XXVIe dynastie égyptienne

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Statues de la famille de Psammétique, Ägyptisches Museum

La XXVIe dynastie égyptienne couvre la période de -664 à -525 dite période saïte, du nom de la ville de Saïs dont est originaire la dynastie.

Profitant des ennuis des Assyriens, un des gouverneurs, Psammétique Ier (-663/-609) réussit à les expulser grâce à des mercenaires lydiens et grecs. Psammétique Ier refait l'unité du pays. Son règne et ceux de ses successeurs sont marqués par la « renaissance saïte » : ils vont imiter le Moyen Empire et même l'Ancien Empire.

Néchao II va tenter de soumettre le royaume de Juda, ce qui l'amène à se heurter aux Babyloniens qui le battent à Karkemish. Il entreprend le creusement d'un canal destiné à relier le Nil à la Mer Rouge et qui a fonctionné avant d'être ensablé. Il envoie une expédition phénicienne à partir du delta du Nil explorer et accomplir la première circumnavigation du continent africain.

Le dernier grand roi de cette dynastie, Amasis (-568 / -525), doit faire face aux réactions xénophobes de la population. Il va édifier dans le delta la ville de Naucratis, réservée aux Grecs, et installer, sur l'île d'Éléphantine, une sorte de ghetto pour les Juifs. Mais il sent monter le danger perse, c'est pourquoi il resserre ses relations avec les Grecs, les Lydiens (-546) et les Babyloniens (-539). Il est aussi le plus philhellène des rois d'Égypte ; il finance, par exemple, la reconstruction du temple d'Apollon.

Cambise II, le roi perse, vainc les Lydiens en -546, les Babyloniens en -539 et conquiert l'Égypte en -525.

Économie et société[modifier | modifier le code]

Plus que jamais la société égyptienne, et tout particulièrement l’armée, apparaît très cosmopolite et métissée. Grecs et Cariens s’ajoutent aux Nubiens et Libyens anciennement intégrés et aussi aux contingents juifs, syriens et phéniciens, ces derniers très présents, avec les Grecs d’Ionie, dans la marine militaire, comme dans la flotte marchande.

On note le développement d’un armement et d’un négoce international d’initiative privée, surtout d’origine orientale. Dans l’armée, l’influence des clans militaires d’origine libyenne reste réelle, mais est équilibrée par ces nouvelles forces mercenaires. Cette ouverture accrue sur la Méditerranée entraîne un renforcement des liens militaires et commerciaux avec les Grecs (comptoir commercial de Naucratis). L’État saïte profite de ces évolutions : pour assurer sa sécurité et sa prospérité économique, il perçoit des taxes avantageuses sur le négoce international. Il le favorise aussi en aménageant le canal des pharaons, qui permet de relier la Méditerranée à la mer Rouge par le delta. La bureaucratie saïte réussit à encadrer cette expansion économique fructueuse entre importations de l’Égée et du Proche-Orient et exportation égyptienne de céréales, tissus de lin et papyrus.

Art et culture[modifier | modifier le code]

Renaissance culturelle pendant la période saïte (-664/-525), l’art d’État, qui avait repris sous les Kouchites, se développe grâce à la restauration de l’ordre et à la prospérité économique. On voit réapparaître sur les sarcophages des notables des séquences des anciens textes des pyramides, et le déplacement du centre du pouvoir de Saïs à Memphis fait du classicisme memphite de l’Ancien Empire le modèle artistique plus que jamais imité pour affirmer la grandeur retrouvée.

L’activité monumentale est forte à Memphis, où le Sérapéum de Saqqarah est agrandi, alors que culmine le culte du taureau Apis, dans le mouvement général de dévotion aux animaux sacrés, réceptacles de la puissance divine incarnée sur terre, substituts d’une royauté sujette à tant de soubresauts, pour garantir la marche de l’univers.

Les constructions sont nombreuses aussi à l’intérieur du delta, en particulier à Saïs, berceau de la dynastie, où le grand temple de la déesse Neith devient un des principaux centres de la vie religieuse et culturelle, spécialement réputé pour son école de médecine. C’est auprès de la maison de vie du temple de Neith, qu’au milieu du Ve siècle av. J.-C., Hérodote cherche à pénétrer le savoir des scribes. C’est aussi à l’époque saïte que se codifient nombre de grands corpus de textes religieux et funéraires (recension saïte du livre des morts développé au Nouvel Empire).

Pharaons de la XXVIe dynastie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Divine Adoratrice d'Amon.
Pschent2.png Pharaon[1] Renpout.png Règne[2] Egypte icon lieu.png Capitale Tombe2.png Tombe Egypte icon momie.png Momie
Gouverneur de Saïs et pharaons
Ammeris -715 à -695 Saïs Nécropole royale de Saïs ?  ?
Stephinates ou Tefnakht II -695 à -688 Saïs Nécropole royale de Saïs ?  ?
Nechepso ou Nekauba -688 à -672 Saïs Nécropole royale de Saïs ?  ?
Néchao Ier -672 à -664 Saïs Nécropole royale de Saïs ?  ?
Psammétique Ier -664 à -610 Saïs puis Memphis Nécropole royale de Saïs  ?
Néchao II -610 à -595 Memphis Nécropole royale de Saïs  ?
Psammétique II -595 à -589 Memphis Nécropole royale de Saïs  ?
Apriès (-589 à -570) -589 à -570 Memphis Nécropole royale de Saïs  ?
Amasis -571 à -526 Memphis Nécropole royale de Saïs  ?
Psammétique III -526 à -525 Memphis  ?  ?

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les trois premiers ne sont que rois de Saïs (ou Proto-Saïte)
  2. Plusieurs dates peuvent exister ; voir le détail à la page de chaque pharaon

Liens externes[modifier | modifier le code]