Ptolémée II

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Ptolémée II et Arsinoé II

Ptolémée II Philadelphe (en grec ancien Πτολεμαίος Φιλάδελφος / Ptolemaios Philadelphos : « Qui aime son frère / sa sœur ») né en -309/308 sur l'île de Cos [1], mort le 28 ou 29 janvier -246, est un roi et un pharaon de la dynastie ptolémaïque. Il a concouru à réaliser le syncrétisme entre la civilisation grecque et égyptienne et œuvre à faire de son royaume le principal foyer de la culture hellénistique.

Sommaire

Généalogie[modifier]

Voir l’article annexe : Arbre généalogique des Lagides.
Ptolémée II Philadelphe
Naissance -309 Décès -246
Père Ptolémée Ier Sôter Grands-parents paternels
Lagos
Grand-mère paternelle inconnue
Mère Bérénice Ire Grands-parents maternels
Grand-père maternel inconnu
Grand-mère maternelle inconnue
Fratrie Ptolémée Kéraunos
Ptolémaïs
Lysandra
Argées
Arsinoé II
Philatéra
1re épouse Arsinoé Ire Enfant(s) Ptolémée III Évergète Ier
Lysimaque
Bérénice Syra
*
2e épouse Arsinoé II Enfant(s) pas d'enfant connu
3e épouse Bilistiche Enfant(s) Ptolémée Andromaque
4e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Titulature[modifier]

Camée de la Maison de Gonzague représentant Ptolémée II et Arsinoé II, Musée de l'Ermitage

Nom d'Horus[modifier]

Nom d'Horus de Ptolémée II
Hiéroglyphe
Srxtail.jpg
Codage
Translittération (Unicode) Hr Hwnw-qni
Translittération (ASCII) '
Transcription Horus Khounoukeni
Traduction « Horus la force de la jeunesse. »

Nom de Nebty[modifier]

Nom de Nebty de Ptolémée II
Hiéroglyphe
Codage
Translittération (Unicode) nbti wr-pHti
Translittération (ASCII) '
Transcription Nebty Ouerpehti
Traduction « Nebty grand par sa vaillance. »

Nom d'Horus d'Or[modifier]

Nom d'Horus d'or de Ptolémée II
Hiéroglyphe
Codage
Translittération (Unicode) bik nbw saxai.n-sw-it.f
Translittération (ASCII) '
Transcription Bik Nebou Sekhaensouitef
Traduction « Le Faucon d'or que son père a porté sur le trône. »

Nom de Nesout-bity[modifier]

Nom de Nesout-bity de Ptolémée II
Hiéroglyphe
M23
X1
L2
X1
début du cartouche
C12 C1 N36 F12 D28
Z1
Codage ( C12 C1 N36 F12 D28:Z1 )
Translittération (Unicode) Wsr-kȝ-Rˁ Mr(y)-Jmn
Translittération (ASCII) '
Transcription Ouserkarê Mériamon
Traduction « Le ka de Rê est puissant. L'aimé d'Amon. »

Nom de Sa-Rê[modifier]

Nom de Sa-Rê de Ptolémée II
Hiéroglyphe
G39 N5
Z1
début du cartouche
Q3
X1
V4 E23
Aa15
M17 M17 S29
Codage ( Q3:X1 V4 E23:Aa15 M17 M17 S29 )
Translittération (Unicode) Ptwlmys
Translittération (ASCII) '
Transcription
Traduction « Ptolemys ou Ptolemaios »

Règne[modifier]

Ptolémée II Philadelphe
Période Période hellénistique
Dynastie Dynastie des Ptolémées
Fonction Pharaon
Prédécesseur Ptolémée Ier Soter
Prise du pouvoir Mort de son père
Dates de règne -283 (ou -282) à -246
Durée du règne Inconnue
Successeur Ptolémée III Évergète Ier
Passation du pouvoir À son fils, à sa mort
Sépulture Non trouvé
Date de découverte Inconnue
Découvreur Inconnu
Fouillée par ?

Roi divinisé[modifier]

Monnaie à l'effigie de
Ptolémée II et Arsinoé II

Fils de Ptolémée Ier et de Bérénice (sa quatrième épouse), il est associé au trône vers -285 entraînant l'exil de Ptolémée Kéraunos, l'héritier présomptif. À la mort de son père en -283, il lui succède comme roi d'Égypte et le proclame dieu. Ptolémée et sa veuve constituent les « Dieux Sauveurs » (Theoi Sôtères), première étape vers la divinisation des souverains ptolémaïques. Ce culte, rattaché à celui d'Alexandre le Grand, est purement grec à l'origine ; il vise d'abord à consolider la dynastie et à recueillir la piété des sujets grecs de l'empire.

De sa première épouse, Arsinoé Ire, fille de Lysimaque, il aurait eu trois enfants dont Ptolémée III, son successeur. Son épithète, Philadelphe, lui vient de l'amour qu'il aurait porté à sa sœur Arsinoé II qu'il épouse en secondes noces et qu'il divinise à sa mort en -270 en lui donnant le nom cultuel de Philadelphos (« Qui aime son frère »). Il exige qu'Arsinoé soit l'objet d'un culte dans les sanctuaires indigènes au titre de synnaos theos (« divinité qui partage le temple »). Étant désormais le veuf d'une déesse, il devient aisé pour Ptolémée II de devenir lui-même un dieu ; il forme avec sa sœur-épouse la dyade des Theoi Adelphoi (« Dieux Frères »). À sa suite, les souverains lagides sont l'objet d'un culte officiel en tant que divinité royale, cela en vue de considérations politiques évidentes.

Ptolémée II est apparemment le premier souverain lagide à se faire couronner comme pharaon par les prêtres égyptiens. Une inscription du temple d’Edfou indique qu’Horus lui a livré la terre d’Égypte avec ses titres de propriété rédigés par le greffier divin Thot. Successeur des pharaons, dieu vivant, c’est de lui que tous les prêtres tiennent leur ministère. Il administre directement et perçoit les revenus de la terre sacrée qui comporte toujours d’immenses domaines fonciers et des ateliers (de tissage par exemple).

Ptolémée et les guerres de Syrie[modifier]

Statue colossale de Ptolémée II provenant d'Héliopolis, Musée du Vatican

Au moment de la plus grande expansion de son royaume, Ptolémée II possède notamment Chypre, la Pamphylie, la Lycie, l'Ionie et la Cœlé-Syrie et exerce son hégémonie sur la confédération des Cyclades. Il a entrepris deux guerres de Syrie contre les Séleucides qui cherchent notamment à étendre leur domination sur la Cœlé-Syrie alors que le lagide n'a pas perdu ses ambitions en Asie mineure.

La première guerre de Syrie débute en -274 quand Antiochos Ier tente d'étendre son empire à la Syrie. Antiochos occupe la Cœlé-Syrie tandis que Magas, demi-frère de Ptolémée II et roi autoproclamé de Cyrénaïque, envahit l'Égypte. Cependant Magas doit faire demi-tour car par une révolte de nomades survient dans son royaume ; de son côté, Ptolémée II est retenu par une mutinerie de ses mercenaires galates. Une réconciliation entre les demi-frères se produit à une date inconnue ; Ptolémée II se fiance à la fille de Magas, Bérénice II, qui par la suite se marie à Ptolémée III. Dans le même temps, Ptolémée II fait la reconquête des territoires perdus et il conclut en -271 la première guerre de Syrie en prenant la Cilicie orientale et la Phénicie aux dépens d'Antiochos Ier.

Il profite de l'avènement d'Antiochos II en -261 pour prendre notamment le contrôle d'Éphèse et Milet, déclenchant la deuxième guerre de Syrie qui s'achève elle sur une défaite. Antiochos II réagit vigoureusement en s'alliant avec Antigone II Gonatas ; car assuré de la domination sur la Grèce centrale, le roi de Macédoine entend mener une politique agressive dans les îles égéennes et se mêler aux guerres entre Séleucides et Lagides, en allié fidèle des premiers. La flotte de Ptolémée II est ainsi vaincue au large de Cos vers -258 ; il semble avoir dû abandonner ses possession en Cilicie, en Pamphylie et en Ionie, tandis qu'Antiochos II recouvre Milet et Éphèse. Mais la Macédoine doit se retirer du conflit quand se déclarent une rébellion à Corinthe et à Chalcis en -253, sans doute à l'instigation de Ptolémée II. Vers -250, la flotte ptolémaïque défait de façon décisive les Macédoniens et remet en cause leur influence dans les Cyclades. Pour sceller la fin la deuxième guerre de Syrie vers -253, Ptolémée II offre sa fille richement dotée, Bérénice Syra, en mariage à Antiochos II qui répudie pour cela sa première épouse, Laodicé Ire.

Roi bâtisseur[modifier]

Ptolémée II entreprend de grand travaux notamment à Alexandrie, Naucratis, Philæ et Tanis. Il développe également la région du Fayoum et enrichit la bibliothèque d'Alexandrie en y faisant venir Démétrios de Phalère. C'est sous son règne que s'achèvent les travaux du phare d'Alexandrie. Il apparait finalement être le plus cultivé des rois hellénistiques de son temps. Il fonde en -279 les Ptolemaia sur le modèles des Jeux olympiques ; il y invite tous les sujets de son empire dans le cadre du culte voué à ses parents, les « Dieux Sauveurs » (Theoi Sôtères)[2].

Il envoie par ailleurs des ambassadeurs à Rome et auprès de l'Empire Maurya en Inde comme l'atteste Pline l'Ancien[3]. Il est aussi mentionné, avec notamment Antigone II Gonatas et Antiochos II, dans les édits d'Ashoka comme l'un des bénéficiaires d'une mission de prosélytisme bouddhiste envoyée par l'empereur de la dynastie Maurya[4].

Ptolémée et la Septante[modifier]

Selon la lettre d'Aristée (IIe siècle avant notre ère), la Septante serait due à l'initiative du fondateur de la Bibliothèque d'Alexandrie, Démétrios de Phalère. Celui-ci aurait suggéré à Ptolémée II (au pharaon selon Aristée) d'ordonner la traduction en grec de tous les livres israélites, textes sacrés et narrations profanes. Très vite après la fondation d'Alexandrie par Alexandre le Grand en -331, une population juive s'est en effet développé fortement, en particulier autour du Palais royal ; à tel point que deux des cinq quartiers sont réservés aux « descendants d'Abraham ». Ils continuent à y parler la langue hébraïque et à étudier les textes de l'Ancien Testament. Déjà intéressé par le sort de ses sujets israélites, le souverain apparaît également soucieux de connaître les règles des divers peuples qui lui sont assujettis dans le cadre d'une réorganisation de son royaume.

Les savants juifs au nombre de 72 (six de chacune des douze tribus d'Israël) sont chargés de cette traduction qui, en leur honneur, porte le nom de Version des Septante. La tradition prétend que le souverain sacrificateur de Jérusalem, Éléazar, n'accède à la demande de Ptolémée II qu'à une condition : l'affranchissement des Juifs de Judée que son père, Ptolémée Ier, a fait prisonniers et réduits à l'esclavage en Égypte.

Notes et références[modifier]

  1. Anniversaire officiel le 10 février -308
  2. Voir en ce sens la réponse de la confédération des Cyclades à l'invitation de Ptolémée II.
  3. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, 21.
  4. Édits d'Ashoka (en langue Gandhari), n°13, paragraphe 9. Il n'existe aucune mention de cet événement dans les sources occidentales.

Bibliographie[modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Pierre Cabanes, Le Monde hellénistique de la mort d’Alexandre à la paix d’Apamée, Seuil, coll. « Points Histoire / Nouvelle histoire de l’Antiquité », 1995 (ISBN 2-02-013130-7)  ;
  • Pierre Lévêque, Le Monde hellénistique, Pocket, coll. « Agora », 2003 (4e édition) (ISBN 2-266-10140-4) ;
  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-30 av. J.-C., Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 2003 (ISBN 202060387X) .

Lien externe[modifier]