Société nationale de sauvetage en mer

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Société nationale de sauvetage en mer
upright=Article à illustrer Organisation
SNSM.svg
SNS 001.jpg
Pour que l'eau salée n'ait jamais le goût des larmes
Histoire
Fondation
1967
Cadre
Sigle
SNSMVoir et modifier les données sur Wikidata
Zone d'activité
France
Type
Forme juridique
Financement
Dons et subventions publiques
Objectif
Sauvetage en mer
Siège social
Pays
Organisation
Fondateur
Président
Emmanuel de Oliveira (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web

La Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) est une association française, reconnue d'utilité publique. Elle a pour vocation de secourir bénévolement et gratuitement les vies humaines en danger, en mer.

En 2016, elle a effectué les deux tiers des interventions des secours en mer au large des côtes françaises effectuées par navire (donc hors moyens aériens ou par nageur depuis une plage), secourant 7 700 personnes en 5 200 interventions (on déplore entre 350 et 400 morts par an en mer en France). 26 % de ces interventions se déroulent de nuit et la durée moyenne des interventions est de h 48 min.

Les bateaux de secours de la SNSM sont répartis sur 218 stations le long du littoral métropolitain et d'outre-mer et agissent sous l'autorité et à la demande des centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage (CROSS) qui en France sont les centres de coordination de secours en mer et qui dépendent de la direction des Affaires maritimes du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. La SNSM participe donc à des missions de service public dans son domaine de compétence.

Le financement de la SNSM (acquisition, entretien des vedettes de secours et formation des équipages) est très majoritairement assuré par la générosité du public (dons, legs) et de partenaires privés (mécénat). En 2017, 77 % de ses ressources annuelles étaient d’origine privée et 23 % provenaient de financements publics (État et collectivités territoriales).

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancien canot tous temps de l'île de Sein, Le Patron François Hervis.
Le Patron François Morin, utilisé à Ouessant de 1960 à 1995

La nécessité d’assurer la sauvegarde de la vie humaine le long des côtes du littoral français et outre-mer est apparue depuis très longtemps. En France, les premières initiatives, s'inspirant du modèle britannique de la Royal Humane Society (en) et de la Royal National Lifeboat Institution, sont principalement redevables de l'essor touristique dont s'accompagne la naissance du « spectacle de rivage ». La première société de sauvetage est instituée en 1825 à Boulogne-sur-Mer, sous la dénomination « Société Humaine des Naufrages », par un aristocratique comité à majorité britannique ; elle est suivie par Le Havre sous l'impulsion de la chambre de commerce. Le est créée la société humaine de Dunkerquesuivie de celle de Calais, Rouen et Bayonne, de Dieppe en 1839, et enfin Montreuil-sur-mer en 1841. La finalité de ces sociétés philanthropiques associe la surveillance des plages à l'assistance des navires en péril[1]. Alors que les grandes nations maritimes européennes se dotent d'un service d'État voué à cette mission dès le début du XIXe siècle (Norvège et Royaume-Uni en 1825, Belgique en 1838), un début de centralisation n'apparaît en France qu'en 1865, le , lorsque est fondée la Société centrale de sauvetage des naufragés (SCSN) sous la présidence de l'Amiral de Genouilly.

À la suite de la Seconde Guerre mondiale, tout est à reconstruire, la plupart des abris et des moyens nautiques de la SCSN et des Hospitaliers-Sauveteurs bretons (HSB) ayant été détruits. Les deux sociétés aux buts similaires ne peuvent plus répondre aux besoins de l'ensemble du littoral du territoire français notamment à cause des métiers de la mer qui se développent et des loisirs nautiques.

La SNSM naît le 15 octobre 1967 — après avoir été déclarée et officialisée à la préfecture de police le 1er juin — de la fusion de la Société centrale de sauvetage des naufragés (SCSN) et des Hospitaliers sauveteurs bretons (HSB), union suscitée par l'amiral Maurice Amman, ancien préfet maritime de la 2e région à Brest désormais président de la nouvelle société[2]. Le pavillon de la SNSM — créé le 13 décembre par Marin-Marie — est né de la fusion entre ceux de la SCSN et des HSB.

La SNSM est reconnue d'utilité publique le et est une association régie de la loi 1901 qui assure sa mission en Métropole et en Outre-Mer. Sa vocation : secourir bénévolement et gratuitement les vies humaines en danger en mer[3].

En 1991, les Sauveteurs en Mer ont obtenu le Prix Cristal de la transparence financière et depuis 1997, ils sont membres du Don en confiance.

Le président actuel de la SNSM est l'amiral Emmanuel de Oliveira, ancien préfet maritime de l'Atlantique, élu pour six ans le 12 décembre 2019. Il succède à Xavier de La Gorce, ancien Secrétaire général de la Mer, qui avait été élu le [4].

En 2016, la SNSM est en grande difficulté financière, principalement dû au renouvellement de sa flotte. L'État cherche une solution pour compléter le budget, notamment via une possible contribution aux usagers de la mer[5]. Il faut renouveler l'adhésion à la SNSM, c'est le constat d'au moins un bénévole guadeloupéen en 2018[6] :

« Il faut des gens qui embarquent - donc connaissent la mer, aiment sortir, ont leur permis plaisance - et d'autres qui s'occupent de la logistique (mécano, etc.) et de la partie administrative (secrétaire, trésorier, etc.). »

Accidents mortels[modifier | modifier le code]

  • Le , lors d'une intervention pour un caseyeur, la vedette Belle Olonnaise (vedette de 9,60 m mise en service par les HSB en 1965, construite par le chantier Dubernet) par visibilité nulle est prise dans les rouleaux et se retrouve drossée à la côte. Le mécanicien Jack Morisseau se noie, son corps sera retrouvé une dizaines de jours plus tard. Un nouveau type de canot tous temps de 17,60 m arrive plus tard en 1986 à la station des Sables-d'Olonne et porte son nom, le SNS061 Patron Jack Morisseau.
  • Le au large de l’Aber-Wrac'h, dans le Finistère, cinq sauveteurs de la station de l’Aber-Wrac’h membres du canot Capitaine de Corvette Cogniet (14,35 m, 26 tonnes, construit par le chantier Lemaistre à Fécamp ) se noient après avoir porté secours au Loch-Motiv, un voilier en difficulté [7],[8].
  • le , lors d'une intervention de sauvetage d'un surfeur dans des conditions de forte houle, le canot SNS061 Patron Jack Morisseau se couche sur le côté. Après que le canot ait repris sa position initiale, les sauveteurs aperçoivent Jacques Joly, canotier sur le SNS061 Patron Jack Morisseau des Sables d'Olonne à l'eau ; il décédera d'un arrêt cardiaque (hydrocution). Des canotiers sont blessés également. Son nom a été donné au canot tous temps SNS002 qui remplace le SNS061 au Sable d'Olonne à partir de 2016[9],[10]. Le canot est endommagé, la cabine est inondée dans une eau glaçée selon les dires des canotiers ; le canot a été privé d'un de ses deux moteurs et commençait à dériver.
  • Le , Kathleen Fillette Ponsard, 20 ans, nageur-sauveteur[11], décède lors d'une mission de sauvetage sur la plage de l'Espiguette au Grau-du-Roi en chutant d'un quad en traversant une petite dune [12],[13].
  • Le , le canot tous temps SNS061 Patron Jack Morisseau — reprenant du service pendant l’arrêt technique de son successeur le SNS002 Canotier Jacques Joly — chavire devant Les Sables-d'Olonne pendant une mission de sauvetage d'un pêcheur pris dans la tempête Miguel. Une vague très puissante brise les 3 vitres avant de la cabine ce qui noie celle-ci, privant le canot de sa capacité à l'autoredressabilité, le rendant non manœuvrable suite aux infiltrations d'eau créant des courts-circuits ce qui entraîne un arrêt des moteurs. Le canot — insubmersible — reste à flot, coque à l'envers, ayant chaviré définitivement suite à l'assaut des vagues et finit par s'échouer sur la plage[14]. Trois sauveteurs (Yann Chagnolleau, 55 ans, patron du canot ; Alain Guibert, 51 ans, sous-patron ; Dimitri Moulic, 28 ans, mécanicien) ainsi que le pêcheur (Tony Guibert) se noient[15]. En septembre 2020, le rapport du Bea-mer note une certaine fragilité des vitres du bateau ; de plus, il mentionne que le canot, n'ayant pas une cloison entre la passerelle et le poste avant, a vu ses capacités de redressement largement dépassées du fait de l'envahissement par l'eau de ces deux compartiments[16].

Activités[modifier | modifier le code]

Hélitreuillage par un hélicoptère Dauphin de la Marine nationale sur le canot tous temps La Portsallaise (SNS 093) de la SNSM en 2010.

La SNSM a trois types d'activités, le sauvetage au large, la formation des nageurs sauveteurs saisonniers et la prévention des risques nautiques.

Sauvetage au large par les sauveteurs embarqués bénévoles[modifier | modifier le code]

En 2008, environ 4 500 bénévoles, dont 3 500 sauveteurs embarqués[17] sont prêts à intervenir, toute l'année et à toute heure, appareillant en moins de 15 min, répartis dans 232 stations littorales métropolitaines et outre-mer (dont 186 stations de sauvetage permanentes et 35 stations saisonnières) ; il s'agit souvent de marins professionnels (essentiellement de la marine d'état, de la marine marchande et de la pêche), souvent à la retraite ou en préretraite mais, de plus en plus également, de plaisanciers. Environ 600 responsables de stations s'ajoutent à l'organisation[17].

Les opérations sont déclenchées et gérées par les CROSS qui sont contactés en cas de problème, via le Canal 16[18] de la VHF marine ou le 196 sur un téléphone portable. Environ 25 % des interventions se déroulent de nuit contre 75 % de jour.

77 % des interventions concernent la plaisance, 12 % les professionnels de la mer (pêcheurs) et 11 % des loisirs nautiques. Dans le cas de la plaisance à moteur, le sinistre le plus fréquent est l'avarie moteur, à l'inverse de la plaisance à voile où l’événement le plus fréquent est l'échouement puis vient l'avarie moteur.

Dans le cas des professionnels, l'avarie moteur vient en premier (35 %), puis les hélices engagées (souvent lors de la remontée des chaluts ; 24 % des cas). Dans seulement 9 % des cas, il s'agit d'EVASAN (Évacuations Sanitaires).

Ces interventions sur navires de pêche sont généralement les plus longues à compter de h 40 min en moyenne.

Au cours d’opérations de recherche et sauvetage de personne en détresse (SAR) et sur demande du CROSS, les embarcations de la SNSM peuvent être rejointes par des moyens aériens. Des hélicoptères de la gendarmerie ou des douanes ainsi que des avions de tout type peuvent participer aux recherches des personnes en difficulté pour guider la vedette ou le canot de la SNSM sur place. Des hélicoptères de la sécurité civile (Dragon) peuvent hélitreuiller des victimes en plus des opérations de recherche, mais ces appareils sont souvent occupés dans leur opérations de secours à terre et sont parfois limités par les conditions météo. Finalement, la plupart des sauvetages aéromaritimes (SAMAR) de la SNSM se font avec des hélicoptères des forces armées. Entre les interventions et les entraînements conjoints, il se développe souvent un lien de respect mutuel entre les stations de la SNSM et les unités de sauvetage héliporté de leur secteur. Ces unités font partie de la Marine nationale (31F et 36F en Méditerranée, 33F en Bretagne) ou de l'armée de l'air (EH 01.044 en Corse, EH 1/67 sur l'Atlantique)

L'exception marseillaise[modifier | modifier le code]

La Bonne Mère de Marseille (SNS 152) amarrée dans le Vieux port de Marseille

Dans la cité phocéenne, la vedette de 1re classe V1 NG La Bonne Mère de Marseille (SNS 152), mise en service en 2006, est armée par des militaires du bataillon de marins-pompiers de Marseille et non par des bénévoles comme dans toutes les autres stations françaises et d'outre-mer. Compte tenu de la superficie de la ville, il était impossible de faire rallier un équipage de sauveteurs bénévoles pour appareiller dans le délai de 15 minutes (qui est un objectif correspondant au délai moyen constaté pour l'ensemble de la SNSM). Une convention a donc été signée entre la municipalité de Marseille et la SNSM en 1978 qui confiait l'armement de sa vedette à un équipage de marins-pompiers. La vedette est amarrée au port de plaisance de La Pointe-Rouge où se trouve le centre de secours d'où l'équipage prend son service 24h/24. Elle peut ainsi appareiller en minutes, de jour comme de nuit, 365 jours par an, et ce, par tous les temps. Cette vedette remplace la vedette V1, la SNS117 La Bonne Mère mise en service et bénie par Mgr Etchegaray — archevêque de Marseille — en 1978.

Formation des nageurs-sauveteurs saisonniers[modifier | modifier le code]

Baignade surveillée par la SNSM

Disposant de trente-deux centres de formation et d'intervention pour les nageurs-sauveteurs, la SNSM réalise chaque été des actions de prévention et de surveillance du littoral. Elles forment chaque année près de 450 nouveaux sauveteurs.

L’action des nageurs-sauveteurs va du réconfort aux personnes choquées à la réanimation cardio-ventilatoire d’accidentés dont les fonctions vitales sont gravement altérées. Ces jeunes sont affectés par la SNSM sur plus d’un tiers des plages surveillées et rémunérés par les communes.

La surveillance de plages s'effectue de mai à septembre. Ainsi, 1 500 nageur-sauveteurs[17] rémunérés assurent la surveillance des plages et de la bande littorale des 300 mètres. Ils sont titulaires du Brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BNSSA), permis bateau (option côtière), PSE 1 et 2, Certificat restreint de radiotéléphoniste (CRR) et ont tous effectué des stages spécifiques (stage mer), ainsi que la formation (SSA littoral) qui est obligatoire depuis 2015.

Chaque centre de formation participe localement à différents dispositifs de secours (DPS) lors de manifestations nautiques et compétitions sportives.

Prévention des risques nautiques[modifier | modifier le code]

La SNSM organise aussi, chaque année, des manifestations sur la sécurité en mer[19] dans le but d'informer sur son fonctionnement mais aussi de professionnaliser ses interventions par la mise en commun des expériences de chaque « usager des mers ».

Elle profite également d'événements aquatiques variés pour avertir des risques que l'on encoure en pratiquant des sports nautiques et propose des conduites à tenir à chaque sortie en mer. Des démonstrations sont alors organisées, par l'association, pour sensibiliser le public présent.

Administration et finances[modifier | modifier le code]

Tronc de la SNSM
Pavillon de la SNSM.

Cette association loi de 1901 a été reconnue d’utilité publique par un décret du et assume une mission de service public en France métropolitaine et dans les départements d’Outre-Mer.

Elle est dirigée par un président (actuellement Emmanuel de Oliveira[20]) ainsi qu'un conseil comprenant 31 membres, dont 24 membres élus et 7 membres désignés par les ministères intéressés[21].

Son financement est assuré pour à 24 % par des subventions publiques (État et collectivités locales, notamment les régions et les départements) et est complété par des dons privés (membres de l'association, dons, partenariats)[22].

Pour promouvoir son action auprès du public et lui permettre de faire appel au don en confiance, l’association adhère au Don en confiance.

Moyens nautiques[modifier | modifier le code]

La SNSM est le premier armateur en France. Elle dispose d'une flotte de près de 773 bateaux du canots tous temps au jet-ski ; parmi ces moyens, 316 sont utilisés pour le sauvetage en mer, 457 sont utilisés pour la formation et la surveillance des plages en saison. Elle gère l'acquisition, l'entretien des bateaux ainsi que de tous les équipements techniques. Chaque année, environ 6 millions d'euros sont investis [23]. Aujourd'hui, la SNSM dispose de 41 canots tous temps (CTT), 35 vedettes de 1re classe (V1), 75 vedettes de 2e classe (V2), 42 vedettes légères (VL)[24],[23], 305 pneumatiques, 183 semi-rigides (SR) et 91 jets-ski ainsi qu'une embarcation amphibie[25]. Ces dénominations de CTT, V1, V2, V3[26] et VL, avec leur matricules respectives, commencent à apparaître au début des années 1970 et 1980 lorsque la SNSM commence a organiser sa flotte.

Même si les différences entre canots et vedettes tendent très sérieusement à s'effacer avec l'évolution technique des navires et de leur performances (avec les CTT, arrivent respectivement les V1 NG en 2001 et les V2 NG en 2009, bateaux de construction "tous temps"), les canots actuels sont des bateaux ressemblant à une grosse vedette dotés d'une coque à semi-déplacement (ou semi-planante)[27], plus « marins » ayant une meilleure tenue à la mer avec des lignes conçues pour affronter les mauvaises conditions, pouvant aller plus loin en mer donc pourvus d'une autonomie plus grande, pouvant transporter un plus grand nombre de naufragés, pouvant mieux affronter le gros temps, avec une capacité d'autoredressement en cas de chavirage accidentel donc avec une quille avec un certaine masse, plus puissants pour remorquer de gros navires, entièrement médicalisés mais moins rapides en vitesse et moins faits pour intervenir dans les faibles profondeurs[28]. Par exemple, dans les années 1950 et 1960, les canots ne faisaient pas plus de 10 nœuds en moyenne, alors que les vedettes atteignaient et dépassaient facilement les 14 nœuds. Didier Delavoie, inspecteur général SNSM pour l'Atlantique tout comme le service technique de la SNSM, pensent — qu'à partir d'une V2 de 12 m de long — « on a des bateaux qui sont capables de tenir — plus on moins confortablement — par presque tous les temps »[29].

Tous ces moyens sont insubmersibles par l'ajout de mousse de polyuréthane à cellules fermées[30] injectée dans les doubles coques et dans des espaces réservés, constistuant des volumes d'insubmersibilité[31] : le bateau même plein d'eau ne doit pas couler et reste toujours en flottabilité positive[32] ; cette méthode est d'ailleurs une des mesures de la standardisation des canots et vedettes que voulait l'Amiral Leenhardt — président de la SNSM de 1987 à 1993 — telles qu'avoir : des coques en CVR (composite verre-résine) avec une carène d'un nouveau profil, une double motorisation indépendante, une timonerie entièrement fermée[33]. L'association n'utilisera pas cette technique pour son programme de renouvellement de la flotte du fait de la perte de place dans les bateaux — en particulier dans le compartiment moteur — au profit d'une compartimentation cloisonnée par des portes étanches de telle sorte que si deux compartiments contigus sont envahis par l’eau, le bateau doit continuer à flotter[34]. Les CTT, V1 NG et V2 NG sont autoredressables étant dotés d'une grosse timonerie hermétique qui lorsque le bateau est à l'envers, confère une grande instabilité, leur centre de gravité bas favorisant leur redressement à leur position normale[35]. Tous les prototypes des CTT et des V1 ont subis des tests d'autoredressemment.

En 2018, ont été livrés une V1 nouvelle génération (V1 NG) pour Bandol et Nouméa.

Canot CTT NG "SNS 001 Yves & François Olivaux" de l'Ile de Sein

De nouveaux canots tout temps ont récemment vu le jour pour l’Île de Sein, Les Sables d'Olonne et Sète. Une partie de la flotte va être renouvelée dans les prochaines années du fait de l'arrivée en fin de vie d'une partie des canots et des vedettes.

Programme de renouvellement[modifier | modifier le code]

Bien que la SNSM soit une structure nationale, la gestion des moyens nautiques est historiquement menée à l'échelle locale. Les stations définissant leur besoin en fonction des spécificités locales et réunissant le financement principalement auprès de partenaires locaux (collectivités territoriales, mécénat...). Si cette organisation a constitué une source d'activité pour une multitude de chantiers locaux (Gatto, Sibiril, Bernard, Alumarine, Gosselin, Blamengin, Pouvreau, Técimar), elle a conduit à une multiplication coûteuse des types et des variantes, situation particulièrement sensible alors que la maintenance cherche à être rationalisée avec la refondation du PSF de Saint-Malo.

En 2019, alors que la SNSM doit remplacer 37 canots tout temps mis en service entre 1986 et 1996, ainsi que plus de 90 V1 et V2, la décision d'une acquisition en série est actée par la mise en place d'un dialogue compétitif avec deux industriels afin d'aboutir à une maîtrise d'œuvre unique : Chantier Naval Couach allié à l'architecte Neuman et Grand Large (Alumarine) associé à l'architecte Delion.

Cette maîtrise d'œuvre unique doit permettre la réalisation d'une flotte cohérente et non plus constituée de nombreux modèles hétérogènes mais faite d'une gamme de nouveaux navires standardisés :

  • Navires de Sauvetages Hauturiers de Première Classe NHS1 (de 17 m) et de Seconde Classe NSH2 (14 m), respectivement héritiers des CTT et des V1 avec 20 unités prévues.
  • Navires de Sauvetages Côtiers de Première Classe NSC1 (vedettes de 12 m), Deuxième Classe NSC2 (semi rigides avec timonerie) et Troisième Classe NSC3 (semi rigides ouverts) respectivement héritiers des V2, VL et des divers canots pneumatiques ; 50 unités sont prévues.

L'objectif visé est de réduire le coût global de possession de la flotte de sauvetage avec un modèle unique pour chaque de bateau sachant qu'actuellement, il existe une vingtaine de modèles différents. Du fait d'une gamme beaucoup plus étroite (deux familles : NSH et NSH), la SNSM pense utiliser une numérotation différente pour la numérotation d'identification sur les coques que celle actuelle (matricules commençant par 0 pour les CTT, 1 pour les V1 etc) pour ne pas créer de confusions[36].

Équipements[modifier | modifier le code]

Abri de la station SNSM de Trévignon

Pour assurer leurs missions, les CTT, V1 et V2 possèdent un équipement électronique complet d'aide à la navigation et à la recherche et localisation de naufragés : radar, sondeur, anémomètre, goniomètre, radio VHF/ASN (un des appareils du Système mondial de détresse et de sécurité en mer), AIS (permettant d'identifier un bateau grâce à son numéro Maritime Mobile Service Identity), système de visualisation des cartes électroniques (Electronic chart system), jumelles à vision nocturne, projecteur de recherche à lumière chaude ou froide. Tous ces canots et vedettes seront d'ailleurs bientôt équipés d'un système intégré avec écran unique.

L'équipement de secours — adapté en fonction des contraintes locales de chaque station — est le suivant : matériel de lutte contre l’incendie et d'assèchement, une civière coquille, un brancard. Chaque bateau est pourvu d'une dotation médicale comprenant un matériel de secourisme premiers soins, DSA et de l’oxygène.

Les vedettes en outre-mer disposent le plus souvent d'équipements tropicalisés[29] en matière d'isolation et de climatisation.

Transport et mise à l'eau des canots et vedettes[modifier | modifier le code]

Le port de Goury et la station SNSM, avec une des deux rampes de mise à l'eau

Aujourd’hui, la taille des bateaux de la SNSM est telle qu'elle ne permet plus de les remiser dans des abris (quand ils existent) devenus trop petits et la plupart restent donc à flot. Toutefois, des exceptions existent en raison de stations particulièrement exposées au mauvais temps. Ainsi, des abris ont été agrandis comme à Goury, pour le canot tous temps Mona-Rigolet (SNS 067). En parallèle, la taille des bateaux a pu être modifiée, ce qui est le cas pour le canot tous temps Île d'Ouessant (SNS 081) d'Ouessant, légèrement plus court (14,80 m au lieu de 15,50 m), les CTT de 15,50 m étant la série qui a suivi.

Canots tous temps (CTT)[modifier | modifier le code]

Canot tous temps Belle Isle de la ville du Palais, de Belle-Île-en-Mer. Dernier exemplaire de la série des 17,60 m des CTT, construit en 2000
Canot tous temps SNS098 Président Toutain de la station de Ploumanac'h, de Belle-Île-en-Mer. Avant-dernier exemplaire de la série des 15,50 m des CTT, mis en service en 2002

Ces bateaux de 15,50 à 17,80 mètres (14,80 m pour le CTT d'Ouessant) sont insubmersibles, autoredressables et ont deux moteurs de 340 chevaux à 650 chevaux. Ils sont armés par un équipage de 8 sauveteurs[37]. Depuis 2016, leur remplacement a été entamé avec une série de cinq CTT Nouvelle Génération de 18,80 mètres construits par Sibiril Technologies ; ces navires naviguent en 2e catégorie de navigation, ce sont les premiers CTT dotés d'un rostre qui améliore grandement la tenue à la mer par son effet perce-vagues. Les CTT ont une traction au point fixe de 4 tonnes ce qui permet de remorquage d'un bateau de plus de 100 tonnes dans des conditions assez défavorables.

Plusieurs série existent : 30 CTT de 17,60 m, mis en service de 1986 à 2000 de type "Jack Morisseau" (dessinés par Alain Gibier, construits par les chantiers Bernard) ; 8 CTT de 15,50 m, mis en service de 1996 à 2003, le prototype étant le SNS088 Pilote Trémintin II de l’Île-de-Batz, construit en 1997 (1 CTT de 15,50 m, le SNS086 Amiral de Tourville de Barfleur, construit aussi en 1997 est une version dérivée de son prototype, le SNS081 Île d'Ouessant d'Ouessant qui a été construit en 1995) ; 3 CTT NG de 17,80 m mis en service depuis 2015. Le CTT d'Ouessant est inspiré du canot Severn de la RNLI et des navires 47-foot MLB des gardes-côtes américains.

En 2019, la SNSM arme 41 canots tous temps[38], 9 en Manche, 23 sur la façade Atlantique et 9 en Méditerranée.

La plupart des canots actuels font partie de la série 17,60 m initiée par le prototype SNS060 Ville de Paris de l'Île de Sein mis en service en 1980. Il a été suivi en 1986 par un projet dérivé, le SNS061 des Sables d'Olonne avec une cabine complètement redessinée, version améliorée du SNS 060 ; ce canot est le prototype de la série. De 1987 à 2003, 37 canots (du SNS062 au SNS099) ont été mis en service. Sauf exception, ils ne diffèrent du SNS061 que par leur motorisation, leur génération électrique et des adaptions spécifiques à chaque station. L'exception à cette règle est la série dérivée avec 8 canots de 15,50 m débutée en 1997 qui permet de les rentrer dans des abris. De 2003 à 2016, aucun nouveau CTT n'a été mis en service mais la plupart de ceux existants ont été rénovés.

À partir de 2015, trois CTT de nouvelle génération ont été mis en service pour remplacer les plus anciennes unités de la génération précédente. Le premier est le SNS001 Yves et François Olivaux, prototype des CTT NG, il a pris la suite à l'Île de Sein du SNS060 Ville de Paris qui a été vendu à une société de travail en mer offshore. Le second est le SNS002 Canotier Jacques Joly, il remplace aux Sables d'Olonne le SNS061 Patron Jack Morisseau. En 2019, au cours d'un arrêt technique du SNS002, le SNS061 a repris du service et a vu sa timonerie entièrement détruite au cours d'une intervention pendant la tempête Miguel. Le dernier CTT nouvelle génération est le SNS 003 Amiral Leenhardt qui est donc le canot le plus récent de la flotte de la SNSM. Il remplace à Sète le SNS 062 Patron Marius Oliveri qui est réaffecté en Corse à la station de Calvi et qui est le plus ancien canot de la flotte depuis la perte du SNS061. Les prochains CTT NG seront livrés respectivement aux stations de Saint-Tropez et de Saint-Malo. En 2019, la SNSM a sélectionné les chantiers Couach pour la fourniture de sa nouvelle flotte avec notamment deux types de navires de sauvetage hauturier (NSH1) qui remplaceront les CTT.

Les canots tous temps sont reconnaissables à leur coque verte (couleur héritée de la SCSN) et à leur immatriculation SNS 0nn. Comme leur nom l'indique, ils sont capables d'affronter les conditions de mer les plus dures et théoriquement il n'y a pas de limites à celles-ci ; ils interviennent dans la bande côtière des 20 milles[37] et au-delà sur demande expresse du CROSS : il est arrivé que des canots interviennent à plus de 40 milles. Les CTT ont donc une autonomie conséquente de 400 milles nautiques à leur vitesse de croisière et ont aussi un équipement important.

Vedettes de 1re classe (V1)[modifier | modifier le code]

Margodig, la vedette de 1re classe de Loctudy
La V1 de 13,30 m Amiral de Castelbajac en septembre 2000, affectée successivement à La Rochelle et à Royan. Vedette de 1990 dans la flotte de réserve, affectée au CFI à Saint-Nazaire
Cette vedette SNS123 Notre-Dame de la Serra (ex Capitaine Boyenval à Dieppe) , en service dès 1982 à Dieppe et Calvi, a une coque qui servira de base aux V1 de type SNS125 Amiral de Castelbajac de 1990

Ces bateaux de 13,30 à 16,85 mètres sont insubmersibles ; les V1 NG sont en outre autoredressables, ce sont d'ailleurs les premières embarcations pourvues d'un rostre qui autorisent une vitesse élevée même par mer formée. Ils sont équipés de 2 moteurs de 330 chevaux à 500 chevaux et atteignent la vitesse 22 nœuds, 25 nœuds pour les « V1 nouvelle génération ou V1 NG[39] » (V1 NG) construites aux chantiers Bernard. Deux versions existent : une version à hydro-jets et une version à hélices. Leur capacité de remorquage est de 4 tonnes[29]. Ces vedettes peuvent être théoriquement utilisées jusqu'à force 9, soit quarante-cinq nœuds de vent mais à de nombreuses reprises, elles pu aller au-delà de ces limites ; elles peuvent donc sortir pratiquement par tous les temps[29] ; elles constituent donc aussi des moyens hauturiers à l'instar des CTT ; cela est d'autant plus vrai pour les V1 NG qui possèdent des capacités proches des CTT d'ancienne génération[40],[41].

Deux séries existent : les vedettes de première classe (V1NG) type ORC 140 de 14,85 (ou 16,85 m) sont au nombre de 26 (les stations de Marseille et d'Antibes ont des V1NG de 16 m, de type ORC 160 ; prototype SNS148 Notre-Dame de la Garoupe II, construite en 2005), mises en service de 2001 à 2018, leur prototype étant la SNS140 Margodig de Loctudy de 2001 ; les vedettes de première classe (V1), de 13,30 m au nombre de 8, mises en service de 1990 à 1999 dont le prototype est la SNS125 Amiral de Castelbajac de La Rochelle, construite en 1990, leurs coques étant identiques aux V1 de précédente génération du Croisic et de Dieppe, construites par Técimar de 1975 à 1981 ; elles ressemblent à une version allongée des V2 de 10,50 m avec une timonerie plus grande en hauteur[42] ; En 2018, a été mise en service une vedette de 16,5 m dotée de 2 moteurs de 600 chevaux, la SNS163 Nautile pour la station de Nouméa en Nouvelle-Calédonie qui est dotée des dernières technologies ; pouvant aller jusqu'à 27 nœuds et ayant une autonomie de 27 heures, elle permet d'aller beaucoup plus loin, la station faisant souvent des interventions éloignées (évacuations sanitaires) ; cette vedette remplace la V2 de 10,50 m, la SNS270 Croix du Sud, plus limitée pour ce genre d'interventions.

Leur coût de construction est d'environ 800 000 € et atteint le million d'euros pour les dernière unités construites du fait des nouvelles technologies embarquées. La SNSM en possède 31 en 2019[43]. De manière générale, les V1 sont parmi les embarcations les plus récentes de la flotte, puisque 23 sur les 31 en service ont moins de 10 ans. La plus ancienne V1 se trouve à Trévignon, la SNS 127 Ar Beg en service depuis 1992 tandis que la plus récente ''Nautile'' (SNS 163) de Nouméa a été mise en service courant 2018[44].

  • Équipage : 6 sauveteurs.
  • Zone d’intervention : bande des 20 milles.
  • Coque bleue (couleur historique des HSB)
  • Immatriculation : SNS 1nn.

Vedettes de 2e classe (V2)[modifier | modifier le code]

Vedette de 2e classe V2NG d'Erquy
La vedette de 10,50 m SNS271 Notre Dame de Trégor - MAIF de Primel-Plougasnou, mise en service en 2008, une des dernières construites dans la série des 10,50 m (série commencée en 1989), série qui a subi plusieurs améliorations. Construction par Sibiril
La vedette de 9 m SNS292 Michel Le Nobletz de Plouguerneau, construite en 2003 par Blamengin
La V2 Président Charles Pilorget du Golfe du Morhihan, sister-ship de la SNS275

Ce type de vedette est le plus représenté dans la flotte de la SNSM. Ces bateaux de 8,90 à 12 mètres, insubmersibles sont propulsés par hydrojets[45] ou hélices, par deux moteurs allant de 150 à 420 ch et atteignent les 25 nœuds[46]. La plus ancienne vedette en service est le Capitaine de Vaisseau Mortenol (SNS 220) de Port-Saint-Louis-du-Rhône de 1986. Leur capacité de remorquage est de 1,5 tonne ce qui permet de remorquer un gros chalutier ; les V2NG ayant une capacité de remorquage de 2 tonne[47]. Leur renouvellement a débuté dès 2009 avec la mise en service des "V2 NG" doté d'une forte capacité d'autoredressabilité. La plus récente est la V2NG de la station de Palavas-les-Flots, SNS 223 Patron Alfred Molle mise en service en . Une dernière V2NG sera livrée à la station d'Arcachon. Elle a une autonomie de 200 milles nautiques.

Les vedettes de 2e classe sont censées être utilisées jusqu’à force 7, soit trente-cinq nœuds de vent, donc ne peuvent pas affronter trop le gros temps, les V2 NG quant à elles sont conçues pour opérer dans des conditions plus sévères jusqu’à mer 6 avec des vents de force 8[48] ; mais en réalité, il est souvent arrivé à ce type de vedettes (les V2 en général) de dépasser ces limites lors d'interventions[29], ces vedettes étant conçues selon l'association pour des conditions de mer difficiles[42]. Leur coût est de 210 000 € pour la série des 9 m (cette série est destinée à remplacer les vedettes de 3e classe), 320 000 € pour la série des 10,50 m et enfin 530 000 € pour les « V2 NG » de 12 m. Les V2NG du fait de leur capacités nautiques supérieures peuvent être considérées comme des moyens hauturiers comme les V1NG[41]. Les V2 NG remplacent bon nombre des plus anciennes V2 de 10,50 m. Jean-Christophe Noureau, explique le choix d'un tel bateau[49] :

« Le choix du design du bateau s’est fait en réponse à nos exigences extrêmement fortes sur la survivabilité du bateau qui doit pouvoir intervenir par tout temps, et assurer la sécurité de l’équipage et des naufragés recueillis, même après éventuelle fortune de mer. Ainsi, l’insubmersibilité du bateau même après avarie, sa capacité d’autoredressabilité, lui confère un haut degré de performance. Par ailleurs la carène, propulsée par 2 moteurs de 410CV assure des performances de vitesse et de tenue à la mer, inégalées dans cette gamme de bateaux, en regard avec la mission particulière du sauvetage en mer. C’est un bateau très important dans notre dispositif [...]. »

Beaucoup de modèles existent (certains modèles ont presque tous été remplacés par d'autres modèles plus modernes, seuls subsistent alors quelques exemplaires) :

  • 23 V2 NG de 11,95 mètres, mises en service à partir de 2009 construites par les chantiers Sibiril et Gatto, le prototype est la SNS200 Pays de Retz de Pornic de 2009
  • 2 modèles semblables construits — comme pour les V1 construites de 1990 à 2000 de 13,30 m — à partir de la coque des quelques V1 construites par Técimar de 1975 à 1981.
    • 2 V2 de 8,90 m, le prototype était la SNS224 Notre-Dame du Trégor II de Primel-Trégastel de 1987, leur construction s'est arrêtée en 1991 au profit de la série des V2 de 10,50 m, ayant un meilleur rapport qualité, performances et prix.
    • 29 V2 de 10,50 m mises en service de 1990 jusqu'en 2009 construites par le chantier Bernard, le prototype était la SNS230 La Philippoise de Gravelines de 1989.
  • une V2 de type ELIR (engins légers d’intervention rapide) de 10,50 m de 1986 construite par Mag France, successeur du chantier Pouvreau de Vendée, navires en aluminium avec un faible tirant d'eau.
  • 15 V2 mises en service de 9 m de 1999 à 2009 construite par Blamengin à Boulogne-sur-Mer, le prototype est la SNS280 Contre-Amiral Noël qui aura été affectée successivement à Saint-Martin dans les Antilles, Arcachon puis à Lorient
  • 2 V2 de 11,59 m mises en service depuis 2014 construites par Alumarine, la tête de série étant la SNS275 La Barcarésienne du Barcarès construite en 2014
  • une unique V2 de 11,40 m de 2016 construite par Socarenam, la SNS276 Notre-Dame des Flandres de Gravelines ;
  • Équipage : 4 sauveteurs.
  • Zone d'intervention : côtier, semi-côtier et au-delà
  • Coque bleue
  • Immatriculation : SNS 2nn.

Vedettes légères (VL)[modifier | modifier le code]

Vedette légère de l'Île de Ré

Ce sont diverses embarcations « rigides » de sauvetage de 5 m à 9 m, d'une coque plastique ou aluminium, insubmersibles, adaptées aux contraintes de nature côtières particulières de leur zone d'intervention ; on trouve aussi des vedettes de type catamaran, adaptées aux faibles profondeurs. Les vedettes de type catamaran ont une conception qui leur permettent de sortir jusqu’à force 8, soit quarante nœuds de vent. Elles atteignent les 25 nœuds, voire 40 nœuds pour certaines d'entre elles et ont deux moteurs hors-bord. Leur coût est de 100 000 € et plus. Elles peuvent également servir d'appui en tant que second moyen d'intervention à certains canots tous temps et vedettes.

  • Équipage : 3 ou 4 sauveteurs.
  • Zone d'intervention : côtier et semi-côtier : 5 à 10 milles des côtes (cela dépend de la catégorie de navigation affectée par les affaires maritimes).
  • Coque bleue
  • Immatriculation : SNS 4nn.

Canots pneumatiques[modifier | modifier le code]

Bateau pneumatique de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) au port de L'Herbaudière sur l'île de Noirmoutier.

Les canots pneumatiques (ou semi-rigide, SM) sont des moyens secondaires des stations permanentes ou des embarcations utilisées par les sauveteurs saisonniers, de 4 à 8 mètres de longueur, pour des interventions à proximité immédiate du littoral où les canots et vedettes ne peuvent approcher à cause de leur tirant d'eau. Insubmersibles, les plus récents sont autoredressants, ont deux moteurs de 50 à 150 chevaux et atteignent les 25 à 30 nœuds. Parallèlement, la SNSM est en train de se doter de petits semi-rigides IRB.

  • Équipage : de 2 à 4 sauveteurs pour le sauvetage côtier.
  • Immatriculation en fonction de la longueur du SM : 7,5 m : SNS 7nn ; 6 m : SNS 6nn ; 5 m : SNS 5nn.

Jet-skis[modifier | modifier le code]

Les embarcations type marine-jet plus communément appelés jet-skis sont des moyens utilisés principalement par les sauveteurs saisonniers mais aussi par les stations en complément d'un canot ou d'une vedette, pour des interventions rapides et à proximité immédiate du littoral. D'une longueur de 3,1 m, et doté d'un moteur de 152 cv ils atteignent près de 50 nœuds à pleine vitesse[23]. Ils sont au nombre de 91 ont commencés à être utilisés en 1992. Elles peuvent être équipées d'une planche sur l'arrière (une civière coquille) pour y installer plus facilement la victime et la transporter à terre.

  • Équipage : de 1 à 2 personnes pour le sauvetage côtier.

Engins amphibies[modifier | modifier le code]

SNS 664 de la station des Frégates

La SNSM s'est dotée en 2018 pour la première fois d'un bateau amphibie en aluminium. Déployé dans la station Les Frégates- Baie du Mont Saint Michel, le SNS664 Mascarets de 6,10 m est motorisée par deux moteurs de 115 cv. L'embarcation — médicalisée — atteint la vitesse de 35 nœuds. Il faut noter que par le passé, la SNSM a disposé d'un aéroglisseur pour la station du Crotoy.

Vedettes d'instruction[modifier | modifier le code]

Ce sont souvent des modèles de plaisance adaptés, souvent de type Antarès, ne dépassant pas les 8 mètres de longueur. Elles servent essentiellement pour la formation et lors d'exercices hebdomadaires des sauveteurs. On peut ainsi les utiliser comme CROSS déportés pour coordonner les actions de secours ; par exemple lors d'un exercice inter-stations. Elles sont également utilisées pour la formation des futurs sauveteurs.

Vedettes de 3e classe (V3)[modifier | modifier le code]

Ces embarcations de 8,00 m et 8,60 m sont pour la plupart adaptées de bateaux de plaisance de série du type Antarès des chantiers Bénéteau ; faiblement aménagés pour le sauvetage et rendues insubmersibles[42], elles servent pour la formation, ou pour le sauvetage par des temps relativement maniable et ce, près de la côte. Elle ont une vitesse de 16 nœuds. 23 unités ont été acquises de 1979 à 1982[42]. À l'exception de la vedette SNS330 Jeanne Pierre, construite en 1982 — encore utilisée à la station d'Audierne, vedette pouvant venir en complément ou remplacer le CTT SNS068 Amiral Amman lors de certaines interventions de sauvetage —, elles ont été toutes retirées du service pour le sauvetage ayant été remplacées pour beaucoup par la série des 9 mètres des vedettes de 2e classe. Les quelques autres vedettes sont utilisées dans les CFI.

  • Équipage : 3 sauveteurs.
  • Zone d'intervention : côtier.
  • Coque bleue
  • Immatriculation : SNS 3nn.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • François Bellec, Les Sauveteurs. Histoire folle et raisonnée du sauvetage en mer, Chasse marée, (ISBN 978 2914208963)
  1. Frédéric Caille, La figure du sauveteur. Naissance du citoyen secoureur en France, 1780-1914, Presses universitaires de Rennes, , p. 93.
  2. Bellec 2008, p. 82.
  3. L'histoire de la SNSM.
  4. Le Conseil d'Administration de la SNSM.
  5. A.R., « Sauvetage en mer: des pistes pour éviter le naufrage de la SNSM », .
  6. « Les sauveteurs en mer de plus en plus à la manœuvre », sur France Antilles, .
  7. « Macron décore à titre posthume les trois sauveteurs de la SNSM morts en Vendée », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 10 juin 2019)
  8. http://www.aber-wrach.bzh/sauvetage.html
  9. « Le nouveau canot tous temps des Sables d'Olonne SNS 002 « Canotier Jacques Joly » - Atoutnautic », sur atoutnautic.fr (consulté le 2 août 2019)
  10. « Le 5 février 2002, « la douleur était dans tous les regards » », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 21 mai 2020)
  11. le patronyme qu'elle avait utilisé pour sa page sur Copains d'Avant.
  12. « CÉRÉMONIE de DISPERSION des CENDRES de KATHLEEN PONSARD », sur snsmcaen.free.fr, SNSM de Caen (consulté le 13 juin 2019)
  13. http://snsmcaen.free.fr/page.php?id=35&n=23
  14. « Le récit de la mort de trois sauveteurs portant secours à un bateau de pêche en pleine tempête », sur nouvelobs.com,
  15. « Témoignage d'un sauveteur rescapé aux Sables-d'Olonne : "On savait qu'on allait se noyer" », sur RTBF Info, (consulté le 10 juin 2019)
  16. « Sauveteurs morts aux Sables-d'Olonne : un rapport pointe la fragilité des vitres du canot de la SNSM », sur France Bleu,
  17. a b et c Bellec 2008, p. 103.
  18. Recommandation de l'Union internationale des télécommunications, référence aux dispositions du règlement des radiocommunications RR5.111 ; RR5.226 ; RR30.11 ; RR54.2 ; AP15, Tableau 15-2 ; AP18.
  19. Sécurité en mer.
  20. Arrêté du 10 février 2020 délivrant agrément au président de la Société nationale de sauvetage en mer
  21. [PDF]Cf. statuts de l'association.
  22. Page Rigueur et transparence du site officiel.
  23. a b et c https://www.snsm.org/sites/default/files/2020-05/dossier-presse-sauveteurs-en-mer-snsm-2020.pdf
  24. https://www.snsm.org/sites/default/files/2019-03/snsm-poster-flotte-2018_0.pdf
  25. Les vedettes ou divers moyens plus légers servant pour la formation pour les CFI (centre de formation et d'intervention) sont comptabilisés ici tout comme les vedettes dites de « réserve » qui remplacent des canots ou vedettes indisponibles des stations car étant en carénage, en réparation ou en maintenance à mi-vie, ce qui peut prendre plusieurs semaines voire quelques mois dans certains cas ; elle possède aussi des vedettes qui servent à la formation dans les CFI
  26. Les V3 sont les vedettes dites de 3e classe. Ce type de vedette a quasiment disparu. Lorsque les dernières unités seront retirées du service, cette classe disparaîtra. En 1980, la SNSM en a commandé 21 pour remplacer notamment les anciennes vedettes côtières des HSB
  27. « La carène semi-planante, le compromis vitesse/confort », sur Bateaux.com,
  28. Magazine de la Marine Nationale, Cols Bleus, no 1902 / 28 juin 1986
  29. a b c d et e Magazine de la SNSM, Sauvetage, no 123 / 1er trimestre 2013.
  30. https://www.snsm.org/sites/default/files/2019-07/sauvatech-presentation-generale-2019-v3.pdf
  31. « Finistère : Le nouveau prototype de SNSM enfin sur l'eau » [vidéo], sur YouTube (consulté le 29 juin 2020)
  32. Magazine de la Marine Nationale, Cols Bleus, no 1902 / 28 juin 1986
  33. Magazine de la SNSM, Sauvetage, no 139 / 1er trimestre 2017
  34. « Les navires de demain se dessinent aujourd'hui », sur Les Sauveteurs en Mer (consulté le 7 juin 2020).
  35. https://www.snsm.org/sites/default/files/2019-06/instructions-generales-snsm-v2019.pdf
  36. « Présentation du programme Nouvelle Flotte / Les Sauveteurs en Mer », sur Les Sauveteurs en Mer (consulté le 5 septembre 2020).
  37. a et b Bellec 2008, p. 92.
  38. « Les canots tous temps », sur Les Sauveteurs en Mer (consulté le 1er mai 2019).
  39. Les vedettes de 1re classe dites « nouvelle génération » apparaissent en 2001 avec la mise à l'eau de la SNS 140 Margodig.
  40. Bellec 2008, p. 99
  41. a et b http://www.senat.fr/rap/r19-081/r19-081_mono.html
  42. a b c et d Magazine de la SNSM, Sauvetage, no 49 / 2e trimestre 1994
  43. « Les différents modèles de vedettes », sur Les Sauveteurs en Mer (consulté le 1er mai 2019).
  44. « Nouméa : La nouvelle vedette SNSM embarque au Havre », Mer et Marine,‎ (lire en ligne, consulté le 10 juillet 2018).
  45. Nouvelle génération qui débute en 1999 avec la SNS 280 Contre-Amiral Noël.
  46. Bellec 2008, p. 100.
  47. « Bateaux de sauvetage / STATION SNSM DE MENTON », sur STATION SNSM DE MENTON (consulté le 5 septembre 2020).
  48. Vincent Groizeleau, « SNSM : Une nouvelle vedette Sibiril pour la station de Trebeurden », meretmarine.com,‎ (lire en ligne)
  49. https://www.ecagroup.com/media-file/5412-eca-group-press-release-inspector-125-eca-group-devoile-son-nouveau-drone-de-surface-insubersible-issu-dune-plateforme-sea-proven.pdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]