Fauvette à tête noire

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Sylvia atricapilla

La Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) est une espèce de passereaux de la famille des Sylviidae dont elle est l'espèce type. Migratrice partielle, elle hiverne en Afrique tropicale, mais aussi en Europe.

Elle ne doit pas être confondue avec la fauvette mélanocéphale (Sylvia melanocephala).

Description[modifier | modifier le code]

Le mâle a une calotte noire d'où le nom de l'espèce, celle de la femelle ou du jeune étant rousse[1]. C'est un oiseau très discret que l'on repère surtout à cause de son chant.

Alimentation[modifier | modifier le code]

La fauvette se nourrit principalement d'insectes pendant la saison de reproduction. En juillet le régime passe aux fruits. Ils aident les fauvettes à engraisser avant leur migration.

Comportement[modifier | modifier le code]

Reproduction[modifier | modifier le code]

Œufs de Sylvia atricapilla Muséum de Toulouse

Le mâle entame la construction de plusieurs nids et la femelle choisit de terminer l'un d'entre eux[2]. Le nid est typiquement de 5,5 cm de profondeur et 10 cm de diamètre. Il est principalement construit par la femelle. Le nid est souvent à moins d'un mètre du sol, mais peut être édifié jusqu'à 4,5 mètres. Les œufs, au nombre de quatre ou cinq, sont couvés alternativement par les deux adultes entre onze et quinze jours[1]. Ils nourrissent les jeunes au nid durant une période de dix à quatorze jours, puis continuent de les alimenter lorsqu'ils l'ont quitté[2],[1]. La plupart du temps, les couples élèvent deux nichées[1].

Répartition[modifier | modifier le code]

Son aire de nidification s'étend depuis la bande littorale du Maghreb à toute l'Europe (hormis le nord de la Scandinavie), à la Turquie, au Caucase et à la Russie jusqu'en Sibérie occidentale[1].

Habitat[modifier | modifier le code]

La Fauvette à tête noire fréquente des milieux assez variés : bois de feuillus, bosquets, haies, jardins et parcs, y compris en ville[1].

Migrations[modifier | modifier le code]

L'espèce est partiellement migratrice, les oiseaux du nord de l'aire de nidification migrant en Afrique tropicale alors que ceux qui sont plus proches de la Méditerranée sont soit sédentaires, soit migrateurs[2].

Certains oiseaux, principalement des mâles, hivernent en Europe centrale ou occidentale, se nourrissant de baies de sureau, de lierre, d'épine-vinette ou de troène[1].

Elle demeure désormais l'hiver en petit nombre dans l'ouest de la France (Haute-Normandie et Hauts-de-France), où elle partage avec mésanges et rouge-gorges la nourriture des mangeoires. Elle semble avoir modifié ses habitudes migratoires.

Prédation[modifier | modifier le code]

Les fauvettes se font capturer par les éperviers d'Europe dans l'aire de reproduction, ainsi que par les faucons d'Éléonore pendant leur migration.

Geais et pies prennent les œufs et les jeunes, tout comme les mammifères tels que l'hermine, la belette et l’écureuil. Le chat domestique est leur principal prédateur. Leurs nids sont parfois investis par des coucous dont les œufs se font souvent rejeter.

Chant et cris[modifier | modifier le code]

Le chant de la Fauvette à tête noire est un babil sifflé-flutté mélodieux mais puissant, avec fréquemment une introduction grinçante, souvent en sourdine. Son chant est similaire à la Fauvette des jardins mais les notes des phrases de la Fauvette à tête noire sont plus liées entre elles. Son chant n’est pas toujours facile à distinguer puisqu’elle est capable d’imiter le chant d’autres passereaux[3].

La Fauvette à tête noire possède plusieurs cris comme la grande majorité des oiseaux. Le cri le plus courant est un “ têc ” claquant et dur comme si l’on cognait deux pierres l’une contre l’autre. Lorsqu’il est répété avec des “ chrrehh ” rauques intercalés, il marque l’inquiétude. Près du nid, le mâle et la femelle communiquent sous la forme de “ dditditdit ” ou de “ thyeu … ” très doux. Parfois, la Fauvette à tête noire peut aussi lancer des “ ssii ” fins et aigus[4].

La Fauvette à tête noire occupe l’espace sonore dès son retour en mars et marque ainsi sa présence jusqu’en Juillet. Avant l’Automne, on constate une légère reprise marquant le départ en migration. Cependant, les populations du Midi et du Sud de la France hivernent et il est alors possible d’entendre son chant en Hiver.

Systématique[modifier | modifier le code]

L'espèce a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758, sous le nom initial de Motacilla atricapilla[5].

Synonyme[modifier | modifier le code]

  • Motacilla atricapilla Linnaeus, 1758 (Protonyme)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Karel Štastný (adaptation française de Dagmar Doppia, révision de Michel Cuisin) La Grande encyclopédie des oiseaux, Gründ, 3e tirage 1991, (ISBN 2-7000-2504-0), p. 376
  2. a b et c Bernhard Grzimek (dir.), Le Monde animal en 13 volumes : Encyclopédie de la vie des bêtes, t. IX : Oiseaux 3, Zurich, Éditions Stauffacher S.A., , 1re éd., 594 p., chap. XI (« Timaliens et Fauvettes »), p. 242-243
  3. Oiseaux.net, « Fauvette à tête noire - Sylvia atricapilla - Eurasian Blackcap », sur www.oiseaux.net (consulté le 30 juin 2019)
  4. Fauvette à tête noire Sylvia atricapilla, Isère, LPO, 3 p. (lire en ligne)
  5. Linnaeus, C. 1758: Systema Naturae per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, Tomus I. Editio decima, reformata. Holmiæ: impensis direct. Laurentii Salvii. i–ii, 1–824 pp

Annexes[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]