Saint-Germain-le-Gaillard (Manche)

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Saint-Germain-le-Gaillard
Église Saint-Germain.
Église Saint-Germain.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg-Octeville
Canton Les Pieux
Intercommunalité CA du Cotentin
Maire
Mandat
Johan Deniaux
2014-2020
Code postal 50340
Code commune 50480
Démographie
Population
municipale
752 hab. (2014)
Densité 54 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 29′ 13″ nord, 1° 46′ 52″ ouest
Altitude Min. 14 m – Max. 127 m
Superficie 13,83 km2
Localisation

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Saint-Germain-le-Gaillard est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 752 habitants[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Jusqu’au XIIe siècle, la commune de St Germain le Gaillard porta le nom de Olleville (ou Ouslevilla, ou Oullevilla), Sanctus Germanus Le Gaillard.

Le "Gaillard" qualifie le village de « puissant et élevé », ou d'un nom de famille (Gaillard).

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1176,Geoffroy Malvesin et Guillaume d’Ousleville offrirent, avec l’accord de leur suzerain Geffroy Lestablier,le patronage de l’église d’Ousleville à l’abbaye de Blanchelande (fondée en 1154, près de La Haye-du-Puits). En 1292, on cite la paroisse de Saint-Germain d’Ousleville, ou aussi Saint-Germain de Gallard. D’autre part, le livre blanc de l’évêché de Coutances rédigé entre 1325 et 1340 confirme que « l’abbé de Blanchelande est le patron de l’église de Gallart … Le curé de Rozel verse chaque année, au curé de Gallart, dix sols pour les offrandes de ses paroissiens, lors de la fête Saint-Paul … Dans la paroisse de Gallart est une chapelle nouvellement fondée dans le manoir [Bunehou] appartenant à Amaury de Chiffrevast ». Les différents noms (Osleville, Gallart, Saint-Germain) furent utilisés simultanément jusque vers le début du XVIIIe siècle. Peu à peu, le nom de Saint-Germain-de-Gallart se transforma en Saint-Germain-le-Gaillard, qui s’imposa comme nom de la commune.

Dans cette église est célébré saint Germain d’Auxerre. Né vers 380 à Auxerre, Il faisait partie de la haute administration impériale. Il est élu évêque d’Auxerre en 418, et réalise deux missions en Grande-Bretagne à la demande du pape pour favoriser la diffusion de la foi chrétienne sur l’île. Il est décédé à Ravenne en 448. Son corps est rapporté dans l’abbaye qui portera son nom, et son tombeau devient rapidement un lieu de pèlerinage.

On dit également que saint Germain d’Auxerre fut à l’origine de la vocation religieuse de saint Germain le Scot, bien connu dans notre région. Celui-ci, également dénommé saint Germain à la Rouelle ou saint Germain de la Mer, arriva dans notre région à Dielette, au pied du mont Saint-Gilles. Il vaincu le Dragon qui vivait dans les falaises de Flamanville, dans le trou Baligan, et propagea le christianisme dans tout le Cotentin. Il est honoré à Flamanville, à la chapelle de Querqueville et à celle en ruine de Carteret.

Bienheureux Thomas Hélye : miracle au moulin de Bunehou (voir aussi le chapitre Lieux et Monunents ci-dessous). Thomas Hélye, prêtre né à Biville à la fin du XIIe siècle, décédé le 19 octobre 1257 au château de Vauville, il fut béatifié le 14 juillet 1859 par Pie IX, en raison de sa foi et de sa vie pieuse. Il est très vénéré dans le Cotentin. On a accordé au bienheureux Thomas Hélye 66 miracles opérés après sa mort. Le 31e eut pour cadre le moulin de Buhehou à Saint-Germain-le-Gaillard : «  Raoul, fils de Raoul Hébert, à l’age de quatre ans, tomba dans le bief du moulin de Bunehou qui était alors en marche, à Saint-Germain-le-Gaillard. Et il y resta si longtemps qu’il n’y avait aucun doute qu’il ne fût mort. Quand son corps, retiré de là avec bien de la peine, fût déposé, inanimé, près du moulin, beaucoup de gens accoururent du voisinage pour le voir, et, parmi eux sa mère qui, tout en pleurs, s’écria : ‘Mes voisins et amis, priez avec moi, à genoux, le Bienheureux Thomas pour qu’il me rende mon enfant !’ Ce qu’ils firent en larmes, avec piété, et en gens compatissants. Et après un assez long temps, alors qu’ils s’apprêtaient à ensevelir le corps, l’enfant respira, ouvrit les yeux et se remit à vivre ».

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Mairie.
Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1995 2008 René Eustache    
2008 en cours Johan Deniaux[2] Sans étiquette Conducteur de bus
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[4],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 752 habitants, en augmentation de 8,83 % par rapport à 2009 (Manche : 0,44 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 021 820 1 078 1 128 1 103 1 080 1 003 1 002 972
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
904 893 840 758 787 767 752 702 656
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
635 661 668 592 581 611 616 653 627
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
577 523 462 475 611 624 646 714 752
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Germain[modifier | modifier le code]

Statue de sainte Marthe et la tarasque.

L'église Saint-Germain, aujourd'hui rattachée à la nouvelle paroisse Notre-Dame du doyenné de Cherbourg-Hague[7] est classée monument historique en 1966.

Les parties les plus anciennes sont les piliers à chapiteaux de style roman, supportant le clocher (XIIe siècle). Côté nord, les arcades en tiers-point reposant sur de grosses colonnes cylindriques ouvrent sur un bas-côté. Cette partie pourrait être classée dans le style gothique primitif du XIIIe siècle. Côté sud, la nef est éclairée par quatre fenêtres en arc brisé. Le chœur et la chapelle nord pourraient dater du XVe siècle. Les larges fenêtres du bas-côté en anse de panier ont été réalisées vers 1760 lorsqu’on a doublé la largeur du bas-côté.

L’église possède plusieurs inscriptions lapidaires, dont on dit que certaines viendraient de la chapelle du prieuré Sainte-Marguerite. Parmi ces inscriptions :

  • Une au nom de Richard de la Rue, inhumé le 19 septembre, mais sans inscription de l’année.
  • Une au nom d’Anne Le Prévost, datée du 5 décembre 1595, qui présente un intéressant exemple de tracé et d’abréviations.
  • Une en français et écriture gothique du XVIe siècle, qui présente une rose gravée en relief. Ce motif de rose est également répété deux fois dans le texte, ainsi qu’un carré étoilé.
  • Une au nom de Barthole Desplains, prêtre, décédé le 27 juillet 1614.

L’église possède de nombreuses statues remarquables. En particulier dans la chapelle des hommes se trouve une Vierge assise à l’Enfant, entourée à sa droite par une Éducation de la Vierge (sainte Anne avec Marie), et à sa gauche sainte Marthe à la Tarasque.

Marthe, sœur de Marie-Madeleine et de Lazare, apparaît deux fois dans les Évangiles, servant Jésus dans sa maison, et dans la scène de la résurrection de Lazare. La légende provençale dit que Marthe est venue à Marseille, a évangélisé la Provence et débarrassé Tarascon d’un dragon fluvial appelé la Tarasque. Elle le ramena à Arles, en laisse, et il y fut tué. La statue de saint Germain porte la mention « S. Marthre » (pour sainte Marthe), et date de la seconde moitié du XVe siècle. On remarque au bras gauche un seau pentagonal petits pieds dans lequel est un goupillon. La main droite portait peut-être une croix. Le dragon, au nez retroussé, est étranglé par sa laisse, et a les poils de la tête ébouriffés. Il est muni de quatre pattes griffues, d’une paire d’ailes, et d’une queue de poisson. Les deux statues de l’ « Éducation de la Vierge » et de « sainte Marthe à la Tarasque », repose sur deux consoles représentant une tête d’ange aux cheveux frisés, avec des phylactères indiquant « S[an]c[tu]s S[an]c[tu]s S[an]c[tu]s » et « Gloria i[n] excelsis Deo ».

La grange aux dîmes[modifier | modifier le code]

Bâtiment actuellement occupé par l’épicerie, c’était l’endroit où le curé entreposait sa part des récoltes.

Le prieuré Sainte-Marguerite de Monacqueville[modifier | modifier le code]

Ce prieuré est connu depuis l’an 1204 : en effet, Robert Malvesin, après leur avoir donné le patronage de l’église de Saint-Germain, donna aussi la terre qu’il tenait dans cette paroisse, la vavassorie de Monacqueville, aux religieux de Blanchelande, avec obligation pour l’abbaye d’y tenir un prieuré. Il fut donc construit une chapelle, avec un cimetière. La présence des moines sur ce lieu dura jusqu’en 1712. Ce domaine n'eut ensuite qu’une activité agricole. En 1788, il fut loué pour une somme de 2 050 livres par an. L’ensemble se composait de 28 hectares, avec maison d’habitation, bâtiment d’exploitation, une grange, la chapelle alors abandonnée, un jardin d’une demi vergée, un étang de deux vergées, volière, 22 pièces de labour, prairie et landage, ainsi que d’un droit de 8 cordes de bois à prendre dans la forêt de Bricquebec. À la Révolution, il fut inclus dans le patrimoine du Bien national, et fut vendu le 23 novembre 1791 pour la somme de 42 000 livres.

Le manoir du But[modifier | modifier le code]

Manoir du But.

L’existence du manoir du But est attestée depuis le XIVe siècle, mais les bâtiments actuels sont postérieurs au XVIe siècle. Le manoir forme un ¾ de cercle ouvert sur une cour intérieure. Il est situé à flanc de colline, le long de la rivière du But. Le manoir et son moulin à farine sont classés MH depuis octobre 1983. Le classement précise que le moulin seigneurial était considéré en 1837 comme d'existence immémoriale. Il appartient au Dr Lefeuvre.

Le manoir de Bunehou[modifier | modifier le code]

Ce domaine appartenait d’abord à la famille de Lanquettot, puis aux Chiffrevast de Tamerville. Dans ce manoir eut lieu l’un des épisodes de la guerre de Cent Ans, opposant Nicolas de Chiffrevast (capitaine du château de Cherbourg, qui était favorable au roi de France), et son suzerain le baron Geffroy de Harcourt (seigneur de Saint-Sauveur le Vicomte, favorable au roi d’Angleterre). En effet, Geoffroy de Harcourt reprocha à Chiffrevast d’avoir tué une biche apprivoisée lui appartenant. Il réunit donc 500 hommes, dont Jean de La Haye, seigneur du Rozel, et se présenta le 2 mars 1354 devant le manoir de Chiffrevast, à Tamerville, et fit afficher devant la porte un cartel de défi. Le lendemain, il attaqua le manoir, et le saccagea. Puis, il dirigea vers le manoir de Buhenou, autre propriété de Nicolas de Chiffrevast. Il attaqua là aussi le manoir, et l’incendia. La mère de Chiffrevast en mourut de peur. Traduit en justice, Harcourt fût condamné à verser 30 000 livres d’amende, et à renoncer à ses droits seigneuriaux sur Bunehou. Il appartient actuellement à la famille Le Vallois.

Le moulin de Bunehou[modifier | modifier le code]

Ce moulin est situé dans la vallée de la Scye. Situé non lion du manoir de Bunehou, on peut penser que c’était le moulin seigneurial. C’est un moulin à eau. Il figurait déjà sur une carte du diocèse de 1689, et figurait aussi sur la carte de Cassini (1750-1760). Il a été en activité jusqu’en 1963. Il possède un bief, et d’un système peu fréquent de production d’électricité à courant continu, par génératrice et était batteries. Il était aussi équipé d’une batteuse entraînée par la force hydraulique, qui a disparu. Ce moulin fait l’objet aujourd’hui d’une association « Les Amis du moulin de Bunehou ».

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Jumelin : né à Saint-Germain-le-Gaillard en 1745, occupa le poste de Docteur Régent de la Faculté de Paris, après avoir été professeur de physique chimie au lycée Impérial (aujourd’hui lycée Louis-le-Grand). Il fut aussi inventeur (une machine pneumatique, une pompe à feu, un microscope). En 1785, accompagné de M. de Choiseul-Gouffier, ambassadeur à Constantinople, il fut envoyé en Turquie avec d’autres savants qui firent des expériences de physique et découvrirent les ruines de la cité antique de Githium. Il publia en 1806 un Traité élémentaire de physique et de chimie. Il mourut en 1807 à Soissons.

Louise Catherine Jumelin : née à Saint-Germain-le-Gaillard le 27 août 1770. Elle épousa le 13 juillet 1790 Marin Nicolas Millet. Le mariage fut célébré à Saint-Germain-le-Gaillard par Jean Millet, vicaire de cette paroisse, frère aîné de Nicolas. Le couple eut plusieurs enfants, dont Jean-Louis. Puis ce dernier eut comme enfant Jean-François Millet, le célèbre peintre des « Glaneuses », de « L’Angélus », et de « Le Semeur ». Grand-mère et marraine de J.F. Millet, Louise Jumelin se chargea de son éducation, attentive de faire de lui un bon chrétien. D’une piété fervente, d’une austérité quelque peu janséniste, elle l’adjurera encore par lettre, quand il se sera établi à Paris, « de ne jamais faire de mauvais ouvrage ». Jean Millet, qui fut également son parrain, influença aussi l’éducation de son petit-neveu. J.F. Millet réalisera en 1871 un dessin du manoir du But, situé non loin de la maison natale de sa grand-mère. Louise Jumelin était la nièce de Jean-Baptiste Jumelin.

Louis Vrac, né à Saint-Germain-le-Gaillard le 14 octobre 1770, est cité dans le Dictionnaire des officiers du Consulat et de l’Empire. Il fut incorporé au 40e de ligne en l’an XI. Quatre mois plus tard, il était fourrier au camp de Boulogne. Sergent au 17 janvier 1806, il devint sous-lieutenant le 21 décembre de la même année. Mais il fut tué à la bataille de Friedland le 14 juin 1807.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

Altitudes : répertoire géographique des communes[8].
Coordonnées, superficie : IGN[9].
  • Revue Vikland no 1 (automne 1975, Le Cap de Flamanville), et no 28 (automne 1983, Flamanville et le canton des Pieux).
  • « Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche », tome 1, de Jean-François Hamel, éditions Eurocibles.
  • « Le canton des Pieux, 2000 ans de vie », de André Hamel.
  • « Canton des Pieux, 25 années d’histoire 1789-1815 », de André Hamel.
  • « Jean-François Millet chez lui », de Piere Leberruyer, avec notes généalogiques de Remy Villand.
  • « Thomas Hélye, prêtre de Biville, vie et miracles », de Mgr B. Jacqueline et G. Hyernard.
  • «120 châteaux et manoirs en Cotentin », de Jean Barbaroux, éditions Heimdal.
  • « Canton des Pieux, ainsi va la vie », de Michel Giard.
  • « L’art de la fin du Moyen Âge dans les diocèses de Coutances et d’Avranches », ouvrage collectif des éditions Les cahiers culturels de la Manche.
  • Revue Le Viquet, no 139 de Pâques 2003, article sur les moulins du Cotentin.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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