Paléolithique moyen

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Le Paléolithique moyen est la période de la Préhistoire qui succède au Paléolithique inférieur. Il s'achève avec le début du Paléolithique supérieur.

Définition[modifier | modifier le code]

Le début du Paléolithique moyen est défini par le passage des différentes espèces humaines de la planète aux industries lithiques dites de "mode 3", qui succèdent à l'industrie acheuléenne, dite de "mode 2". Ce passage se fait progressivement, sur plusieurs dizaines de milliers d'années, et à des époques plus ou moins décalées d'une région à l'autre et d'un continent à l'autre.

En Afrique comme en Europe, son début est actuellement fixé conventionnellement autour de 300 000 ans avant le présent (époque à laquelle démarre le stade 8 de la chronologie isotopique), et s’achève en Afrique comme en Europe autour de 45 000 ans AP, avec le passage aux industries lithiques dites de "mode 4", véhiculées par Homo sapiens.

Principales caractéristiques des outillages[modifier | modifier le code]

Le Paléolithique moyen est marqué par l’apparition d’un ensemble de traits culturels nouveaux : il voit par exemple se généraliser et se diversifier l’utilisation des outils retouchés (pointes, racloirs, denticulés, grattoir, etc.), et différentes techniques de débitage laminaire.

Les outils en pierre du Paléolithique moyen peuvent être réalisés en utilisant deux types d'opération de taille :

  • Le premier type d'opération de taille est le façonnage, c'est-à-dire la taille progressive d'un bloc ou d'un gros éclat en un seul outil.
  • Le deuxième type d'opération est le débitage, c'est-à-dire que les outils sont réalisés à partir d’éclats débités aux dépens de blocs de matière première préparés, appelés nucléus. Cette façon de procéder permet généralement d'extraire plusieurs éclats d'un même nucléus.

Plusieurs méthodes de débitage ont été identifiées pour le Paléolithique moyen :

  • Identifiée dès le XIXe siècle et relativement bien connue, la méthode Levallois est caractérisée par la possibilité de débiter de façon répétée des éclats dont les caractéristiques morpho-techniques ont été prédéterminées avant leur détachement par la mise en forme du nucléus lors de sa préparation.
  • La méthode Quina (du nom du site de La Quina) produit des éclats épais à section asymétrique. Avec un percuteur dur frappant assez loin du bord du nucléus, non spécialement préparé, des éclats souvent couverts de cortex sont détachés d'une face, puis d'une autre et ainsi de suite. Les éclats sont ensuite retouchés, généralement en racloir Quina dont l'épaisseur favorise la solidité. Certains éclats deviendront même des matrices de production de petits éclats courts et épais. Ce type de débitage est présent dans le sud de la France entre 50 000 et 40 000 ans avant le présent. Le débitage Quina semble avoir été utilisé tout particulièrement durant les périodes de refroidissement, aussi appelées glaciations.
  • La méthode laminaire produit, comme son nom l'indique, des lames et des éclats laminaires. Même si elle ne se généralise qu'au Paléolithique supérieur, cette méthode est documentée ponctuellement dès 200 000 ans avant le présent. Elle permet l'exploitation de volumes de silex moyennant un entretien minimal du nucléus, alors que la méthode Levallois permettait l'exploitation de surfaces convexes successives au prix d'un entretien couteux en matière première.
  • L'existence de débitages ramifiés a récemment été mis en avant pour le Moustérien, le principal faciès culturel du Paléolithique moyen. Dans le cadre de tels schémas, les nucléus produisent une première génération d'éclats qui sont à leur tour utilisés comme nucléus pour produire une seconde génération d'éclats. Cette dernière génération d'éclats est ensuite retouchée pour réaliser un outillage de type microlithique.

La généralisation des différentes techniques de débitage, dont notamment la méthode Levallois, est l'un des principaux critères utilisés pour reconnaitre sur un site le début du Paléolithique moyen.

Les acteurs du Paléolithique moyen[modifier | modifier le code]

En Europe, en Afrique du Nord, et au Moyen-Orient, la principale manifestation du Paléolithique moyen est l'industrie lithique moustérienne. Le Moustérien est mis en œuvre par l'Homme de Néandertal en Europe, par Homo sapiens en Afrique du Nord, et par les deux espèces alternativement au Moyen-Orient.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Depaepe P. (2009), La France du Paléolithique, La Découverte, Archéologies de la France, 177 p.
  • Bernard Vandermeersch (dir.) (2008), Première humanité, gestes funéraires des Néandertaliens, Réunion des musées nationaux, catalogue de l'exposition du Musée national de Préhistoire, 28 juin - 12 octobre 2008, 142 p.
  • Bernard Vandermeersch et Bruno Maureille (dir.) (2007), Les Néandertaliens, biologie et cultures, Paris, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, Documents préhistoriques 23, 342 p.
  • Marylène Patou-Mathis, Néandertal de A à Z, 2018

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]