Cap Lévi

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Cap Lévi
Le Cap Lévi : fort Lévi, phare du Cap Lévi,sémaphore et port.
Le Cap Lévi : fort Lévi, phare du Cap Lévi,
sémaphore et port.
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 49° 41′ 45″ nord, 1° 28′ 23″ ouest
Étendue d'eau

Géolocalisation sur la carte : Manche

(Voir situation sur carte : Manche)
Cap Lévi

Géolocalisation sur la carte : Manche

(Voir situation sur carte : Manche)
Cap Lévi

Le Cap Lévi est une avancée de terre située dans la Manche sur le territoire de la commune de Fermanville, près de Cherbourg-en-Cotentin, en Normandie.

La présence de haut-fonds et de courants puissants a rendu nécessaire la construction d'un phare au XIXe siècle pour protéger la progression des navires vers le port de Cherbourg. Détruit en 1944, le vieux phare a été remplacé par une tour de 36 mètres de haut en 1947.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Selon René Lepelley, la première mention du lieu se trouverait dans un texte du XIIe siècle indique que Henri II, roi d'Angleterre et duc de Normandie, débarque dans son duché à Kapelwic[1], ce qui a donné par métathèse *Caplevy, attesté sous les formes Capelevi au XVIe siècle, Cap le Vie vers 1791, enfin Cap Lévi.

L'élément Kapel- est une graphie du normand capelle forme dialectale de « chapelle » au nord de la ligne Joret. L'élément -wic procède de l'ancien Scandinave vík qui signifie « anse ». Il est fréquent sur les côtes du Cotentin, employé de manière autonome ou en composé (la plage du Vicq, le havre de Houlvi, l'anse de Brévy, le Havre de Plainvic, le rocher de Vauvy, etc.= ).
Les Normands étaient effectivement d'excellents navigateurs et, pour se repérer, ils donnaient des noms à des points aisément identifiables de la côte. « Cap Lévi » signifierait donc « cap de l'anse de la chapelle », ce qui est relativement paradoxal. Le terme vík désigne en scandinave un « mouillage sain permettant une progression rapide vers l'intérieur des terres ». Un vicq est donc un lieu de débarquement privilégié en vue de raid, surtout si une chapelle se trouve à proximité.
On peut donc s'interroger sur la localisation de cette « anse de la Chapelle ». Pour René Lepelley, il ne fait pas de doute que cette anse est l'actuel petit port de Fermanville. Des archéologues y ont trouvé des traces de peuplement ancien ainsi une voie romaine y aboutissant. Pour les Fermanvillais, cette explication n'est pas satisfaisante. En effet, si l'on part de la définition de Lepelley, cette anse devrait être accueillante et favoriser l'avancée d'une troupe. Or l'anse qui abrite le port de Fermanville est orientée à l'ouest, ouverte à la houle et aux vents dominants. De plus, le fond de l'anse est couvert de rochers et ses abords sont peu sûrs. Donc un endroit peu accueillant à première vue. Enfin, la progression vers l'intérieur des terres est rendue difficile par les nombreux accidents de terrain qui jouxtent le port.

Une autre thèse est donc de localiser cette anse de la Chapelle à l'anse de la Mondrée, à l'est du Cap Lévi. Il s'agit d'une longue plage de sable protégée des vents d'ouest par le Cap Lévi. Il y a peu de ressac. De plus, un raid vers l'intérieur des terres est facilité en suivant le vallon du ruisseau qui se jette à la Mondrée. Une autre portion de la voie romaine venant d'Alauna (Valognes) aboutit également à la Mondrée. Enfin, l'extrémité ouest de la plage, au contact direct de cap Lévi, est appelée le Câtel, sans qu'aucune preuve de l'existence d'un château, câtel en normand, n'ait pu être produite.

Événements[modifier | modifier le code]

Phare du Cap Lévi.
  • Le 7 juillet 1932, le sous-marin Prométhée a coulé lors d'essais en mer, au large du Cap Lévi, causant la mort de 62 marins, ouvriers et ingénieurs de l'arsenal de Cherbourg et du Creusot. Une croix commémorative de cet accident se trouve à Fréval (à l'extrémité Est de l'anse de la Mondrée).
  • Un accident a tué 5 marins et pyrotechniciens démineurs le 30 avril 1997, au large du Cap Levi. Il a eu lieu sur la gabare la Fidèle, lors d'un transport de grenades qu'on se préparait à immerger dans la fosse du cap Lévi (70 m environ)[2]. Il s'agissait de la 6e campagne de destruction de 1 400 grenades périmées (grenades du type « contre nageurs de combat »[3]). Ce type de munitions est depuis confié à des entreprises spécialisées via une agence de l'Otan qui en a par exemple transféré 650 tonnes à une entreprise allemande en 2005 (pour un coût de 1 000 €/t[2]). Ces pratiques d'immersion de munitions anciennes ont cessé depuis l'an 2000 selon la marine nationale, notamment à la suite de cet accident. Une stèle en mémoire des disparus de La Fidèle se trouve au large du cap Lévi.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Benoît de Peterborough, Gesta Regis Henrici Secundi, Tom. XIII. p. 171 B : « Et in crastino applicuit in Normannia apud Kapelwic et fere omnes comites et barones et milites Angliae secuti sunt eum. »
  2. a et b Article du journal Ouest-France du 28 août 2006, intitulé « Des dépotoirs à munitions au fond de l'eau ; Pour se débarrasser de ses munitions périmées, la France s'est longtemps servie de la mer comme poubelle. La Marine nationale affirme que cette pratique a cessé depuis 2000 »
  3. Page intitulée : La cellule d’urgence médico-psychologique du Finistère : notre expérience du traumatisme maritime ; Dr Didier PAPETA

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Lepelley, Le Dicotentin, Cherbourg, Éditions Isoète, 2001
  • Paul Ingouf, Fermanville, Lassy, Paoland Connaissances, 1999