Thomas Hélye

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Thomas Hélye
Image illustrative de l’article Thomas Hélye
Le bienheureux Thomas Hélye (statue dans l'église Saint-Pierre de Biville).
Prêtre, missionnaire et bienheureux
Naissance entre 1180 et 1187
Biville, Duché de Normandie, Royaume de France
Décès   (entre 70 et 77 ans)
château de Vauville, Normandie, France
Nationalité France Française
Vénéré à église Saint-Pierre de Biville
Béatification  à Rome
par Pie IX
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 19 octobre
Attributs une chasuble portant quatre figures héraldiques : le lys, le château, le lion et l'aigle

Thomas Hélye, né à Biville (France) entre 1180 et 1187 et mort à Vauville le 19 octobre 1257[1], est un prêtre et missionnaire, béatifié par le pape Pie IX le 14 juillet 1859.

Biographie[modifier | modifier le code]

Thomas Hélye serait né entre 1180 et 1187[2] au hameau Gardin en la paroisse de Saint-Pierre de Biville (Manche, canton de Beaumont-Hague). Les parents de Thomas, Hélye et Mathilde, sont de condition modeste[3].

Après avoir étudié chez les moines bénédictins des prieurés de Vauville et d’Héauville et chez les chanoines augustins de l’abbaye Notre-Dame du Vœu, il devint maître des écoles (écolâtre) de Cherbourg vers 1206. Il se fait remarquer par ses talents de pédagogue et il est promu régent des écoles. À la suite d’une forte fièvre qui le conduit aux portes de la mort, il connaît une véritable conversion. Se retirant chez son frère Guillaume, au hameau Gardin en sa paroisse natale de Biville, il y mène une vie de pénitence. Hirsute, le vêtement négligé, il s’y livre au jeûne et à la mortification.

Ayant appris sa conduite, l’évêque de CoutancesHugues de Morville, – le fait appeler vers 1226 et l’incite à soigner sa tenue. Avant qu’il soit appelé au sacerdoce, Thomas Hélye accomplit les pèlerinages de Rome et de Saint-Jacques-de-Compostelle et étudie pendant quatre années la théologie à Paris. Il y fréquente Eudes de Châteauroux, chancelier de l'Université, et le dominicain Hugues de Saint-Cher, son professeur et confesseur, l’un et l’autre futurs cardinaux, qui témoigneront de sa piété. Lorsqu’il est, vers 1235, ordonné prêtre par l'évêque de Morville, ou peut-être plutôt par Jean d’Essey archidiacre, les évêques de Coutances et d’Avranches lui confient un ministère missionnaire de prédicateur itinérant. En vingt-deux années, il parcourt, dit-on, toutes les paroisses de ces deux diocèses. Il y est accueilli avec ferveur par la foule aux cris de «Voici l'homme de bien ! Voici l'homme de Dieu !»

À la fin de sa vie, affaibli par ses privations, Thomas Hélye se retire au manoir de son ami Gauvain, seigneur de Vauville. Il y meurt le 19 octobre 1257. Le lendemain, son corps est porté en sa paroisse natale et voisine de Biville au milieu d'un grand concours de peuple. Son tombeau de marbre, reconstruit en 1910, se trouve dans le chœur de l'église où il est honoré par de nombreux pèlerins, spécialement lors des fêtes annuelles du 19 octobre.

Vénération et souvenir[modifier | modifier le code]

  • Canonisé par la vox populi dès après sa mort, Thomas Hélye, à l'intercession duquel sont attribués de nombreux miracles de guérison, est officiellement béatifié par le pape Pie IX le 14 juillet 1859. Le chartiste Léopold Delisle, originaire de Valognes, prend une part décisive dans l'élaboration du dossier alors soumis au Saint-Siège.
  • À Biville, l'ancienne cure est devenu Centre d'accueil Thomas-Hélye de Biville.
  • À Cherbourg, le lycée catholique est baptisé lycée Thomas Hélye.
  • Dans la Hague, la nouvelle paroisse qui regroupe plusieurs communes dont celles de ses lieux de naissance et décès porte son nom : paroisse Bienheureux Thomas Hélye de la Hague du doyenné de Cherbourg-Hague[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Acta Sanctorum, Octobris, t.8, 1853, p. 592-622.
  • Léopold Delisle, "Vie du bienheureux Thomas Hélie, de Biville, composée au XIIIe siècle par Clément, publiée avec une introduction et des notes", dans Mémoires de la Société impériale académique de Cherbourg, t. 8, 1861, p. 173-242.
  • Mgr Bernard Jacqueline et chanoine Georges Hyernard, Le Bienheureux Thomas Hélye, prêtre de Biville. Vie et miracles, Cherbourg, La Dépêche, 1985, 128 p.
  • Dr Hugues Plaideux, Le Bienheureux Thomas Hélye de Biville. Petit abrégé, Cherbourg, La Dépêche, 1989, 61 p.
  • Abbé Marcel Lelégard, Le calice et la chasuble du bienheureux Thomas Hélye, numéro spécial des Annales de Biville, no 40, octobre 1992, 77 p.
  • Dr Hugues Plaideux, « Biville : 750 ans de pèlerinages au bienheureux Thomas Hélye », dans Pèlerinages et lieux de pèlerinage en Normandie, Actes du 44e Congrès des Sociétés historiques et archéologiques de Normandie (Fécamp, octobre 2009), vol. 15, 2010, p. 97-110.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Thomas Hélye sur le site du diocèse de Coutances et Avranches

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "anno dominicae Incarnationis MCCLVII, sexta feria, in crastino Beati Lucae evangelistae, circa horam nonam" : L. Delisle, Vie du bienheureux Thomas Hélye de Biville, Cherbourg, Impr. Bedelfontaine et Syffert, 1860, p. 45.
  2. Datation proposée à la suite de l'expertise des ossements attribués à Thomas Hélye par R. Hartweg en 1974. Lettre de M. Lelégard à H. Plaideux, 11 mai 1984, archives personnelles de H. Plaideux, citée dans A. Silvera, Le bienheureux Thomas Hélye..., vol. 1, p. 16, n. 69.
  3. "simplicibus ex parentibus" : L. Delisle, Vie du bienheureux..., p. 36.
  4. Site du doyenné