Khéops

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Statue de Khéops au musée égyptien du Caire

Khéops (Khoufou) est le deuxième pharaon de la IVe dynastie. Manéthon l’appelle Souphis Ier et lui compte soixante-trois ans de règne. Le papyrus de Turin présente une lacune pour son nom, mais lui compte vingt-trois ans.

On situe ses 23 ans de règne aux alentours de -2551/-2549 à -2528/-2526 selon J. P. Allen / J. Málek[1].

Nom[modifier | modifier le code]

Khéops, dont le nom reflète exactement la transcription du nom égyptien du roi Khoufou, est également connu sous le nom hellénisé Chéops[2] (grec : Χέοψ), par Diodore de Sicile et Hérodote, ainsi que sous un autre nom hellénisé, Souphis (grec : Σοῦφις), par Manéthon[3]. Une autre version (rare) de son nom, utilisé par Flavius Josèphe, est Sofe (grec : Σοφε)[4]. Des historiens arabes qui ont écrits des histoires mystiques au sujet de Khéops et des pyramides de Gizeh l'ont appelé Saurid ou Salhuk[5].

Généalogie[modifier | modifier le code]

Khoufou (Khéops)
Naissance Date inconnue Décès Date inconnue
Père Snéfrou Grands-parents paternels
Houni
Mérésânkh Ire
Mère Hétep-Hérès Ire Grands-parents maternels
Houni
Grand-mère maternelle inconnue
Fratrie Néfermaât
Néfertkaou
Ka-Néfer
Ânkhkhâf
1re épouse Mérititès Ire Enfant(s) Kaouab Ier
Baoufrê
Djédefhor
Mérésânkh II
2e épouse Hénoutsen Enfant(s) Khoufoukhâf
Khéphren
Khâmerernebty Ire
Minkhâf
3e épouse Noubet Enfant(s) Khentetenka
Djédefrê (Didoufri)
Hétep-Hérès II
4e épouse inconnue Enfant(s) Horbaf
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Avec ses quatre épouses, il a douze enfants, dont Hétep-Hérès II qui épouse ses frères Kaouab Ier et Djédefrê (le roi suivant).

En dehors des successeurs de Khoufou sur le trône d'Horus qui établirent leur propre monument funéraire, presque tous les membres de cette famille royale se firent construire leur tombeau au voisinage immédiat de la grande pyramide de Khéops à Gizeh.

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature des pharaons.

Règne[modifier | modifier le code]

Tête de Khéops en ivoire exposée au Altes Museum
Tête supposée de Khéops, (musée national d'art égyptien de Munich)
Khoufou (Khéops)
Période Ancien Empire
Dynastie IVe dynastie
Fonction Pharaon
Prédécesseur Snéfrou
Prise du pouvoir Mort naturelle du précédent
Dates de règne -2620 à -2580 (selon R. Krauss : 40 ans)
-2609 à -2584 (selon D. B. Redford : 25 ans)
-2589 à -2566 (selon I. Shaw : 23 ans)
-2579 à -2556 (selon J. von Beckerath : 23 ans)
-2555 à -2520 (selon D. Arnold : 35 ans)
-2551 à -2528 (selon J. P. Allen : 23 ans)
-2549 à -2526 (selon J. Málek : 23 ans)
-2547 à -2524 (selon A. D. Dodson : 23 ans)
-2538 à -2516 (selon P. Vernus & J. Yoyotte : 22 ans)
Durée du règne Inconnue
Successeur Djédefrê
Passation du pouvoir Mort naturelle
Sépulture Non trouvé
Date de découverte Inconnue
Découvreur Inconnu
Fouillée par ?

Le règne de Khéops, en égyptien Khoufou, abréviation de Khnoum-koue-foui (Khnoum me protège), est assez mal connu. Seule une statuette en ivoire d'une dizaine de centimètres à son effigie nous est parvenue. Il est le fils du roi Snéfrou et de la reine Hétep-Hérès Ire, et est considéré par certains comme l'un des plus grands de l'histoire de l'Égypte antique.

Sa réputation repose surtout sur ses réalisations architecturales, entre autres la Grande pyramide de Gizeh, dont la construction dura vingt années, nécessitant 20 000 ouvriers, et considérée de nos jours comme la perfection en termes de technique de construction et d'architecture des pyramides égyptiennes. Son complexe funéraire comprend également les pyramides des reines Mérititès Ire (ou Méritit) et Hénoutsen, les tombes de ses fils et un mastaba de sa fille Néfertiabet ; Khéops aménagea aussi une sépulture pour sa mère Hétep-Hérès Ire après que sa tombe originelle eut été pillée.

Selon Hérodote et les contes du papyrus Westcar (Nouvel Empire), à l'inverse de son père, le pharaon Snéfrou, Khéops était considéré comme un pharaon cruel et injuste envers son peuple. Cette réputation provient sans doute du fait que l'on imaginait mal un tel édifice être construit autrement que par des esclaves, dans la sueur et la souffrance.

Or, de récentes découvertes, suite aux fouilles menées par Mark Lehner ont révélé une ville des artisans et ouvriers à Gizeh. Il apparaît que ceux-ci étaient bien nourris, soignés et le cliché des esclaves menés au fouet est battu en brèche par les découvertes faites sur le terrain et dans les tombes. L'hypothèse a été émise que le projet des pyramides aurait pu constituer un projet fédérateur et un moyen politique et spirituel de réaliser l'unité des Deux Terres. À ces artisans et ouvriers spécialisés se joignait une main-d'œuvre venue des villages de toute l'Égypte, sans doute de façon non permanente, et les villages contribuaient également à ce grand projet religieux en envoyant des vivres.

Khoufou construisit également des temples, en particulier il entama la construction du temple d'Hathor à Dendérah et on a retrouvé dans les fondations du temple de Bastet à Bubastis des éléments d'un monument à son nom.

C'est sous ce règne fastueux pour l'architecture et la royauté que les nécropoles se développent de manière significative autour du complexe funéraire royal. Cette tendance déjà amorcée sous les règnes précédents et notamment celui de son père Snéfrou n'avait jamais pris une telle ampleur ce qui démontrerait qu'à l'époque de Khoufou la constitution de l'État est achevée et atteint déjà son apogée.

Le privilège de pouvoir se faire inhumer aux côtés de son maître représenta alors la meilleure manière d'afficher sa réussite dans ce qu'était la société égyptienne d'alors. Le roi est au centre de tout et domine de son écrasant monument une vaste nécropole conçue à l'image de la cour. Plus sa sépulture est en vue de la pyramide royale, plus le rang est élevé. De nombreux mastabas livrèrent les statues et les fausses portes de ces courtisans, qui souhaitaient poursuivre dans leur mort leur service au plus proche de leur souverain.

Sépulture[modifier | modifier le code]

La pyramide de Khéops, la plus grande d'Égypte, est une pyramide à faces lisses, située sur le plateau de Gizeh à proximité du Caire.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Autres avis de spécialistes : -2620 à -2580 (R. Krauss), -2609 à -2584 (D. B. Redford), -2579 à -2556 (J. von Beckerath), -2589 à -2566 (I. Shaw), -2555 à -2520 (D. Arnold), -2551 à -2528 (J. P. Allen), -2549 à -2526 (J. Málek), -2547 à -2524 (A. D. Dodson), -2538 à -2516 (Dictionnaire des Pharaons de P. Vernus et J. Yoyotte, p. 42).
  2. Le nom « Chéops » suit les règles modernes d'orthographe des mots transcrits du grec ancien (voir Romanisation du grec).
  3. Aidan Dodson: Monarchs of the Nile. American Univ in Cairo Press, 2000, (ISBN 977-424-600-4), p. 29–34.
  4. Flavius Josephus, Folker Siegert: « Über Die Ursprünglichkeit des Judentums (Contra Apionem), Volume 1, Flavius Josephus », dans : Schriften Des Institutum Judaicum Delitzschianum, Westfalen Institutum Iudaicum Delitzschianum Münster). Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen 2008, (ISBN 3-525-54206-2), p. 85.
  5. Gerald Massey: The natural genesis, or, second part of A book of the beginnings: containing an attempt to recover and reconstitute the lost origines of the myths and mysteries, types and symbols, religion and language, with Egypt for the mouthpiece and Africa as the birthplace, vol. 1. Black Classic Press, 1998, (ISBN 1574780107), p. 224-228.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Zahi Hawass: The Khufu Statuette: Is it an Old Kingdom Sculpture? In: Paule Posener-Kriéger (Hrsg.): Mélanges Gamal Eddin Mokhtar (Bibliothèque d'étude 97, 1). Band 1. Institut français d'archéologie orientale du Caire, Le Caire 1985, (ISBN 2-7247-0020-1), S. 379–394, Tafel IIII, (PDF; 8,9 MB).
  • Auguste Mariette-Bey: Monuments divers recueillis en Égypte et en Nubie. Librairie A. Franck, Paris 1872, S. 53.
  • Aidan Mark Dodson, Dyan Hilton: The Complete Royal Families of Ancient Egypt. The American University in Cairo Press, Kairo 2004, (ISBN 977-424-878-3).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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