Avranchin

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Carte de l’Avranchin et du Mortainais, 1716.

On appelle Avranchin le pays normand centré autour de sa ville principale qui est Avranches (sud-ouest du département de la Manche). Il est tourné vers la baie du mont Saint-Michel. Le gentilé des habitants de l'Avranchin est Avranchinais.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'Avranchin se situe dans la partie normande du Massif armoricain au sud du Cotentin dans le département de la Manche en Normandie occidentale ou Basse Normandie. Sa côte appartient à la baie du mont Saint-Michel. Le secteur côtier avranchinois était compris entre deux rivières : le Thar (au nord) et le Couesnon (au sud-ouest), cependant le cours du Couesnon ayant été dévié vers l'est à partir du XVIIIe siècle (canalisation), sa limite se trouve à l'heure actuelle à 4 km à l'ouest de ce fleuve. Vers l'est, l'Avranchin se prolonge jusqu'au cours de l'Égrenne, sous-affluent de la Mayenne. La limite sud correspond aujourd'hui, tout comme la limite sud-ouest, à la frontière entre les départements de la Manche (Normandie) et d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). Le Mortainais est une ancienne partie de l'Avranchin, dont le nom n'est pas attesté avant le XIXe siècle. C'est sur son territoire qu'est situé le rocher où s'est érigé le mont Saint-Michel.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abrincates.

L'Avranchin correspond sans doute aux limites territoriales du peuple gaulois armoricain des Abrincates, dont il tire son nom tout comme la ville d'Avranches[1],[2]. Jules César ne le mentionne cependant pas dans sa liste des peuples armoricains, contrairement aux Unelli du Cotentin. Lors de la partition de la Gaule lyonnaise sous Constantin Ier, il est rattaché à la Lyonnaise seconde qui correspond à peu près aux limites de la Normandie actuelle et dont la capitale est Rotomagus (Rouen). C'est sur ce cadre administratif romain que vont s'ériger les diocèses dépendant de la province ecclésiastique de Rouen et dont fait partie l'Avranchin.

Les anciens diocèses de la Neustrie jusqu'en 1802

Le diocèse d'Avranches va perdurer jusqu'à la fin de la révolution française. À cette époque, il est supprimé et l'Avranchin est rattaché au diocèse de Coutances, tandis que le Mortinais, qui en faisait partie, à celui de Sées. La révolution fait en effet correspondre les diocèses aux départements nouvellement créés.

Sur le plan politique, il dépendra, après la chute de l'empire romain, de la Neustrie. Ensuite, lors du traité de Compiègne de 867, l'Avranchin est cédé au roi Salaün de Bretagne, avec le Cotentin et les Îles de la Manche (Îles anglo-normandes), par le roi des Francs Charles le Chauve avant d'être réuni partiellement en 933 par Guillaume Longue-Epée au duché de Normandie, puis en 966 par Richard Ier de Normandie et intégralement en 1009 par Richard II de Normandie.

En 1204, dans le cadre de la conquête des possessions continentales des Plantagenêt, le roi de France Philippe Auguste s'empare définitivement du duché de Normandie, dont l'Avranchin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Daniel Levalet, « De la cité des Abrincates au diocèse d'Avranches. Contribution à l'étude du peuplement de la Normandie. 1) L'environnement archéologique », Annales de Normandie, vol. 29, no 1, 1979 (lire en ligne [archive])
  2. François de Beaurepaire (préf. Yves Nédélec), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, Paris, A. et J. Picard, , 253 p. (ISBN 2-7084-0299-4, OCLC 15314425), p. 22

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Émile Pigeon, Annales civiles, militaires et généalogiques du pays d'Avranches ou de toute la Basse-Normandie, Caen, 1856
  • P. Coulmin, L'Espace vécu des agriculteurs de l'Avranchin et du Mortainais, La Société et la terre, 1976, multigraphié

Articles[modifier | modifier le code]

  • M. le Commandant Pigeon, « Mémoire sur la topographie et la géologie de l'ancien Avranchin », Mémoires de la Société d'archéologie, de littérature, sciences et arts d'Avranches, éd. Tostain, Avranches, 1888, p. 249-262 (lire sur Gallica.bnf.fr)
  • J. Pougheol et Michel Delalonde, « Trésors d'art religieux de l'Avranchin », Art de Basse-Normandie, numéro spécial, 1966
  • Maxime Fauchon, « Les droits de péage, pontage ou pontonnage dans l'Avranchin », Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, n° 250, mars 1967 et n° 252, septembre 1967
  • Michel Delalonde, « Avranches et l'Avranchin », La Manche au passé et au présent, éd. Manche-Tourisme, 1984
  • Romain Provost de la Fardinière, « Mélanges sur le sud de l'Avranchin au XIIe siècle  », Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, recueil d'études offert en hommage à Emmanuel Poulle, tome 87, 2010, fasc. 425, 2010, pages 585 à 615

Liens externes[modifier | modifier le code]