Dynastie Zhou

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la première dynastie Zhou, durant l'Antiquité. Pour la seconde, voir Wu Zetian (VIIe siècle après J.-C.), unique monarque de cette dynastie éphémère.

Dynastie Zhou
周朝 (zh)

-1045-256

Description de cette image, également commentée ci-après

Territoire approximatif des Zhou vers -1000

Informations générales
Statut Monarchie, Féodalisme
Capitale Feng, Hao, Luoyang et plus tardivement Gong (Gongxian)
Histoire et événements
-1045 Di Xin est détrôné par Wu Wang, qui fonde la dynastie Zhou
-1045 - -771 Période des Zhou occidentaux (la capitale est Hao)
-771 - -246 Période des Zhou orientaux (la capitale est Luoyi)
-450 - -221 Période des Royaumes combattants
-256 Chute de la dynastie
Rois
(1er) -1122 Zhou Wen Wang
(Der) -314 - -256 Zhou Nanwang

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La dynastie Zhou (chinois : 周朝 ; pinyin : Zhōu Cháo ; Wade : Chou1 Ch'ao2 ; EFEO : Tcheou) est selon l'historiographie traditionnelle la troisième dynastie chinoise. Elle prend le pouvoir au XIe siècle av. J.-C. (vers 1046 av. J.-C.), faisant suite à la dynastie Shang, et reste en place jusqu'en 256 av. J.-C., date à laquelle s'achève le règne du dernier roi des Zhou. Elle s'éteint en 256 av. J.-C. puis son territoire est intégré au royaume de Qin en 249 av. J.-C.. La longue période de la dynastie Zhou ne voit en fait celle-ci exercer une domination effective sur les pays de la Plaine centrale chinoise qu'à partir du milieu du XIe siècle av. J.-C. jusqu'au début du VIIIe siècle av. J.-C.. Cette période est dite des « Zhou de l'Ouest » (1046-771 av. J.-C.), en raison de la situation occidentale de la capitale des rois Zhou. Après cette ère, la dynastie Zhou n'exerce plus qu'une forme de souveraineté symbolique face aux royaumes plus puissants qui s'affirment en Chine. Il s'agit de la période dite des « Zhou de l'Est » (771-256 av. J.-C.) en raison de l'installation de la dynastie dans une capitale orientale. Elle est subdivisée en deux sous-périodes : la période des Printemps et des Automnes (771-481 av. J.-C.) et la période des Royaumes combattants (481-221 av. J.-C.).

Une autre dynastie nommée Zhou exista entre 690 et 705 de notre ère (voir Wu Zetian).

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Zhou

La dynastie Zhou fut la dynastie la plus longue de l'empire chinois, elle dura presque un millénaire. Elle succéda vers 1046 av. J.-C. à la dynastie Shang qui, d'après les chroniques chinoises, était devenue tyrannique. Son fondateur qui s'appelle Ji Fa (姬发), le deuxième fils de Ji Chang (姬昌) fut le roi Wu (Wu Wang). Le prédécesseur de celui-ci, qui n'avait eu que le rang de duc, reçut le titre posthume de « roi Wen ». La première capitale fut la cité de Hao, sur la rivière Wei, dans l'actuelle province du Shaanxi.

Après avoir renversé les Shang, Wen Wang fondateur de la dynastie Zhou essaie d’administrer le pays avec Zhougong, son oncle. Parallèlement, il souhaite mettre par écrit tout le cérémonial de la vie quotidienne et la vie de la cour des Zhou. À la mort du roi Wu, des querelles de successions voient le jour, mais Zhougong organise la régence et stabilise l’Empire.

Zhou de l'Ouest[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Période des Zhou de l'Ouest.
La civilisation des Zhou occidentaux.

La première période de cette dynastie, de sa fondation jusqu'à l'an 771 av. J.-C., est dite des Zhou occidentaux. L'un des grands rois de cette période semble avoir été le roi Mu (Zhou Muwang), qui aurait régné entre 1001 et 947 av. J.-C. Il lutta contre un peuple tokharien appelé les Quanrong, probablement dans l'actuelle province du Xinjiang. Dans le bassin du Yangtse se trouvait le royaume de Chu. Autour de 900/850 av. J.-C., Chu refusait de se soumettre au royaume de Zhou, qui souhaitait annexer son territoire. Durant la guerre entre ces deux États, des révoltes apparaissent entre 862 et 841 av. J.-C. contre Li Wang, le souverain Zhou tyrannique qui finit par devoir se retirer. Une régence fut alors instaurée pendant environ 14 ans car le fils de Li était alors trop jeune pour régner. Le roi Xuan (Xuan Wang), qui régna jusqu’en 782 av. J.-C., était un souverain énergique. Il lutta avec succès contre les barbares, mais son successeur, You, ne fut pas à sa hauteur. Le comte de Shen, qui avait aidé le roi Xuan à vaincre les barbares, avait donné sa fille en mariage au roi You.

Pendentif en quart de cercle décoré d’entrelacs de dragons, milieu de l’époque des Zhou occidentaux

Entiché d’une autre épouse, qui s’appelait Baosi, You répudia la fille du comte de Shen et exila le fils qu’il avait eu d’elle, permettant au fils de Baosi de devenir le nouvel héritier présomptif. Le comte de Shen fit alors alliance avec les Quanrong. En 771 av. J.-C., ils prirent d’assaut la capitale, Hao, et tuèrent le roi You. La dynastie des Zhou parvint à se rétablir, mais elle dut installer sa nouvelle capitale plus à l'est, à Luoyang, sur la rivière Luo. C'est ainsi que commença l'époque des Zhou orientaux. Selon la légende, épris d'amour pour Baosi, You convoqua les barons de la cour et leur dit faussement que la capitale était attaquée. Les barons pris de panique accoururent partout dans la capitale pour la défendre. Quand le roi leur annonça que c'était une plaisanterie, Baosi, qui était d'habitude triste, se mit à rire. Le roi renouvela ses frasques, et plus tard, quand les barbares envahirent réellement la capitale, personne ne défendit l'empereur.

Zhou de l'Est[modifier | modifier le code]

Sous les Zhou orientaux, le pouvoir des rois fut de plus en plus symbolique et les principautés vassales devinrent pratiquement des royaumes indépendants, entraînant le morcellement de la Chine. Pingwang, petit-fils de Youwang, régna de 771 à 721 av. J.-C.. Après avoir déplacé sa capitale et s'être installé à Luoyang, il maintint le mode de gouvernement des Zhou de l’Ouest. Cependant, il répartit son territoire en sept provinces héréditaires. À la tête de chaque province, il plaça un des alliés qui l’avait aidé à conquérir le pouvoir. À la mort de chaque prince, la province était partagée entre tous ses fils : la Chine d'alors est morcelée. Ce fut la période des « Printemps et Automnes », jusqu'en 481 av. J.-C., puis celle des « Royaumes Combattants », qui s'acheva par la chute des Zhou en 256 av. J.-C., dont le territoire fut conquis par l'État de Qin. La dernière période vit l'émergence de nombreuses écoles philosophiques, celles des légistes, des confucéens, des taoïstes, des mohistes..., qui transformèrent en profondeur la société chinoise.

Des progrès techniques se produisirent également. La période des Printemps et des Automnes vit l'apparition de la métallurgie du fer en Chine. Très rapidement, grâce à leur maîtrise des hautes températures, les Chinois apprirent à faire fondre ce métal. Durant la période des Royaumes combattants, ils remplacèrent le char de guerre par la cavalerie montée, sur le modèle des peuples de l'Asie centrale et de la Mongolie. Les plus anciens textes écrits de la Chine remontent à l'époque des Zhou occidentaux. Ce sont le Shi Jing, un recueil de poèmes, le Shang Shu, encore appelé Shu Jing, qui rassemble des documents historiques, et le Yi Jing, un manuel de divination. Sur le plan mythologique, les Zhou disaient descendre d'un dieu appelé Houji, le Prince Millet, qui était lui-même le fils de Shangdi, le Seigneur d'En Haut. Houji aurait enseigné l'agriculture aux hommes et établi le premier sacrifice. Quant à Shangdi, c'était le dieu du Ciel. C'est avec les Zhou que le titre de « Fils du Ciel » est pour la première fois utilisé pour désigner les empereurs. Selon l'historien Sima Qian, les Zhou étaient à l'origine des nomades, qui se sont sédentarisés et ont adopté les coutumes chinoises après leur installation dans la vallée de la Wei: leur souverain « renonça aux mœurs des Rong et des Di (des peuples nomades) ; car il construisit un rempart et une enceinte, des maisons et des salles ; la ville fut alors un lieu distinct. Il attribua les cinq fonctionnaires, qui eurent des attributions ».

Culture et société[modifier | modifier le code]

Féodalisme et montée de la bureaucratie confucéenne[modifier | modifier le code]

Bronze cérémonial des Zhou occidentaux dont les inscriptions affirment que le Roi de Zhou a donné un fief à Shi You.

Les occidentaux considèrent souvent la période des Zhou comme féodale en raison dus système mis en place, qui s'appelle fēngjiàn (封建) et qui connaît plusieurs points de comparaison avec les règles médiévales établies durant le Moyen Âge en Europe.

Il existe de nombreuses similitudes entre les différents systèmes décentralisés. à la fondation de la dynastie, les terres conquises sont divisées en fiefs héréditaires (諸侯, zhūhóu) qui peuvent parfois devenir puisant de leur propre chef. En matière de succession, la dynastie Zhou ne reconnait comme légale que la procédure de primogéniture[1],[2],[3]. Le système tsung-fa est défini comme suit par l'anthropologue Chang Kuang-chih : « Le système tsung-fa des [Zhou] est caractérisé par le fait que le fils aîné de chaque génération forme la ligne principale de succession et l'autorité politique, alors que les frères les plus jeunes sont contraints de créer de nouvelles lignées d'autorité inférieure. Le plus éloigné a le moins d'autorité. » Il existe cinq rangs honorifiques derrière le rang royal, par ordre descendant : gōng 公 "duc", hóu 侯 "marquis", 伯 "comte", 子 "vicomte" et nán 男 "baron"[4]. Par moments, un duc vigoureux peut être tenté d'accroitre son pouvoir et de créer un État indépendant. La centralisation devient de plus en plus nécessaire lorsque les guerres entre États deviennent plus fréquentes et que le système décentralisé impose de plus en plus de conflits.

Malgré ces similitudes, il existe toutefois de nombreuses différences avec l'Europe médiévale. L'une des principales est le fait que les Zhou règnent depuis des villes fortifiées et non pas depuis des châteaux. D'autre part, le système des classes en Chine ne contient pas de clergé organisé. Lorsqu'un duché est créé, ses habitants peuvent devenir fonctionnaires ou officiers. Ces classes héréditaires sont similaires aux chevaliers européens dans leur statut et leur savoir-vivre. ces personnes ont la possibilité de déménager d'un État à un autre. Certains voyagent ainsi en colportant des réformes administratives ou militaires. Les fonctionnaires qui ne parviennent pas à trouver d'emploi finissent souvent à enseigner aux jeunes gens aspirant à devenir fonctionnaires. Le plus célèbre d'entre eux est Confucius, qui a enseigné un système se basant sur le devoir mutuel entre supérieurs et subalternes. Au contraire, les légistes n'ont pas de temps à consacrer aux vertus prônées par Confucius et imposent un système reposant sur des lois strictes et des peines sévères. Les guerres des Royaumes combattants prennent finalement fin dans l'État le plus légiste de tous : Qin. Lorsque la dynastie Qin tombe et est remplacée par la dynastie Han, beaucoup de Chinois sont soulagés de revenir aux vertus plus humaines de Confucius.

Armées[modifier | modifier le code]

Dans un premier temps, les Zhou occidentaux bénéficient d'une armée forte, divisée en deux unités principales : « les Six armées de l'ouest » et « les Huit armées de Chengzhou. » Les armées combattent sur le Plateau de Lœss. Les prouesses militaires des Zhou culminent à la 19e année du règne du Roi Zhao, lorsque les six armées sont anéanties lors d'une campagne menée près de la rivière Han. Les premiers rois Zhou sont de véritables commandants militaires. Ils sont constamment impliqués dans des guerres avec les barbares.

Le Roi Zhao est célèbre pour ses campagnes répétées dans les environs de la rivière Yangzi Jiang et pour son décès au cous de l'une d'elles. Les campagnes menées par ses successeurs se montreront par la suite moins efficaces. Le Roi Li dirige 14 armées contre les barbares du Sud, sans toutefois parvenir à gagner la moindre bataille. Le Roi Xuan quant à lui affronte les nomades Quanrong sans rencontrer plus de succès. Le Roi You est même tué par ses derniers au cours du sac de Haojing. Bien que les chars ont été inventé en Chine durant la dynastie Shang en Asie Centrale, la période des Zhou connaît leur premier usage effectif sur les champs de batailles[5],[6].

Mandat du Ciel[modifier | modifier le code]

Vaisselle en bronze datant des Zhou occidentaux, Ier siècle av. J.-C..

Dans la tradition historique chinoise, les Zhou battent les Shang et transforment leur système de culte des ancêtres vers un culte universel, éloigné du culte de Shang Di ou de Tian (ou Ciel). Ils légitiment leur pouvoir en invoquant un « Mandat du Ciel », une notion selon laquelle le dirigeant - le « Fils du Ciel » - gouverne de droit divin et que son détrônement signifierait qu'il a perdu ce Mandat. Les catastrophes naturelles et les rébellions victorieuses sont également des évènements montrant que la famille royale a perdu son Mandat.

La doctrine explique et justifie la disparition des dynasties Xia et Shang. Dans le même temps, elle soutient la légitimité des dirigeants présents et futurs. Avant de conquérir les Shang, les Zhou étaient un État dans le Shaanxi qui est décrit comme étant une « ville » en contact avec les peuples barbares des régions occidentales[7],[8]. en reprenant la langue et la culture des Shang, les premiers dirigeants Zhou, à travers la colonisation et la conquête, établissent un important territoire impérial, dans lequel des territoires aussi éloignés que le Shandong acceptent le pouvoir Zhou. La diffusion de bronze Zhou sert de réponse à l'envoi de poteries par les Shang dans les régions lointaines. Le Mandat du Ciel est basé sur des règles. L'empereur est le garant du respect de ces règles éditées par le Ciel.

Philosophie[modifier | modifier le code]

La philosophie chinoise se développent de façon importante sous la dynastie Zhou, même si ses prémices remontent au VIe siècle av. J.-C.. Cette période est contemporaine des philosophes ayant le plus influencé les Chinois, tels que Confucius, le fondateur du confucianisme, ou Lao Tseu, la fondateur du Taoïsme. D'autres philosophes, théoriciens et écoles de pensées émergent également à cette époque : Mozi, le fondateur du Moïsme ; Mencius, un confucéen célèbre qui a transmis l'héritage de Confucius ; Shang Yang et Han Fei, responsables du développement du légisme chinois ancien (la pensée à l'origine de la dynastie Qin) ; Xun Zi, un des principaux intellectuels de ce temps[9].

Agriculture[modifier | modifier le code]

Vase Zhou avec des incrustations en verre, IIIe ou IVe siècle av. J.-C., British Museum.

L'agriculture sous la dynastie Zhou est très intensive et dans la plupart des cas contrôlées par le gouvernement. Toutes les terres arables sont détenues par les nobles qui les répartissent ensuite entre leurs serfs, une situation similaire au féodalisme européen. Concrètement, un morceau de terre est divisé en neuf carrés, dont le carré central est détenu par le gouvernement et les carrés autour par les fermiers. De ce fait, le gouvernement est capable de constituer des stocks importants de nourriture qu'il peut redistribuer en cas de famine ou de mauvaise récolte. La fonte du bronze constitue un secteur important de cette époque, puisqu'elle est utilisé pour la fabrication d'armes et d'outils agricoles. Une fois de plus, ce secteur industriel est dominé par les nobles qui gèrent la production de ces produits.

Les premiers projets chinois d'irrigation sont initiés à cette époque. Le chancelier de l'État de Wei, Sunshu Ao, qui a servi pour le Roi Zhuang de Chu, construit une digue sur une rivière afin de constituer un énorme réservoir d'irrigation dans la province actuelle de l'Anhui. Pour cela, Sunshu est considéré comme étant le premier ingénieur hydraulique chinois. Par la suite, Ximen Bao, sous les ordres du Marquis Wen de Wei est le premier ingénieur hydraulique de Chine à créer un important système d'irrigation. En tant que point d'orgue de son projet grandiose, son canal détourne finalement toutes les eaux de la rivière Zhang pour les amener vers la Rivière jaune.

Arts[modifier | modifier le code]

Théories[modifier | modifier le code]

Sima Qian nous dit que les Zhou étaient une tribu semi-nomade du nord-ouest et possiblement barbare à cause de ses coutumes, semble-t-il, non chinoises. Cette origine soulève des débats dans l'historiographie sur un développement endogène de la culture chinoise ou bien un apport externe:

Peuple han[modifier | modifier le code]

Il faut se rappeler que les Shang eux-mêmes, étaient une tribu et les Xia avant eux aussi. Dans les écrits des disciples de Confucius, le Maître ne semble aucunement considérer les Zhou comme des étrangers, les citant même très souvent comme exemple de droiture et d'intégrité. Or Confucius vécut des siècles avant Sima Qian, et la plupart des écrits antérieurs à Sima Qian contredisent ce dernier, et certaines biographies laissées par l'auteur (dont celle de Lao Zi) semblent carrément douteuses. Aussi les écrits de Sima Qian sont à prendre avec une certaine réserve. Les Zhou étaient en fait originaire du Shaanxi, (et non du nord-ouest comme on le prétend faussement) et ils étaient comme les Shang, des vassaux des Xia. Cependant, ils se sont déplacés vers l'ouest, pour échapper aux persécutions de Jie Gui l'infâme souverain Xia. Comme c'était dans un temps très reculé, il semble qu'il fût impossible pour Sima Qian de l'avoir su. Cela dit, il semble avoir extrapolé que les Zhou étaient nomades, ce qui semble hautement improbable, si l'on considère qu'ils se sont déplacés seulement pour échapper aux tyrannies de Jie Gui et qu'ils furent à l'origine des vassaux des Xia.

Par contre, l'élément le plus convainquant est évidemment la langue. Les Zhou parlaient une langue chinoise et ce dès le départ et c'est un élément dur à contourner. Il est difficile d'imaginer qu'un peuple aussi tôt dans l'histoire ait parlé une langue qui n'est pas la sienne. Quant aux coutumes barbares, ils les auront simplement empruntées aux peuples occidentaux limitrophes comme les Tokhariens puisqu'il semble avéré que certains mythes des Zhou soient associables aux mythologies indo-européennes.

Peuple d'origine nomade[modifier | modifier le code]

La position adverse prend en considération le témoignage de Sima Qian ; ainsi Christopher Beckwith[10] les assimile à des nomades indoeuropéens pour trois motifs : Premièrement le fondateur mythique, Hou Chi, suit un parcours typique des mythes de l'Eurasie centrale (Rome, Koguryo (Corée), Ashvins (Inde)). Deuxièmement, la mère de Hou Chi était une Qiang, les pires ennemis des Chang, et les Qiang étaient non-han, peut-être tibéto-birmans (interprétation traditionnelle), et sans doute indo-européens. Enfin, linguistiquement, s'il est vrai qu'il y a une continuité avec le chinois des Chang, il n'y a pas d'évidence de la thèse isolationniste (la langue chinoise se serait développé de manière autonome, sans influence étrangère) et les Chang auraient eux-mêmes pu subir l'influence d'une langue étrangère[11].

Rois[modifier | modifier le code]

Vase qizhong hu pour conserver les boissons. Bronze, époque du règne du roi Gong, Zhou occidentaux. Shanghai Museum.

La dynastie Zhou compta 37 rois :


Nom personnel Nom posthume (wang signifie « roi ») Règne
Zhou occidentaux
姬發 Ji Fa 周武王 Zhou Wuwang 1046 av. J.-C. –1043 av. J.-C.
姬誦 Ji Song 周成王 Zhou Chengwang 1042 av. J.-C. –1021 av. J.-C.
姬釗 Ji Zhao 周康王 Zhou Kangwang 1020 av. J.-C. –996 av. J.-C.
姬瑕 Ji Xia 周昭王 Zhou Zhaowang 995 av. J.-C. –977 av. J.-C.
姬滿 Ji Man 周穆王 Zhou Muwang 976 av. J.-C. –922 av. J.-C.
姬繄扈 Ji Yihu 周共王/周龔王 Zhou Gongwang 922 av. J.-C. –900 av. J.-C.
姬囏 Ji Jian 周懿王 Zhou Yiwang 899 av. J.-C. –892 av. J.-C.
姬辟方 Ji Pifang 周孝王 Zhou Xiaowang 891 av. J.-C. –886 av. J.-C.
姬燮 Ji Xie 周夷王 Zhou Yiwang 885 av. J.-C. –878 av. J.-C.
姬胡 Ji Hu 周厲王/周剌王 Zhou Liwang 878 av. J.-C. –841 av. J.-C.
共和 Régence de Gonghe 841 av. J.-C. –827 av. J.-C.
姬靜 Ji Jing 周宣王 Zhou Xuanwang 827 av. J.-C. –781 av. J.-C.
姬宮湦 Ji Gongsheng 周幽王 Zhou Youwang 781 av. J.-C. –771 av. J.-C.
Zhou orientaux
姬宜臼 Ji Yijiu 周平王 Zhou Pingwang 771 av. J.-C. –720 av. J.-C.
姬林 Ji Lin 周桓王 Zhou Huanwang 720 av. J.-C. –697 av. J.-C.
姬佗 Ji Tuo 周莊王 Zhou Zhuangwang 697 av. J.-C. –682 av. J.-C.
姬胡齊 Ji Huqi 周釐王 Zhou Xiwang 682 av. J.-C. –677 av. J.-C.
姬閬 Ji Lang 周惠王 Zhou Huiwang 677 av. J.-C. –652 av. J.-C.
姬鄭 Ji Zheng 周襄王 Zhou Xiangwang 652 av. J.-C. –619 av. J.-C.
姬壬臣 Ji Renchen 周頃王 Zhou Qingwang 619 av. J.-C. –611 av. J.-C.
姬班 Ji Ban 周匡王 Zhou Kuangwang 612 av. J.-C. –607 av. J.-C.
姬瑜 Ji Yu 周定王 Zhou Dingwang 607 av. J.-C. –586 av. J.-C.
姬夷 Ji Yi 周簡王 Zhou Jianwang 586 av. J.-C. –572 av. J.-C.
姬泄心 Ji Xiexin 周靈王 Zhou Lingwang 572 av. J.-C. –545 av. J.-C.
姬貴 Ji Gui 周景王 Zhou Jingwang 545 av. J.-C. –521 av. J.-C.
姬猛 Ji Meng 周悼王 Zhou Daowang 520 av. J.-C.
姬丐 Ji Gai 周敬王 Zhou Jingwang 520 av. J.-C. –476 av. J.-C.
姬仁 Ji Ren 周元王 Zhou Yuanwang 476 av. J.-C. –469 av. J.-C.
姬介 Ji Jie 周貞定王 Zhou Zhendingwang 469 av. J.-C. –441 av. J.-C.
姬去疾 Ji Quji 周哀王 Zhou Aiwang 441 av. J.-C.
姬叔 Ji Shu 周思王 Zhou Siwang 441 av. J.-C.
姬嵬 Ji Wei 周考王 Zhou Kaowang 440 av. J.-C. –426 av. J.-C.
姬午 Ji Wu 周威烈王 Zhou Weiliewang 426 av. J.-C. –402 av. J.-C.
姬驕 Ji Jiao 周安王 Zhou Anwang 402 av. J.-C. –376 av. J.-C.
姬喜 Ji Xi 周烈王 Zhou Liewang 376 av. J.-C. –369 av. J.-C.
姬扁 Ji Bian 周顯王 Zhou Xianwang 369 av. J.-C. –321 av. J.-C.
姬定 Ji Ding 周慎靚王 Zhou Shenjingwang 321 av. J.-C. –315 av. J.-C.
姬延 Ji Yan 周赧王 Zhou Nanwang 315 av. J.-C. –256 av. J.-C.

Divers[modifier | modifier le code]

En astronomie chinoise, le terme de Zhoubo est parfois utilisé pour décrire l'apparition d'un astre nouveau, phénomène alors appelé « étoile invitée ». Dans de rares circonstances, cet événement est personnifié sous le terme de Zhoubo (litt. « comte de Zhou »), auquel est attribué une importance astrologique majeure.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) K. E. Brashier, Ancestral Memory in Early China (lire en ligne).
  2. (en) Tao, Hsi-Sheng. Marriage and Family, Shanghai. 1934
  3. (en) The ramage system in China and Polynesia Li Hwei http://c.ianthro.tw/sites/c.ianthro.tw/files/da/df/401/401104_0001.pdf
  4. (en) ChinaKnowledge.de encyclopedia, http://www.chinaknowledge.de/History/Zhou/zhou-admin.html
  5. Ebrey, Walthall et Palais 2006, p. 14.
  6. Shaughnessy 1988.
  7. Gernet 1996, p. 51.
  8. Khayutina 2003.
  9. Schirokauer et Brown 2006, p. 25–47.
  10. Christopher Beckwith, Empires of the Silk Road: A History of Central Eurasia from the Bronze Age to the Present, Princeton University Press, 2009, ISBN 978-0-691-13589-2, p45-49
  11. "The mounting evidence against the isolantionnist position, especially from archeology, indicates that the intrusive Indo-European people who brought the chariot had a powerful influence on the Shang culture" in Christopher Beckwith, Empires of the Silk Road: A History of Central Eurasia from the Bronze Age to the Present, Princeton University Press, 2009, ISBN 978-0-691-13589-2, p46

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Notice du Musée Cernuschi rédigée par Gilles Béguin : [1].
  2. Notice du Musée Cernuschi rédigée par Gilles Béguin : [2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Danielle Elisseeff, Art et archéologie : la Chine du néolithique à la fin des Cinq Dynasties (960 de notre ère), Paris, École du Louvre, Éditions de la Réunion des Musées Nationaux (Manuels de l'École du Louvre),‎ 2008, 381 p. (ISBN 978-2-7118-5269-7) Ouvrage de référence, bibliographie et Sites Internet.
  • Danielle Elisseeff, Hybrides chinois : la quête de tous les possibles, Paris, Hazan,‎ 2011, 224 p. (ISBN 978-2-7541-0540-8)
  • Jean François Jarrige, Jacques Giès, Pénélope Riboud, Yu Hui, Michael Loewe, Marie-Catherine Rey, Valérie Lavoix, Stéphane Feuillas, Jean-Pierre Diény, Montagnes célestes. Trésors des musées de Chine. Galeries Nationales du Grand Palais, Paris, Éditions de la Réunion des Musées Nationaux,‎ 2004 (ISBN 2711847705)
  • Alain Thote, Robert Bagley et Antoine Gournay, Rites Et Festins De La Chine Antique. Bronzes du musée de Shanghai. Musée Cernuschi, Paris, Éditions Findakly,‎ 1998, 189 p. (ISBN 2-87900-365-2)
  • Ma Chengyuan, directeur du Musée de Shanghaï, Chen Peifen, Bronzes de la Chine antique, du XVIIIe au IIIe siècle avant J.C. Lyon, Musée de la civilisation gallo-romaine, Electa,‎ 1988, 159 p.ISSN02945606
  • Lion-Goldschmidt Daisy, Arts de la Chine : volume 1 : Bronze, Jade, Sculpture, Céramique, Fribourg, Office Du Livre,‎ 1980 (ISBN 2851090976)
  • Gabriele Fahr-Becker (sous la direction de), Les Arts de l'Asie orientale. Tome 1, Cologne, Könemann,‎ 1999, 406 p. (ISBN 3-8290-1743-X).
  • John Chinnery, Trésors de Chine - Les splendeurs de la Chine ancienne, Paris, HF Ullmann,‎ 2011, 223 p. (ISBN 978-3-8331-4694-7).
  • (en) Jessica Rawson (sous la direction de), Chinese Art, London, The British Museum Press,‎ 2007, 395 p. (ISBN 9780714124469) Tout le champ artistique est découpé en six ensembles fondés chaque fois sur la fonction de l'objet d'art - œuvre d'art, étudiée dans son contexte social, culturel et politique. Des synthèses remarquables.
  • Jacques Gernet, Le Monde chinois. Tome 1, De l'âge du bronze au Moyen Âge (2100 av -Xe siècle après J.-C.), Paris, Armand Colin. Pocket, Agora,‎ 2006, 380 p. (ISBN 2266153684).
  • Jacques Gernet, La Chine ancienne, Paris, PUF, Que sais-je ? n°1113,‎ 2005, 127 p. (ISBN 2-13-053984-X) Réédition du texte de 1964.
  • (en) Jacques Gernet, A History of Chinese Civilization, Cambridge University Press,‎ 1996, 2e éd. (ISBN 0-521-49781-7)
  • (en) Loewe, Michael et Shaughnessy, Edward Louis, The Cambridge history of ancient China : from the origins of civilization to 221 B.C, Royaume-Uni, Cambridge, U.K. ; New York : Cambridge University Press,‎ 1999, 1148 p. (ISBN 0-521-47030-7)
  • (en) Patricia Buckley Ebrey, Anne Walthall et James B. Palais, East Asia: A Cultural, Social, and Political History, Boston, Houghton Mifflin Company,‎ 2006 (ISBN 0-618-13384-4)
  • (en) Edward L. Shaughnessy, « Historical Perspectives on The Introduction of The Chariot Into China », Harvard Journal of Asiatic Studies, vol. 48, no 1,‎ 1988, p. 189–237 (DOI 10.2307/2719276)
  • (en) Maria Khayutina, Where Was the Western Zhou Capital?, Leiden, Warring States Project,‎ 2003, 14 p. (lire en ligne)
  • (en) Conrad Schirokauer et Miranda Brown, A Brief History of Chinese Civilization, Wadsworth, Thomson Learning,‎ 2006, 2e éd., 25–47 p.