Flamanville (Manche)

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Flamanville
Flamanville (Manche)
Le sémaphore.
Blason de Flamanville
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Cotentin
Maire
Mandat
Patrick Fauchon
2020-2026
Code postal 50340
Code commune 50184
Démographie
Population
municipale
1 759 hab. (2017 en augmentation de 1,15 % par rapport à 2012)
Densité 244 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 31′ 53″ nord, 1° 51′ 55″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 90 m
Superficie 7,22 km2
Élections
Départementales Canton des Pieux
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Flamanville
Liens
Site web www.flamanville.fr.

Flamanville est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 1 759 habitants[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Flamanville est située au sud de la Hague, sur la côte ouest du Cotentin.

Vaches normandes à Flamanville.

Localisation[modifier | modifier le code]

Flamanville s'étale sur une route de plus de 3 km. On distingue trois grandes parties : l'ancien village, appelé Caubus, situé au sud du château, la cité de la mine (cité Sainte-Barbe) et le hameau Artu, et le centre bourg, où se trouvent la mairie et l'église, devenu aujourd'hui le cœur de la commune. Le hameau de Diélette, en bord de mer, comprend un port.

Géologie[modifier | modifier le code]

Flamanville est bâtie sur un pluton granitique d'âge hercynien, qui forme une avancée sur la mer. Il est à l'origine d'une auréole de métamorphisme caractéristique, ce qui en fait un cas d'école du métamorphisme de contact[2].

Dans le Cotentin, on rencontre également le granite hercynien à la pointe de Barfleur.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Flamenovilla (lire Flamenc-) vers l'an 1000, Flamencvilla entre 1022 et 1026, Flamanvilla en 1192[3].

Il s'agit d'une formation toponymique médiévale en -vile (la graphie moderne ville « latinise », alors que normalement -ille se prononce -iye [ij] comme dans fille) dans son sens ancien de « domaine rural ».

L'interprétation exacte du premier élément Flamenc- > Flaman- divise les auteurs :

  • Soit le nom de personne Flamenc « le Flamand », surnom d'origine ethnique qui s'est perpétué dans le patronyme Flamand / Flamant, commun en Normandie[4].
  • Soit l'ethnique Flamingen (moyen néerlandais Vlamingen) « les Flamands », au sens d'une famille de Flamands[5].

Flamanville (Seine-Maritime) est un homonyme étymologique.

Cependant, Marie-Thérèse Morlet n'inclut pas Flamanville dans son ouvrage consacré aux noms de personnes dans les noms de lieux[6]. Ernest Nègre a choisi, sans doute avec raison, de voir dans le premier élément de Flamanville non pas un anthroponyme, mais simplement un appellatif ethnique évoquant la présence d'une colonie de Flamands, d'où le sens proposé de « domaine rural des Flamands », « ferme des Flamands »[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Flamanville

Les armes de Flamanville se blasonnent ainsi : Coupé : au premier d'azur au lion léopardé couronné d'argent passant sur un filet en fasce du même soutenu d'une jumelle aussi d'argent, au second de gueules aux trois tours d'or ouvertes, ajourées et maçonnées de sable[7].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Flamanville était, du fait de l'implantation d'une mine de fer sous-marine, un bastion ouvrier dans un bocage conservateur. Au sortir de la guerre, la population porte même un communiste à la mairie.

Les maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
v. 1860 ? M. Gilles[8]    
1919 1944 André Rostand URD Officier, propriétaire, président de la chambre d'agriculture, conseiller général
1945 1947 René Martin PCF  
1963 1983 Henri Varin DVD Ouvrier, ancien scaphandrier, conseiller général
1983 En cours Patrick Fauchon[9] PS Ingénieur
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[11].

En 2017, la commune comptait 1 759 habitants[Note 1], en augmentation de 1,15 % par rapport à 2012 (Manche : -0,49 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 1281 0671 1121 2881 2041 2871 3381 4431 408
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 4871 4931 4611 3011 3301 4891 4131 4881 124
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 0009961 1579198941 3041 1381 5181 645
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
1 5411 3961 1941 6021 7811 6831 6861 6871 739
2017 - - - - - - - -
1 759--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Camp du Castel.

Camp du Castel[modifier | modifier le code]

Camp protohistorique[14]

Pierre au Rey[modifier | modifier le code]

La Pierre au Rey est signalée en 1833 par Le Fillastre et par Ragonde dans leur ouvrage Description des monuments druidiques du département de la Manche. Ce chaos naturel considéré, à tort, comme un dolmen fit l'objet à ce titre d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[15].

Le château[modifier | modifier le code]

Le château Logo monument historique Inscrit MH (1930).

Le château construit entre 1654 et 1658[16],[17] est bâti sur les vestiges d'un ancien manoir seigneurial du XIe siècle. Le parc du château de Flamanville contient le jardin des dahlias, constitué de :

  • La collection de la commune, qui regroupe 100 variétés de dahlias, dont certains proviennent du parc de la Tête d'Or de Lyon ;
  • La collection du Jardin conservatoire, qui regroupe des dahlias issus des jardins de différents membres de la Société française du dahlia. Ce jardin compte, en 2006, 438 variétés différentes de dahlias, d'origine française, belge, allemande, néerlandaise, américaine… qu'il a pour objectif de sauver de la disparition et de conserver en bon état.

La centrale nucléaire de Flamanville[modifier | modifier le code]

Flamanville 1978, des explosifs détruisent la falaise et l'ancienne mine de fer sous la mer pour faire place à la centrale nucléaire.

Elle dispose de

  • deux réacteurs à eau ordinaire sous pression (REP) 1 300 MWe,
  • un troisième réacteur de 1 600 MWe en construction, qui sera le premier réacteur pressurisé européen (EPR) français en 2018[18].

Les mines de fer[modifier | modifier le code]

La roche de Flamanville étant riche en fer, une mine sous-marine a fourni du minerai jusqu'en 1962. Paul Vialar a écrit un roman sur cette mine : La Maison sous la mer. Le film La Maison sous la mer, d'Henri Calef a été tourné dans la commune en 1946. La mine a fermé en juillet 1962[19].

Le trou Baligan[modifier | modifier le code]

Flamanville, l'entrée du trou Baligan en 1976, disparue en 1978 pour la centrale nucléaire.

Le trou Baligan est une faille située au pied du cap de Flamanville, à l'emplacement actuel de la centrale nucléaire. La faille s'enfonçait sur près de deux cents mètres au cœur de la falaise. La mer, en s'y engouffrant, émettait des bruits terrifiants, nourrissant la légende d'un dragon qui terrorisait la population, il y a plus de 1 500 ans. Un jour de 448, saint Germain à la rouelle débarqua d'Irlande et vainquit la bête, symbole du paganisme, convertissant ainsi la population au christianisme. Le monstre resta pétrifié en un bloc de granit, veiné par la rouille du minerai de fer dont la couleur rappelait le sang des innocents sacrifiés.

L'église[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Germain, du XIIIe siècle, est aujourd'hui rattachée à la nouvelle paroisse Saint-Germain (en hommage à Germain à la rouelle qui y aurait débarqué) du doyenné de Cherbourg-Hague[20].

Le sémaphore[modifier | modifier le code]

Construit en 1867, un ancien sémaphore de la Marine nationale a été transformé en restaurant en 1988.

Le port de Diélette[modifier | modifier le code]

La commune de Flamanville comprend un port : le port de Diélette, du nom de l'ancien village de pêcheurs au nord du territoire communal. Le port est en partie sur la commune voisine de Tréauville.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Saint Germain à la rouelle (Ve siècle), saint sauroctone qui a vaincu la Bête du Trou Baligan.
  • Hervé de Flamanville (XVIIe siècle), baron puis marquis de Flamanville, grand-bailli du Cotentin, il fit construire l'actuel château.
  • Jean-Hervé Bazan de Flamanville, (château de Flamanville, 15 février 1666 - Perpignan, 5 janvier 1721), fils du marquis Hervé de Flamanville. Il entra dans les ordres à Cherbourg, devint vicaire général à Chartres, et fut nommé évêque de Perpignan par Louis XIV en 1695, où il mourut en odeur de sainteté[21].
  • Henry Moret (1856-1913), Cherbourgeois, peintre français, on lui doit des paysages de Diélette.
  • Alphonse Osbert (1857-1939), peintre symboliste français, on lui doit aussi des paysages de Diélette.
  • Lucien Goubert (1887 à Flamanville - 1964), artiste peintre, qui naquit au chemin de la Cad'huse, dans le hameau de Caubus. Il a peint de nombreux tableaux de paysage mais reste essentiellement connu dans le département. Il a donné son nom au collège de Flamanville.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  • Altitudes : répertoire géographique des communes[22].
  • Coordonnées, superficie : IGN[23].
  1. Population municipale 2017.
  2. Le granite de Flamanville et son auréole de métamorphisme, d'après J. Le Gall et F. Gresselin, novembre 2017.
  3. François de Beaurepaire (préf. Yves Nédélec), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, Paris, A. et J. Picard, , 253 p. (ISBN 2-7084-0299-4, OCLC 15314425)
  4. ibidem.
  5. a et b Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Tome 2, Formations non-romanes, Droz, 1991 , p. 736, N° 12412 (lire en ligne) [1]
  6. Marie-Thérèse Morlet, Les noms de personnes sur le territoire de l'ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle, Paris, CNRS, t. III (les noms de personnes contenus dans les noms de lieux), 1985.
  7. « GASO, la banque du blason - Flamanville Manche » (consulté le 16 janvier 2012)
  8. Annuaire du département de la Manche, 33e année 1861, p 101.
  9. Réélection 2020 : « Municipales à Flamanville. Un septième mandat de maire pour Patrick Fauchon », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 15 juillet 2020)
  10. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  14. Notice no PA00110399, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  15. « Dolmen dit La Pierre au Rey ou le Trépied », notice no PA00110401, base Mérimée, ministère français de la Culture
  16. Jean Barbaroux, 120 Châteaux et Manoirs en Cotentin, Éditions Heimdal, Bayeux, 1982, 112 Modèle:P.-, (ISBN 978-2902171576), p. 5.
  17. Notice no PA00110400, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  18. « Nucléaire. La livraison de l'EPR de Flamanville repoussée à fin 2018 », sur Ouest-France, .
  19. « Notice 309 sur "l'association Histoire et Patrimoine des Mines et Carrières de Flamanville-Diélette ", Mission ethnologie, DAPA / MCC » (consulté le 17 décembre 2011)
  20. Site du doyenné
  21. Vérusmor, « Le domaine seigneurial et le château de Flamanville », Annuaire du département de la Manche. Saint-Lô, Elie fils, 1863
  22. Site de l'IGN.
  23. « Flamanville sur le site de l'Institut géographique national » (archive Wikiwix)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hugues Plaideux, « Une amitié méconnue : Jean-Jacques Rousseau et le marquis de Flamanville », dans Revue de la Manche, t. 39, fasc. 155, juillet 1997
  • Paul Vialar, La Maison sous la mer, roman, éd. Denoël, 1941
    La maison sous la mer, c'est le Trou Baligan, grotte naturelle sous la falaise de Flamanville-Dielette. Le site du roman est Flamanville, sa falaise et la mine sous la mer avant que le tout soit détruit pour faire place à la centrale nucléaire.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]