Phare de Gatteville

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Phare de Gatteville
Lighthouse of Gatteville-7873.jpg
Le phare en 2021.
Localisation
Coordonnées
Adresse
Histoire
Architecte
Construction
Mise en service
Électrification
1893
Automatisation
1984
Patrimonialité
Gardienné
Non (depuis 1990)
Visiteurs
Oui
Architecture
Hauteur
74,75 m
Hauteur focale
72 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Élévation
78,85 m
Marches
365Voir et modifier les données sur Wikidata
Matériau
Tour en graniteVoir et modifier les données sur Wikidata
Couleurs
Unpainted (d), noirVoir et modifier les données sur Wikidata
Équipement
Lanterne
Lampes au xénon 1 600 W
1 par temps clair, 2 si brume
Optique
2 lentilles de Fresnel à 4 panneaux 1/4 jumelés,
focale 0,30 m
Portée
29 milles (54 km)
Feux
2 éclats blancs 10 s
Identifiants
ARLHS
Amirauté
A1454Voir et modifier les données sur Wikidata
List of Lights
MarineTraffic
NGA
Localisation sur la carte de la Manche
voir sur la carte de la Manche
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Localisation sur la carte de France
voir sur la carte de France
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Le phare de Gatteville ou phare de Gatteville-Barfleur[1] est situé à la pointe de Barfleur sur la commune française de Gatteville-le-Phare dans le département de la Manche, en région Normandie. Il signale les forts courants du raz de Barfleur.

Le phare et le sémaphore sont protégés partiellement aux monuments historiques.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le phare est situé à la pointe de Barfleur, sur la commune de Gatteville-le-Phare, dans le département français de la Manche. Il est relié à la terre ferme par une jetée en granit. Les courants forts au large de la pointe, et les nombreux naufrages, dont le plus célèbre est sans doute celui de la Blanche-Nef, ont rendu indispensable l'édification d'un phare.

Historique[modifier | modifier le code]

L'ancien phare devenu sémaphore.

En 1774, sous le règne de Louis XVI[note 1], la Chambre de commerce de Rouen décide de faire construire un phare en granite, de 25 mètres, par l'entrepreneur cherbourgeois Jacques Maurice[2]. Il est allumé pour la première fois le [2].

À son sommet, un feu de bois et de charbon brûlait continuellement[note 2]. Le charbon, issu des houillères de Littry[3], était approvisionné à dos d'homme et laissait peu de repos aux gardiens. En 1775, on érige une lanterne avec des vitres sur le brasero avec l'inconvénient que ces dernières devenaient vite noires réduisant la performance du phare[4].

En 1780 le feu à charbon est remplacé par un système de réverbères constitué de 16 lampes à huile dans une lanterne vitrée. En 1860, on rehausse la tour de deux mètres au moment de sa transformation en sémaphore[note 3].

Ce phare étant trop petit pour recevoir les lentilles modernes, et trop faible pour pouvoir être exhaussé de 32 mètres, on décide en 1825 d'ériger une nouvelle tour. L'architecte et ingénieur des ponts et chaussées Charles-Félix Morice de la Rue, sous le règne de Charles X, qui dessinera ensuite le phare de la Hague, conçoit les plans du plus haut phare de l'époque (dépassé depuis par le phare de l'Île Vierge). La pose de la pierre centrale a lieu le et les travaux s'étalent jusqu'en 1835. C'est en effet le qu'il est mis en service.

Son fonctionnement nécessitait jusqu'à six gardiens qui devaient être mariés, représentant six familles soit 27 personnes auxquelles il faut ajouter les gardiens du sémaphore, c'est une quarantaine de personnes qui vivait sur place[4]. Il sera électrifié en 1893. Son automatisation en 1984, ne nécessite plus qu'une seule personne pour surveiller les appareils électroniques.

Le phare est de nos jours équipé d'une double optique, la seconde étant utilisée par temps de brouillard afin d'en augmenter la puissance. La lentille diffuse quatre faisceaux lumineux portant à 60 kilomètres[4].

Description[modifier | modifier le code]

Le phare de Gatteville, construit par l'architecte Charles-Félix Morice de la Rue, avec 11 000 blocs en granit rose de Fermanville[5], pesant au total 7 400 tonnes, est une haute tour cylindrique de 74,85 mètres, ce qui en fait le second plus haut phare d'Europe[6]. Sa tour, construite au centre d'un soubassement de deux niveaux, a un diamètre à la base de 9,25 mètres et de 6 mètres à la passerelle.

Il est dit que le phare comporte autant de marches que de jours dans l'année[1], alors qu'il n'en compte que 349 marches[7], autant de fenêtres que de semaines et autant de niveaux (représentés par le nombre de fenêtres en façade) que de mois[8],[9].

Protection aux monuments historiques[modifier | modifier le code]

Au titre des monuments historiques :

sont inscrits par arrêté du [10] :

  • les façades et les toitures de l'ancien phare, sémaphore de Barfleur ;
  • l'assiette des parcelles et la voie d'accès.

sont classés par arrêté du [10] :

  • le phare de Gatteville, y compris les bâtiments annexes.

Visites[modifier | modifier le code]

Ouvert en visite libre toute l'année, sauf en janvier, il reçoit entre 35 000 et 39 000 visiteurs par an. Le phare ferme par mesure de sécurité lorsque le vent dépasse force 7 (50 km/h) et par temps orageux.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Le film Diva, de Jean-Jacques Beineix, y a été tourné en partie, en 1980.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Lecœur dit que le « Petit Phare », convertit en sémaphore, aurait été construit sous Louis XV[2].
  2. Chaque nuit, les deux gardiens montaient 600 kilos de charbons.
  3. Le phare originel, haut de 25 mètres s'arrêtait en dessous de la dernière fenêtre.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Phare de Gatteville aussi appelé phare de Gatteville-Barfleur (Etablissement de signalisation maritime n° 467/000) », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. a b et c Maurice Lecœur (photogr. Christine Duteurtre), Val de Saire, Isoète, , 173 p. (ISBN 978-2-9139-2076-7), p. 31
  3. Philippe Bernouis, « La mine de charbon de Littry, hier et aujourd’hui » [archive du ], .
  4. a b et c Georges Bernage, « Gatteville, hameaux et manoirs », Vikland, la revue du Cotentin, no 6,‎ juillet-août-septembre 2013, p. 21 (ISSN 0224-7992).
  5. Jeanine Bavay, « Fermanville », Vikland, la revue du Cotentin, no 5,‎ avril-mai-juin 2013, p. 34 (ISSN 0224-7992).
  6. Site officiel des visites du phare.
  7. Le phare de Gatteville, Direction départementale de l'Équipement de la Manche, 1997.
  8. « Tout sur le phare de Gatteville : histoire, gardiens de phare » (consulté le ).
  9. « La côte Est joue la carte : Entre les tours Vauban, le phare de Gatteville, le village de Barfleur ou encore les plages de Quinéville », Presse de la Manche,‎ (lire en ligne [PDF]).
  10. a et b « Phare de Gatteville et ancien phare, sémaphore de Barfleur », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles-Félix Morice de la Rue, Notice : nouveau phare de Barfleur, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1er semestre 1834, p. 1-16 (lire en ligne) et planches LXXIV à LXXVI (voir).
  • Alain & Véronique Verneau, « Le Phare de Gatteville (Pointe de Barfleur, Manche) », Ornithos, Rochefort, Ligue pour la protection des oiseaux, vol. 15-3,‎ , p. 198-205 (ISSN 1254-2962)
    (cet article détaille l'importance ornithologique du site)
  • Jean-Baptiste Auzel et Jérémie Halais, « Plan et élévation de l'ancien et du nouveau phare de Barfleur », dans 1000 ans de Normandie, Gand, Snoeck, (ISBN 978-94-6161-367-7), p. 206-207.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]