Égyptien ancien

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Égyptien.
Égyptien ancien
r n km.t
r
Z1
n km m t
O49
Période du IIIe millénaire avant au Ier millénaire après J.-C
Langues filles copte
Pays Égypte
Typologie flexionnelle, VSO
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-2 egy
ISO 639-3 egy
IETF egy
Échantillon
Papyrus Ebers.png

L'égyptien ancien est une langue chamito-sémitique autrefois parlée dans l'Égypte antique et écrite au moyen des hiéroglyphes. Maintenant éteinte, elle a cependant donné naissance à la langue copte, écrite au moyen de l'alphabet copte, langue liturgique qui a cessé d'être utilisée comme langue vivante.

Classification[modifier | modifier le code]

L'égyptien est classé comme étant une langue chamito-sémitique[1], dont la syntaxe, la forme des pronoms et terminaisons pronominales ainsi que certains mots de vocabulaire, déchiffrés grâce aux hiéroglyphes se rapprochent des langues berbères, sémites et plus ou moins coushites. Plusieurs historiens[réf. nécessaire] en langues avaient remarqué la similarité entre différentes langues d'Afrique du Nord, plusieurs auteurs du XIXe siècle ont nommé cette relation : chamito-sémitique, chamite pour les langues berbères et l'égyptien et sémitique pour les langues telles que l'hébreu, l'arabe ou l'araméen. Plus tard viendront s'ajouter les langues coushites.

Les caractéristiques typologiques sont : Morphologie fusionnelle, racines lexicales consonantiques, une série de consonnes emphatiques, un système à trois voyelles /iu/, suffixe féminin nominal *-à, nominale m, adjectivale *-i.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'évolution de la langue égyptienne sur plus de 4 500 ans peut se découper en six grandes périodes qui sont identifiées par des particularités phonologiques, grammaticales, lexicales et orthographiques[2] :

L'écriture égyptienne a été datée d'environ 3200 av. J.-C. Ces premiers textes sont généralement regroupés sous le terme général de textes « archaïques égyptiens ».

En 1999, le magazine Archéologie a rapporté que les premiers glyphes égyptiens datent de 3400 av. J.-C.[3]

L'ancien égyptien a été parlé quelque 500 ans à partir de 2600 av. J.-C. Le moyen-égyptien a été parlé d'environ 2000 av. J.-C. pour une durée de 700 autres années où le néo-égyptien a fait son apparition ; le moyen-égyptien a toutefois survécu jusqu'aux premiers siècles de notre ère comme une langue écrite, semblable à l'usage du latin au Moyen Âge et de l'arabe classique aujourd'hui. Le démotique apparaît vers 650 av. J.-C. et a survécu comme langue parlée jusqu'au Ve siècle de notre ère. Le copte égyptien est apparu au cours du quatrième siècle de notre ère et a survécu en tant que langue vivante jusqu'au XVIIe siècle de notre ère. Il a probablement survécu dans la campagne égyptienne en tant que langue parlée pendant plusieurs siècles après. Le dialecte bohaïrique copte est encore utilisé par les églises chrétiennes d'Égypte.

Le vieux, moyen, et néo-égyptien ont tous été écrits en utilisant les hiéroglyphes et hiératique. Le démotique a été écrit en utilisant un alphabet dérivé de l'hiératique, son apparence est vaguement similaire à l'écriture arabe moderne et est également écrit de droite à gauche (bien que les deux peinent à tenir une relation). Le copte est écrit en utilisant l'alphabet copte, une forme modifiée de l'alphabet grec avec un certain nombre de symboles empruntés au démotique pour les sons qui ne se produisent pas dans le grec ancien.

Grammaire[modifier | modifier le code]

Morphologie[modifier | modifier le code]

Noms[modifier | modifier le code]

Les noms égyptiens peuvent être masculin ou féminin (indiqué comme avec d'autres langues afro-asiatiques en ajoutant un-t) ainsi que singulier et pluriel.

Les articles (à la fois définis et indéfinis) ne se développent pas jusqu'à la fin de l'égyptien, mais sont largement utilisés par la suite.

Pronoms[modifier | modifier le code]

L'égyptien a trois types de pronoms personnels: les suffixes, enclitiques et les pronoms indépendants. Il dispose également d'un certain nombre de terminaisons verbales ajouté à l'infinitif pour former le statif, qui sont considérés par certains linguistes comme un « quatrième » ensemble de pronoms personnels[4]. Ils portent ressemblance à leurs homologues sémitiques et berbères. Les trois principaux ensembles de pronoms personnels sont les suivants:

Suffixe Dépendant Indépendant
1er sg -ı͗ wı͗ ı͗nk
2e sg.mas. -k tw ntk
2e sg.fém. -t tn ntt
3e sg.mas. -f sw ntf
3e sg.fém. -s sy nts
1er pl. -n n ı͗nn
2e pl. -tn tn nttn
3e pl. -sn sn ntsn

Il y a également des pronoms démonstratifs (ce que, celui-ci et ceux-ci), au pluriel masculin, féminin, et commun:

Mas. Fém. Plu.
pn tn nn "cet, ce, cette, ces"
pf tf nf "ce, ces"
pw tw nw "cet, ce, cette, ces" (archaïque)

Enfin, il y a les pronoms interrogatifs (quoi, qui, etc.) qui possèdent des ressemblances avec leurs homologues sémitiques et berbères:

mı͗ "Qui ? Quoi ?" (dépendant)
ptr "Qui ? Quoi ?" (indépendant)
iḫ "Quoi ?" (dépendant)
ı͗šst "Quoi ?" (indépendant)
zı͗ "Qui ?" (indépendant et dépendant)

Verbes[modifier | modifier le code]

La morphologie verbale égyptienne peut être divisée en 2 formes : les verbes finis et non finis. Les verbes qualifiés de finis véhiculent les personnes, le temps / l'aspect, l'humeur, et la voix. Les formes non finies se produisent sans sujet et ils sont l'infinitif et les participes. Il existe deux temps principaux en égyptien: les formes passées et imperfectives. Celles-ci sont déterminées à partir de leur contexte syntaxique.

Adjectifs[modifier | modifier le code]

L'adjectif s'accorde en genre et en nombre avec leurs noms.

Prépositions[modifier | modifier le code]

Les prépositions égyptiennes viennent avant le nom.

m "dans, comme, avec, de"
n "pour"
r "à"
ı͗n "par"
ḥn "avec"
uḥr "sur"
"à côté"
ẖr "sous"
ḏr "depuis"

Références[modifier | modifier le code]

  1. Loprieno, 1995, p.1
  2. Bard, Kathryn A.; Steven Blake Shubert (1999), Encyclopedia of the archaeology of ancient Egypt. Routledge. p. 274. (ISBN 0-415-18589-0)
  3. Archéologie
  4. Loprieno 1995, p. 65

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Malaise et Jean Winand, Grammaire raisonnée de l'égyptien classique, Liège, C.I.P.L., coll. « Ægyptiaca Leodiensia no 6 »,‎ 1999.
  • Loprieno, Antonio, Ancient Egyptian: A linguistic introduction, Cambridge University press,‎ 1995 (ISBN 0-521-44384-9)

Articles connexes[modifier | modifier le code]