Groix

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Groix
Groix
Île de Groix vue par le satellite SPOT.
Blason de Groix
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Lorient
Intercommunalité Lorient Agglomération
Maire
Mandat
Dominique Yvon
2020-2026
Code postal 56590
Code commune 56069
Démographie
Gentilé Groisillon, Groisillonne
Population
municipale
2 263 hab. (2017 en augmentation de 1,8 % par rapport à 2012)
Densité 153 hab./km2
Population
aire urbaine
184 853 hab.
Géographie
Coordonnées 47° 38′ nord, 3° 28′ ouest
Altitude 47 m
Min. 0 m
Max. 48 m
Superficie 14,82 km2
Élections
Départementales Canton de Lorient-2
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Liens
Site web Mairie de Groix

Groix [gʁwa] est une île et une commune bretonne du département du Morbihan (France). Elle se trouve dans le golfe de Gascogne, au large de la côte sud de la Bretagne, au nord-ouest de Belle-Île-en-Mer et en face de Ploemeur. Elle constitue une commune (commune de l'Île de Groix), et, jusqu'à 2015, constituait aussi le canton de Groix (qui fait maintenant partie du canton de Lorient-2). Elle est accessible par bateau au départ de Lorient et de Port-Louis. Historiquement, elle fait partie du pays vannetais et du Kemenet-Héboé.

On donne aussi aux Groisillons le nom plaisant de Greks, les Groisillonnes ayant autrefois toujours une cafetière (grek en breton) sur le feu pour réchauffer les pêcheurs de la famille à leur retour.

Géographie[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

Topographie de l'île de Groix.

Groix, située à 5,3 km au sud de la pointe du Talud, sur le continent, est la deuxième île de Bretagne par la superficie. Longue de 8 km et large de 3 km (au maximum), elle se compose essentiellement d'un plateau de micaschiste d'une altitude moyenne de 40 m dans sa moitié ouest (l'altitude maximale est de 48 mètres au fort du Grognon, ainsi qu'au hameau de Créhal), s'abaissant régulièrement vers le sud-est jusqu'à une altitude d'environ 4 m à la pointe des Chats. L'île offre un paysage contrasté entre l'ouest — la « Piwisy » — caractérisé par de hautes falaises (Pen Men) entaillées de vallons profondément encaissés, et l'est — la « Primiture » — caractérisé par des falaises basses, des plages et un large platier rocheux (pointe des Chats, port de Locmaria)[1].

Le vallon de Kerlivio a été transformé en lac et réserve d'eau douce par la construction d'un barrage de retenue en amont de Port Mélin[2].

Outre le bourg, en position relativement centrale (au centre-est) à l'intérieur de l'île, l'habitat est réparti traditionnellement en gros hameaux situés eux aussi pour la plupart à l'intérieur des terres en raison du littoral inhospitalier (Kerhoët, Kersauce, Kerloret, Kerlard, Kervédan, Quelhuit, etc..) à l'exception des ports (Port-Tudy, Locmaria, Port Lay). Par contre un habitat plus récent, recherchant la vue sur mer, et constitué principalement de résidences secondaires, s'est développé, surtout entre Port Tudy et Port Mélite.

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L'île est séparée du continent par un pertuis dénommé "Courreaux de Groix".

L'absence de plate-forme littorale permet à la houle d'atteindre directement les falaises, qui sont souvent spectaculaires, avec de nombreuses grottes et entailles.

Géologie et minéralogie[modifier | modifier le code]

Plage de sable à grenats à Groix.

Groix recèle des particularités géologiques d'un tel intérêt qu'une réserve naturelle géologique baptisée « François Le Bail » a été créée, en 1982, sur ses côtes est et sud : Groix possède plus de 60 espèces minérales, dont le très rare glaucophane bleu, qui affleure ici à l'air libre, l'épidote et le grenat. Le glaucophane et l'épidote sont des minéraux nés il y a plusieurs centaines de millions d'années sous l'action du chevauchement de deux plaques terrestres primitives la Laurentia et le Gondwana ayant abouti à l'élévation de la chaîne hercynienne. Groix est principalement constitué de micaschistes (à grenat et glaucophane) teintés de rouge et de bleu par ses composants. L'île de Groix est surnommée "l'île aux grenats" en raison de leur abondance dans des dépôts sableux au pied des falaises constituées de roches métamorphiques du secteur oriental de l'île, dans le secteur de la Pointe de la Croix (Plage du Trech, Plage des Sables Rouges, etc.)[3].

Plusieurs théories s'affrontent quant à la formation géologique de l'île. Les recherches sur la géologie de l'île de Groix sont en effet internationales et concurrentielles. Les résultats publiés sont parfois contradictoires et entretiennent de vigoureuses controverses sur le terrain, dans les laboratoires et lors des congrès à moins qu'ils ne s'ignorent cordialement[4]. Une des théories, la plus admise, est la remontée d'un « bouchon » de croûte océanique allégé par une pollution sédimentaire (prisme d'accrétion) lors le phénomène de subduction/obduction au Devonien[5]. Les basaltes de la croûte océanique sont métamorphisés en schistes verts ou en schistes bleus (composés de glaucophane, grenat, épidote et même ponctuellement d'omphacite), et les matériaux d'origine continentale en micaschistes et gneiss[6]. Cette remontée suffisamment lente a permis au métamorphisme des roches (métamorphisme de haute-pression et basse-température) la formation de phénocristaux de grenats, de glaucophane et de micas blanc (muscovite)[7]. L'étude pétrologique des roches basiques (pauvres en silice) et sédimentaires métamorphisées, dans lesquelles les premières sont emballées, montre des conditions de pression et de température qui correspondent respectivement à 16−18 kbar (environ 50 à 60 km de profondeur) et 450 à 500 °C pour la partie orientale de l'île (Figure 1 : depuis l'ouest de Stanverec sur la côte nord à Locqueltas sur la côte sud), 14−16 kbar (environ 45 à 55 km de profondeur) et 400 à 450 °C pour la partie occidentale de l'île. Lors de l’exhumation, la transformation inverse peut s’effectuer si les bonnes conditions sont réunies[8]. Ainsi, leur retour vers la surface s'est effectué sans augmentation de température (chemin isotherme) surtout dans la zone occidentale de l'île, où on observe une rétromorphose du faciès schiste bleu et amphibolite au faciès schiste vert[9].

L'île en elle-même (plus visible dans la partie sud) est une représentation verticale des matériaux par tranche de densité : léger à l'ouest (métamorphisme très remanié, présence de « boudins ») plus lourd à l'est (phénocristaux de grenats).

Les Grands Sables et les autres plages[modifier | modifier le code]

La plage convexe des Grands Sables.

C'est la plage principale de l'île qui offre plusieurs aspects exceptionnels : elle est convexe (phénomène unique en Europe selon l'historien local Thierry Goyet[10]), elle se déplace très rapidement et elle est constituée de deux sables de couleurs différentes.

Sa forme convexe est due à deux courants marins, l'un venant du nord-ouest, l'autre du sud-ouest, qui longent l'île sur ses deux côtes nord et sud et qui drossent les sables à leur point de rencontre. Celui-ci évoluant selon la puissance relative d'un courant par rapport à l'autre, la plage se déplace. Ses allées et venues anciennes sont documentées. Depuis les tempêtes de 1987 et surtout depuis 1994, les Grands Sables se sont fortement déplacés vers le nord-ouest, passant même au nord de la pointe de la Croix. Son retour en arrière, à moins d'un renforcement du courant de nord-ouest, est improbable désormais[11]. Si elle progressait toujours vers l'ouest elle pourrait éventuellement ensabler Port-Tudy[11].

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Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Groix est un climat tempéré de type océanique (cfb) qui se situe à la frontière du Climat supra-méditerranéen (csb), à l'instar de la plupart des îles du Ponant, et dont les caractéristiques sont : hivers arrosés, un été assez sec et tiède, un écart important entre les précipitations moyennes du mois le plus arrosé et le plus sec (d'un facteur de 2,7). Pour une affaire de 3 mm de précipitations de trop pendant l'été, l'île ne peut pas être classée parmi le climat supraméditerranéen. Malgré tout l'influence méditerranéenne existe et la végétation de l'île est souvent exotique. La température moyenne annuelle est de 12,0 °C, l'ensoleillement assez généreux (autour de 1 800 à 1 900 heures par an). Les mois les plus froids sont janvier et février avec 7 à °C ; les plus chauds étant juillet et août avec 17 à 18 °C (moyenne journalière). L'île de Groix bénéficie de l'effet modérateur de l'océan. Les amplitudes journalières y sont faibles et les gelées y sont rares avec une moyenne de seulement 9,3 jours par an avec gel. Un régime de brise thermique freine la montée des températures maximales en été. La moyenne des précipitations annuelles est de 732 mm. Les mois les plus arrosés sont ceux de décembre et janvier avec un total des précipitations plus de deux fois supérieur au total des précipitations des mois de juillet et août qui sont les moins arrosés. Cependant le climat est loin d'être complètement uniforme sur l'ensemble de l'île. L'extrémité occidentale de l'île est plus exposée aux vents dominants d'ouest si bien que le climat y est plus rude que dans le reste de l'île. La végétation y est rase et les cultures y sont absentes.[réf. nécessaire]

Relevé météorologique de l'Ile de Groix - Beg Melen (56), 42 m, période 1961-1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Température minimale moyenne (°C) 5 4,8 5,9 7,3 10 12,6 14,4 14,7 13,5 11,3 8,1 6,1
Température maximale moyenne (°C) 9 9,1 10,7 12,8 15,5 18,5 20,5 20,6 19,2 16,1 12,2 10
Précipitations (mm) 88,2 72,5 66,4 45,4 58,7 39,1 36,8 33,5 53,5 70,7 77 90,4
Source : Climatologie mensuelle à Groix (1961-1990)[12]
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
9
5
88,2
 
 
 
9,1
4,8
72,5
 
 
 
10,7
5,9
66,4
 
 
 
12,8
7,3
45,4
 
 
 
15,5
10
58,7
 
 
 
18,5
12,6
39,1
 
 
 
20,5
14,4
36,8
 
 
 
20,6
14,7
33,5
 
 
 
19,2
13,5
53,5
 
 
 
16,1
11,3
70,7
 
 
 
12,2
8,1
77
 
 
 
10
6,1
90,4
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Faune, flore et écologie[modifier | modifier le code]

Il y a sur l'ile de Groix[13] quelques couleuvres à collier, couleuvres vipérines et, fait rarissime, on y a découvert en un renard mort, sans doute domestiqué et échappé de chez un particulier. On observe également la présence de crapauds, ce qui est rare sur les îles. Surnommés « gro » en norrois. Les lapins sont très nombreux, mais toutefois en forte diminution depuis dix ans à cause de l'apparition d'une maladie jusqu'ici inconnue sur l'ile. Il est aussi à remarquer la présence en grand nombre de faisans, facilement observables toute l'année.

Les terrains des batteries du Grognon sont gérés par le Conservatoire du littoral.

Navigation[modifier | modifier le code]

Le Feu de la Croix.

Les parages de Groix sont réputés dangereux comme l'atteste une version de la tétralogie d'Ouessant :

« Qui voit Ouessant voit son sang,
Qui voit Molène, voit sa peine,
Qui voit Sein, voit sa fin,
Qui voit Groix, voit sa croix. »

Pour les navires de guerre qui partent de Brest, le dicton devient plus optimiste :

« Qui voit Ouessant voit son sang.
Qui voit Sein voit sa fin.
Qui voit Groix voit sa joie.
Qui voit Belle-Île, cingle sans péril[14]. »

Port-Tudy et les autres ports de l'île[modifier | modifier le code]

Groix a longtemps été une île sans port. Dubuisson-Aubenay écrit en 1636 : « L'île est partout environnée de rochers, sauf aux abords de Saint-Tudy et de Locmaria, où il y a une ouverture. (...) En ces deux endroits on pourrait aménager deux petits ports ».

Une première jetée est construite en 1792 à Port-Tudy, remplacée à partir de la décennie 1860 par un môle long de 115 mètres, complété par deux jetées, l'une de 155 m, l'autre de 193 m ; malgré ces travaux, le port restait insuffisamment protégé du ressac lors des tempêtes : celles de 1891, 1911 et 1917 provoquèrent plusieurs naufrages dans le port. Ce n'est qu'en 1935, avec le prolongement de la jetée nord-ouest, que le port est enfin totalement protégé[15].

Port-Tudy constitue le plus grand port de pêche et de plaisance de l'île. Il accueille la navette (ferry) qui fait la liaison entre l'île et le continent (Lorient et Port-Louis). Le port n'accueille plus guère de chalutiers, il reçoit en revanche de nombreux bateaux de plaisance, les navettes entre l'île et Lorient ainsi que des bateaux-taxis.

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Port-Lay a été le premier port de Groix : un môle en pierres sèches y est construit en 1832, mais il est détruit à deux reprises en 1836 et 1840 lors de tempêtes. Une cale-débarcadère y est achevée en 1850, mais le port est trop petit. C'est à Port-Lay que la première presse à sardines s'est implantée en 1803, suivie d'une conserverie de sardines et thons en 1863[Note 1]. La première école de pêche de France ouvre en 1895 à Port-Lay ; elle a fermé vers 1960.

Port Melin et Port Saint-Nicolas sont de simples ports d'échouage.

Locmaria est resté jusque vers 1880 le village le plus peuplé de Groix. Niché au fond d'une baie de la côte sud, ce n'est qu'un port d'échouage, fréquentable uniquement par beau temps à ma belle saison. Ce port était quand même fréquenté par 65 bateaux de pêche à la fin du XIXe siècle ; après le naufrage de 5 chaloupe dans le port lors d'une tempête le , une jetée y fut enfin construite en 1905[15].

Agriculture[modifier | modifier le code]

Dubuisson-Aubenay écrit en 1636 que « la terre est labourable et fertile en blé » . Les "sillons" traditionnels (des bandes de terre de 3 ou 4 mètres de large, limitées par des fossés et parfois protégés par des murets de pierre) ont disparu en raison du remembrement (achevé en 1955) et par la suite de l'abandon de l'agriculture ; la friche sociale et l'essor du tourisme ont transformé le paysage de l'île, les broussailles et les résidences secondaires se sont considérablement développés.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestations anciennes[16].


  • Groe en 1037 ;
  • Groee en 1323 ;
  • Groey en 1327 ;
  • Groye en 1356 ;
  • Groaye en 1357 ;
  • Groys en 1370 ;
  • Grouay en 1380 ;
  • Groye en 1382 ;
  • Groy en 1387 ;
  • Groay en 1448 ;
  • Groya en 1516 ;
  • Groy en 1570 ;
  • Groais, Groay ou Groays en 1636 ;
  • Isle de Grois, Grois ou l'Isle Grois en 1763 ;
  • Grouais en 1779.

En breton le nom de l'ile est Groe (prononcé [gʁwe]).

Il pourrait être issu du breton groa « cordon (de galets) », lui-même formé sur la racine celtique graua, et qui serait l'origine du mot français « gravier »[17].

Les marins bretons, lors des campagnes de pêches à la morue et aux baleines, aux siècles passés, ont baptisé en langue bretonne, île Groais, une petite île située au Nord-Est de Terre-Neuve.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

L'existence de fossés défensifs et de palissades (un éperon barré) à Kervedan (lieu-dit du « Camp des Gaulois ») indique de possibles luttes contre des envahisseurs venus de l'extérieur de l'île dès l'âge du fer.

De nombreux menhirs et dolmens datant du néolithique parsèment l'île, notamment ceux de Clavezic, Mez-Kergathouarn, Quelhuit, Magouer Huen, Men-Hoal, Men-Kam et Men-Yann.

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Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Chapelle Notre-Dame-de-Placemanec : vitrail de saint Gunthiern.

Le Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Saint Gunthiern, venant de Cambrie, aurait débarqué à Groix vers la fin du Ve siècle[15].

À l'époque des incursions des Vikings, les reliques de saint Gunthiern, de saint Guénolé et des saints Paulennan, Symphorien, Trénennan[18], Guédian, Guénael, Isunet [19] autres saints ont été cachées à Groix. Elles furent redécouvertes vers 1069[20]. Les incursions scandinaves laissent à Groix une tombe viking à barque incinérée dont le tumulus (17 mètres de diamètre) a été fouillé et détruit en 1906. Cette barque de 14 mètres de long contenait les ossements d'un chef, d'une personne de son entourage, d'un chien et d'oiseaux. Elle contenait aussi de nombreuses armes de tous types (épées, boucliers-pavois, hache, lance, flèches, couteau) et des jeux de société.

On divisait culturellement Groix en deux : à l'ouest Piwisy (prononcer « puisi »), à l'est Primiture (prononcer « prumtur »). Le parler y était du type bas vannetais "groisillon", avec des nuances sous-dialectales entre l'ouest et l'est (Cf. Grammaire d'Elmar Ternes). Mais l'île n'a jamais été divisée en deux paroisses et ne forme qu'une seule commune. Les services religieux étaient assurés par le clergé insulaire et par les moines bénédictins de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé.

Groix a appartenu au Kemenet-Héboé, machtiernat [21] puis seigneurie centrée à Hennebont, qui passera ensuite à la famille de Rohan, jusqu'à la Révolution.

La tombe viking de Groix[modifier | modifier le code]

La tombe viking de l'île de Groix (reconstitution)

Une fouille entreprise en 1906 par le préhistorien Paul du Châtellier et le commandant Louis le Pontois[22] a permis la découverte d’une aire charbonnée d’une sépulture scandinave par incinération dans et avec une barque. Cette fouille a exigé huit journées de travail. Une partie de l’espace sur lequel avaient été étendus les restes du bûcher a été enlevé par la mer. Ce qui a été recueilli :

  • des ossements humains ainsi que les ossements d’un chien et de quelques oiseaux ;
  • les restes d’une barque caractérisée par des rivets spéciaux ;
  • deux vases en bronze, une marmite en tôle de fer ;
  • vingt et un umbos de boucliers ;
  • deux épées à deux tranchants, une bouterolle de fourreau d’épée, deux haches, trois lances, huit flèches et un couteau ;
  • une pierre à aiguiser, une enclume, un marteau, une tenaille, une mèche à cuiller, deux poinçons, deux outils à usage indéterminé ;
  • une bague en or, des lambeaux du revêtement des fils d’une étoffe tissée d’or, deux agrafes, un bouton, une tresse, des petites perles en argent, un bouton en fer plaqué de bronze ;
  • une têtière en bronze ;
  • la garniture en fer, argent et bronze d’un collier de cheval ou d’une selle - une chaîne en fer - quelques autres objets à usage indéterminé.

Seuls quelques éléments sont visibles aujourd’hui à l’écomusée de Groix, quelques autres sont conservés au musée des antiquités nationales à Saint-Germain-en-Laye.

  • Images de quelques objets dans la Lettre de la Société des Amis du Musée de Groix no 10 consacrée à la tombe viking[23].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Les ouvrages défensifs[modifier | modifier le code]

Le fort Surville
Le fort du Bas-Grognon

Au XVIIe siècle, Groix a fait périodiquement l'objet de pillages et d'attaques de toutes sortes, principalement de la part des marines anglaises et hollandaises. Malgré la création de la ville de Lorient et de la Compagnie des Indes, il faut attendre 1744 pour qu'une première structure défensive soit construite sur l'île. Plusieurs autres suivront, jusqu'à l'occupation allemande au cours de la Seconde Guerre mondiale :

  • Fort Surville (Pointe de la Croix) : construit en 1744, agrandi en 1846 ;
  • Fort du Bas-grognon : construit en 1744, modifié en 1761, 1848 et 1893 ;
  • Fort du Haut-grognon : construit de 1878 à 1881 ;
  • Batterie du Gripp : construite en 1744, modifiée en 1847 ;
  • Batterie de Nosterven : construite en 1744, modifiée en 1846 ;
  • Redoute de la pointe des Chats : construite en 1757, modifiée en 1761 ;
  • Batterie du Méné : construite entre 1901 et 1903 ;

Certaines constructions ont aujourd’hui disparu :

  • Batterie du Spernec : construite au XVIIIe siècle ;
  • Redoute de Porh-Costic : construite en 1761 ;
  • Batterie de Goyave : construite en 1761 ;
  • Redoute de Penennès : construite en 1761 ;
  • Redoute de Porh-Polière : construite en 1761 ;
  • Redoute de la Fontaine des Grands-Sables : construite en 1761.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, la portée des canons ne permet pas d'atteindre les bateaux navigant dans les Coureaux. Tout au plus permettent-ils de défendre les bateaux mouillant à l'abri de l'île.

Groix au début du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

La chapelle Notre-Dame-de-Placemanec, qui datait du XIe siècle, fut incendiée par les Anglo-Hollandais en 1696 et fut reconstruite en 1734.

En 1703, l'amiral anglais Rooke, qui arrive devant Groix avec 7 000 hommes renonce à débarquer en raison de la ruse inventée par l'abbé Uzel, recteur, qui déguisé femmes et animaux pour faire croire à la présence de dragons.

Selon un décret signé du roi Louis XIV le , « il est ordonné aux maîtres de bateaux de l'île de Grouais [Groix] et de la terre ferme voisine, qui passeront en cette île d'autres gens que ceux qui en sont, de les mener, au défaut d'officier commandant ou d'officier de l'amirauté, au sieur Uzel, curé de cette île, pour les examiner et lui rendre compte des affaires qui les font passer en cette île, à peine de désobéissance ». Le curé recevait une pension de 500 livres par an pour cette charge[24].

L'ancienne église paroissiale Saint-Tudy de Groix fut abattue en 1755 mais en raison des difficultés financières la première pierre de la nouvelle église ne fut posée que le  ; mal construite, la nouvelle église menaçait ruine dès 1787, forçant à organiser les services religieux dans la chapelle de la Trinité[25]. Il fallut la reconstruire en grande partie en 1850.

Groix en 1778[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Groix en 1778 :

« Isle-de-Grouais [Groys] ou Saint-Tudy, à 11 lieues à l'ouest de Vannes, son évêché et son ressort ; à 31 lieues de Rennes et à deux lieues deux-tiers de Lorient, sa subdélégation. On y compte 2 000 communiants[26]. Cette île renferme deux paroisses, dont les cures sont à l'ordinaire, un prieuré, plusieurs chapelles, et environ trente villages bien peuplés d'habitants. Elle a une lieue et demie de longueur et une lieue dans sa plus grande largeur ; elle contient environ 7 000 arpents de terrain, et relève de la principauté de Guémené. La pêche du congre se fait dans cette île sur des rochers qui l'environnent. On fait sécher ce poisson comme la morue[27]. »

Révolution française[modifier | modifier le code]

Les ouvrages défensifs ont joué un rôle mineur dans la bataille de Groix qui opposa le les flottes française et britannique.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Les chapelles de Groix[modifier | modifier le code]

Plusieurs chapelles qui existaient sous l'Ancien Régime et pour la plupart encore au XIXe siècle ont disparu depuis : la chapelle Saint-Laurent, la chapelle de la Vraie-Croix (à Kerampoulo), la chapelle Saint-Amand (à Kermouzouet), et au moins huit autres, ce qui illustre la forte influence du clergé par le passé. Quinze pardons existaient en 1819 et 12 encore en 1892, les plus connus étant celui de Notre-Dame-de-Placemanec à Locmaria le 14 août et celui de Saint-Léonard à Quelhuit le premier dimanche de septembre dans des chapelles qui existent encore de nos jours[15].

Groix en 1843[modifier | modifier le code]

Bouses de vaches en train de sécher pour servir de combustible en raison de la rareté du bois (carte postale de 1916).

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Groix en 1843 :

« Île-de-Groys ou Groix (sous l'invocation de saint Tudy, premier abbé de Loctudy) : commune formée par l'ancienne paroisse de ce nom, aujourd'hui succursale. Principaux villages : Moustéro, Kervédan, Quelhuit, Kerlar, Kerlobras, Kerloret, Kerdurand, Kerlobihan, Quéhello, Kermario, Kerport-Lay, Créhal, Lomener, Locqueltas, Kermarec, Kerliet, Kerampoulo, Lemené, Kerrohet, Kervaillet. Superficie totale : 1 476 ha, dont (...) terres labourables 802 ha, prés et pâtures 7 ha, vergers et jardins 14 ha, landes et incultes 577 ha (...). Moulins : 7 (Pivisy, Clavesic, Michel, du Prince[Note 2], du Stang, de Kergalouarn, de Kerrochet, à vent). 6 presses à sardines[Note 3]. (...) L'île de Groix est séparée de la terre ferme par un bras de mer large de 10 à 13 000 mètres, et que l'on nomme le coureau de Groix. C'est là que l'on fait la pêche de sardine la plus abondante de toutes nos côtes. C'est là aussi que se fait solennellement chaque année, le jour de la Saint-Jean, la bénédiction de la pêche. Ce jour-là la population de Groix, clergé et bannière en tête, monte dans ses bateaux et gagne le milieu du coureau. De son côté, la population de terre ferme, partie du village de l'Armor avec le clergé de Ploemeur, arrive à force de rames. Les clergés se réunissent sur une seule barque ; les deux croix paroissiales s'inclinent alors l'une vers l'autre et s'embrassent. À ce signal les chants de marins éclatent à l'unisson et ne cessent que lorsque le recteur de Ploemeur se lève sur un des bancs de rameurs, et d'un geste paternel impose le silence à cette foule bruyante. Les prières remplacent les chants (...). Les barques retournent au port où de nombreuses libations viennent terminer cette journée et lui enlever son splendide et sublime caractère. Groix fait beaucoup de froment et en exporte sur la terre ferme [continent] ; en retour ses barques rapportent les bois dont l'île manque (...). On parle le breton[28]. »

Les phares de Groix[modifier | modifier le code]

Le phare de Pen Men, construit une première fois en 1791, est reconstruit entre 1835 et 1839 à la pointe ouest de Groix. Le phare des Chats, à la pointe est, est mis en service en 1897, le feu de la Croix en 1898, la tour-balise des Birvideaux en 1934. Les sémaphores du Grognon et de Nosterven entrèrent en service en 1806, celui de Beg Melen en 1881, un autre existant à la Croix[15].

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Les écoles de Groix[modifier | modifier le code]

La première école ouvre en 1827 dans la chapelle de la Trinité. Vers 1900, des écoles existaient au bourg, à Kerlo et deux à Locmaria (une école confessionnelle, tenue par des Sœurs, et une école communale).

L'essor de la pêche et les principaux naufrages[modifier | modifier le code]

Le monument aux marins disparus (cimetière de Groix).

L'invention des conserves de sardines à l'huile, au début du XIXe siècle, favorise à Groix le développement de cette pêche saisonnière qui reste cependant aléatoire face à l'irrégularité des bancs. L'île bénéficiant d'une situation centrale par rapport à l'aire de dispersion des migrations du thon germon (thon blanc) dans le golfe de Gascogne, elle devient le premier port français d'armement au germon pendant 70 ans, entre 1870 et 1940 (131 chaloupe pointées et 120 non pointées en 1878 ; 160 dundees en 1900, 277 en 1914). Les matelots groisillons augmentent progressivement le tonnage moyen de leurs chaloupes à voile pontées, appelées les « grésillonnes », afin de pratiquer cette pêche. Ces barques sont détrônées par le dundee thonier pratiquant la pêche à la traîne à l'aide de tangons, grandes perches de châtaignier qui supportent les lignes de pêche[29].

« Avant eux y régnait la chaloupe, une chaloupe plus grande que celle des sardiniers, plus voilée aussi, puisqu'elle portait, entre le taille-vent et la misaine, foc, flèche et tapecul. Leur grand mât exagérément penché sur l'arrière, leurs voiles carrées et leur galerie de bois à balustres, donnaient à ces chaloupes un air gauche et suranné. On les appelait, du nom de leur principal port d'attache, des grésillons (ou groizillons)[30], et l'on prononçait, on prononce encore, grai, à la mode ancienne. En 1913, il en restait un à Groix[31] »

Auguste Nayel : Sardiniers grésillons sur le port de Lomener.

En raison de l'absence des hommes partis pêcher, l'été, l'île n'était guère habitée que par des femmes et des enfants : « Ce sont elles qui font la moisson, qui tirent les pommes de terre, qui vont au moulin, qui soignent les chevaux et les vaches ; elles que vous croiserez, assises sur leurs petites charrettes, le long des sentiers qui vont d'un village à l'autre »[31].

Groix ne construisait pas de thoniers, ceux-ci l'étant à Belle-Île, aux Sables d'Olonne, à Concarneau, à Douarnenez ou à Camaret, parfois même à Binic ou Paimpol[31].

La première usine de sardines de Groix ouvrit en 1864 à Port-Lay[32].

Sept chaloupes de Groix, montées en tout par 63 hommes, partis pêcher le thon, disparurent lors d'une tempête dans la nuit du 1er au .

Le le trois-mâts danois Coranna, venant de Bordeaux où il a chargé des poteaux de mine à destination de Cardiff, est drossé à la côte de Groix sur le rocher En Terrib, victime de la tempête ; les 15 hommes d'équipage furent sauvés par les Groisillons qui parvinrent à relier le navire à la côte par un filin et à établir un système de va-et-vient grâce à un gros câble ; peu après la fin du sauvetage le navire se brisa.

La tempête de provoqua la perte de 7 dundees et de 64 pêcheurs et celle du fit 21 victimes[31].

À la fin du XIXe siècle l'île de Groix, qui a alors 5 000 habitants, compte 150 patrons pêcheurs et 1 500 matelots. Les trois cents dundees de l'île prennent alors à eux seuls plus de 80 % des thons pêchés le long du littoral Atlantique français.

La persistance des croyances traditionnelles[modifier | modifier le code]

Selon le docteur Caradec la croyance à la présence de sorcières était générale à Groix vers 1900. On les appelait "Ré ar Sabat" et on disait qu'elles enlevaient parfois des pêcheurs. Elles allaient aussi raconter la nuit des choses épouvantables aux femmes des maris absents et faire un sabbat dans la maison. Elles étaient aussi accusées de prendre les chevaux et de leur faire faire de grandes galopades nocturnes dans les landes, et le matin on trouvait dans l'écurie des bêtes fourbues (il s'agit probablement d'une confusion avec les korrigans dont l'équitation nocturne était réputée être un de leurs sports favoris)[33].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Un lieu stratégique[modifier | modifier le code]

Étant un lieu stratégique, Groix a depuis longtemps abrité un stock important de munitions notamment au lieu qui porte encore le nom de « Kermunition », lequel abritait en 1906 16 maisons où logeaient 21 ménages (89 personnes au total), et qui dans les années 2000 fait l'objet d'un nouveau projet de lotissement et de route.

À proximité de l'île de nombreux stocks de munitions ont été jetées en mer entre 1914 et les années 1970, dont on peut craindre qu'elles libèrent peu à peu leur contenu toxique (dont le mercure du fulminate de mercure des amorces).

Les fêtes maritimes de Groix[modifier | modifier le code]

Le dimanche , Groix organisa sa première fête maritime, remplaçant le traditionnel pardon des Coureaux. « La procession fut imposante. Elle comprenait quatre groupes, autant qu'il y a d'églises dans l'île : celui du bourg, du Méné, de Locmaria et de Kelhuit ; plus de 1 200 pêcheurs ainsi répartis, sans parler des femmes, défilèrent en bel ordre, derrière leurs bannières vénérées, au bruit des cantiques locaux. Dans les bassins, tous les dundees, à l'exception de cinq réfractaires, avaient arboré le pavillon et la flamme »[31].

Les bateaux desservant Groix[modifier | modifier le code]

Le l' Île-de-Groix, bateau appartenant à l' "Union groisillonne", première compagnie de navigation insulaire, est baptisé par le recteur de l'île ; il peut transporter 125 passagers et reste en service jusqu'en 1959. Il était en concurrence avec le Port-Tudy, de la "Compagnie des vapeurs port-louisiens" jusqu'à la fusion des deux compagnies en 1905. Le Port-Tudy est remplacé en 1931 par le Pen-Men (lequel est victime d'un bombardement en 1943) et par le Pen er Vro en 1934.

Après la Seconde Guerre mondiale, la relève est assurée par le Pen-Men II en 1949 et par l' Île-de-Groix III en 1960, puis par le J-P-Calloch à partir de 1985 et l' Île-de-Groix IV à partir de 2008[15].

Le déclin de la pêche[modifier | modifier le code]

Vers 1900, Groix comptait près de 300 dundees, armés par des équipages de six hommes ; en 1936, on comptait encore environ 200 dundees, qui disparurent progressivement, cédant la place aux gros chalutiers congélateurs[32].

En raison de la crise sardinière, les années allant de 1907 à 1913 furent très profitables par les thoniers de Groix : « on y surprend d'ailleurs les signes d'une aisance générale, soit dans les petits ports tapis au pied des falaises : Locmaria, Locqueltas, Krehal [Kerlar], Kermaria, Kerhello [Quéhello], Kerlo [Kerloret] et autres hameaux de marins (...). Sans doute y a-t-il là plus d'une masure sentant le moisi et la bouse de vache ( c'est le principal combustible de Groix) ; mais on y remarque aussi quantité de maisons confortables et avenantes »[31].

En , Groix armait 277 thoniers[34], ce qui représentait environ les trois-quarts de la flotte thonière française. Cette pêche y était pratiquée alors depuis environ 70 ans. Les dundees allaient chercher le thon à plus de 300 milles au large, dans le Golfe de Gascogne, ralliant les ports de la côte atlantique après 15 ou 20 jours en mer[31].

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Les bateaux de sauvetage[modifier | modifier le code]

En 1840 Laurent Baron commande le premier bateau-sauveteur de Groix (le premier sauvetage connu est celui du brick Alcibiade en juillet 1839). La première station de sauvetage date de 1866 et abrite un nouveau canot, l' Amiral-Mecquet ; un nouvel abri lui est construit en 1891 ; jusqu'à sa mise hors-service en 1901, ce bateau à secouru plus de 100 bateaux et sauvé 320 vies (parmi les sauvetages connus, ceux du vapeur anglais Uranus le et du trois-mâts danois Coranna le .

Le Rosalie Marchais, canot à voiles et avirons, lui succède entre 1901 et 1933, réalisant lui aussi de nombreux sauvetages, dont ceux du Port-Tudy', de Groix, le et du trois-mâts Duguay-Trouin, de Fécamp, en 1905.

Le Commandant Gentil lui succède entre 1933 et 1935 ;ce fut le premier canot de sauvetage motorisé de l'île ; le Grussenheim-Alsace lui succède entre 1974 et 1980, puis le Jean-Marie Camenen entre 1980 et 2004 et, depuis, le Notre-Dame-du-Calme[15].

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Groix

Le monument aux morts de Groix porte les noms de 173 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale[35].

Le dundee Gloire, construit en 1910, fut coulé par un sous-marin allemand en 1917.

Des citoyens étrangers, y compris des Alsaciens-Lorrains, furent internés dans les forts Surville et du Haut-Grognon pendant la Première Guerre mondiale[36].

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Dans la décennie 1920, des Russes partisans de la Révolution bolchevique furent détenus à Fort Surville.

Le choix des élus municipaux se déroulait ainsi : « Ici, pas de candidats, pas de bataille électorale. On nomme automatiquement maire l'Îlien qui a accompli le plus grand nombre de sauvetages, celui qui a sauvé le plus grand nombre de vies humaines. Les conseillers sont ceux qui viennent tout de suite après. Parce que, quand un homme n'est pas capable de risquer sa peau pour sauver son voisin, il n'a pas le droit de commander. Quant au curé, il faut qu'il sache nager et sauver lui aussi les hommes au besoin. La paroisse est au péril de la mer »[37].

Le dundee Suzanne-Henriette, construit en 1898 à Belle-Île, fut perdu corps et biens lors d'une tempête en septembre 1922, ainsi que le Turenne et l' Isly. La tempête des 19 et provoqua la perte de 6 voiliers de pêche, faisant 34 disparus.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le , le chalutier patrouilleur La Tanche , avec à son bord plus de 200 personnes fuyant l'avance allemande, sauta sur une mine dans les Courreaux de Groix ; seules une douzaine de personnes furent sauvées.

Les Allemands (Organisation Todt) construisirent sur l'île de nombreux ouvrages défensifs :

  • Batterie Seydlitz : construite par l'armée allemande en 1944, constituée de deux canons d'une portée de 37 kilomètres ;
  • Mur de l'Atlantique : au total 28 ouvrages bétonnés répartis sur 25 sites, construits par l'armée allemande. Un camp de détention de prisonniers (la plupart étaient des "droits communs"), situé au lieu-dit "Parc de Loëgue", leur fournit la main-d'œuvre nécessaire. Huit Groisillons[Note 4] fuirent en Angleterre en 1943 pour échapper au travail forcé de l'organisation Todt.

Les troupes d'occupation allemandes comprenaient 1 500 hommes, et encore plus de 1 000 hommes en mai 1945 lors de la reddition de la poche de Lorient.

Gildas Bihan, Gaston Guillaume et Paul Bihan, membres de la Confrérie Notre-Dame, participèrent à l'évacuation du colonel Rémy vers l'Angleterre à bord du chalutier Les Deux Anges depuis Pont-Aven le [38]. Une filière d'évasion de patriotes de la poche de Lorient fut organisée avec la participation de Groisillons à partir de septembre 1944.

61 soldats américains, principalement des aviateurs prisonniers, furent détenus au Fort Surville.

Le monument aux morts de Groix porte les noms de 52 personnes mortes pour la France pendant la Deuxième Guerre mondiale ; parmi elles de nombreux marins disparus en mer, par exemple Joseph Calloch, marin à bord du cargo PLM 22, coulé après avoir été torpillé par un sous-marin allemand le au large des Canaries, Maurice Salaun, marin à bord du contre-torpilleur Bison, coulé en Mer de Norvège, décédé des suites de ses blessures le à bord du Sphinx, ou encore Joseph Le Borgne, quartier-maître canonnier et Augustin Le Bras, quartier-maître mécanicien, tous deux morts le lors du naufrage du torpilleur Siroco, torpillé par un sous-marin allemand au large de Dunkerque ; Joseph Gouroung, parti en Angleterre depuis Quiberon fin sur le voilier Joie des Anges en compagnie de 7 autres camarades, matelot fusilier au 1er Bataillon de Fusiliers Marins Commandos, tué à l'ennemi le à Flessingue (Pays-Bas), décoré de la Croix de guerre ; Émile Le Dref est mort en déportation au camp de concentration de Mauthausen (Autriche) le [35].

Cinq aviateurs britanniques ou australiens morts des suites d'un combat aérien le (leur avion s'écrasa au lieu-dit Quéhello à Groix) sont inhumés dans le carré militaire du cimetière de Guidel[39].

Les guerres d'Indochine et d'Algérie[modifier | modifier le code]

Cinq soldats (Charles Jegouzo, Pierre Ledren, Adolphe Raude, Charles Stéphant, Joseph Tromeleue) originaires de Groix sont morts pour la France pendant la Guerre d'Indochine et quatre (B. Bevilacqua, M. Le Dref, G. Tonnerre, E. Yvon) pendant la Guerre d'Algérie[35].

En 1954 Habib Bourguiba fut un temps assigné à résidence à Groix[40].

Les autres événements de l'après Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La retenue d'eau de Port Melin.

En 1965, des Portugais fuyant le régime de Salazar furent embauchés pour construire un barrage à Groix. Leurs conditions de vie furent difficiles, mais certains d'entre eux, avec leurs familles, sont restés dans l'île après la fin du chantier, s'y installant comme artisans du bâtiment[41].

Ce barrage, situé à Port Melin, a permis la mise en place d'un réseau d'adduction d'eau potable dans l'île. Auparavant, de nombreuses fontaines et une trentaine de lavoirs étaient utilisés.

Le le cargo grec Sanaga s'échoua sur la côte à Port-Morvil[42].

Le XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En 2014, il ne restait à Groix que 5 marins-pêcheurs en activité.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie de Groix.

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1791 Joseph Davigo[Note 5]   Marin, Maître de Chaloupe, syndic des Gens de mer.
1791 1792 Jean-Jacques Georget    
1792 1793 Jean-Louis Simon    
1793 1797 Joseph Maurice Milloch[Note 6]   Marin. Syndic des Gens de mer.
1797 1800 Jean Rio   Abbé
1800 1803 Pierre Proteau[Note 7]    
1803 1806 Jean Rio et Gwénolé Stéphan   Abbé
1806 1810 Mathurin Tromeleu[Note 8]   Caporal. Canonnier à la Compagnie Isle de Groix, puis maçon et cabaretier. Suspendu de ses fonctions de maire le 19/01/1810.
1810 1810 Louis-Henri Thépault[Note 9]   Receveur "Enregistrement et domaines" à Port Liberté (Port-Louis) en 1807.
1810 1816 Jacob Davigo[Note 10]   Commis de presse à poissons, puis tonnelier.
1816 1823 Julien Kersaho[Note 11]   Menuisier.
1823 1826 Joseph Kersaho    
1826 1828 Laurent Baron   Maire
1828 1833 Barnabé Noël    
1833 1835 François Charles Miller[Note 12]   Capitaine au 47e régiment de ligne. Chevalier de la Légion d'honneur.
1835 1849 Laurent Jégo[Note 13]   Marin, meunier, tonnelier.
1849 1858 Julien Genevisse[Note 14]   Marin, lamaneur.
1858 1871 Jean-Pierre Romieux[Note 15]   Fabricant de sardines, commerçant, négociant.
1871 1873 Laurent-Marie Jégo[Note 16]   Fils de Laurent Jego, maire entre 1835 et 1849. Boulanger, industriel négociant (usine JEGO de Port Lay).
1873 1891 Laurent-Victor Noël[Note 17]   Tonnelier, commis de presse à poissons, puis propriétaire d'une usine de traitement du poisson.
1891 1899 Charles Romieux[Note 18]   Négociant. Domicilié à Port-Tudy. Démissionne à la suite de sa suspension en juillet 1899, pour avoir refusé d'afficher le jugement concernant l'acquittement du capitaine Dreyfus.
1899 1903 Adolphe Stéphan    
1903 1908 Jean Davigo[Note 19]   Marin, second maître fourrier, puis négociant.
1908 1925 Émile Bihan RG Maître de port
Conseiller général (1923-1928)
1925 1945 Firmin Tristan Rad.ind.-RG Capitaine au long cours puis armateur. Député du Morbihan (1934-1940). Conseiller général (1928-1940)
1945 1959 Francis Stéphan[Note 20]   Marin, puis forgeron.
1959 1971 Joseph Puillon   Capitaine de la marine marchande.
mars 1971 mars 1989 Joseph Yvon UDF-CDS Avocat. Sénateur (1959-1983). Conseiller général (1945-1982)
mars 1989 mars 2001 Dominique Yvon RPR Attaché territorial. Conseiller général (1982-2001). Conseiller régional (1989-2001)
mars 2001 mars 2014 Éric Régénermel DVG Docteur en médecine
mars 2014
Réélu en 2020[43]
En cours Dominique Yvon DVD Attaché territorial
Les données manquantes sont à compléter.

Politique de développement durable[modifier | modifier le code]

La commune a engagé une politique de développement durable en lançant une démarche d'Agenda 21 en 2007[44].

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune fait partie de la communauté d'agglomération « Lorient Agglomération ».

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[45]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[46].

En 2017, la commune comptait 2 263 habitants[Note 21], en augmentation de 1,8 % par rapport à 2012 (Morbihan : +2,52 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 2902 2312 3472 5422 9313 0343 1533 1453 354
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 3903 7954 0434 3844 4624 6604 8924 9355 222
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
5 3415 5095 8255 3345 1174 7164 5064 3444 051
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
3 5253 1612 7272 6052 4722 2752 2662 2202 276
2017 - - - - - - - -
2 263--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[47] puis Insee à partir de 2006[48].)
Histogramme de l'évolution démographique

Groix a connu son maximum démographique à la veille de la Première Guerre mondiale. La densité de la population sur l'île atteignait alors 393 hab./km2, densité très supérieure à celle du continent à la même époque (densité du Morbihan : 84 hab./km2).

Grâce au tourisme, la population atteint 22 000 habitants en été[49].

Blasonnement[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Groix (Morbihan).svg

Les armoiries de Groix se blasonnent ainsi :

Parti : au un d’argent à cinq mouchetures d’hermine de sable posées en sautoir ; au deux d’azur à un bateau de pêche aussi d’argent équipé de gueules, accompagné à senestre d’une falaise de sinople issante du flanc et surmontée d’un phare d’argent allumé de gueules ; à la bordure aussi d’argent. Une ancre de sable brochante sur la partition et la bordure, l’organeau soutenu à dextre par un lion de mer et à senestre par un requin, les deux aussi d’argent.
Conc. M. Stephan.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La côte nord de la pointe de Pen-Men au sémaphore de Beg Melen.
  • Église Saint-Tudy (XVIIe et XIXe siècles) (en bonne partie reconstruite en 1850) au bourg, dont le patron est saint Tudy. Cette église a la particularité, comme sur l'île d'Hœdic, d'avoir un thon comme girouette installé en 1952 par le maire Francis Stephan sur le clocher en place du coq ou de la flèche[50].

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  • Quatre chapelles :
    • la Trinité (XIXe siècle) au Bourg ;
    • Saint-Léonard (XVIIIe siècle) à Quelhuit ;
    • Notre-Dame-du-Calme (XVIIIe siècle) au Méné ;
    • Notre-Dame-de-Placemanec (XVIIe siècle) à Locmaria. Cette chapelle, incendiée en 1696, fut reconstruite en 1734. Elle possède une statue de la Vierge cachée en 1696 et à nouveau en 1793 pour la sauver du pillage.

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Le "Biche", reconstitution d'un thonier-dundee traditionnel de l'île de Groix

Culture[modifier | modifier le code]

La langue bretonne, sous la forme de son dialecte vernaculaire groisillon, a disparu au cours du XXe siècle, en moins d'un siècle. Avant 1914, la quasi-totalité des quelque 5 500 habitants de l'île parlait ce dialecte. Dans les années 1980, les derniers locuteurs disparaissaient. Le linguiste allemand Elmar Ternes a étudié le groisillon dans un livre d'une très bonne tenue scientifique : Grammaire structurale du breton de l'île de Groix, publié en 1970 à Heidelberg.

Enseignement[modifier | modifier le code]

  • École Saint-Tudy
  • Collège Saint-Tudy[57]
  • École de la Trinité
  • Collège des îles du Ponant.

Transports[modifier | modifier le code]

Groix n'est accessible que par bateau.

Sur l'île :

  • Desserte du lundi au samedi (toute l'année) et du lundi au dimanche (avril à septembre) hors jours fériés par le nouveau réseau CTRL, avec une ligne au départ du Port-Tudy :
    • La ligne 35 T.A.D. (Transport à la demande) desservant toute l'Île ; certains départs sont à la demande
  • Location de vélos et de buggys.

Chansons[modifier | modifier le code]

Gilles Servat a écrit et interprété 3 chansons sur l'île de Groix : L'île de Groix (paroles Michelle Le Poder), C'est elle mon île et Retrouver Groix.

Manu Lann Huel interprète une chanson sur l'île, intitulée Groix de bois ! Groix de fer ![61].

Tableaux[modifier | modifier le code]

De nombreux peintres ont représenté Groix. Parmi eux : Étienne Buffet, Henry Moret, Paul Signac, Paul-Émile Pajot, Jean Frelaut, André Jolly, Robert Yan, Jean Tonnerre (1868-1946), Adolphe Beaufrère, Roger Chapelet, Pierre Bertrand, etc..

Jean Tonnerre (né en 1936) a filmé des campagnes de pêche de bateaux groisillons[62].

Personnalités liées à l'île de Groix[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'usine Jego, qui employa jusqu'à 150 ouvriers ; elle a fermé en 1963.
  2. Le moulin du Price était ainsi nommé car il appartenait à la famille de Rohan.
  3. Les premières Presses à sardines de Groix semblent dater du XVIIe siècle et auraient appartenu à la famille de Rohan. Au début du XIXe siècle, elles étaient six (deux à Port-Mélite, deux à Port-Tudy, une à Port-Lay et une à Port-Melin.
  4. Paul Puillon, Henri Stéphant, Ange Yvon, Jean Yvon, Hippolyte Mobe, Élie Nicot, Maurice Gourronc et Charles Galliéni.
  5. Joseph Davigo, né le au bourg de Groix, décédé le à Loctudy en Groix.
  6. Joseph Maurice Milloch, né le au bourg de Groix, décédé le à Groix.
  7. Pierre Proteau, né le à Groix, décédé le à Saint-Caradec en Hennebont.
  8. Mathurin Tromeleu, né le à Loyat (Morbihan), décédé le à Groix.
  9. Louis Henri Thépault, né vers 1780 à Pontivy.
  10. Jacob Davigo, né le à Groix, décédé le à Groix.
  11. Julien Kersaho, né le à Locmaria en Groix, décédé le au bourg de Groix.
  12. François Charles Miller, né le à Fribourg (Moravie)
  13. Laurent Jego, né le à Groix, décédé le au bourg de Groix.
  14. Julien Genevisse, né le à Kerlo Bras en Groix, décédé le à Kermario en Groix.
  15. Jean-Pierre Romieux, né le à Larmor, décédé le à Port-Tudy en Groix.
  16. Laurent Marie Jego, né le au bourg de Groix, décédé le à Groix.
  17. Laurent-Victor Noël, né le au bourg de Groix, décédé le au bourg de Groix.
  18. Charles Romieux, né le à Groix, décédé le à Groix.
  19. Jean Davigo, né le à Groix, décédé le à Groix.
  20. Francis Stéphan, né le à La Rochelle, décédé le à Groix.
  21. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. B. Hallégouèt et F. Coraguer, « Géomorphologie de l'île de Groix », Penn-ar-Bed, vol. 16, nos 122-123,‎ , p. 101-109.
  2. Françoise Péron, Des îles et des hommes : l'insularité aujourd'hui, Éditions de la Cité, , p. 195.
  3. Louis Chauris, "Minéraux de Bretagne", Les éditions du Piat, 2014, [ (ISBN 978-2-917198-22-3)].
  4. Claude Audren, Tahar Aifa, Berhard Schulz, Claude Triboulet, « L'île de Groix : Un témoin exceptionnel de l'histoire géologique hercynienne de l'Europe », Bulletin de la Société Géologique et Minéralogique de Bretagne, no 6,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  5. Schéma de la subduction.
  6. Les sédiments argileux ou grauwackeux donnant des micaschistes et des gneiss, les niveaux riches en alumine donnant des micaschistes à chloritoïde et grenat, en carbone (quartzites graphitiques), interstratifiés avec des sédiments résultant de la désagrégation de roches basiques (basaltes) et ultra basiques (péridotites). Ce matériel basique correspond au fragment de l'ancien plancher océanique dont les produits de démantèlement par l'érosion se sont sédimentés en alternance avec des apports continentaux. cf.Claude Audren, Tahar Aifa, Berhard Schulz, Claude Triboulet, « L'île de Groix : Un témoin exceptionnel de l'histoire géologique hercynienne de l'Europe », Bulletin de la Société Géologique et Minéralogique de Bretagne, no 6,‎ , p. 8.
  7. [PDF] Notice explicative de la feuille Île de Groix à 1/25 000 par C. Audren, C. Triboulet, L. Chauris, J.P. Lefort, J.L. Vigneresse, J. Audrain, D. Thiéblemont, J. Goyallon, P. Jégouzo, P. Guennoc, C. Augris, A. Carn, Éditions du Service géologique national, 1993.
  8. Cette rétromorphose nécessite l'introduction d'eau en quantité abondante pendant le chemin rétrograde (système ouvert). Plusieurs origines sont possibles pour ce fluide : fluide métamorphique produit par la déshydratation d'une unité qui n'aurait pas subi la même histoire métamorphique ; fluide qui serait lié à la formation de granites syntectoniques et qui circule le long de grandes zones de cisaillement, comme la zone de cisaillement de Quiberon.
  9. Valérie Bosse, « Les glaucophanites de l'île de Groix », sur [planet-terre.ens-lyon.fr], .
  10. Thierry Goyet, Groix, un écomusée dans l'île, L'Harmattan, , p. 22.
  11. a et b « La plage des Grands Sables à Groix », sur site de la plage des Grands Sables (consulté le 19 novembre 2017).
  12. Infoclimat - Météo en temps réel - observations prévisions climatologie forum.
  13. http://beudjull.e-monsite.com/pages/photos-videos-la-mer/l-ile-de-groix.html.
  14. Amiral Arnaud d'Antin de Vaillac, Sous la flamme de guerre, Paris, Presse de la Cité, 1968, p. 118.
  15. a b c d e f et g Gilbert Duval, Groix, un petit caillou, une grande histoire, Quimper, Alain Bargain, , 221 p. (ISBN 978-2-35550-158-6).
  16. « Résultats concernant « Groix » », sur la base KerOfis, Office public de la langue bretonne (consulté le 10 juillet 2017).
  17. Roger Brunet, Trésor du terroir. Les noms de lieux de la France, CNRS Editions, , p. 127.
  18. Probablement saint Ténénan
  19. Probablement saint Idunet
  20. D'après B.Yeurc'h (Le MENE, 1878)
  21. Un machtiern est un chef de village ou de contrée chez les Bretons récemment immigrés en Armorique
  22. Paul du Chatellier et L. Le Pontois, La sépulture scandinave à barque de l'île de Groix — Bulletin de la Société archéologique du Finistère (Tome XXXV), 1908, disponible sur Gallica.
  23. « Lettre de la Société des Amis du musée de Groix » (consulté le 8 septembre 2010)
  24. Jean-Baptiste Ogée, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, t. 2, (présentation en ligne)
  25. http://www.infobretagne.com/groix-paroisse-recteurs.htm
  26. Personnes en âge de communier
  27. Jean-Baptiste Ogée, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 2, 1778, consultable https://archive.org/stream/dictionnairehist02og#page/252/mode/2up/search/Isle
  28. A. Marteville et P. Varin, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, t. 1, (présentation en ligne)
  29. Nelson Cazeils, La grande histoire de la pêche au thon, Ouest-France, , p. 55.
  30. Les "groizillons" jaugeaient au plus une vingtaine de tonneaux, la plupart des dundees jaugeaient entre 35 et 40 tonneaux, parfois jusqu'à 60 tonneaux
  31. a b c d e f et g Auguste Dupouy, "Pêcheurs bretons", 1919
  32. a et b Marie Le Goaziou, Les Îles de Bretagne, Rennes, Ouest-France, , 126 p. (ISBN 2-7373-2312-6)
  33. Paul-Yves Sébillot, "La Bretagne et ses traditions", éditions Maisonneuve et Larose, 2e édition, 1997, (ISBN 2-908670-46-1)
  34. En 1914, La Rochelle armait 35 thoniers, Les Sables d'Olonne 65, l'Île d'Yeu 41, Concarneau 32 ; il y en avait une soixantaine à Étel, une douzaine dans d'autres petits ports.
  35. a b et c http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?act=view&insee=56069&pays=France&dpt=56&idsource=15901&table=bp&lettre=&fusxx=&debut=0
  36. https://www.letelegramme.fr/morbihan/ile-de-groix/conference-les-oublies-de-la-grande-guerre-21-08-2017-11635764.php
  37. Morvan Lebesque, revue "Voilà", 1939.
  38. https://www.pontaven.fr/Plaque-commemorative-a-la-cale-des
  39. http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=993621
  40. https://www.ouest-france.fr/bretagne/vannes-56000/en-1954-bourguiba-futur-president-tunisien-etait-en-exil-force-groix-629330
  41. Moradores, film documentaire de Jeanne Dressen, 2007, Les films de l'île, Conseil régional de Bretagne
  42. https://www.letelegramme.fr/local/morbihan/lorient/couronne/groix/le-sanaga-des-morceaux-d-epave-temoignent-encore-25-01-2012-1577765.php
  43. « Groix. Conseil. Dominique Yvon entame un 4e mandat de maire », sur Ouest-France, (consulté le 26 mai 2020)
  44. FICHE | Agenda 21 de Territoires - Groix, consultée le 26 octobre 2017
  45. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  46. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  47. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  48. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  49. Émission Thalassa du 15 mai 2015
  50. http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=56069_2
  51. Notice no PA00091225, base Mérimée, ministère français de la Culture
  52. Notice no PA00091224, base Mérimée, ministère français de la Culture
  53. Notice no PA00091223, base Mérimée, ministère français de la Culture
  54. Notice no PA00091222, base Mérimée, ministère français de la Culture
  55. Le site officiel du Festival international du film insulaire
  56. « La Société des Amis du Musée de Groix », (consulté le 8 septembre 2010)
  57. Collège Saint Tudy, « Collège Saint Tudy » (consulté le 8 septembre 2010)
  58. Compagnie Océane.
  59. SMN Navigation.
  60. Compagnie des îles.
  61. Album Ile-Elle, Believe / L'Oz Production, novembre 1998
  62. https://www.ouest-france.fr/bretagne/lorient-56100/jean-tonnerre-filme-ses-campagnes-de-peche-1220823
  63. « Jean-Pierre Calloc'h » (consulté le 8 septembre 2010)
  64. "j’ai déménagé dans l'île de Groix, dans l’océan Atlantique, et là, on me fout la paix." Chat sur Libération.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Elmar Ternes, "Grammaire structurale du breton de l'île de Groix", Heidelberg, 1970.
  • Dominique Duviard, Groix - L'île des thoniers (chronique maritime d'une île bretonne 1840 - 1940), Éditions des 4 Seigneurs, Grenoble, 1978« Dominique Duviard: La grosse tête aux mains blanches », 2003-2004 (consulté le 8 septembre 2010).
  • "Mélanie. Ur vuhe e Groay", Hor Yezh, 1991 (récit de vie en dialecte groisillon par une de ses dernières locutrices).
  • Jean Humeau, « L'Île de Groix » dans Nicolas Faucherre, Philippe Prost et Alain Chazette (dir.) Les fortifications du littoral. La Bretagne sud, Éditions patrimoines & médias, 1998 (ISBN 2-910137-24-4).
  • L'association "La Mouette", Association des amis de l'écomusée, association affiliée à la Fédération Française des Sociétés d'Amis de Musées, édite Les cahiers de l'île de Groix.
  • Henri Queffélec, « Ils étaient six marins de Groix… et la tempête », Presses de la Cité, 1979.
  • Michel Goulletquer, « Groix. Une petite île… une grande histoire », Édition AGC Librairie principale Ile de Groix, 2004.
  • Nelson Cazeils, « Grande histoire de la pêche au thon », Éd. Ouest France, 2004.
  • Lucien Gourong, "Grande et petites histoires de l'île", Ed.Kedvisual
  • Lucien Gourong, "Contes de la rade de Lorient et des Courreaux de Groix", Ed. du Scorff
  • Les élèves du collège St Tudy, Gildas, le mousse de Groix, Ed. La Mouette, 2007
  • Atlas des îles de l'Atlantique (France) ; Collection "Références" du Commissariat général au Développement durable, , 51 pages.
  • Société des Amis du Musée de Groix (SAMG)>: Parutions " HATOUP le cahier de l'île de Groix "
  • « L’île de Groix au temps des thons, à travers les cartes postales, 1900-1935 »; Stefan Moginet & Elizabeth Mahé, Groix Diffusion et Éditions 2015

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]