Alauna

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Alauna
Image dans Infobox.
Vue générale des thermes.
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Ie siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
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Alauna est une ancienne cité gallo-romaine, du Ier siècle, dont les vestiges se dressent à Alleaume sur la commune française de Valognes dans le département de la Manche, en région Normandie.

Le site archéologique fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[1].

Localisation[modifier | modifier le code]

La cité antique d'Alauna se trouvait sur la route reliant Cosedia (Coutances) à Coriallo (Cherbourg).

Alauna figure sur deux documents antiques : l'itinéraire d'Antonin et la table de Peutinger[2].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom d'Alauna, d'origine celtique, a pour homonymes des noms de lieux comme Allonnes, Allonne, recensés par Albert Dauzat et Charles Rostaing[note 1].

Historique[modifier | modifier le code]

La ville antique d'Alauna aurait été construite dès le Ier siècle, peut être à l'emplacement de la capitale des Unelles. De par son emplacement et la concentration de ses monuments, elle aurait été à cette époque la capitale du Cotentin, et devait compter plusieurs milliers d'habitants. Avec une garnison permanente, elle servait d'étape pour les légions. La ville avait à sa tête un gouverneur[3]. La ville est entièrement rasé vers et reconstruite dans le vallon[4].

Site archéologique[modifier | modifier le code]

On a retrouvé notamment les vestiges d'un balnéaire ou les thermes et, d'un théâtre ou amphithéâtre[5].

Les thermes romains[modifier | modifier le code]

Déjà connu au XVIIIe siècle, les thermes sont représenté par Anne Claude de Caylus. Les fouilles de 1989 à 1992, ont permis de dégager la totalité du site, montrant ainsi la structure des installations. L'édifice atteignait 90 mètres de long et 50 mètres de large, quand aux salles elles étaient disposées symétriquement en six salles froides et quatre salles chaudes ou tièdes.

Le frigidarium est disposé en abside centrale. Le caldarium, d'un diamètre de 7,50 mètres environ, était chauffé par douze fourneaux en brique (hypocauste)[6].

L'approvisionnement en eau était assuré par un aqueduc souterrain d'une largeur de 0,40 mètre environ et des canalisations en provenance d'une source (fontaine du Bus) située à 500 mètres des thermes, au Bas-Catelet, dont il subsiste un bâtiment d'une époque plus récente. L'eau de la source est actuellement captée pour l'eau de la ville.

Les murs ont une structure en assises alternées de pierre et de brique. Les bâtiments ont été datés du milieu du Ier siècle.

Le théâtre[modifier | modifier le code]

Non loin de là, au Bas-Câtelet (les Buttes près de la Dingouvillerie), se trouve un théâtre à gradins, ayant une capacité de 3 700 spectateurs, Sa surface en ferait l'un des plus vastes connus de la Gaule. En forme de fer à cheval, avec un demi-cercle de 66 mètres de diamètre, son orchestre mesurait 25 mètres, se terminant à 12 mètres, son mur de scène (proscenium) mesurait 19 mètres de long sur 4 mètres et le pupitre (pulpitium), là où jouaient les acteurs, 48 mètres de long sur 4 mètres[5].

Voies romaines[modifier | modifier le code]

Plusieurs voies romaines menaient à Alauna :

D'Alauna une branche menait à Coriallum (Cherbourg) et une autre vers Grannonum (Portbail ?).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour la signification, voir Allonnes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Ruines romaines d'Alauna », notice no PA00110633, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Antoinette Taboué, « Alauna et les voies anciennes du Nord-Est du Cotentin », Annales de Normandie, vol. 49, no 1,‎ , p. 3-37 (DOI 10.3406/annor.1999.1198).
  3. Davy 2014, p. 22.
  4. Davy 2014, p. 24.
  5. a et b Davy 2014, p. 23.
  6. Norbert Girard et Maurice Lecœur, Trésors du Cotentin : Architecture civile & art religieux, Mayenne, Éditions Isoète, , 296 p. (ISBN 978-2-9139-2038-5), p. 36.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J.-L. Adam, « Valognes », Cherbourg et le Cotentin, Impr. Émile Le Maout, Cherbourg, 1905, p. 584-589.
  • André Davy, Les barons du Cotentin, Condé-sur-Noireau, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits et introuvables du patrimoine Normand », , 319 p. (ISBN 978-2-91454-196-1), p. 22-23.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]