Amon

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Amon (homonymie) et Amoun.
Amon
Divinité égyptienne
Représentation d'Amon.
Représentation d'Amon.
Caractéristiques
Autre(s) nom(s) Imen
Nom en hiéroglyphes
i mn
n
 
ou
M17 Y5
N35
C12
 
ou
M17 Y5
S3
A40
Translittération Hannig jmn
Représentation Homme coiffé d'un pschent surmonté de deux hautes plumes
Métamorphose(s) Oie, serpent
Lieu d'origine Thèbes (Haute-Égypte)
Groupe divin Ogdoade d'Hermopolis
puis triade thébaine
Parèdre Amemet puis Mout
Équivalent(s) par syncrétisme Zeus (mythologie grecque)
Zeus Ammon (mythologie égyptienne)
Culte
Région de culte Égypte antique
Temple(s) Liste
Lieu principal de célébration Thèbes (Haute-Égypte)
Famille
Père Aucun
Mère Aucun

Amon est l’une des principales divinités du panthéon égyptien et du panthéon berbère, dieu de Thèbes. Son nom Imen[1], « le Caché » ou « l’Inconnaissable », traduit l’impossibilité de connaître sa « vraie » forme, car il se révèle sous de nombreux aspects. Il est Imen achâ renou, « Amon aux noms multiples »[2].

Avec sa parèdre Amemet, il fait partie des entités divines de l'Ogdoade d'Hermopolis.

Mythologie[modifier | modifier le code]

Sous la forme d'une oie[3], l’un de ses animaux symboliques, il pondit l'œuf primordial d'où sortit la vie. Sous la forme d'un serpent, il fertilisa l'œuf cosmique façonné dans les Eaux primordiales. Les textes des pyramides le mentionnent parmi les divinités protectrices du roi défunt et, au Moyen Empire, il prend une place prépondérante dans la région de Thèbes, où il finit par supplanter Montou. Les théologiens thébains lui assignent une nouvelle parèdre, Mout, et un fils, le dieu lunaire Khonsou, avec lesquels il forme la triade thébaine.

Représentation[modifier | modifier le code]

Comme l'indique son nom (« Le Caché »), il n'est pas représentable. C'est pourquoi on le représente comme le pharaon, mais coiffé d'une couronne à mortier surmontée de deux hautes plumes verticales et les chairs peintes en bleu[4]. On le représente également la peau brune, ou plus rarement noire, d'où son assimilation à Min, le dieu de Coptos.

Il est associé à l’oie-smn[5], sans doute par analogie phonétique, et au bélier-šft[6]. Ainsi, devant l'entrée de son temple de Karnak s'étend une allée de sphinx criocéphales (ou criosphinx), symboles de sa puissance procréatrice.

Culte[modifier | modifier le code]

Amon et la déesse Mout
Le prêtre d'Amon, Kaminem, avec sa femme et son fils (époque de Thoutmosis III, XVIIIe dynastie) - Musée du Louvre

D'abord dieu local de Thèbes, l'accession de la XIe dynastie d'origine thébaine et plus particulièrement des Amenemhat (« Imen est en tête ») de la XIIe dynastie fera de lui le roi des dieux, « seigneur des trônes du Double Pays ».

Pendant la XVIIIe dynastie, Amon devient la divinité nationale par excellence, l’unificateur de l’Égypte qui a permis la victoire d'Ahmôsis sur les envahisseurs Hyksôs. Il est alors associé à , dieu Soleil d’Héliopolis, et devient le dieu cosmique Amon-Rê, « l’éternel, le seigneur de Karnak, créateur de ce qui existe, maître de tout, établi durablement en toutes choses[7] ». Il est dit aussi que « Les dieux se prosternent à ses pieds tels des chiens quand ils reconnaissent la présence de leur seigneur »[8].

Il est aussi associé à Min, dieu de Coptos sous le nom Amon-Min dans lequel il s'incarne en divinité de la fécondité. Avec Mout et Khonsou, il forme une triade adorée à Karnak. Il compose enfin avec et Ptah le groupe des trois grands dieux égyptiens.

À côté de cet Amon dynastique, inaccessible au commun des mortels, il existe un Amon ressenti comme moins distant et prêtant une oreille attentive aux pauvres, aux malades et aux femmes enceintes, qui peuvent l’approcher lors des grandes festivités religieuses dont la fête d'Opet qui voyait la procession des barques sacrés de la triade thébaine (Amon, Mout et Khonsou) de Karnak à Louxor.

C'est à l'époque archaïque grecque que l'Amon égyptien est assimilé à la divinité grecque Zeus. Ce sont les Cyrénéens qui le feront connaître au monde grec en tant que Ammon-Zeus. Son sanctuaire oraculaire à l'oasis de Siwa, est le troisième en importance après Delphes (consacré à Apollon) et Dodone (consacré à Zeus). Alexandre le Grand s'y fit proclamer fils d'Ammon-Zeus en -331.

Principaux lieux de culte[modifier | modifier le code]

Temple dédié à Lieu
Amon Siwa
Amon Umm Ubayda (Oasis de Siwa)
Amon Thônis
Amon Tell el-Balamun
Amon-Rê Xoïs
Amon-Rê Tanis
Amon Pi-Ramsès
Amon Memphis
Amon Teudjoï
Amon de Khéménou Hermopolis
Amon Chenhour
Amon-Rê Thèbes avec Karnak
Amon-Min Louxor
Amon de Djemé Medinet Habou
Amon Nil Éléphantine
Amon Beit el-Ouali (Nubie)
Amon-Rê et Rê-Horakhty Amada (Nubie)
Amon Nil Ouadi es Seboua (Nubie)
Amon de Ramsès Abou Simbel (Nubie)
Amon Pnoubs (Soudan)
Amon-Rê Kawa (Soudan)
Amon de Napata Gebel Barkal (Soudan)
Amon Méroé (Soudan)
Amon Naqa (Soudan)
Amon Al-Ghuwaytah (Oasis de Khargeh)
Amon Hibis (Oasis de Khargeh)
Amon d'Hibis Al-Zayyan (Oasis de Khargeh)
Amon Deir el-Hagar (Oasis d'Ad-Dakhlah)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En transcription
  2. Cf. Ruth Schumann Antelme & Stéphane Rossini, p. 25
  3. Ouette d'Égypte.
  4. Le bleu est la couleur de la voûte céleste. C'est aussi celle du lapis-lazuli, pierre sacrée aux yeux des Égyptiens.
  5. Alopochen aegyptiaca
  6. Ovis longipes aegyptiaca
  7. Inscription dédicatoire de Thoutmôsis III à Karnak (Sethe 1932-1961, p. 164)
  8. Hymne à Amon du Caire, XVIIIe dynastie (Harari et Lambert 2002, p. 15)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]