Rhinolophus ferrumequinum

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Rhinolophus ferrumequinum
Description de cette image, également commentée ci-après
Grand rhinolophe
(Rhinolophus ferrumequinum)
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Placentalia
Ordre Chiroptera
Famille Rhinolophidae
Sous-famille Rhinolophinae
Genre Rhinolophus

Nom binominal

Rhinolophus ferrumequinum
(Schreber, 1774)

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
Répartition de rhinolophus ferrumequinum

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Rhinolophus ferrumequinum, nommé Grand rhinolophe[1] ou Grand rhinolophe fer à cheval, Grand fer à cheval ou encore Grand rhinolophe obscur[2], est une espèce de chauve-souris de la famille des Rhinolophidés.

Description[modifier | modifier le code]

Il s'agit du plus grand des rhinolophes européens [3]. C'est une chauve-souris robuste, avec des ailes courtes et larges. Il est reconnaissable par son nez en forme de fer à cheval, composé d'un appendice supérieur court et arrondi et d'un appendice inférieur pointu. Son pelage est de couleur grisâtre avec des nuances rousses sur le dos et plutôt beige sur le ventre. Le Grand rhinolophe ne possède pas de tragus.

  • Taille : corps de 5,7 à 7 cm ; queue de 3,5 à 6,5 cm
  • Envergure : 35 à 40 cm
  • Poids : 17 à 30 g

Répartition, connaissance des populations et habitats[modifier | modifier le code]

  • Aire[3] de Répartition : Le Grand rhinolophe est présent jusqu'à 53°N en Grande-Bretagne, au sud des Pays-Bas et s'étend ensuite jusque dans le bassin méditerranéen et à l'Est en Turquie, Iran et ce jusqu'en Himalaya.
  • Effectifs de populations : Les populations de Grand rhinolophe ont subi un fort déclin au cours du XXe siècle. En Grande-Bretagne, les populations comptabilisent environ 5000 individus, en Belgique les populations sont d'environ 200 individus contre moins de 300 individus au Luxembourg. En France, la population a été estimée à 40 000 individus avec des noyaux en Bretagne, dans la Loire et dans le sud de la France.
  • Habitat hivernal : Le Grand rhinolophe fréquente des grottes, des caves et des mines de toutes dimensions avec 95 % d'hygrométrie, il préfère toutefois les vastes sites où les températures doivent être comprises entre 7 et °C.
  • Habitat estival : Les femelles de Grand rhinolophe qui forment des colonies de mise-bas affectent les milieux bâtis chauds (grenier, comble d'église, château)accessibles en vol et qui constituent un abri contre les précipitations et les températures froides.
  • Gîtes d'étape : Lors des périodes de chasse, le Grand rhinolophe utilise de nombreux gîtes de repos nocturne, ou gîte d'étape, comme les porches, cheminées, viaducs, branches d'arbre, etc
  • Terrains de chasse : Le Grand rhinolophe affecte les milieux bocagers ou les milieux mixtes pour chasser, les haies jouent un rôle important dans ses déplacements et son alimentation car elles recèlent de nombreuses proies et offrent des perchoirs de chasse idéaux. La proximité de zones aquatiques lui est également favorable.

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Le Grand rhinolophe est mature sexuellement entre 2 et 3 ans, il se reproduit principalement en automne mais il peut aussi y avoir des accouplements en hiver et au printemps [4]. Les femelles visitent des sites ou des mâles pour lesquels elles peuvent montrer une certaine fidélité à long terme [5]. La reproduction est essentiellement polygame mais quelques femelles se reproduisent avec le même mâle d’une année sur l’autre et des observations suggèrent que les accouplements seraient davantage polygynes. L’accouplement se fait soit entre mâles et femelles issus du même gîte estival soit entre individus issus de gîtes estivaux distincts. La fécondation est stoppée par la formation d'un bouchon vaginal [6] car les individus rejoignent leurs site d'hivernage afin d'hiberner jusque mi-avril. Lorsque les femelles sortent d'hibernation, la fécondation se déclenche et la gestation dure de 6 à 8 semaines [3]. Les femelles se réunissent en colonie de parturition, ces colonies sont composées d'individus apparentées (grand-mères, mères, filles, cousines...). Les mâles sont quant à eux solitaires et utilisent un panel d'habitats. Les naissances des jeunes ont lieu de la mi-juin à la mi-juillet et dépendent des conditions météorologiques, les mères accordent une forte importance à l'élevage de leur seul et unique petit annuel et peuvent revenir plusieurs fois la nuit entre des périodes de chasse afin d'allaiter leur progéniture. Des associations ont été constatées avec le Murin à oreilles échancrées (''Myotis emarginatus'') où des adultes peuvent se placer au milieu des juvéniles de Grand rhinolophe.

Le Grand rhinolophe chasse en plusieurs phases nocturnes alternées par des phases de repos, souvent à l’affût en se suspendant aux branches basses des arbres. Il repère ses proies en écoutant les bruits, puis les capture en l’air ou au sol. Comme tous les rhinolophes, le grand rhinolophe émet les ultra-sons par le nez et non par la bouche comme les autres microchiroptères. Son émission sonore est de type Fréquence constante avec l'utilisation de l'effet Doppler et des signaux compris entre 81 et 84 kHz, par conséquent sa distance d'émission ultrasonore ne dépasse pas une dizaine de mètres[3] Les proies du Grand rhinolophe sont principalement des hétérocères, coléoptères (hanneton)et orthoptères (sauterelle, criquet).


Statut de protection[modifier | modifier le code]

Espèce protégée, le Grand rhinolophe est considéré comme une espèce vulnérable dans de nombreux pays européens. On constate en effet une diminution des effectifs et une contraction de son aire de répartition. L'espèce est devenue vulnérable, comme les 4 autres espèces de chauve-souris européennes, par la dégradation de ses lieux de reproduction et par une nourriture moins abondante. L'espèce a ainsi disparu des Pays-Bas. Elle est fortement menacée aux marges de son aire de distribution : Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse et Pologne.

Convention de Berne du 19 septembre 1979 :

  • Annexe 2 : Sont notamment interdits : a) toute forme de capture intentionnelle, de détention et de mise à mort intentionnelle; b) la détérioration ou la destruction intentionnelles des sites de reproduction ou des aires de repos; c) la perturbation intentionnelle de la faune sauvage, notamment durant la période de reproduction, de dépendance et d'hibernation, pour autant que la perturbation ait un effet significatif eu égard aux objectifs de la présente Convention; d) la destruction ou le ramassage intentionnels des œufs dans nature ou leur détention, même vides; e) la détention et le commerce interne de ces animaux, vivants ou morts, y compris des animaux naturalisés, et de toute partie ou de tout produit, facilement identifiables, obtenus à partir de l'animal, lorsque cette mesure contribue à l'efficacité des dispositions de cet article.

Directives européennes du 21 mai 1992 et du 27 octobre 1997 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages :

  • CE/92/43 - Annexe 2 : Directive Faune-Flore-Habitat, annexe 2 : espèces animales et végétales d'intérêt communautaire dont la conservation nécessite la désignation de zones spéciales de conservation modifiée par la Directive 97/62/CE (espèce dont l'habitat doit être protégé).
  • CE/92/43 - Annexe 4 : Directive Faune-Flore-Habitat, annexe 4 : espèce strictement protégée, la capture et la mise à mort intentionnelle est interdite tout comme la perturbation des phases critiques du cycle vital et la destruction de leurs aires de repos et de leurs sites de reproduction.

Convention de Bonn du 23 juin 1979 :

  • Accord Chauve-souris : Convention de Bonn sur les espèces migratrices : Accord relatif à la conservation des chauves-souris en Europe : Extraits de l'article 3 sur les obligations fondamentales : 1. Chaque Partie interdit la capture, la détention ou la mise à mort intentionnelle des chauves-souris, sauf lorsqu'il est délivré un permis par son autorité compétente. 2. Chaque Partie identifie, sur le territoire relevant de sa juridiction, les sites qui sont importants pour l'état de la conservation des chauves-souris, notamment pour leur abri et leur protection. En tenant compte au besoin des considérations économiques et sociales, elle protège de tels sites de toute dégradation ou perturbation. Par ailleurs, chaque Partie s'efforce d'identifier et de protéger de toute dégradation ou perturbation les aires d'alimentation importantes pour les chauves-souris.

Menaces[modifier | modifier le code]

Comme toutes les chauves-souris, cette espèce est adaptée à un environnement nocturne. Elle souffre d'une pollution lumineuse croissante, de la fragmentation des habitats, de la diminution de gîtes de mise-bas, du traitement des charpentes et de l'emploi de produits phytosanitaires et vermifuges.

Une étude a montré l'impact de l'éclairage direct des individus de cette espèce[7]. L'étude portait sur des colonies de Rhinolophus ferrumequinum, Myotis emarginatus et Myotis oxygnathus vivant dans des bâtiments plus ou moins illuminés ou non éclairés, mais proches les uns des autres. Les chercheurs ont étudié et comparé les dates des naissances, la masse corporelle et la longueur de l'avant-bras de ces chauves-souris et ont constaté que l'éclairage artificiel retardait le développement des jeunes de ces espèces et qu'il pouvait parfois même anéantir toute une colonie. Les petits étaient significativement plus faibles dans les bâtiments illuminés. Les différences de longueur de l'avant-bras et de masse corporelle suggèrent qu'après l'accouchement, le taux de croissance des jeunes est plus faible pour les chauves-souris vivant dans les bâtiments illuminés.

Recherche[modifier | modifier le code]

Les chiroptérologues continuent à inventorier les habitats propices à cette espèce, dont avec de nouveaux moyens tels que l'imagerie infrarouge[8]

Photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad. consulté en mai 2010.
  2. (en) Derwent, Thesaurus of agricultural organisms: pests, weeds and diseases, Volume 1. Derwent Publications, Ltd. Éditions CRC Press, 1990. 1529 pages. (ISBN 0-412-37290-8), 9780412372902. Rechercher dans le document numérisé. Consulté en mai 2010.
  3. a b c et d Laurent Arthur et Michèle Lemaire, Les Chauves-souris de France Belgique Luxembourg et Suisse, Biotope, coll. « Parthénope », , 576 p. (ISBN 9782366620993, présentation en ligne).
  4. RANSOME RD., (1991) - Greater horseshoe bat. In The handbook of British mammals (ed. G. B. Corbet & S. Harris), p. 88-94. Oxford, UK: Blackwell
  5. ROSSITER SJ., JONES G., RANSOME RD., FAULKES CG., LE COMBER SC., JONES G., (2005) - Mate fidelity and intra-lineage polygny in greater horseshoe bats — Nat 437, 408-411
  6. MATTHEWS LH., (1937) - The female sexual cycle of the British horseshoe bats, Rhinolophus ferrumequinum insulanus Barrett- Hamilton and R. hipposideros minutus Montagu—Trans. Zool. Soc. Lond. 23, 224-267
  7. sources : 1 et 2(consultées le 01 04 2008)
  8. Parc naturel de Camargue (2014) Techniques d'imagerie au service de la conservation, Conservation et gestion intégrée de 2 espèces de chauve-souris : le grand rhinolophe et le Murin à oreilles échancrées en région méditerranéenne française ; Programme Life+ Chiro Med 2010-2014

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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