Naucratis

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Naucratis
Ville d'Égypte antique
Carte relevant les vestiges de la cité de Naucratis
Carte relevant les vestiges de la cité de Naucratis
Noms
Nom égyptien ancien Djékhaper
Nom grec Naukratis, Ναύκρατις
Nom actuel Kôm Gaef
Administration
Pays Drapeau de l'Égypte Égypte
Région Basse-Égypte
Nome 4e : Nome inférieur de Neith (nt rsw)
Géographie
Coordonnées 30° 54′ 00″ N 30° 35′ 30″ E / 30.9, 30.591730° 54′ 00″ Nord 30° 35′ 30″ Est / 30.9, 30.5917  
Localisation

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Naucratis

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Naucratis

Naucratis (ou Naukratis, en grec : Ναύκρατις « la ville qui a le pouvoir sur les navires », ou Djékhaper en égyptien), est une ville du delta sur la branche canopique du Nil, proche de Saïs, à 72 km au sud-est d'Alexandrie. Elle est identifiée aujourd'hui au site de Kôm Gaef (ou Kom Gieif ou El-Gaïef). Elle sera la principale cité du 4e nome de Basse-Égypte, le nome « inférieur de Neith » ou « la cible du Sud » (nt rsw).

Un emporion grec[modifier | modifier le code]

Elle est fondée vers -650/-630 par des négociants grecs et c'est, à partir de cette date jusqu’à l’avènement des Lagides, le seul port ouvert en Égypte aux commerçants grecs, agissant en tant que lien symbiotique pour l'échange de l'art et la culture entre Grecs et Égyptiens.

La ville reçoit un statut particulier de la part du pharaon Amasis[1] et l’autorisation de construire des temples. Le port était sous le contrôle direct du pharaon qui surveillait de cette manière tous les échanges entre le monde grec et l’Égypte.

C’est par Naucratis que les Grecs achetaient du blé à l’Égypte, du papyrus, du lin et qu’ils vendaient de la céramique, du vin, de l’huile, de l’argent. Durant l'époque saïte, c’était le plus vaste port égyptien libre d’accès aux étrangers.

Sous Nectanébo Ier la ville de Naucratis était assujettie à l’impôt et versait des sommes considérables au trésor pharaonique. Cet argent fut par exemple affecté au temple de Neith de Saïs[2].

À Naucratis il y avait un quartier égyptien nettement séparé du quartier grec et les mariages entre Grecs et Égyptiennes étaient interdits, alors qu’ailleurs, les mercenaires grecs avaient le droit de se marier avec des Égyptiennes.

Après la fondation d’Alexandrie l’importance commerciale de Naucratis diminua. Elle reçut à l’époque d’Alexandre le Grand (-336/-323) le statut de cité grecque.

Cette cité serait aussi le lieu de naissance, au VIe siècle, du potier Amasis (même nom que le pharaon), qui fut célèbre à Athènes pour ses œuvres de poterie et de peinture à figures noires, typique de l'art Attique.

Vers 330 à 610 ap. J.-C., ce qui restait de Naucratis va disparaître suite à plusieurs importants tsunamis qui vont pénétrer en profondeurs dans les terres. Lors de la conquête de l’Égypte par les Arabes, vers 640-642, à la fin du règne de l'empereur Héraclius, la cité n’existait déjà plus.

Ce n'est donc pas une cité, mais bien ce que les grecs appelaient un emporion. c'est-à-dire une sorte de comptoir ou de port de commerce.

Céramique grecque archaïque provenant de Naucratis

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Friedrich Wilhelm Freiherr von Bissing, Naukratis, p. 32–82, Bulletin de la Société Royale d’Archéologie d’Alexandrie no 39, 1951.
  • William D.E. Coulson et Albert Leonard, Cities of the Delta. vol 1, Naukratis, preliminary report on the 1977-78 and 1980 Seasons, American Research Centre in Egypt Reports 4, Malibu : Udena Publications, 1981 - NARCE 125, p. 28-40, 1984.
  • William D.E. Coulson et Alden A. Arndt, The development of a field computer for archaeological use at Naukratis in Egypt, p. 105-115, JARCE 22, 1985.
  • William D.E. Coulson et Marjorie Susan Venit, Greek painted pottery from Naukratis in Egyptian museums, Ind. : Eisenbrauns, Winona Lake, 1988.
  • William D.E. Coulson et Iphigeneia Leventi, Ancient Naukratis. Volume II, The survey at Naukratis and environs. Part I - The Survey at Naukratis, Oxbow Monograph 60, Décembre 1996.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Hérodote, Enquêtes, II, p. 178-179
  2. voir la Stèle de Naucratis, reproduite dans B. Legras, Lire en Égypte, d’Alexandre à l’Islam, Paris, 2002, Modèle:P.49