Alstom

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Alstom
logo de Alstom
Logo d'Alstom
illustration de Alstom
Un des bâtiments du siège social d'Alstom à Saint-Ouen-sur-Seine

Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Dates clés 1969 : Alsthom devient filiale de la Compagnie générale d'électricité
1976 : Alsthom fusionne avec les Chantiers de l'Atlantique devenant Alsthom Atlantique
1989 : fusion d'Alsthom et de GEC Power Systems et création de GEC-Alsthom
1998 : GEC Alsthom, devenue Alstom, entre en Bourse
2010 : rachat de l'activité transmission d'Areva T&D
2014 : vente de la filière énergie à General Electric et achat de 20 % des parts du capital par l'État français
2017-2018 : projet de fusion avec la branche transport de Siemens et création de Siemens-Alstom
2021 : rachat de Bombardier Transport
Forme juridique Société anonymeVoir et modifier les données sur Wikidata
Action Euronext : ALO
Slogan Mobility by natureVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Saint-Ouen-sur-SeineVoir et modifier les données sur Wikidata
Drapeau de France France
Directeurs Henri Poupart-LafargeVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité Industrie ferroviaire
Produits Solutions pour les opérateurs et/ou propriétaires de matériel roulant et d'infrastructures ferroviaires
Filiales Alstom Transport (ACEC, Alstom DDF, Alstom Transportation USA Inc.), Bombardier Transport (ANF, Bombardier Transportation Belgium), Fiat Ferroviaria, NTL (51%), Cital (49 %)
Effectif 75 000 (Alstom + Bombardier Transport)

38 900 (Alstom Transport)

SIREN 389058447[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
TVA européenne FR58389058447[2]Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web www.alstom.comVoir et modifier les données sur Wikidata

Capitalisation 8 461 M€ le 14 octobre 2019
Fonds propres en augmentation 4 159 M€ (31 mars 2019)
Chiffre d'affaires en augmentation 8 072 M€ (31 mars 2019)
Résultat net en augmentation 681 M€ (31 mars 2019)
Société précédente Société alsacienne de constructions mécaniques et Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson HoustonVoir et modifier les données sur Wikidata

Alstom est une multinationale française, aujourd’hui spécialisée dans le secteur des transports, principalement ferroviaires (trains, tramways et métros).

Alstom faisait partie du groupe Alcatel-Alsthom, nouveau nom de la Compagnie générale d'électricité (CGE), avant la mise en commun de ses activités avec une partie du groupe General Electric Company (GEC) prenant le nom de GEC-Alsthom. Elle est ensuite introduite en bourse en tant que société autonome.

À l'origine Als-Thom, contraction d'« Alsace » et de « Thomson », devenu Alsthom, était le résultat de la fusion, réalisée en , d'une partie de la Société alsacienne de constructions mécaniques (SACM) basée à Mulhouse puis à Belfort, spécialiste de la construction de locomotives, et de la Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson Houston (CFTH), société franco-américaine spécialiste des équipements de traction électrique ferroviaire et de la construction électromécanique. Elle devient Alsthom en 1932, puis Alsthom Atlantique en 1976, puis GEC-Alsthom en 1989 et Alstom depuis 1998[3],[4].

Entre 2014 et 2018, General Electric rachète les activités « Énergie » d’Alstom[5], notamment le site de Belfort.

Le 29 janvier 2021, Alstom finalise le rachat et l'absorption de son concurrent canadien Bombardier Transport. Cette acquisition donne naissance à un géant industriel, numéro deux mondial du ferroviaire[6].

Historique[modifier | modifier le code]

Création et développement[modifier | modifier le code]

André Koechlin ouvre un atelier de construction de locomotives à Mulhouse en 1839. Les affaires se développent vite et André Koechlin & Cie fusionne avec les ateliers de Graffenstaden pour créer la Société alsacienne de constructions mécaniques (SACM). L'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Allemagne, en 1871, entraîne la création de la nouvelle usine SACM à Belfort dans les années 1878-79, pour conserver les clients français sans droits de douane.

En 1879-1880 aux États-Unis, Elihu Thomson et Edwin J. Houston s'associent pour créer une société d’électricité, la Thomson-Houston Electric Company, spécialisée dans la construction de machines magnéto-électriques : dynamos et moteurs à courant continu dans un premier temps[7], puis alternateurs et moteurs à courants alternatifs monophasés, diphasés et triphasés par la suite. Ils adoptèrent les courants alternatifs rapidement comme standard six mois avant même que Thomas Edison ouvrît sa première centrale électrique à courant continu à New York.

En 1893, la traction électrique ferroviaire commence à prendre un certain essor. La Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson Houston (CFTH) est créée en s’associant à l'américain General Electric. En 1895, trois premiers brevets sont déposés par la nouvelle société[8]. Plus d'une trentaine d'autres brevets seront déposés par la suite par cette société sur une vingtaine d'années[9].

En 1904-1905, la CFTH rachète les établissements Postel-Vinay[10], une entreprise qui était elle aussi spécialisée dans la construction de moteurs électriques et de dynamos.

En 1925, la société Vetra, un constructeur de trolleybus, est créée.

Les générateurs électriques d'Alstom (SACM) dans la centrale thermique de Ronchamp dans les années 1920.

En 1928, Thomson-Houston fusionne avec une partie de la SACM pour former une nouvelle entreprise. Ce sera Alsthom, contraction d'Alsace-Thomson, société de construction électro-mécanique.

En 1932, l'atelier de constructions de locomotives Constructions électriques de France (CEF) fusionne avec Alsthom. La même année, Alsthom construit pour la Compagnie générale transatlantique les moteurs du Normandie, paquebot transatlantique de la Compagnie générale transatlantique, construit par les Chantiers de Penhoët à Saint-Nazaire. Ces moteurs sont parmi les plus grands jamais construits dans le monde. En 1937, Als-Thom absorbe Vetra.

En 1958, une direction générale arrive à la tête d'Alsthom, dont le siège est situé avenue Kléber à Paris, avec Georges Glasser qui inaugure une nouvelle ère et de nouvelles méthodes de direction avec des restructurations internes.

Alsthom, filiale de la Compagnie générale d'électricité[modifier | modifier le code]

Arbre généalogique simplifié d'Alstom

En 1964, la Compagnie générale d'électricité (CGE) et Alsthom créent trois filiales communes se répartissant des fabrications différentes : Alsthom-Savoisienne (transformateurs et machines électriques), Delle-Alsthom (appareillages moyenne tension) et Unelec (appareillages basse tension)[11].

En 1969, la CGE, qui avait absorbé Alcatel en 1966, devient l'actionnaire majoritaire d'Alsthom[11].

En 1972, Alsthom absorbe Brissonneau et Lotz[12].

La fusion des Chantiers de l'Atlantique et d'Alsthom donnant naissance au groupe Alsthom-Atlantique intervient en , soit deux mois après le début de l'entrée en négociation[13].

À partir de 1977, la Compagnie électro-mécanique est progressivement absorbée par Alsthom[14],[15],[16],[17], qui devient CEM-Alsthom en 1983[15].

En 1982, la CGE est nationalisée. Le capital est détenu par l'État jusqu'à la privatisation de 1987[18].

En 1987, Alsthom fait l'acquisition de la division ferroviaire de Jeumont-Schneider comprenant Carel Fouché Industries, MTE et Schneider-Jeumont Rail[19].

En 1989, Alsthom fusionne avec la branche GEC Power Systems du groupe britannique General Electric Company et devient ainsi, sous le nom de GEC Alsthom, une coentreprise paritaire franco-britannique, filiale commune de GEC et de la CGE[18]. En 1991, la CGE se rebaptise Alcatel Alsthom[18].

En 1994, la société achète 51 % des actions du constructeur ferroviaire allemand Linke-Hofmann-Busch (de) (LHB), de Salzgitter, à sa société mère Preussag[20]. Puis en 1997, Alsthom acquiert le solde des actions, soit 49 % du capital, et LHB prend le nom d'Alstom LHB[20].

Alstom, entreprise indépendante[modifier | modifier le code]

En 1998, les deux maisons mères choisissent de se recentrer sur leurs métiers de base, l'électronique de défense pour GEC (renommée Marconi Plc en 1999) et les télécommunications pour Alcatel Alsthom, et décident de vendre en bourse la majorité (52 %) du capital de GEC Alsthom, en conservant chacune 24 %. Ce fut la plus grosse opération d'introduction en bourse d'une société européenne, en dehors des privatisations. Elle remporta un grand succès dans un climat d'euphorie boursière.[réf. nécessaire]

La nouvelle société, ainsi indépendante, décide de prendre le nom d'Alstom, sans h, laissant de côté ses origines (le « Thom » dans le nom de 1929 est celui de Thomson).
Alcatel Alsthom, quant à elle, se renomme Alcatel. À cette occasion, Alstom reprend à son ancienne maison-mère l'entreprise d'électricité Cegelec[21], qui deviendra un an plus tard Alstom Entreprise puis Alstom Contracting.

En 1998, Alsthom achète à la famille De Dietrich plus des deux tiers des actions de De Dietrich Ferroviaire située à Reichshoffen en Alsace, ce qui donne naissance à Alstom DDF.

Au moment où le groupe Alsthom devient Alstom en 1998, il constitue la division Alstom Marine qui regroupait les chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire et Leroux Naval à Lorient.

En 1999, Alstom crée une coentreprise avec ABB, nommée ABB Alstom Power, dans le domaine des systèmes de production d'énergie, puis en acquiert en 2000 la totalité des parts.
La même année, elle vend à General Electric (États-Unis) (GE) la totalité de son activité turbines à gaz pour laquelle elle avait jusque-là des accords de licence (TG 5000 et 6B) ou même de copropriété (TG 9B) avec GE. Cet achat et cette vente sont considérés comme des erreurs stratégiques importantes dans l'histoire d'Alstom[22].

En , Alstom rachète la société italienne Fiat Ferroviaria[23], concepteur et constructeur du Pendolino, train pendulaire ETR 450, ETR 460, et ETR 600 des chemins de fer italiens, et à l'origine des rames S220 mises au point par l'entreprise Rautaruukki-Transtech et utilisées en Finlande.

En 2001, Alcatel et Marconi Plc cèdent leurs parts (24 % chacun) dans Alstom.

Affaibli au moment de sa mise en bourse par des fonds propres réduits par un dividende exceptionnel versé à ses précédents actionnaires (Marconi 230 M€, Alcatel 230 M€), puis pénalisé par les difficultés de ses turbines à gaz de grande puissance GT24/26, héritées d'ABB, le groupe connaît une grave crise financière en 2003 peu de temps après le remplacement de son président-directeur général.

La mission de Patrick Kron est de mener à bien le redressement du groupe. À court de trésorerie, le groupe énergétique et ferroviaire est au bord de la faillite[24]

L'État vient à la rescousse, apporte 730 millions d'euros et prend 21 % du capital. En contrepartie, la Commission européenne exige de lourdes cessions[24].

Cette crise, aggravée par les difficultés de délivrance des cautions bancaires, est surmontée en moins de deux ans notamment grâce aux deux augmentations de capital successives, l'intervention de l'État (finalement autorisée en 2004 par la Commission européenne), le gouvernement français, impliquant principalement le ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie de l'époque Francis Mer et la mise en œuvre d'un important programme de cessions.

Les effectifs du groupe vont passer de 115 000 à 60 000 personnes[24].

Alstom Contracting est racheté en LMBO (leverage management buy-out) par ses dirigeants et ses salariés, avec l'appui de CDC IXIS Private Equity (Caisse des dépôts et consignations) et de Charterhouse Capital Partners et reprendra le nom de Cegelec.

Concentration de l'industrie d'énergie[modifier | modifier le code]

Le , Alstom cède à Areva son secteur Transmission et Distribution pour 913 millions d'euros. Fin 2005, Alstom cède à Barclays Private Equity son activité Power Conversion, qui prendra le nom de Converteam en avril 2006.

Le , Alstom décide de se départir de ses chantiers navals, les Chantiers de l'Atlantique et Leroux Naval, au profit du spécialiste norvégien Aker Yards[25], cette transaction ayant été finalisée le . Le plus gros yacht construit par Alstom marine est le Kogo (72 mètres de long — mis à l'eau en 2006) et le plus gros navire de croisière construit fut le Queen Mary 2.

En 2006, l'entreprise redevient bénéficiaire. L'État cède la place à Bouygues en réalisant une plus-value d'1,3 milliard d'euros[24].

La société commune constituée avec Bouygues dans le domaine hydraulique est opérationnelle depuis novembre 2006. Le , Alstom reprend la branche Transmission d'Areva T&D, qui devient Alstom Grid (la branche Distribution d'Areva T&D rejoint alors Schneider Electric).

En 2009, Alstom signe un partenariat stratégique avec Transmashholding (TMH)[26] pour permettre le déploiement de la société sur le marché russe.

En , Alstom vend son unité d'échange de chaleur pour 730 millions d'euros au fonds d'investissement allemand Triton[27].

Vente de la branche énergie à General Electric[modifier | modifier le code]

Le , alors que Patrick Kron et Jeffrey Immelt, PDG de General Electric, discutent aux États-Unis des derniers détails de la vente, l'agence Bloomberg publie une dépêche révélant les négociations entre les deux PDG[28]

Le rachat partiel d'Alstom par General Electric[29], est proposé pour un montant de 13 milliards de dollars[30].

Le , une offre alternative est faite par Siemens, par laquelle ce dernier exprime son souhait d'acquérir les activités énergétiques d'Alstom, contre une partie des activités ferroviaires de Siemens[31],[32],[33].

Patrick Kron doit accepter l’offre de rachat de la branche énergie d'Alstom par le groupe américain General Electric (GE)[34] face aux pressions du gouvernement américain et l'emprisonnement abusif d'employés stratégiques d'Alstom comme Frédéric Pierucci[35]. La branche restante d’Alstom, c’est-à-dire les activités de transport qui ne représentent alors qu'un tiers du chiffre d'affaires du groupe, est chargée du paiement de l’amende liée à un procès de corruption intenté aux États-Unis sur une base extraterritorialité de ses lois[36].

Le , le conseil d'administration d'Alstom accepte l'offre de 12,35 milliards d'euros de General Electric, pour ses activités énergétiques[37]. Les actionnaires approuvent cette offre à 99,2 %[38]. General Electric confirme son offre de 16,9 milliards de dollars[39].

Le , General Electric annonce son souhait d'acquérir 25 % de la filiale énergétique indienne d'Alstom pour environ 389 millions de dollars, si son offre globale réussit[40].

Le même jour, le gouvernement français s'oppose à l'offre de General Electric, s'inquiétant des activités turbine de la filière nucléaire française civile et militaire, des emplois et du futur de ses activités ferroviaires, invitant General Electric à regrouper ses activités ferroviaires avec celles d'Alstom[41].

L'état tente de renforcer son poids dans la négociation. Le , Il promulgue le décret no 2014-479 qui étend à de nouveaux secteurs de l'énergie, de l'eau, des transports, des télécommunications et de la santé publique les pouvoirs du décret no 2005-1739, qui portent sur la possibilité donnée au gouvernement de mettre un veto sur des investissements étrangers qui portent atteintes aux intérêts stratégiques[42],[43],[44],[45],[46].

Le , Siemens et Mitsubishi Heavy Industries émettent une nouvelle offre commune alternative à celle de General Electric. Siemens souhaite acquérir les activités d'Alstom dans les turbines à gaz pour 3,9 milliards de dollars et Mitsubishi Heavy Industries formerait des co-entreprises avec Alstom sur ses activités du nucléaire, de la distribution électrique et de l'hydroélectricité, pour 3,1 milliards de dollars[47].

Le , General Electric annonce une variation de son offre initiale, sur la même valeur, mais avec davantage d'échanges d'actifs par la création d'une co-entreprise sur les activités électriques renouvelables, sur les réseaux de distributions d'énergies, sur les activités de turbines à vapeur et sur les activités nucléaires. General Electric s'engage également à vendre son activité dans la signalisation ferroviaire à Alstom[48],[49].

Le , Siemens et Mitsubishi Heavy Industries modifient leur offre regroupant les co-entreprises proposées en une seule entre Alstom et Mitsubishi et augmentent la partie de l'offre en liquide de Siemens de 400 millions d'euros à 4,3 milliards d'euros.

Le même jour, le gouvernement français annonce soutenir dorénavant l'alliance entre Alstom et General Electric[50],[51],[52],[53],[54],[55] et vouloir prendre 20 % des actions d'Alstom (rachetés à Bouygues). Mais les tractations entre Bouygues et l'État semblent difficiles, les parties prenantes du dossier ne s'entendant pas sur le prix[56].

Le , le ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron (successeur d'Arnaud Montebourg), autorise l’investissement de General Electric dans Alstom[57],[58].

Le , soit trois jours après que l'Assemblée générale d'Alstom a validé le rachat de la branche énergie par GE pour 12 milliards d'euros, Alstom signe une négociation de peine[59]avec le Département de la Justice (DoJ) des États-Unis.

Cette signature est apposée un an après que quatre anciens collaborateurs d'Alstom avaient été arrêtés, probablement pour faire pression en faveur de cette vente, sur le sol des États-Unis[60]. Le récit de l'un d'eux, Frédéric Pierucci, depuis 2014, et son abandon par son entreprise et sa hiérarchie, font l'objet d'une série radiophonique de France Inter[61].

Précédant ce moment, Alstom a dû faire face aux lois qui permettent aux États-Unis de poursuivre des entreprises non américaines à l’étranger, à condition qu’elles aient un lien avec les États-Unis[62], laissant à penser que les Américains affaiblissent certaines entreprises stratégiques pour mieux se positionner sur les marchés mondiaux.

Le lien qui permet cette extraterritorialité est extrêmement large, puisqu’il suffit que les entreprises effectuent une transaction en dollars ou qu’elles utilisent une technologie américaine pour que des poursuites puissent être engagées.

Alstom accepte une amende de 772 millions de dollars dans le cadre du Foreign Corrupt Practices Act, après avoir plaidé coupable pour des faits de corruption en Indonésie dans un contrat d'une valeur de 118 millions de dollars[63].

Cet accord impose à Alstom la présence d'un « moniteur », un avocat américain, qui surveille la mise en place des procédures de « compliance » conformes aux exigences du Foreign Corrupt Practices Act. Alstom ayant déjà été condamné en 2012 par la Banque mondiale, plaidant coupable et ayant déjà un moniteur à ce titre, le DoJ délègue sa mission de compliance au moniteur de la Banque mondiale.

Le , la Commission européenne a annoncé l'ouverture d'une enquête sur le rachat de la branche « énergie » d'Alstom par General Electric, car « des problèmes de concurrence pourraient se poser sur le marché des turbines à gaz de haute puissance ». La nouvelle entité disposerait en effet de 50 % des parts de marché en Europe et dans le monde (à l'exception de la Chine) sur ce segment d'activité[64].

La revente de la branche Énergie d'Alstom à GE apporte à vingt-et-un dirigeants d’Alstom un bonus additionnel de 30 millions d'euros dont 4 millions d'euros pour Patrick Kron[65], sous réserve de la conclusion effective de la vente, qui ne pourra intervenir qu'après l'accord de la Commission européenne qui est annoncé pour le , et finalement donné plus tôt que prévu le .

Depuis 2014, l’entretien et le renouvellement des turboalternateurs des 58 réacteurs nucléaires français, la production des turbines Arabelle destinées aux réacteurs EPR, la fourniture des turbines de propulsion des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins et du porte-avions Charles-de-Gaulle relèvent désormais des États-Unis[66]

En , GE annonce la suppression de 6 500 emplois en Europe, dont 765 en France, dans les activités énergie d'Alstom[67],[68].

En juin 2016, General Electric, le groupe américain désormais chargé de l'entretien des turbines Alstom qui font tourner les centrales atomiques françaises, veut réduire sa responsabilité financière en cas d'incident, quitte à engager une épreuve de force avec EDF[69].

En juin 2016, il est annoncé que la promesse de l'entreprise américaine General Electric de créer 1 000 emplois en France ne sera pas tenue[70]'[71]'[72].

En 2018, la déprime du marché des grosses turbines pour centrales électriques, inquiètent les ex-Alstom. La division énergie d'Alstom a été rachetée en 2015 par General Electric et est aujourd’hui en difficulté. Le site de Belfort, berceau d’Alstom, pourrait être concerné[73].

En 2020, Frédéric Pierucci tente de réunir des investisseurs français pour racheter à l’américain General Electric le pôle nucléaire qui faisait partie d'Alstom[74]. Arnaud Montebourg défend la même approche : « Qu’est-ce que le gouvernement attend pour racheter avec la BPI, des fonds privés d’investissement », « C’est le moment de se retrousser les manches pour reconstruire un outil stratégique dans le secteur énergétique »[75].

En recherche de liquidités, General Electric est engagé dans la vente d’une bonne partie de ses actifs, dont potentiellement les activités nucléaires ex-Alstom[76],[77],[78]. Geast, détenue à 80% par GE et à 20% par Alstom, gère les ex-activités nucléaires d’Alstom, en particulier la production des turbines nucléaires Arabelle, fabriquées sur le site de Belfort et qui équipent les centrales nucléaires françaises, ainsi que le porte-avion Charles-de-Gaulle. En 2021, EDF, s'apprête à racheter les activités nucléaires de General Electric, regroupées dans la filiale GE Steam Power, lesquelles sont principalement situées à Belfort[79],[80].

Recentrage sur les transports, tentative de fusion avec Siemens[modifier | modifier le code]

Un tramway construit par Alstom, à Paris.

En 2016, le nouvel Alstom affirme ses ambitions, Le PDG veut, en cinq ans, poursuivre l’internationalisation du constructeur de tramway, métro et autres TGV. Le nouveau PDG entend aussi diversifier au maximum les revenus du groupe(5,9 milliards d’euros en 2015), en cessant de fonder l’essentiel de ses revenus sur le seul matériel, afin de participer à la consolidation attendue du secteur[81].

En , Alstom remporte un contrat de 2 milliards de dollars aux États-Unis. Le constructeur français fabriquera 28 trains à grande vitesse destinés à l'Acela Express, la ligne « Boston-New York-Philadelphie-Washington DC » exploitée par Amtrak. Les premiers essais devraient être réalisés en 2019, et les premières séries devraient sortir des usines en 2021[82].

Le , Alstom annonce la fermeture du site de Belfort pour 2018, faute de commandes suffisantes de matériel ferroviaires, et le reclassement de ces salariés dans d'autres sites, principalement celui de Reichshoffen[83]. Le lendemain, à la suite de ce communiqué, le ministre de l'Économie, Michel Sapin et son secrétaire d'État à l'Industrie, Christophe Sirugue demandent à Henri Poupart-Lafarge, de négocier la décision[84]. Le , François Hollande, lors d'une réunion avec le chef du gouvernement Manuel Valls, le ministre de l’économie Michel Sapin, le secrétaire d’État à l’Industrie Christophe Sirugue et le secrétaire d’État aux Transports Alain Vidalies, affirme que l'État veut conserver les 400 emplois, ainsi que la production à l'usine de Belfort[85]. Le , Manuels Valls déclare que le site de Belfort est sauvé par notamment l'achat par l'État de 15 TGV destinés aux lignes Intercités Bordeaux-Marseille et Montpellier-Perpignan, en plus de 6 TGV pour la liaison Paris-Turin-Milan déjà évoqués par le gouvernement, et par l'achat de 20 locomotives à moteur Diesel ; Alstom s'est engagée pour sa part à investir dans le développement d'un nouveau modèle de locomotive diesel ou hybride[86]. En , Alstom acquiert Nomad Digital, la société britannique spécialisée dans les solutions de connectivité, notamment la connexion Wi-Fi, pour les opérateurs ferroviaires[87].

En 2016, le consortium Consortium Expolink décroche un contrat pour le métro de Dubaï (Dubaï Route 2020). Ce contrat implique la participation des entreprises Alstom, Acciona et Gülermak sur le projet[88]. Ces travaux, lancés en vue de l’Exposition universelle de 2020, devraient rapporter au groupe français quelque 1,3 milliard d’euros[89].

En 2017, Alstom livre 53 trains régionaux à l’Allemagne. Ces contrats, qui s’élèvent à 300 millions d’euros, font suite à un contrat-cadre conclu par la Deutsche Bahn et Alstom en 2012[90]. Alstom remporte un contrat pour construire une ligne de métro à Hanoï. Le groupe ferroviaire va équiper la ligne 3 de la capitale vietnamienne. Cette commande, d’un montant de 190 millions d’euros, fournira de l’activité à six sites en France[91].

En , Alstom annonce la vente de ses participations dans ses trois coentreprises avec General Electric, à ce dernier, pour 2,594 milliards d'euros. Ces coentreprises étaient présentes dans le domaine du réseau électrique, du nucléaire et des énergies renouvelables[92].

En , la SNCF commande à Alstom une centaine de « TGV du futur » sur une décennie, pour un total de 3 milliards d'euros[93].

En février 2019, la Commission européenne rejette la fusion entre Alstom et Siemens Mobility, estimant que cette fusion ne respecte pas les règles de concurrence au sein de l'Union Européenne[94]. Le projet de fusion avait été présenté par Alstom le , et prévoyait que la nouvelle entreprise prenne le nom de Siemens-Alstom[95]. Siemens serait devenu l’actionnaire principal avec 50 % des parts[96]. Le , l'accord de rapprochement a été signé entre Alstom et la division transport de Siemens. Dans le cadre du rapprochement, Siemens aurait apporté ses activités ferroviaires et de signalisation à Alstom, en échange de la moitié du capital du français, qui aurait pu dépasser 50,5 % du capital après quatre ans[97].

En 2019, Alstom fait partie du trio de constructeurs français avec Heuliez Bus et Bolloré qui emporte le méga-appel d’offres de bus électriques pour la RATP. Ils vont se partager un marché maximum de 800 bus à batterie et de 400 millions d’euros[98].

2020 - 2021[modifier | modifier le code]

Acquisition de Bombardier[modifier | modifier le code]

En février 2020, Alstom annonce l'acquisition des activités ferroviaires de Bombardier (Bombardier Transport) pour 6,2 milliards d'euros, à la suite des difficultés financières de ce dernier[99]. L'entreprise devient le second plus important groupe ferroviaire au monde[100],[101]. Le rachat de Bombardier Transport est approuvé par la Commission européenne en juillet 2020[102]. Le 16 novembre 2020, Alstom lance une augmentation de capital de 2 milliards d'euros en vue de financer une partie de ce rachat, après que les actionnaires du groupe ont donné leur accord fin octobre. L'opération globale est censée être finalisée au premier trimestre 2021[103].

Alstom est prêt à céder une usine en France, son site de production Alstom DDF de Reichshoffen, dans le Bas-Rhin, afin d'être autorisé à racheter Bombardier Transport[104].

Le 31 juillet 2020, la Commission européenne a donné son feu vert à ce rachat, pour une somme comprise entre 5,8 et 6,2 milliards d’euros. En août, Alstom cherche à revoir le prix de Bombardier[105],[106].

En 2020, Île-de-France Mobilités commande à Alstom et Bombardier 71 rames de RER, avec une possibilité d'étendre la commande jusqu'à 255 rames pour un montant maximal de 3,7 milliards d’euros[107].

Le , le groupe français finalise le rachat et l'absorption de son concurrent canadien Bombardier Transport[6].

Métros[modifier | modifier le code]

Alstom et la RATP s’allient avec un opérateur singapourien pour être l'opérateur du Grand Paris Express pour les lignes 16 et 17, dans le cadre d'une ouverture à la concurrence[108].

Le groupe français Alstom a remporté l’appel d’offre pour la construction de la troisième ligne de métro à Toulouse. Pour ce marché de 713 millions d’euros hors taxes, trois autres entreprises étaient candidates à l'appel d'offre face à Alstom : l’allemand Siemens, le groupe italo-japonais Ansaldo-Hitachi et l’espagnol CAF associé au français Thales[109].

Le 1er janvier 2021, le métro de Dubaï (Dubaï Route 2020) est mis en service commercial. Le réseau comprend une ligne de 15 kilomètres de long, dont 11,8 kilomètres en surface et 3,2 kilomètres en souterrain. Alstom avait pour mission de réaliser l'intégration du système de métro (comprenant 50 rames) et d'améliorer la ligne de métro existante en modernisant ses différents aspects comme l'alimentation électrique ou les systèmes de signalisation[110].

Australie[modifier | modifier le code]

En septembre 2021, Alstom signe un contrat de 300 millions d'euros pour vendre 25 trains à Melbourne, qui seront fabriqués dans l'Etat de Victoria[111].

Train à hydrogène[modifier | modifier le code]

Le 8 avril 2021, la SNCF commande à Alstom douze trains à hydrogène pour le compte de quatre régions françaises pour un montant d’environ 190 millions d'euros, ces TER devraient circuler à partir de 2023[112].

En octobre 2021, Alstom s'associe à Plastic Omnium pour le développement de trains à hydrogène, et annonce vouloir en commercialiser en France et en Italie dès 2022[113].

Métiers[modifier | modifier le code]

Detail d'une éolienne Ecotècnia (Alstom Wind) Eco80

Avant 2016[modifier | modifier le code]

Le groupe Alstom comptait deux métiers, le transport et l'énergie, en quatre secteurs :

Son chiffre d'affaires, 19,5 milliards d'euros en 2011-2012[114], est réalisé à près de 90 % hors de France. Le groupe emploie plus de 92 600 personnes dans le monde[115].

Certains produits sont connus de tous : TGV, Queen Mary 2 (activité marine dorénavant vendue), etc.

Le groupe était numéro 1 mondial en 2013 dans[116],[117],[118] :

Après 2016[modifier | modifier le code]

Une rame TER Régiolis de la région Alsace en service depuis avril 2014.

En 2016, le nouvel Alstom affirme ses ambitions, Le PDG veut, en cinq ans, poursuivre l’internationalisation du constructeur de tramway, métro et autres TGV[81].

Principales implantations[modifier | modifier le code]

Ses principaux sites et filiales dans le monde au [119],[120] :

Europe[modifier | modifier le code]

Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Asie[modifier | modifier le code]

Océanie[modifier | modifier le code]

Présidents-directeurs généraux[modifier | modifier le code]

Alsthom :

  • Albert Petsche : président de à
  • Ernest Mercier : président de à
  • Auguste Detœuf : administrateur délégué, puis vice-président de à
  • Pierre Le Bourhis : à
  • Georges Glasser : à
  • Roger Schulz : à
  • Pierre Loygue : à
  • Roger Schulz : à
  • Jean-Pierre Desgeorges : à

GEC Alsthom :

  • Jean-Pierre Desgeorges : chairman et CEO de à , puis chairman de à
  • Pierre Bilger : CEO de à , puis chairman et CEO de à

Alstom :

  • Pierre Bilger : président-directeur général de à , puis président du conseil d'administration de à
  • Patrick Kron : directeur général de à , puis président-directeur général de à
  • Henri Poupart-Lafarge : président-directeur général depuis le [121],[122]

Actionnariat[modifier | modifier le code]

Fin , Alstom et Bouygues annoncent la reprise par ce dernier de la part de l'État français, cette transaction ayant été finalisée le après autorisation de la Commission européenne. Ce qui porte à 25,1 % la part de Bouygues dans Alstom.

Le , Alstom réintègre le CAC 40, quitté en .

Le , Bouygues détenait 30,77 % du capital et des droits de vote.

Le , General Electric (GE) annonce vouloir racheter la branche Power Systems d'Alstom. Immédiatement, Siemens annonce également s'intéresser à Alstom. La société est alors suspendue de cotation et le gouvernement français se penche sur le dossier. Le Président de la République, François Hollande reçoit tour à tour Jeffrey Immelt, directeur général de General Electric, Joe Kaeser, PDG de Siemens, et Martin Bouygues, premier actionnaire d'Alstom avec 29,4 % des actions et des droits de vote[123]. L'offre de General Electric alimente un débat important dans les médias concernant la sauvegarde des emplois et les activités stratégiques du groupe[124],[125]. En , Alstom décide d'utiliser le produit de la vente de sa branche énergie à GE en rachetant une partie de ses propres actions dans le cadre d'une OPRA. Le montant de l'OPRA s'est élevé à 3,2 milliards d'euros. Les actions ainsi rachetées ont été annulées. À la suite de cette opération sur son capital, le premier actionnaire d'Alstom est toujours Bouygues avec 28,3 % du capital (contre 29,2 % au )[122].

Au [126].

Nom %
Bouygues 14,58%
Blackrock Inc 4,74%
Amundi 3,39%
State Street Corporation 2,79%
BNPP Asset Management France 2,78%
Aviva plc 2,64%
Standard Life Aberdeen plc 2,27%
Salariés 1,69%
Schroders plc 1,48%
Ostrum Asset Management 1,34%
Alliance Bernstein 1,29%
Susquehanna International Holdings 1,10%
York Capital Management 1,04%
Prudential plc 1,03%

Résultats financiers[modifier | modifier le code]

L'année comptable d'Alstom court du 1er avril au 31 mars de l'année suivante.

millions d'euros 2001-2 2002-3 2003-4 2004-5[127] 2005-6 2006–7 2007–8 2008–9 2009–10 2010–11 2011–12 2012-13 2013-14
chiffre d'affaires 24 549 23 452 21 351 16 688 12 920 13 413 14 208 16 908 19 650 20 923 19 934 20 269 20 269
résultat net 241 -116 -1 417 -1 838 -628 178 547[128] 852 1 217 462 732 802 556

Controverses juridiques et condamnations[modifier | modifier le code]

« En dépit d'une impressionnante série de décisions de justice défavorables rendues à l'étranger, la société n'a jamais été inquiétée sur le sol français[129] », avance Le Canard Enchaîné. L'hebdomadaire évoque ainsi le fait qu'Alstom ait été privé de marchés publics au Mexique en 2004, que deux de ses filiales aient été sanctionnées en 2008 pour avoir corrompu des fonctionnaires en Italie, que la justice suisse ait condamné, en 2011, une de ses filiales à une amende de 2,5 millions de francs suisses[130], plus 29 millions de pénalités correspondant aux bénéfices réalisés grâce à « des paiements inappropriés versés à des agents publics en Lettonie, en Malaisie et en Tunisie ». « De vieilles histoires », a répondu Alstom au Canard, qui souligne cela dit que, d'après l'OCDE, des enquêtes concernant Alstom sont en cours en Grande-Bretagne, en Slovénie, en Pologne, au Brésil et en Norvège.

Tramway de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Alstom, avec Veolia, est mis en cause dans l'affaire du tramway de Jérusalem[131]. Le , la plainte de l'AFPS est rejetée par le tribunal de grande instance de Nanterre[132], rejet confirmé en appel en 2013[133].

Amiante[modifier | modifier le code]

Le , Alstom est condamnée en justice pour une affaire d'amianteLys-lez-Lannoy) qui eut pour conséquence au moins 10 morts et 80 malades[134].

Le site de Belfort est classé « site amiante » par arrêté au journal officiel le . Toutes les entreprises présentes sur le site ne sont pas classées à cette date. Les années prises en compte sont antérieures à 1986, année à partir de laquelle il n'aurait plus été fait usage d'amiante[135].

Entente illégale[modifier | modifier le code]

Le , la Commission européenne, représentée par la commissaire à la concurrence Neelie Kroes, a condamné Alstom et neuf autres entreprises opérant dans le secteur des appareillages de commutation pour entente illégale qui viole les règles des traités européens. Alstom a été condamnée à verser une amende de 65 millions d'euros au budget européen[136].

Corruption[modifier | modifier le code]

Alstom est soupçonné d'avoir versé 7 millions d'euros de pot-de-vin à Slim Chiboub gendre de l'ancien président de Tunisie Ben Ali, qui serait intervenu auprès de la STEG pour faire la sourde oreille sur des défauts techniques lors de l’exécution des travaux de la 3e tranche de la centrale électrique de Radès, effectués par Alstom pour un montant de 30 millions d'euros[137]. À ce sujet, l’entreprise a été placée sous surveillance dans trois pays (Tunisie, mais aussi Malaisie et Lettonie[138]) pour quatre ans par le Fonds souverain norvégien pour risque grave de corruption d’agents publics. À la suite d'une longue enquête de la justice suisse dans une quinzaine de pays, le Ministère public de la Confédération a conclu en [139] qu’il n’y avait pas de système de corruption organisé. Des cas de versements sans prestation en contrepartie ont été identifiés dans trois contrats signés entre 2000 et 2006, dans deux d’entre eux des salariés d'Alstom se seraient enrichis personnellement[140].

Les filiales Alstom Hydro et Alstom Network (Suisse) ont également été condamnées à verser 9 millions de dollars de compensation et ont été interdites d'appels d'offre par la Banque mondiale, pour avoir versé des pots-de-vin afin d'obtenir un marché en Zambie en 2002. Sur ce sujet, la direction de la communication d'Alstom soutient que ces pratiques n'ont plus cours actuellement et affirme que son système éthique est « parmi les plus solides de la place »[141].

En décembre 2014, Alstom plaide coupable pour faits de corruption auprès de la justice américaine et est condamné à payer une amende de 772 millions de dollars. Plusieurs filiales ont été accusées d'avoir versé des pots-de-vin à des responsables politiques afin de sécuriser des contrats, notamment en Indonésie[142],[143].

Cinq cadres d’Alstom poursuivis au Brésil pour attribution irrégulière de marchés. La justice brésilienne accuse des cadres du groupe français d’avoir organisé une fraude aux appels d’offres pour les travaux de construction du train et du métro de Sao Paulo en 2009[144].

En novembre 2019, la filiale britannique d'Alstom a été condamnée par le Serious Fraud Office à une amende de 15 millions de livres pour des faits de corruption entre 2003 et 2006. Elle était accusée d'avoir payé 2,4 millions d'euros à l'entreprise Construction et Gestion Nevco pour s'assurer de l'obtention d'un contrat de 79,9 millions d'euros avec Transtu, la société des transports de Tunis. Il est apparu que Nevco était en réalité une société façade contrôlée par Belhassen Trabelsi, le beau-frère du président d'alors, Ben Ali, et qu'elle n'avait servi qu'au versement de pots-de-vin[145],[146].

Le , l’ONG Anticor porte plainte pour « corruption » et « détournement de fonds publics » dans Affaire Alstom[147].

Communication[modifier | modifier le code]

Lobbying[modifier | modifier le code]

Auprès de l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Le groupe Alstom est inscrit comme représentant d'intérêts auprès de l'Assemblée nationale. Il déclare à ce titre qu'en 2016, les coûts annuels liés aux activités directes de représentation d'intérêts auprès du Parlement sont compris entre 10 000 et 20 000 euros[148]. Pour l'année 2017, Alstom est inscrit auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, mais n'a cependant pas déclaré, comme il était légalement tenu de le faire avant le , l'ensemble de ses activités et les montants engagés[149].

Auprès des institutions de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Alstom est inscrit depuis 2009 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Il déclare en 2015 pour cette activité 2 collaborateurs à temps plein et des dépenses d'un montant compris entre 200 000 et 300 000 euros. Alstom indique avoir perçu, sur la même période, 2 millions d'euros de subventions de la part de l'Union européenne[150].

Auprès des institutions américaines[modifier | modifier le code]

Alstom déclare pour l'année 2017 avoir dépensé 530 000 dollars en lobbying auprès des institutions américaines[151].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  8. Bibliothèque du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), op. cit., périodique : L'Industrie électrique, no 78, 25 mars 1895, où il est fait mention de trois brevets déposés par cette compagnie.
  9. Bibliothèque du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), op. cit., périodique : L'Industrie électrique de 1895 à 1920.
  10. Sur les plaques des moteurs postérieurs à cette date il était inscrit : « Compagnie française Thomson-Houston - Anciens établissements Postel-Vinay ». Il est à remarquer que la phrase : « pour l'exploitation des procédés » n'a jamais été inscrite sur les plaques, d'où l'abréviation CFTH. Mais le nom réel de l'entreprise était bien la Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson-Houston.
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  125. Audition Alstom à l’Assemblée : les questions incontournables à poser à MM. Montebourg et Kron, Christian Harbulot, atlantico.fr, 20 mai 2014
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Monographies

  • Robert Belot et Pierre Lamard, Alstom à Belfort : 130 ans d'aventure industrielle, Boulogne-Billancourt, ETAI, , 377 p. (ISBN 978-2-7268-8835-3)
  • Joseph Kennet, Belfort Alsthom 1879-1970 : hommes et technologie chez un grand constructeur (thèse de doctorat en histoire),
  • Jacques Marseille, Albert Broder et Félix Torres, Alcatel-Alsthom – Histoire de la Compagnie Générale d’Électricité, Paris, éd. Larousse, , 479 p. (ISBN 978-2-03-523230-4)
  • Françoise Nieto, Mw et Km/h : une histoire d'Alstom, Spézet, Coop Breizh, 2011, 303 p. (ISBN 978-2-84346-413-3)
  • Frédéric Pierucci et Matthieu Aron, Le piège américain, Lattes, (EAN 978-2709664073)
  • Jean-Michel Quatrepoint, Alstom, scandale d'État, Paris, Fayard, , 206 p. (ISBN 978-2-213-68688-2, lire en ligne)
  • Pierre Suard, L'Envol saboté d'Alcatel Alsthom, France-Empire, , 294 p. (ISBN 978-2-7048-0938-7)

Documentaires

Émissions de radio

Lien externe[modifier | modifier le code]

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