Fermanville

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Fermanville
Le phare du cap Lévi.
Le phare du cap Lévi.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg-Octeville
Canton Val-de-Saire
Intercommunalité CA du Cotentin
Maire
Mandat
Nicole Belliot-Delacour
2014-2020
Code postal 50840
Code commune 50178
Démographie
Population
municipale
1 348 hab. (2014)
Densité 116 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 41′ 12″ nord, 1° 26′ 25″ ouest
Altitude Min. 0 m – Max. 136 m
Superficie 11,60 km2
Localisation

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Fermanville est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 1 348 habitants[Note 1].

C'est à ce jour[1] l'un des deux sites importants connus du début du Paléolithique moyen.

Géographie[modifier | modifier le code]

Fermanville est située sur la côte nord du Cotentin, à mi-chemin entre Cherbourg et Barfleur. Le territoire de la commune inclut et entoure le cap Lévi, qui ferme la rade de Cherbourg à l'est, et comprend 11,5 km de côtes.

L'habitat est dispersé en 24 hameaux de maisons de granite rose.

La commune est traversée par le Poult, qui se jette dans la Manche entre l'anse de la Mondrée et celle de la Visière. La vallée du Poult est enjambée par un viaduc ferroviaire de 242 m de long[2] utilisé jadis par un train appelé le tue-vaques[3].

Sur le cap Lévi se trouvent deux ports — le port du Cap Lévi et le port Pignot —, le fort napoléonien du Cap Lévi, le sémaphore du Cap Lévi et le phare du Cap Lévi de 28 m de haut.

Nature[modifier | modifier le code]

La commune inclut une partie du marais de Tocqueboeuf, qui s'étend également sur la commune de Cosqueville. Les 23 hectares du marais sont composés d'un étroit cordon de dunes, d'une roselière, de prairies sèches, et de prairies humides drainées par des fossés. Deux ruisseaux alimentent la zone humide arrière-dunaire. Le marais sert à l'hivernage de plusieurs espèces dont la bécassine des marais. Vanneau huppé, canard colvert, bruant des roseaux et bien d'autres s'y reproduisent. Le courlis corlieu s'en sert comme halte migratoire d'avril à juin. Des prédateurs comme la buse variable, le faucon crécerelle, héron cendré, couleuvre à collier, vipère péliade, renard et autres, y sont régulièrement présents. Sa flore comprend de nombreuses espèces protégées, particulièrement dans les basses zones humides. Le site est géré par le Syndicat Mixte "espaces littoraux" de la Manche (SyMEL)[4],[5].

La pointe du Brick, à l'extrême Ouest de la commune et partagée avec la commune voisine de Maupertus-sur-Mer, est une zone protégée pour ses landes, futaies et taillis. Au creux des vallons et sur leur versants, chêne sessile, chêne rouvre, hêtre et bouleau sont nombreux ; les pins maritimes se trouvent sur le sommet du plateau. Mais les landes à fougères, ajoncs et bruyères occupent la plus grande partie du site[6]. Dans les landes du Brulay ou du Brûlé, des poneys Exmoor et des chèvres ont été réintroduits. On peut y voir une batterie française de défense. Ces landes appartiennent au conservatoire du littoral.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site archéologique du port Pignot, découvert en 1978, a livré d'importants vestiges d'occupation humaine remontant à 200 000 ou 250 000 ans avec des limites de cabanes, des foyers (l'un visible au musée de Normandie à Caen) et des zones de débitage de pierres.
Le seul autre site important connu du Paléolithique moyen en France se trouve à la Roche Gélétan sur la commune de Saint-Germain-des-Vaux, sur la péninsule de la Hague[7].

En 1968, les grandes marées ont mis au jour les éléments d'une barque médiévale ensevelie dans le sable de la pointe de Fréval. Le site a été fouillé en urgence par une équipe de quarante-cinq personnes dirigée par Frédéric Scuvée. D'après ces fouilles, cette barque de 18 mètres de long sur 6 de large date du début du VIIe siècle. Elle a vraisemblablement été tirée sur le rivage pour y servir de sépulture à un personnage important. Entre les XIIe et XVe siècles, la barque a été pillée à plusieurs reprises. Il s'agit du seul témoignage des techniques maritimes du Haut Moyen Âge découvert en France avec celui que constitue la barque viking de l'île de Groix, découverte en 1906[8].

En 1932, le sous-marin français le Prométhée a coulé au large du cap Lévi.

Le 30 avril 1997, la gabare de la marine nationale La Fidèle a explosé avec son équipage alors qu'elle procédait à l'enfouissement d'explosifs au large du cap Lévi. Cette explosion a entraîné la mort de cinq marins et en a blessé dix-sept autres[9].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1983 1997 Julien Trebel    
1997 2008 Eugène Levieux   Retraité de l'arsenal de Cherbourg
2008[10] en cours Nicole Belliot-Delacour[11]   Cadre administratif à la CUC
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2014, la commune comptait 1 348 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2006, 2011, 2016, etc. pour Fermanville[12]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 493 1 527 1 782 2 017 1 967 2 062 2 009 2 125 2 206
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 029 2 046 1 950 1 780 1 722 1 508 1 347 1 334 1 278
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 150 1 108 1 155 1 081 980 944 871 834 831
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
810 724 708 992 1 271 1 408 1 420 1 391 1 348
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le viaduc de Fermanville
Fort Lévi
  • Fort du Cap Lévi : fort napoléonien du début du XIXe siècle ;
  • Vallée des moulins : autrefois site industriel important de l'activité meunière avec sept moulins produisant farine (blé et sarrasin) et huile (dont huile de noix). Certains de ces moulins subsistent encore comme habitations privées[3]. On y trouve un élevage d'escargots, une pisciculture, un bar-restaurant, et un marché en saison ;
  • Viaduc ferroviaire de la vallée des moulins, dit viaduc de Fermanville ou de Fantosme du nom  : traversant la vallée avec ses 20 arches totalisant 242 mètres de long pour 32 mètres de haut, il a été construit entre 1908 et 1911 pour le passage du tue-vaques allant de Cherbourg à Barfleur. Il a été partiellement détruit par les allemands et par les tirs de la marine alliée le 21 juin 1944. Restauré en 1947, il est resté en usage jusqu'à la fermeture de la ligne de train le 30 septembre 1950[15],[16]. Le sentier de petite randonnée PR48 passe sur le viaduc, et le GRP Tour du Val de Saire sous ses arches en suivant le cours du Poult ;
  • Port Pignot, port et carrière : sa capacité de 18 mouillages en fait l'un des plus petits ports de France. Il a été construit sur la côte Est du cap Lévi en 1889 par le carrier lillois Charles Pignot pour l'acheminement du granite de Fermanville, pierre rose de la carrière locale dite de Port Pignot. Outre les maisons traditionnelles locales, le granite rose de Fermanville a servi à la construction notamment de la rade de Cherbourg, de la cale de la compagnie générale transatlantique à Granville, du phare de Gatteville, du frontispice des magasins Printemps à Paris, de l'obélisque d'Utah Beach, et la fabrication des pavés de plusieurs secteurs du Paris-Roubaix[7] ;
  • Port Pignot, site archéologique : la plage fossile du port Pignot, située à 10 m au-dessus du niveau de la mer, s'est révélée en 1978 comme l'un des deux sites importants du début du Paléolithique moyen connus à ce jour[7]  ;
  • Chapelle de Notre-Dame des Champs, petite chapelle en bois sur le sentier de randonnée PR48[17],[18] ;
  • Église de Saint-Martin, XIIIe siècle, près du parking du PR48. Cette église est une rareté par son plan en croix grecque (avec des bras de longueur égale) et par son absence de clocher ; un clocher séparé a été bâti vers le milieu du XVIIe siècle sur la colline derrière l'église plutôt que d'être rajouté à l'église même, ce pour des raisons de coût. La chapelle du transept nord est dédiée à Saint-Martin, celle du transept sud à Notre-Dame de Lourdes. La plupart des vitraux datent du début du XXe siècle. Huit vitraux ont été posés après la deuxième guerre mondiale ;
  • Stèle à la poétesse-meunière Marie Ravenel (Réthoville 1811 – Fermanville 1893), érigée en 1905, médaillon de bronze sur bloc de granite de Fermanville. Elle se trouve près de l'entrée du parking qui dessert le PR48 de la vallée des moulins ;
  • Stèle en mémoire des disparus de La Fidèle, explosée en mer au large du cap Lévi ;
  • Croix commémorative à Fréval, site créé en mémoire des disparus en mer du sous-marin Prométhée, accident de 1932.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

  • Chaque mois des randonnées de groupes sont organisées. Trois sentiers de randonnée traversent la commune : le GR 223, qui longe la côte ; le GRP Tour du Val de Saire ; et le PR48.
  • Campagn'Art, manifestation d'art le 3e dimanche de juin : dans les trois hameaux de Carré, Judée et haut de Fermanvilles, des habitants mettent leurs jardins à la disposition d'artistes puis les ouvrent gratuitement au public.
  • Marché du terroir sur la place Marie Ravenel tous les vendredis soirs de 17 h à 20 h, de mi-juillet à mi-aout.
  • 15 aout : feu d'artifice et bal populaire.
  • Petites et grandes vacances : stages d'arts plastiques par l'atelier Les rendez-vous du presbytère.
  • Petites et grandes vacances : activités pour les scolaires au Centre de loisirs.
  • 3e samedi de septembre : trail du Tue-vaques.
  • Novembre : concert thématique avec Art Libitum.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2014.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. En 2013 seulement deux sites sont connus du Paléolithique moyen
  2. Viaduc de Fermanville sur Structurae.
  3. a et b Vallée des moulins sur le site internet de la commune.
  4. Le marais arrière littoral, sur le site internet de la commune de Fermanville
  5. Faune de la lande de Fermanville, sur le site internet de la commune.
  6. La Pointe du Brick, sur le site internet de la commune.
  7. a, b et c Port Pignot, sur le site de la commune de Fermanville.
  8. Frédéric Scuvée, « La grande barque médiévale de Fermanville », in Les Normands et la Mer, Actes du XXVe congrès des sociétés historiques et archéologiques de Normandie, Cherbourg, 4 - 6 octobre 1990, Saint-Vaast-la-Hougue, Musée maritime de l'île de Tatihou, 1995
  9. « Gabare La Fidèle », sur alabordache.fr (consulté le 28 mai 2010)
  10. « Les échos de la vallée des Moulins », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 18 mars 2016)
  11. Réélection 2014 : « Un second mandat pour Nicole Belliot-Delacourt », sur Ouest-france.fr (consulté le 7 avril 2014)
  12. Date du prochain recensement à Fermanville, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  15. Le Val de Saire au temps du Tue-Vâques, Michel Harouy, pp. 75-79.
  16. Randonnée par l'anse du Brick. Nombreuses photos, dont une du panneau informatif du viaduc.
  17. PR 48 : La vallée des Moulins, sur rando50.fr (site de randonnées dans la Manche)
  18. Randonnée sur le PR48, avec photos du viaduc, de l'église Saint-Martin, de la chapelle Notre-Dame des Champs, et de la stèle de Marie Ravenel

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Scuvée, « La grande barque médiévale de Fermanville », in Les Normands et la Mer, Actes du XXVe congrès des sociétés historiques et archéologiques de Normandie, Cherbourg, 4 - 6 octobre 1990, Saint-Vaast-la-Hougue, Musée maritime de l'île de Tatihou, 1995 ;

Liens externes[modifier | modifier le code]

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