Nicolas Bay

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Nicolas Bay
Nicolas Bay à Valenciennes, le 23 janvier 2015.
Nicolas Bay à Valenciennes, le 23 janvier 2015.
Fonctions
Secrétaire général du Front national
En fonction depuis le
(1 an 7 mois et 15 jours)
Président Marine Le Pen
Prédécesseur Steeve Briois
Député européen
En fonction depuis le
(2 ans et 14 jours)
Élection 25 mai 2014
Législature 8e
Groupe politique NI (2014-2015)
ENL (depuis 2015)
Conseiller régional de Normandie
En fonction depuis le
(6 mois et 27 jours)
Élection
Conseiller municipal d'Elbeuf

(11 mois et 22 jours)
Conseiller régional de Haute-Normandie

(5 ans 8 mois et 22 jours)
Biographie
Date de naissance (38 ans)
Lieu de naissance Saint-Germain-en-Laye (Yvelines)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique FN (1992-1999)
MNR (1999-2008)
FN (depuis 2009)
Diplômé de Université Paris-Ouest-Nanterre-La-Défense[1]

Nicolas Bay, né le à Saint-Germain-en-Laye, est un homme politique français.

Ancien responsable du Front national de la jeunesse (FNJ), il prend ensuite position en faveur de Bruno Mégret et figure parmi les membres fondateurs du Mouvement national républicain (MNR), dont il devient le secrétaire général. Exclu du MNR en 2008, il revient l'année suivante au Front national, son parti d'origine, dont il préside le groupe au conseil régional de Haute-Normandie. Intégré au bureau politique du FN par Marine Le Pen en 2011, il est nommé porte-parole de sa campagne présidentielle l'année suivante, puis secrétaire général adjoint du parti. En , il est élu député européen dans la circonscription Nord-Ouest. À l'issue du congrès de Lyon de , Nicolas Bay devient secrétaire général du FN.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, études et vie professionnelle[modifier | modifier le code]

Nicolas Bay est né à Saint-Germain-en-Laye le . Il indique avoir passé une enfance dans un « environnement privilégié » à Maisons-Laffitte (Yvelines)[2]. Il fréquente le lycée du Vésinet[réf. nécessaire] et les Scouts unitaires de France[2]. Après avoir été giscardiens, ses parents se rapprochent du FN[2].

Il est diplômé en droit en 2000 à l'université Paris-Ouest-Nanterre-La-Défense, marié et père de trois enfants[réf. nécessaire].

Il a dirigé une société informatique[2].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Il indique avoir adhéré au Front national « à 15 ans, en 1992, après un meeting à Paris de Jean-Marie Le Pen »[2]. Il devient par la suite responsable départemental dans les Yvelines et régional en Île-de-France du Front national de la jeunesse. Il a également été responsable de différentes organisations syndicales étudiantes et tête de liste aux élections du CROUS sous l'étiquette UED en 2000 et 2002 dans l'académie de Versailles.

En 1998, il fonde, avec Jean-Baptiste Péron et Guillaume Peltier, l'association Jeunesse action chrétienté, un mouvement qui se mobilise contre le PACS et l'euthanasie. Il aurait compté environ 250 membres et était proche du MNR.

Au Mouvement national républicain[modifier | modifier le code]

Lors de la scission du Front national en 1998-1999, il s'engage aux côtés de Bruno Mégret et devient directeur national adjoint du Mouvement national de la jeunesse, la branche jeune du Mouvement national républicain, puis responsable des élections dans ce parti. Conseiller municipal de la commune de Sartrouville (Yvelines) à partir de mars 2001 où il a obtenu 11,3 % des voix (2 élus), il est également candidat aux élections législatives de 2002 dans la cinquième circonscription des Yvelines, avec comme suppléant René Schleiter, beau-frère de Robert Faurisson[3]. Au printemps 2004, il est tête de liste du MNR en Île-de-France aux élections régionales en mars, puis aux élections européennes en juin. Il est alors membre du bureau exécutif du MNR, délégué à l'action politique et sera le directeur de la campagne du MNR aux élections législatives de 2007.

Lors du conseil national du MNR, réuni à Paris le , Nicolas Bay est nommé secrétaire général du parti, chargé notamment de la communication en direction des autres composantes de l'extrême droite française, afin de permettre des accords électoraux, notamment aux élections municipales et cantonales de 2008. Il multiplie alors les contacts avec les différentes composantes de l'extrême droite dans le but de « désenclaver » le MNR dont les capacités d'agir efficacement de façon autonome après l'accumulation d'échecs électoraux sont amoindries. Aux élections municipales de 2008, Nicolas Bay, qui est à nouveau tête de liste à Sartrouville, est réélu conseiller municipal, ce qui fait de lui, à l'issue de ce scrutin, le seul élu municipal MNR des villes de France de plus de 3 000 habitants (Sartrouville compte un peu plus de 50 000 habitants, il s'agit de la deuxième commune la plus peuplée du département des Yvelines)[4].

En mai 2008, Bruno Mégret « quitte officiellement la vie politique » et confie le MNR a une direction collégiale composée de six personnes, dans laquelle Nicolas Bay et ses soutiens sont majoritaires. Toutefois, Nicolas Bay multipliant trop les contacts avec le Front national en général et avec Marine Le Pen en particulier, lors d'un conseil national du - auquel Bruno Mégret assistait - il est exclu du parti[5] par 15 voix contre 10.

En octobre 2008, Nicolas Bay et une dizaine d'anciens membres du bureau national du MNR (Jacques Gaillard, Jean-Yves Waquet, Véronique Péan, Roger Cuculière, Paul Petitdidier, Philippe Fouché-Saillenfest, Serge Rep, Sylvain Gliozzo, Bruno Paluteau, etc.) relancent Convergences nationales, un club créé quelques mois plus tôt dans le but « d'agir au service du rassemblement et du renouveau de la droite nationale » en coopération avec le Front national, et qui avait pour objectif de créer des listes communes FN-MNR aux élections municipales de 2008. Si Nicolas Bay et Convergences nationales conservent une autonomie réelle à l'égard du Front national en disposant de leurs propres outils de communication (notamment un magazine bimestriel diffusé à 7 500 exemplaires au sein de l'extrême droite française), ils travaillent néanmoins en partenariat étroit avec le FN et principalement avec Marine Le Pen, mais toutefois pas exclusivement puisque Nicolas Bay tient par exemple une conférence de presse commune avec Bruno Gollnisch le à Nancy. Convergences nationales ne se veut pas un parti politique (il ne présente pas de candidats aux élections) mais une association de réflexion. Il sert surtout de « sas de décompression » pour les membres du MNR qui souhaitent revenir au FN.

Retour au Front national[modifier | modifier le code]

Lors des élections européennes de 2009, Nicolas Bay est candidat sur la liste du Front national conduite par Marine Le Pen dans la circonscription Nord-Ouest (Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Basse-Normandie et Haute-Normandie). Le , la commission nationale d'investiture du FN, présidée par Jean-Marie Le Pen, désigne Nicolas Bay comme tête de liste du parti aux élections régionales de 2010 en Haute-Normandie. Marine Le Pen présente alors cette désignation de Nicolas Bay comme une étape dans « l'union des patriotes »[6]. En octobre 2009, quelques membres de la fédération du FN de Seine-Maritime se déclarent à la presse contre le « parachutage » de Nicolas Bay en Haute-Normandie[7]. Le secrétaire départemental de la fédération est suspendu de ses fonctions, et Nicolas Bay est désigné par Jean-Marie Le Pen et le bureau exécutif du Front national comme chargé de mission départemental, poste qui se transformera plus tard en secrétaire départemental. Le , au soir du premier tour des élections régionales 2010 de Haute-Normandie, la liste conduite par Nicolas Bay obtient 11,79 % des suffrages exprimés. L'ancien frontiste Carl Lang du Parti de la France, ne recueille quant à lui que 1,46 %. Le , à l'issue du deuxième tour, la liste FN recueille 14,2 % des voix soit six élus. Depuis le , Nicolas Bay préside le groupe FN au conseil régional de Haute-Normandie. Il est également membre de la commission permanente du conseil régional.

Dans le cadre de la campagne interne du FN pour la succession de Jean-Marie Le Pen à la tête du parti, Nicolas Bay apporte son soutien à la candidature de Marine Le Pen qui l'a désigné comme responsable pour la région Haute-Normandie de son comité de soutien. Lors du congrès de Tours, les 15 et , Nicolas Bay est nommé par Marine Le Pen membre du bureau politique du parti et secrétaire national délégué à la communication électorale. Il ne s'est pas présenté à l'élection du comité central du parti.

Nicolas Bay entouré de militants pendant la campagne des élections municipales de 2014.

Aux élections cantonales des 20 et , Nicolas Bay dirige et anime la campagne des trente-quatre candidats présentés par le FN en Seine-Maritime dont neuf d'entre eux se qualifient pour le second tour. Nicolas Bay est lui-même candidat dans le canton de Grand-Couronne, où il obtient 21,41 % des suffrages, ce qui ne lui permet néanmoins pas de se maintenir au second tour ; en effet, deux candidats, un socialiste et l'autre communiste, le devancent. Finalement, le sortant Dominique Randon est reconduit.

Dans le cadre de la campagne de Marine Le Pen pour l'élection présidentielle de 2012, il est nommé le responsable de la communication électorale, conseiller politique de la candidate chargé de l'immigration (avec l'élu marseillais Stéphane Ravier), et membre du bureau de campagne[8]. Le , il devient également l'un des sept porte-parole de la candidate[9]. Dans le cadre du meeting présidentiel de Marine Le Pen tenu au Grand-Quevilly, le , Nicolas Bay est chargé du discours inaugural, durant lequel il revient longuement sur la crise de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne.

En février 2012, sa candidature aux élections législatives est annoncée dans la quatrième circonscription de la Seine-Maritime. Recueillant 18,36 % des suffrages exprimés, il arrive en deuxième position derrière Laurent Fabius (52,81 %) qui est élu au premier tour[10].

En décembre 2012, Nicolas Bay est nommé secrétaire général adjoint du Front national et directeur de campagne du parti pour les élections municipales de 2014 dans les communes de plus de 1 000 habitants[11]. Près de 600 listes sont déposées dans toute la France, un record historique pour le Front national.

Le , Nicolas Bay annonce sa candidature comme tête de liste en vue des élections municipales de 2014 à Elbeuf[12]. Il y est élu conseiller municipal ainsi que conseiller communautaire à la communauté d'agglomération Rouen Elbeuf Austreberthe, sa liste remportant 35,58 % des voix et six élus municipaux. En application de la loi limitant le cumul des mandats électifs, Nicolas Bay a renoncé à ses deux mandats d'Elbeuf le [13].

À l'issue des élections européennes, figurant en quatrième position sur la liste Front national de la grande circonscription Nord-Ouest conduite par Marine le Pen, Nicolas Bay est élu député européen, la liste arrivant largement en tête avec 33,62 % des suffrages exprimés.

Lors du congrès de Lyon de novembre 2014, Nicolas Bay est élu au comité central, en arrivant en dixième position. Il est nommé secrétaire général du Front national par Marine Le Pen, succédant à Steeve Briois. D'après Abel Mestre, journaliste au Monde, il a été officiellement nommé pour « sa fine connaissance de la carte électorale, ses analyses politiques », « mais aussi pour doter la direction du FN d’un pôle « libéral conservateur », face à Florian Philippot et ses orientations plus étatistes »[2].

En 2015, il soutient Marine Le Pen dans le conflit l'opposant à Jean-Marie Le Pen, qui est suspendu puis exclu du FN[2].

En vue des élections régionales de décembre 2015, il est désigné pour conduire la liste FN dans la région Normandie[14]. Qualifiée pour le second tour, sa liste termine en troisième position derrière celles de l'Union de la droite menée par l'ancien ministre Hervé Morin et de l'Union de la gauche menée par le président sortant de Haute-Normandie Nicolas Mayer-Rossignol obtenant 27,50 % des suffrages. À l'issue du scrutin, il est élu conseiller régional de la nouvelle région[15].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Nicolas Bay se réclame comme étant « de droite »[2].

Il défend la thèse du grand remplacement[2],[16].

Catholique pratiquant, il déclare en 2011, concernant l'avortement, que « les positions moralistes peuvent avoir légitimement leur place en matière religieuse, mais pas en matière politique ». Pour le sociologue Sylvain Crépon : « Il prenait ainsi acte que l’accès à l’IVG ne faisait plus partie des combats prioritaires de son parti en dissociant opportunément positions morales et axes de lutte politique »[17].

Il participe aux manifestations contre la loi de 2013 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe[2].

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

  • 1997-1998 : secrétaire départemental du Front national de la jeunesse (FNJ) des Yvelines
  • 2005-2008 : secrétaire général du Mouvement national républicain (MNR)
  • depuis 2008 : président de Convergences nationales (CN)
  • depuis le  : membre du bureau politique du Front national (FN)
  • -  : porte-parole de la campagne présidentielle de Marine Le Pen
  • depuis le  : secrétaire général adjoint du Front national
  • depuis le  : directeur de la campagne municipale de 2014 du Front national pour les communes de plus de 1 000 habitants
  • depuis le  : secrétaire général du Front national
  • mars 2015 : directeur de campagne du FN pour les élections départementales

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Dans la bande dessinée d'anticipation de François Durpaire et Farid Boudjellal, La Présidente, où Marine Le Pen gagne l’élection présidentielle de 2017, Nicolas Bay devient ministre de l'Intérieur, de l'Immigration et de la Laïcité[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Bay, Copains d'avant, consulté le 30 novembre 2014.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Abel Mestre, « Nicolas Bay, ou l’ascension d’un apparatchik FN », sur www.lemonde.fr, Le Monde,‎ (consulté le 7 décembre 2015).
  3. Alexandre Sulzer, « FN : Nicolas Bay, la revanche d'une ombre », sur lexpress.fr,‎ .
  4. Didier Micoine, « Bruno Mégret, l'éternel « félon », sur Le Parisien,‎ (consulté le 9 mai 2015).
  5. Décision du BN du sur m-n-r.fr, le site du MNR. Consulté le .
  6. « Le Pen refuse de baisser le Front », sur Libération.fr,‎ (consulté le 10 novembre 2015).
  7. « FN : fronde contre le », sur paris-normandie.fr,‎ (consulté le 13 juin 2016).
  8. Présentation de l'équipe de campagne présidentielle, conférence de presse de Marine Le Pen, Nanterre, .
  9. « Marine Le Pen nomme deux nouveaux porte-parole », sur Le Monde.fr,‎ (consulté le 23 décembre 2015).
  10. « Résultats des élections législatives de 2012 : Seine-Maritime - 4e circonscription (résultats officiels) », sur http://www.interieur.gouv.fr, site officiel du ministère de l'Intérieur français (consulté le 29 juin 2012).
  11. Abel Mestre, « Nicolas Bay, ex-mégrétiste et figure émergente du FN », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  12. « Le FN entre en campagne », sur www.paris-normandie.fr,‎ (consulté le 4 décembre 2015).
  13. « Cumul des mandats : Nicolas Bay renonce à son mandat d'élu municipal à Elbeuf », sur http://www.lejournaldelbeuf.fr,‎ (consulté le 17 mars 2015).
  14. Emmanuel Galiero, « En Paca, le FN désigne Marion Maréchal-Le Pen », Le Figaro, samedi 18 / dimanche , page 4.
  15. « Elections régionales de 2015 en Normandie », sur elections.interieur.gouv.fr (consulté le 17 décembre 2015).
  16. Dominique Albertini, « Le « grand remplacement », totem extrême », sur www.liberation.fr,‎ .
  17. Sylvain Crépon, « La politique des mœurs au Front national : sociologie d'un parti politique », dans Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, Les Faux-semblants du Front national, Presses de Sciences Po, (lire en ligne), p. 194.
  18. François Durpaire et Farid Boudjellal, La Présidente, Les Arènes, 2015, page 55.

Liens externes[modifier | modifier le code]