connu sous le nom de « Fils royal de Koush »[15], un homme du nom de Toure, nommé du temps d'Amenhotep Ier et sans doute fils du vice-roi précédent[16]. Avec un représentant civil du roi établi de façon permanente en Nubie elle-même, le contrôle du pays devient plus facile[9]. Le Fils royal de Koush a également pour tâche d'accomplir des rites religieux spécifiques à la place du roi dans les temples de Nubie[17].

Projets de construction[modifier | modifier le code]

Stèle de Thoutmôsis Ier au musée égyptien du Caire
Obélisque de Thoutmôsis Ier dans la cour du quatrième pylône de Karnak

Le programme de construction de Thoutmôsis Ier au cours de son règne est vaste, concernant de nombreux temples et des tombeaux, mais son plus grand projet est le temple de Karnak, sous la supervision de l'architecte Inéni[18]. Avant le règne de Thoutmôsis, Karnak était probablement constitué d'une plate-forme primitive, sise dans la cour dite « cour du Moyen-Empire » constituée d'un sanctuaire principal et de deux salles en enfilade[Note 5] duquel partait peut-être une longue voie d'accès unique conduisant à un débarcadère, et ponctuée sur son tracé de chapelles-reposoirs ultérieurement réemployées[19]. Thoutmôsis est le premier roi agrandissant considérablement le temple. Il construit le cinquième pylône le long de la route principale du temple, fait édifier un mur entourant le sanctuaire et deux mâts flanquant la porte[20]. À l’extérieur, il construit le quatrième pylône et un autre mur d'enceinte[20]. Entre les quatrième et cinquième pylônes, en « belle pierre blanche de Tourah »[21], il bâtit une salle hypostyle construite avec des colonnes en bois de cèdre. Ce type de structure était commun dans les temples égyptiens, et censé représenter un marais de papyrus, symbole de la création[22]. Le long du mur extérieur de cette salle, il construit des statues colossales, chacune portant en alternance la couronne de la Haute-Égypte et celle de Basse-Égypte[20]. Enfin, en dehors du quatrième pylône, il érige quatre autres mâts[20] et deux obélisques, bien que l'un d'entre eux, maintenant abattu, ait été inscrit au nom de Thoutmôsis III, cinquante ans plus tard environ[18]. Les colonnes de cèdre de la salle hypostyle de Thoutmôsis Ier ont été ultérieurement remplacées par des colonnes de pierre, sous le règne de Thoutmôsis III. Toutefois, les deux colonnes les plus septentrionales l’ont été par Thoutmôsis Ier lui-même[18]. Hatchepsout érigea aussi deux de ses propres obélisques à l'intérieur de la salle hypostyle de Thoutmôsis Ier[20].

Outre Karnak, Thoutmôsis Ier a également construit des statues de l’Ennéade à Abydos, des bâtiments à Armant, Ombos, Al-Hibah, Memphis et Edfou, ainsi que des expansions mineures aux construction nubiennes de Semna, Bouhen, Aniba, et Quban[23].

Thoutmôsis Ier est le premier pharaon enterré définitivement dans la vallée des rois[10]. Inéni a été chargé de faire creuser cette tombe, et sans doute construire le temple funéraire[12]. Ce dernier n'a pas été retrouvé, probablement parce qu'il a été incorporé ou démoli par la construction de celui d'Hatchepsout à Deir el-Bahari[24]. Son tombeau, cependant, a été identifié comme étant la tombe KV20. À l'intérieur se trouvait un sarcophage en quartzite jaune portant le nom de Thoutmôsis[25]. Son corps semble toutefois avoir été déplacé par Thoutmôsis III dans le tombeau KV38, qui contient également un sarcophage avec le nom de Thoutmôsis Ier[10].

Sépulture[modifier | modifier le code]

Thoutmôsis Ier a été enterré au départ dans la tombe KV20, qui sera réutilisée par sa fille Hatchepsout, plutôt que dans la KV38, découverte en mars 1899 par Victor Loret, qui ne peut avoir été construite pour Thoutmôsis Ier que durant le règne de son petit-fils Thoutmôsis III suivant « une récente réexamination de la structure et le contenu de KV38 »[26]. L'emplacement de la tombe KV20 est connu depuis l'expédition napoléonienne de 1799, bien que son propriétaire d'origine soit resté inconnu, et, en 1844, le savant prussien Karl Richard Lepsius a partiellement exploré ses couloirs supérieurs[27]. Toutefois, l'ensemble de ses couloirs « était bloqué par une masse solidifiée de gravats, de petites pierres et de débris qui avaient été transportés dans la tombe par les eaux », et il a fallu attendre la saison de fouilles 1903/1904 d’Howard Carter, après les deux saisons précédentes de travail acharné, pour percer les couloirs et pénétrer dans la double chambre funéraire[27]. Là, parmi des débris de poteries et des récipients en pierre brisés de la chambre funéraire et des passages inférieurs, on découvrit les restes de deux vases de la reine Ahmès-Néfertary qui faisaient partie du mobilier funéraire originel de Thoutmôsis Ier. L'un des vases contient une inscription qui stipule que Thoutmôsis II l'a fait « comme son monument pour son père[28] ». D’autres pièces portant les noms et titres de Thoutmôsis Ier ont également été inscrites par son fils et successeur, Thoutmôsis II, ainsi que des fragments de vases de pierre faits pour Hatchepsout avant qu'elle ne devienne pharaon, et que des navires portant son nom royal de « Maâtkarê », un nom pris seulement après qu'elle a pris le pouvoir[29].

Momie attribuée à Thoutmôsis Ier

Carter a également trouvé deux cercueils séparés dans la chambre funéraire. Le sarcophage en bois sculpté d'Hatchepsout a été découvert « ouvert sans reste de corps, et le couvercle jeté sur le plancher » ; il est maintenant installé au musée égyptien du Caire avec une paire de canopes en quartzite jaune[29]. Un deuxième sarcophage a été retrouvé allongé sur son côté avec son couvercle, appuyé sur le mur, presque sans dommage. Il a finalement été donné à Théodore Monroe Davis, sponsor financier de ces fouilles comme cadeau en reconnaissance pour son soutien financier généreux[29]. Davis, à son tour, le donna au musée des beaux-arts de Boston. Le second sarcophage en quartzite avait initialement été gravé au nom du « roi de Haute et Basse Égypte, Maâtkarê Hatchepsout[29] ». Toutefois, lorsque le sarcophage fut fini, Hatchepsout commanda un tout nouveau sarcophage pour elle-même et fit don du sarcophage existant à son père, Thoutmôsis Ier[29]. Les tailleurs de pierre ont ensuite tenté d'effacer les gravures originales afin de pouvoir les remplacer par le nom et les titres de Thoutmôsis Ier. Ce sarcophage de quartzite mesure 7 pieds de long par 3 de large avec des parois épaisses de 5 pouces et porte un texte proclamant la générosité d'Hatchepsout envers son père :

« (…) Vive l'Horus féminin (…) le roi de Haute et Basse Égypte, Maâtkarê, le fils de Rê, Hatchepsout-Khnemet-Amon ! Puisse-t-elle vivre à jamais ! Elle le fait comme un monument pour son père qu'elle aimait, le Bon Dieu, Seigneur des Deux Terres, Âakhéperkarê, le fils de Rê, Thoutmôsis le justifié[30]. »

Toutmôsis n’était cependant pas destiné à reposer aux côtés de sa fille après la mort d'Hatchepsout. Thoutmôsis III, le successeur d'Hatchepsout, a décidé d’enterrer son grand-père dans une tombe bien plus belle, la tombe KV38, qui comportait un autre sarcophage jaune dédié à Thoutmôsis Ier et inscrit avec des textes proclamant l'amour de ce pharaon pour son grand-père décédé[31]. Cependant, les restes de Thoutmôsis Ier furent encore dérangés à la fin de la XXe dynastie lorsque la tombe KV38 fut pillée, le couvercle du sarcophage brisé et les précieux bijoux du roi et son mobilier funéraire volés[31].

Sa momie a finalement été découverte en 1881 dans la « cachette royale » de Deir el-Bahari (tombe DB 320), située dans les collines au-dessus du temple mortuaire d'Hatchepsout. Il fut enterré avec les momies d'autres pharaons des XVIIe, XVIIIe et XXIe dynasties, Amenhotep Ier, Thoutmôsis II, Thoutmôsis III, Ramsès Ier, Séthi Ier, Ramsès II et IX, Pinedjem Ier, Pinedjem II et Siamon.

Le cercueil originel de Thoutmôsis Ier a été repris et réutilisé plus tard par un pharaon de la XXIe dynastie. La momie de Thoutmôsis était considérée comme perdue, mais l’égyptologue Gaston Maspero, se basant en grande partie sur les fortes ressemblances familiales entre les momies de Thoutmôsis II et de Thoutmôsis III, semble avoir découvert sa momie dans celle référencée sous le numéro 5283[32]. Cette identification a été appuyée par des examens ultérieurs, révélant que la technique d’embaumement utilisée est celle de la période de Thoutmôsis, presque certainement postérieure à celle d'Ahmôsis Ier et réalisée au cours de la XVIIIe dynastie[33].

Gaston Maspero décrit la momie de la manière suivante :

« Le roi était déjà avancé en âge au moment de sa mort, à plus de cinquante ans, à en juger par ses dents incisives, qui sont usées et rongées par les impuretés dont le pain égyptien était rempli. Le corps, bien que petit et maigre, montre une force musculaire inhabituelle : la tête est chauve, les traits sont raffinés, et la bouche porte encore une expression caractéristique de finesse et de ruse[32]. »

La momie considérée comme celle de Thoutmôsis Ier est exposée au musée égyptien du Caire. Toutefois, en 2007, le docteur Zahi Hawass a annoncé que cette momie qui était auparavant considérée comme celle de Thoutmôsis Ier est celle d'un homme de trente ans, mort à la suite d'une blessure de flèche à la poitrine. En raison du jeune âge de la momie et de la cause de la mort, il a été déterminé que la momie n’est probablement pas celle du roi Thoutmôsis lui-même[34].

Notes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon J. Malek, D. Arnold, J. von Beckerath, I. Shaw, K.A. Kitchen.
    Autres avis de spécialistes : -1525 à -1516 (D.B. Redford), -1524 à -1518 (E.F. Wente), -1509 à -1497 (R.A. Parker), -1506 à -1494 (E. Hornung), -1506 à -1493 (N. Grimal), -1503 à -1491 (A.D. Dodson), -1494 à -1482 (C. Aldred), -1593 à -1482 (E. Krauss, Murnane), -1483 à -1470 (H.W. Helck).
  2. Dans le temple de Deir el-Bahari construit par sa fille, la scène de la théogamie, relatant la conception d'Hatchepsout, désigne Thoutmôsis Ier par le terme d'inpou, désignation d'un roi avant son accession au pouvoir
  3. « Il épousa une Ahmès dont l'apparentement à la famille royale n'est pas assuré. » (Lalouette 1995, p. 157)
  4. Inscription du tombeau du « chef des rameurs » Ahmès fils d'Abana (Sethe 1932-1961, p. 8)
  5. Éléments minimums du temple

Références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Thutmosis I » (voir la liste des auteurs)

  1. Bryan 2003, p. 220
  2. Dodson et Hilton, The Complete Royal Families of Ancient Egypt, p. 126 et 128.
  3. Olivier Tiano, 100 fiches d'histoire égyptienne, Bréal, 2010
  4. Sethe 1932-1961, p. 79
  5. Lalouette 1995, p. 164
  6. Steindorff et Seele 1942, p. 34
  7. Sethe 1932-1961, p. 8
  8. Breasted 1906, p. 28
  9. a, b et c Steindorff et Seele 1942, p. 35
  10. a, b, c et d Shaw et Nicholson 1995, p. 289
  11. a, b, c et d Steindorff et Seele 1942, p. 36
  12. a et b Gardiner 1964, p. 179
  13. Oakes 2003, p. 207
  14. Erman 1894, p. 503
  15. Breasted 1906, p. 27
  16. Lalouette 1995, p. 171-172
  17. Breasted 1906, p. 25
  18. a, b et c Breasted 1906, p. 41
  19. Grimal 1988, p. 389-390
  20. a, b, c, d et e Grimal 1988, p. 390
  21. inr ḥḏ nfr n ˁnw (Sethe 1932-1961, p. 56)
  22. Shaw 2003, p. 168
  23. « Thoutmôsis Ier », touregypt.net (consulté le 2 août 2006)
  24. Gardiner 1964, p. 170
  25. Gardiner 1964, p. 176
  26. Tyldesley 1996, p. 121-125
  27. a et b Tyldesley 1996, p. 122
  28. Tyldesley 1996, p. 123-124
  29. a, b, c, d et e Tyldesley 1996, p. 124
  30. Tyldesley 1996, p. 125
  31. a et b Tyldesley 1996, p. 126
  32. a et b Maspéro
  33. Smith 2000, p. 25-28
  34. (en) Lisa Anderson, « Mummy awakens new era in Egypt », Chicago Tribune,‎ 14 juillet 2007 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Adolf Erman, Life in Ancient Egypt, London, Macmilian and Company,‎ 1894
  • Gaston Maspéro, Histoire de l'Égypte, la Chaldée, la Syrie, la Babylonie et l'Assyrie
  • (en) James Henry Breasted, Ancient Records of Egypt, t. 2, Chicago, University of Chicago Press,‎ 1906 (ISBN 90-04-12989-8)
  • (de) K. Sethe, Urkunden des ägyptischen Altertums, vol. 4 : Urkunden der 18. Dynastie, Leipzig,‎ 1932-1961
  • (en) George Steindorff et Keith Seele, When Egypt Ruled the East, University of Chicago,‎ 1942
  • (en) Sir Alan Gardiner, Egypt of the Pharaohs, Oxford University Press,‎ 1964 (ISBN 0-19-500267-9)
  • (de) Wolfgang Helk, « Schwachstellen der Chronologie-Diskussion », Göttinger Miszellen, Göttingen,‎ 1983
  • Nicolas Grimal, Histoire de l'Égypte ancienne,‎ 1988 [détail des éditions]
  • Claude Vandersleyen, L'Égypte et la vallée du Nil, t. 2, Presses Universitaires de France,‎ 1995 (ISBN 978-2-13-046552-2)
  • Claire Lalouette, Thèbes et la naissance d'un Empire,‎ 1995 [détail des éditions]
  • (en) Ian Shaw et Paul Nicholson, The Dictionary of Ancient Egypt, The British Museum Press,‎ 1995
  • (en) Joyce Tyldesley, The Hatchepsut: The Female Pharaoh, Penguin Books, hardback,‎ 1996
  • (de) Jürgen von Beckerath, Chronologie des Pharaonischen Ägypten, Verlag Philipp von Zabern,‎ 1997
  • (en) G. Elliot Smith, The Royal Mummies, Gerald Duckworth & Co Ltd,‎ 2000 (ISBN 0-7156-2959-X)
  • (en) Edward Bleiberg, « Thutmose I », The Oxford Encyclopedia of Ancient Egypt Ed. Donald Redford, Oxford University Press, vol. 3,‎ 2001
  • (en) Betsy M. Bryan, The 18th Dynasty before the Amarna Period [« Ian Shaw, The Oxford History of Ancient Egypt »], Oxford University Press,‎ 2003
  • (en) Lorna Oakes, Pyramids, Temples and Tombs of Ancient Egypt, Hermes House,‎ 2003
  • (en) Ian Shaw, The Exploring Ancient Egypt, Oxford University Press,‎ 2003

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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