Paléolithique moyen

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant la Préhistoire
Cet article est une ébauche concernant la Préhistoire.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Le Paléolithique moyen est une période de la Préhistoire qui s’inscrit dans la continuité du Paléolithique inférieur. En Europe, il débute autour de 300 000 ans avant le présent (stade 8 de la chronologie isotopique) avec la généralisation du débitage Levallois et s’achève autour de 30 000 ans avec la disparition de l’Homme de Néandertal et l’arrivée des Humains anatomiquement modernes (Homo sapiens) venus du Proche-Orient.

Principales caractéristiques des outillages[modifier | modifier le code]

Le Paléolithique moyen est marqué par l’apparition d’un ensemble de traits culturels nouveaux : il voit par exemple se généraliser et se diversifier l’utilisation des outils retouchés (racloirs, denticulés, grattoir, etc.). L'emploi des matières dures animales (os, dents, ivoire) reste limité à quelques cas particuliers tels que les retouchoirs.

Les outils en pierre du Paléolithique moyen peuvent être réalisés en utilisant deux types d'opération de taille :

  • Le premier type d'opération est le débitage, c'est-à-dire que les outils sont réalisés à partir d’éclats débités aux dépens de blocs de matière première préparés, appelés nucléus. Cette façon de procéder permet généralement d'extraire plusieurs éclats d'un même nucléus. Plusieurs méthodes de débitage ont été identifiées pour le Paléolithique moyen.
    • Identifiée dès le XIXe siècle et relativement bien connue, la méthode Levallois est caractérisée par la possibilité de débiter de façon répétée des éclats dont les caractéristiques morpho-techniques ont été prédéterminées avant leur détachement par la mise en forme du nucléus lors de sa préparation.
    • La méthode Quina (du nom du site de La Quina) produit des éclats épais à section asymétrique. Avec un percuteur dur frappant assez loin du bord du nucléus, non spécialement préparé, des éclats souvent couverts de cortex sont détachés d'une face, puis d'une autre et ainsi de suite. Les éclats sont ensuite retouchés, généralement en racloir Quina dont l'épaisseur favorise la solidité. Certains éclats deviendront même des matrices de production de petits éclats courts et épais. Ce type de débitage est présent dans le sud de la France entre 50 000 et 40 000 ans avant le présent. Le débitage Quina sembla avoir été utilisé tout particulièrement durant les périodes de refroidissement, aussi appelées glaciations.
    • La méthode laminaire produit, comme son nom l'indique, des lames et des éclats laminaires. Même si elle ne se généralise qu'au Paléolithique supérieur, cette méthode est documentée ponctuellement dès 200 000 ans avant le présent. Elle permet l'exploitation de volumes de silex moyennant un entretien minimal des nucléus, alors que la méthode Levallois permettait l'exploitation de surfaces convexes successives au prix d'un entretien permettant et couteux en matière première.
    • L'existence de débitages ramifiés a récemment été mis en avant pour le Moustérien, le principal faciès culturel du Paléolithique moyen. Dans le cadre de tels schémas, les nucléus produisent une première génération d'éclats qui sont à leur tour utilisés comme nucléus pour produire une seconde génération d'éclats. Cette dernière génération d'éclats est ensuite retouchée pour réaliser un outillage de type microlithique.
  • Le deuxième type d'opération de taille est le façonnage c'est-à-dire la taille progressive d'un bloc ou d'un gros éclat en un seul outil tel que le biface.

Anthropologie culturelle et physique[modifier | modifier le code]

En Europe, la principale manifestation culturelle du Paléolithique moyen est le Moustérien. Le principal artisan du Moustérien est l’Homo neanderthalensis, ou Homme de Néandertal. Il présentait un crâne volumineux au front fuyant, au torus sus-orbitaire marqué, et au menton pratiquement absent. Ces caractéristiques nous sont connues notamment grâce aux découvertes d’ossements fossiles de Saccopastore, de la Grotte Guattari sur le Mont Circé (Italie), de Gibraltar au Sud de la péninsule ibérique, de la Chapelle-aux-Saints, La Ferrassie, La Quina (France), de Spy (Belgique) et bien sûr de Néandertal (Allemagne).

Si les premières descriptions ont voulu faire de cet homme une brute dépourvue de toute faculté intellectuelle, la multiplication des découvertes permet aujourd’hui de dresser un tout autre portrait du Néandertalien. Il est notamment l'auteur des premières sépultures intentionnelles en Europe.

Articles détaillés : Moustérien et Homme de Néandertal.

Références[modifier | modifier le code]

  • Depaepe, P. (2009) - La France du Paléolithique, La Découverte, Archéologies de la France, 177 p.
  • Jaubert, J. (1999) - Chasseurs et artisans du Moustérien, Paris, la maison des roches, 157 p.
  • Otte, M. (1996) - Le paléolithique inférieur et moyen en Europe, Paris, Masson & Armand Colin, 296 p.
  • Vandermeersch, B., (Éd.) (2008) - Première humanité, gestes funéraires des Néandertaliens, Réunion des musées nationaux, catalogue de l'exposition du Musée national de Préhistoire, 28 juin - 12 octobre 2008, 142 p.
  • Vandermeersch, B. et Maureille, B., (Éds.) (2007) - Les Néandertaliens, biologie et cultures, Paris, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, Documents préhistoriques 23, 342 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]