Morsalines

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Morsalines
Le front de mer.
Le front de mer.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg
Canton Val-de-Saire
Intercommunalité CA du Cotentin
Maire
Mandat
Sandrine Mouchel-Revert
2014-2020
Code postal 50630
Code commune 50358
Démographie
Gentilé Morsalinais
Population
municipale
201 hab. (2014)
Densité 55 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 34′ 22″ nord, 1° 18′ 46″ ouest
Altitude Min. 3 m – Max. 88 m
Superficie 3,65 km2
Localisation

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Morsalines est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 201 habitants[1] (les Morsalinais).

Géographie[modifier | modifier le code]

Morsalines fait partie de la communauté de communes du Val de Saire et du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin. Son bourg est à 2,5 km au sud de Quettehou, à 12 km à l'est-nord-est de Montebourg et à 15 km au nord-nord-est de Valognes[2].

Située entre Saire et Sinope, Morsalines n'appartient à aucun bassin important et possède donc ses propres fleuves dont le principal est le Godey[3].

Communes limitrophes de Morsalines[4]
Quettehou Quettehou Manche
Quettehou Morsalines[4] Manche
Crasville Crasville Manche

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Morsalin en 1040 - 1066[5],[6], de Morsalinis 1159 - 1181[6], Morsalines vers 1280[6].

Albert Dauzat considère ce toponyme comme obscur, émet tout de même deux hypothèses autour d'un anthroponyme germanique Maur, suivi du latin salinum (« salin ») ou mieux le germanique sala (« maison »), suivi du suffixe -inum[5].

Selon François de Beaurepaire, il s'agit plus simplement de « mortes salines », c'est-à-dire « abandonnées » (à la suite d'un recul du rivage ?). Il y avait jadis de nombreuses salines sur les côtes du Cotentin[7].

René Lepelley reprend l'hypothèse de François de Beaurepaire[8], selon lui les marais salants ont été abandonnés au XIe siècle.

Remarques : il faut noter qu'aucune forme ancienne ne contient l'élément Mort-, on peut donc supposer que le [t] s'était déjà amuï au XIe siècle. En outre, la plus ancienne forme Morsalin implique que le masculin salin avait déjà le sens de « saline » au XIe siècle, or ce sens ne semble pas être attesté avant le XIXe siècle et le terme salin lui-même n'est pas mentionné avant le XVIe siècle[9]. Aussi peut-on se demander ce que signifie « salin de Maur », évoqué dans la première hypothèse. Le mot saline au sens de « marais salant » est enregistré dès le début du XIIIe siècle, c'est-à-dire antérieurement au mot salin.

Histoire[modifier | modifier le code]

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Quoique Morsalines soit de nos jours à l’écart des grands mouvements qui agitent la planète, elle s’est trouvé impliquée dans quatre évènements importants de l’histoire de France :

  1. En 1066, la pointe de Saire servit de base à l’armée de Guillaume le Conquérant avant l’invasion de l’Angleterre qu’il lança de Barfleur, à une dizaine de kilomètres de là.
  2. En 1346, le roi d’Angleterre Édouard III et ses troupes accostèrent en France à la Hougue. Le roi passa sa première nuit à Morsalines, qui se trouve être ainsi la commune de France d’où partit la guerre de Cent Ans.
  3. En 1692, l'amiral de Tourville mit fin par sa défaite à la Hougue aux désirs agressifs de Louis XIV dans la guerre de la Ligue d’Augsbourg, et par là même aux prétentions des Stuarts au trône d’Angleterre.
  4. En 1944, les Alliés débarquèrent en Normandie. Or c’est de Morsalines et La Pernelle que les Allemands dirigeaient l’artillerie placée en défense côtière sur la pointe de Saire, dans le cadre du mur de l’Atlantique. À la suite d'imprévus météorologiques, le débarquement américain eut lieu de manière fortuite à Utah Beach, donc au sud de l’emplacement programmé à Saint-Martin-de-Varreville. Cela mit les batteries de Morsalines hors de portée des attaquants et évita ainsi des pertes à l’armée américaine. Cela permit aussi à la commune d'échapper à un bombardement plus important.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Mairie.
Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1802 1808 Guillaume Pillet SE  
1808 1819 Bon Legendre SE  
1819 1831 Yves Enault SE  
1831 1853 Louis Legendre SE  
1853 1862 Louis Leconte SE  
1862 1871 Charles Leconte SE  
1871 1873 Charles Typhaigne SE  
1873 1892 Jean Collas SE  
1892 1904 Honoré Joly SE  
1904 1906 Nicolas Joly SE  
1906 1907 Henri Mouchel SE  
1907 1911 Maurice Grillon SE  
1911 1926 Auguste Typhaigne SE  
1926 1933 Jean Lemarié SE  
1933 1957 Michel Letellier SE  
1957 1959 Louis Brix SE  
1959 1981 Jean Varin SE  
1981 mars 2001 Auguste Collas SE Agriculteur
mars 2001 novembre 2003 Jacques Lefèvre SE  
novembre 2003 décembre 2003 Auguste Crestey SE Agriculteur, maire par intérim
décembre 2003 avril 2014 Guy Monnier SE Installateur téléphonique
avril 2014[10] en cours Sandrine Mouchel Revert[11] SE Agricultrice
Les données manquantes sont à compléter.

Le conseil municipal est composé de onze membres dont le maire et deux adjoints[10].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[13],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 201 habitants, en diminution de -4,29 % par rapport à 2009 (Manche : 0,44 % , France hors Mayotte : 2,49 %) Morsalines a compté jusqu'à 701 habitants en 1806.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
488 481 701 536 523 553 543 540 490
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
439 450 439 390 391 382 343 362 315
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
315 292 265 238 217 210 233 208 198
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014
198 162 148 184 228 206 219 204 201
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

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Le rivage[modifier | modifier le code]

Morsalines a donné son nom à la baie située à l'ouest de la Hougue.

Le rivage de la commune est contigu à celui de Quettehou. Il est en partie bordé d'habitations. Il offre un panorama sur la presqu'île de la Hougue et son fort.

L'estran est particulièrement étendu à cet endroit (2 km environ), et on peut, par grandes marées, traverser la baie à pied. On y trouve divers fruits de mer et notamment des coques, des bigorneaux et des couteaux. La baie de Morsalines fait également l'objet d'ostréiculture, mais les parcs sont localisés en dehors des abords du rivage.

L'église Notre-Dame[modifier | modifier le code]

L'église Notre-Dame.

L'église Notre-Dame dépend, aujourd'hui, du doyenné de Valognes-Val-de-Saire. Son clocher sans flèche a l'aspect d'un donjon, il daterait du XIe ou XIIe siècle, mais a été modifié au XVIIe. Le chœur et la nef datent du XVIIe.

La construction de la chapelle du Rosaire remonte à 1674. Cette chapelle a été voûtée en 1682. Des travaux ont été effectués de 1668 à 1704 sous le pastorat de Jean Touzard, curé de Morsalines. En 1740, d’importants travaux de restauration ont encore été effectués : une partie du mobilier, des chapelles latérales ainsi qu'une chapelle pour la sacristie ont été ajoutés. Ces travaux ont été entrepris sous le pastorat du curé de Morsalines, Nicolas Massieu.

L’église est inscrite aux Monuments historiques depuis 1994[16]. La commune et l'association de sauvegarde de l'église de Morsalines ont entrepris des travaux de restauration dans les chapelles du Rosaire et Sainte-Barbe, dans le chœur et la nef. À l'intérieur, le retable est classé à titre d'objet aux Monuments historiques[17]. Il fut exécuté en 1740.

Graffiti sur un poteau de l'entrée est du cimetière.

Sur les côtés, se trouvent deux statues en terre cuite de Valognes, l’une de saint Blaise l’autre de saint Maur. Les autels des deux chapelles sont remarquables. Au-dessus de l’autel, une statue polychrome de sainte Barbe veille sur sa chapelle. Cette statue du XVe siècle en pierre est également classée[18].

On peut voir, gravées dans la pierre à l'extérieur de l’église, des représentations de navires. Ces graffitis marins datent du XVIIe ou XVIIIe siècle. Certains sont gravés sur la clôture du cimetière. Le plus grand se trouve sur le contrefort d’un pilier de l'entrée du cimetière donnant sur l'avenue de la Peintrerie. Ces graffitis constitueraient des ex-votos correspondant à une demande de protection ou à une action de grâce à la suite d'un sauvetage en mer, au retour d’un long voyage…

La batterie de Morsalines[modifier | modifier le code]

La batterie.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la batterie de Morsalines, aménagée dès 1941, était la plus ancienne de la côte orientale du Cotentin. Elle se composait de six pièces françaises de 155 mm datant de la Première Guerre mondiale, installées à l’air libre sur des aires bétonnées. En raison de leur portée, elles pouvaient atteindre le secteur de Varreville, où les Américains avaient choisi de débarquer.

Assez astucieusement camouflée, elle échappa longtemps à l’attention des Alliés, mais finit par subir en un bombardement dévastateur qui détruisit ou endommagea la moitié de ses canons. Elle fut alors déplacée en retrait.

En raison de cette nouvelle position et du fait que les Américains, par erreur, prirent pied le 6 juin sur une plage située deux kilomètres au sud de l’endroit prévu, la batterie de Morsalines ne put en rien entraver les opérations de débarquement. Devenus inutiles sur place, ses canons furent transportés à l’intérieur de la forteresse de Cherbourg.

Le phare des Arquets[modifier | modifier le code]

Situé dans les prés, à 800 mètres du rivage et à 70 mètres d'altitude, il fut construit après la destruction de l'ancien phare lors des bombardements en 1944.

Le phare de Morsalines participe au balisage de la rade de Saint-Vaast-la-Hougue. Il est accroché à la colline un peu en retrait de la côte. Sa lanterne peinte en vert est disposée de manière excentrée au sommet d'une tour octogonale blanche en béton armé. La hauteur de sa tour est de 13 mètres. Sa portée est de 11 milles pour le secteur blanc et de 8 milles pour les secteurs rouges et verts. Il forme avec le feu du fort de la Hougue un alignement pour accéder à la baie de Morsalines.

La redoute[modifier | modifier le code]

Morsalines comportait jadis un ensemble de deux redoutes actuellement détruit, et dont ne subsistent que les soubassements. Ces restes ont servi aux Allemands durant la Seconde Guerre mondiale pour y établir un des bunkers de la batterie de Morsalines. Les redoutes étaient de petits ouvrages fortifiés qui servaient à la surveillance et la défense des côtes. Plusieurs redoutes existaient entre Morsalines et Quinéville.

La peintrerie[modifier | modifier le code]

Cette ferme date du XVIIe siècle, elle possède une échauguette sur la maison d'habitation et une autre sur une dépendance. Dans la cour de l'habitation se trouve un puits fontaine couvert qui daterait de la construction antérieure. C'est dans ce manoir que le roi anglais Édouard III se serait établi après son débarquement à la Hougue en 1346.

Ancienne ligne de chemin de fer[modifier | modifier le code]

La gare de Morsalines était une halte de l'ancienne ligne de Valognes à Barfleur (déclassée). Le tracé de la voie est encore partiellement visible, l'ancien bâtiment de la route de la Baie est devenu une habitation privée.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

À partir de 1881, le peintre Antoine Guillemet a représenté de nombreuses fois la baie de Morsalines. Le peintre Adolphe La Lyre a lui aussi produit quelques tableaux représentant le rivage de Morsalines.

Le tableau de Félix Buhot intitulé Morsalines se réfère également à la commune.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2014.
  2. Distances routières les plus courtes selon Viamichelin.fr
  3. Sandre, « Fiche cours d'eau le Godey(I4--0200) »
  4. « Géoportail (IGN), couche « Limites Administratives » activée »
  5. a et b Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Guénégaud,
  6. a, b et c François de Beaurepaire (préf. Yves Nédélec), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, Paris, A. et J. Picard, , 253 p. (ISBN 2-7084-0299-4, OCLC 15314425), p. 164
  7. François de Beaurepaire, op. cit.
  8. René Lepelley, Noms de lieux de Normandie et des îles Anglo-Normandes, Paris, Bonneton, (ISBN 2-86253247-9), p. 151
  9. Site du CNRTL : étymologie de salin
  10. a et b « Morsalines (50630) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 9 mai 2014)
  11. Nom officiellement enregistré par la préfecture : « Liste des maires de la Manche au 8 avril 2014 », sur http://www.manche.gouv.fr/, préfecture de la Manche (consulté le 9 mai 2014)
  12. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  16. « Église », notice no PA00132689, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  17. « Retable du maître-autel, lambris de revêtement des portes de la sacristie », notice no PM50000729, base Palissy, ministère français de la Culture.
  18. « Statue : Sainte Barbe », notice no PM50000728, base Palissy, ministère français de la Culture.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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