Période Gojoseon

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Gojoseon ou Ko-Choson
고조선 (古朝鮮)

2333 av. J.-C.108 av. J.-C.

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La Corée en -108

Informations générales
Capitale Asadal, Wanggomsong
Religion Chamanisme

Entités suivantes :

Gojoseon (le Joseon ancien) est un royaume essentiellement légendaire qui marque l'apparition de la civilisation coréenne et s'étendait sur le Liaoning et la région de Pyongyang. La tradition donne l'année 2333 av. J.-C. comme date de sa fondation et cette année a été reprise comme étant l'année 0 du calendrier de la Corée du Sud avant 1961. Les plus anciens textes coréens le concernant sont le Samguk Yusa (XIIIe siècle) et le Tongguk Tonggam (XVe siècle).

Le Gojoseon commence à être mentionné dans des sources contemporaines à partir du Ve siècle av. J.-C, elles sont toutes d'origines chinoises comme par exemple le Guanzi[1], les Mémoires du Grand Historien et le Livre des Han[2]. Ce royaume disparait en 108 av. J.-C. suite à la fondation de l'empire Han qui provoque l'installation en Corée d'opposants chinois, installation qui bouleverse l'histoire du pays et mène finalement à son absorption dans les territoires de la dynastie Han. Son degré d'organisation, son extension et sa date réelle de création sont l'objet de controverses[3]'[4]'[5]'[6]. Il est généralement estimé qu'un vrai système étatique n'est apparu que vers -400/500[7].

La période du Joseon ancien est traditionnellement divisée en trois phases[7]'[8] : le Joseon de Tangun (-2333 à env. -1126), le Joseon de Kija (env. -1126 à -194) et le Joseon de Wiman (-194 à -108).

Le Joseon de Tangun[modifier | modifier le code]

La fondation du royaume de Gojoseon est décrite dans le cadre du mythe fondateur de la Corée et de la légende de Tangun présentée dans le Samguk Yusa[2] et le Chewang Ungi, deux textes du XIIIe siècle. La date de cet événement est donnée par le Samguk Yusa, le Sejong Sillok et le Tongguk Tonggam qui tous s'accordent pour la placer sous le règne de l'empereur Yao (-2356 à -2255), un souverain mythique de la Chine. -2333 est la date habituellement retenue. La légende est complétée par le Kyuwon Sahwa (1675) qui donne aussi une liste des successeurs de Tangun.

La légende de Tangun[modifier | modifier le code]

Hwanung, fils du Créateur, accepte de transformer une ourse et une tigresse si elles réussissent à passer cent jours dans l'obscurité, ne se nourrissant que d'un peu de poireau (ou d'armoise, selon les versions) et de vingt têtes d'ail. La tigresse ne supporte ce régime que 37 jours et s'enfuit de la caverne ; l'ourse réussit, est transformée en femme, qui prend pour nom Ungnyo (femme ourse) et épouse Hwanung. De cette union naît Tangun qui s'installe en Corée avec une suite de plusieurs milliers de serviteurs, et fonde le royaume de Joseon[2]. Cet événement mythique, situé en 2333 av. J.-C., est retenu comme date de fondation de la civilisation coréenne, et fêté chaque année le 3 octobre. Tangun apporte avec lui l'enseignement de plusieurs centaines de métiers (médecine, artisanats divers, agriculture).

Le Joseon de Kija[modifier | modifier le code]

Kija aurait été l'oncle de Di Xin, le dernier roi de la dynastie chinoise des Shang. Sous son successeur, le roi Wu de la dynastie Zhou, il part pour Joseon avec 5000 hommes et prend la tête de ce royaume. Il apporte avec lui la riziculture, les vers à soie et d'autres facettes de la civilisation chinoise, notamment les huit prohibitions[7]. Il fonde un royaume qui dure jusqu'en 193 av. J.-C.. Cette histoire est essentiellement connue à travers le Livre des Han (111 av. J.-C). Il existe une liste des rois qui se sont succédé entre -1126 et -193 mais son authenticité n'est pas reconnue et seuls les deux derniers sont attestés par des sources contemporaines, notamment le Weilüe (en). Ce sont les rois Pu et Chun.

Dans l'historiographie traditionnelle coréenne, les plus anciennes mentions de Kija se trouvent dans le Samguk Sagi (1145) puis dans le Samguk Yusa (1281) et le Chewang Ungi (1287). Les descriptions les plus complètes sont cependant apportées par le Kijaji de Yun Tusu et le Kija Silgi de Yi I, tous deux publiés en 1580. Symbole de l'influence chinoise sur la civilisation coréenne, son culte se développe à cette époque parallèlement au développement du néoconfucianisme et un mausolée est construit en son honneur à Pyongyang sur le lieu présumé de sa tombe[9]. À partir du XXe siècle, les historiens se montrent nettement plus critiques à son sujet et la venue de Kija en Corée est maintenant considérée comme une légende[6]'[8].

Le Joseon de Wiman[modifier | modifier le code]

L'arrivée de Wiman marque une nouvelle étape de l'histoire coréenne. Il serait originaire du royaume de Yan, vaincu par l'empire Qin[2]'[7]. Le commerce avec la Chine se développe, Mais, l'hostilité de ce royaume à la Chine et l'alliance avec les Xiong Nu, féroces ennemis de la Chine, suscitent une attaque de l'empereur Wudi. Celui-ci vainc le royaume coréen en trois campagnes, la dernière en 108 av. J.-C.

En 108 av. J.-C., l'empereur Han soumet ce royaume agité, et y établit quatre commanderies :

  • Nangnang (Lelang), dans le bassin du Taedong et contrôle l'ancien royaume de Wiman ;
  • Hyeondo (Xuantu, province de Yalu-Tongjia) ;
  • Imdun (Lintu, dans le sud de la province de Hamgyong) ;
  • Jinbeon (Zhenfan au fleuve Han dans le centre de la Corée).

C'est le début d'une période de luttes entre les royaumes de Corée et l'empire de Chine. Les deux dernières commanderies ne durèrent que 25 ans ; Xuantu dut être déplacée. Mais en divisant les tribus coréennes proches de Lelang et en s'appuyant sur d'autres tribus plus éloignées, la Chine put maintenir celle de Lelang quatre siècles, et ce malgré l'opposition immédiate et permanente de Koguryo. La ville compta jusqu'à 400 000 habitants.

Certains des habitants des régions contrôlées par la Chine en partirent et se réfugièrent dans les royaumes voisins (Koguryo et Puyo, Chin (qui existait déjà à l'époque de Wiman et qui devint Mahan, autour de Jeolla, Gyeonggi et Chungcheong) ou bien créèrent de nouveaux États : Ye, Okcho, Jinhan et Byeonhan (autour de Gyeongsang).

Les données archéologiques[modifier | modifier le code]

Pour les archéologues, cette période correspond au passage du néolithique (Chulmun) à l'âge de bronze (céramique Mumun, -1500 à -300) et à la culture du poignard de bronze (-800 à -100). La construction de dolmens est un autre élément marquant de cette période. À partir de -300/400, les relations croissantes avec la Chine mènent à l'entrée de la péninsule dans l'âge de fer.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hyŏn-hŭi Yi, Sŏng-su Pak, Nae-hyŏn Yun, « New history of Korea », Jimoondang, 2005, page 73.
  2. a, b, c et d Peter H. Lee, « Sourcebook of Korean Civilization: Volume One: From Early Times to the 16th Century », Columbia University Press, 13 août 2013 - 750 pages.
  3. Lee Mosol, « Ancient History of the Manchuria », Xlibris Corporation, 2013 - 532 pages.
  4. Gina Barnes, « Early Korean States : A review of Historical Interpretation », in State Formation in Korea: Emerging Elites, Routledge, 5 nov. 2013 - 266 pages.
  5. James H. Grayson, « Myths and Legends from Korea: An Annotated Compendium of Ancient and Modern Materials », Routledge, 6 déc. 2012 - 454 pages.
  6. a et b Hyung Il Pai, « Constructing "Korean" Origins - A Critical Review of Archaeology, Historiography & Racial Myth in Korean State-Formation Theories », Harvard Univ Asia Center, 2000 - 543 pages.
  7. a, b, c et d Chai-Shin Yu, « The New History of Korean Civilization », iUniverse, 2012 - 352 pages.
  8. a et b Xu Stella, « Reconstructing Ancient History-- Historiographical Review of the Ancient History of Korea, 1950s-2000s », ASIANetwork Exchange: A Journal for Asian Studies in the Liberal Arts, 2012, vol. 19, no 2, p. 14-22. .
  9. Shim, Jae-hoon (2002), "A New Understanding of Kija Chosŏn as a Historical Anachronism", Journal of Asian Studies 62 (2): 271–305.